Nancy – Valenciennes (3-0) : La Chardon à Cran Académie peut même se satisfaire du risible.

Marcel Picon avait tout prévu pour son retour, sauf une telle victoire en trompe l’œil de la mort.

Eh bien eh bien, on s’impatiente ? Non ? Je reçois pourtant d’indécents appels du pied de la part de vils flatteurs émasculés par mes saillants traits d’esprit passés. De pleutres lecteurs infoutus de prendre la plume à leur tour pour venir garnir les rangs défraîchis de Horsjeu.net scandent mon impur sobriquet à la face du monde. D’innommables salopes des âges anciens viennent même frapper au carreau du désarroi dans l’espoir dément que je surgisse soudainement devenu sobre et musculeux du caniveau putride dans lequel la tristesse a poussé ma carcasse au rebut. On est allé jusqu’à me traiter, je cite, de « meilleur académicien de Horsjeu.net » récemment. A-t-on vu plus odieux affront ? Reviens, Picon !
Un vieux remugle de haine m’invite cependant à t’enjoindre à bien boucler ton claque-merde, toi et ta clique de dégénérés. Laisse moi dans ma forteresse de mépris avec ma bouteille de mirabelle triste et mes antidépresseurs interdits à la vente. N’ayant plus ni âme ni corps, comment pourrais-je à nouveau commenter un match de Nancy ? Quelle joie y a-t-il à regarder un match, dès lors que le football s’est dépouillé du privilège d’apercevoir le petit gros – je ne peux même plus le nommer, bordel- ? La vie a un goût de bière sans alcool et l’odeur d’une aisselle de trader. Elle goûte la violence faite à la sympathie la plus élémentaire, et respire une odeur artificielle pire que la plus malsaine pestilence de la nature. La nature étant déjà, je le rappelle en paraphrasant Jeff Goldblum, ce génie  : un gros tas de merde.

Heureusement de la fange pousse parfois une fleur rare et précieuse, qu’il convient de flatter avant de la rétrograder en élément de décoration dans un vase en plastique. Un homme, au sens d’être humain et non pas de demeuré qui se tire sur le zbeu, un homme donc est venu me rendre visite dans mon cabinet secret de toutes les douleurs. Cet homme entre autres soucieux d’apprendre diverses choses sur le monde m’est apparu se tenant debout fièrement sur ses pieds tandis que je rampais dans la ravine d’évacuation des chiottes de l’ASaNaL, la bouche grande ouverte. Me sortant la tête des fèces d’un docte coup de botte, il m’a ensuite proposé ses services.

Roger Piantoni-Vairelles n’est pas de ces petits arrangeurs de concepts qui souillent les salon de braves bourgeois en s’invitant par la télé ; il va aux matchs, beugle comme un âne et pleure tous ses ancêtres après un performance piteuse, semblable à tout bon Nancéien. Pour ces choses et bien d’autres encore qu’il vaut mieux taire ici, mais surtout parce qu’il a donné à notre chagrin de la relégation une saveur moins amère, je partage désormais avec lui la Chardon à Cran Académie. Tenez le vous pour dit et saluez le, c’est un ordre.

Mais c’est pas tout ça, parlons du foooooooooootballlll.


LA COMPOSITION DU HOGNON.

Vincent Hognon, en bon successeur de son prédécesseur, a jeté sur la feuille de match des noms qui ne sonnent que comme de sombres variables d’ajustement à mes oreilles pour la plupart. Ne m’en voulez pas, mais pendant l’été je me terre dans l’ignorance volontaire de ces mouvements fiévreux du marché libre des joueurs, à l’abri du soleil qui rend heureux de vivre.

Ceci dit, quelques têtes connues s’invitent aussi pour nous rappeler quelque part que l’équipe que l’on a vue l’année dernière a beau avoir perdu pas mal de cadres, elle reste un intéressant nid à losers qui en veulent.

Un cas à part a pourtant lieu dans les buts : le beau Sergei Chernik est revenu de se Biélorussie natale après avoir passé l’été en pédalo blindé et a pu découvrir la jolie surprise d’avoir échappé à l’ouragan Geoffrey soufflant force rafales dès son arrivée en Lorraine, au point d’avoir mis la ligue en vigilance violette quant à son cas. Longtemps réclamé, voilà que notre chauffeur de tank reconverti exauce le vœu du public, étant de toute façon le seul choix valide dans les buts.

En défense, un autre Geoffrey, communsymbole que la Lorraine libre n’échappera pas à ce prénom de merde, prend place dans le couloir droit en la personne de ce bon Cuffaut. Dans l’axe Modou Diagne accueille Nicolas Saint-Ruf, nouveau venu sosie capillaire de Rolando (on serait bien dans en peine de vous indiquer ce que cela peut nous inspirer). Et à gauche, propriétaire heureux de son petit potager où labourer tranquillement chevilles et ligaments, Vincent Muratori l’homme qui piétine des plates-bandes.

Au milieu, c’est pas compliqué je ne connais personne. J’ai quand même entendu du bien d’Abergel depuis le début de saison, mais son patronyme en forme de vieille équipe cycliste n’engage pas la confiance. Pareil pour Ba dont on subsume qu’il emplit à la perfection le quota célèbre de Laurent Blanc en ce qui concerne la formation à la française, mais dont on doute des qualités balle au pied (tu me diras, il y en a quand même un qui se retrouve capitaine sous Bielsa en étant passé par l’ASNL, c’est bien qu’il doit y avoir un truc qu’on réussit de temps à autres). Quant à Clément, si son nom a bien fait vibrer mes esgourdes une fois ou deux, je n’ose pas trop demander à Roland Gromerdier ce qu’il en pense, de peur de le voir encore me dire qu’il était un bon joueur il y a quatre ou cinq ans.

Ce bon Roland m’a d’ailleurs déjà parlé longuement de Nordin, petit être étrange qui, si je prends mon interlocuteur au mot, devrait nous procurer grand bien à un poste où nous n’avons connu que poulets sans tête, ratés du football et Loïc Puyo. Ou encore Alexis Busin, qui lui joue à droite aujourd’hui.

Tout cela n’aurait pas grand chose à voir avec le sport si le dénommé Youssouf Hadji le Second, Roi de Lorraine, Prince légitime du Maroc et Enculeur de droit divin de toute les mamans d’Alsace et de Moselle devant l’Éternel ne venait pas étrenner ses trois jambes d’ancêtre sur la nouvelle pelouse pseudo-naturelle de Picot à la pointe de notre attaque. Rien, même.

Et un qui font 4-3-3. Avec ceci ?

LE MATCH en direct avec un léger différé.

-5 Alors que nous prenons l’antenne, l’attente d’un frisson qui ne vient pas nous fait nous dire que l’on ne respecte plus assez ce club. L’amour reprendra-t-il ses droits alors que nous piratons à nouveau BeIn sport sans plus de remords que lors de notre première fois avec notre sœur ?

1 Coup d’envoi donné par Nancy sur un billard de qualité soupçonneusement irréprochable.

3 Modou Diagne se lance dans une phase d’ambitieuse relance, dans le plus pur style de ces jeunes accros à la folle ambiance du Roudourou et autres dantesques parties devant le public angerois qui veulent remonter en ligain immédiatement. La ligne de touche s’interpose pour le calmer.

6 Alors qu’il est occupé à drainer tout la défense adverse balle au pied, Muratori subit un attentat en règle. Le coup-franc qui suit est frappé par une bête de somme appelée Cuffaut, et ne se place pas beaucoup moins haut dans la liste des urgences du conseil de sécurité de l’ONU que le tacle qui l’a provoqué.

9 Encore ce bon Vince, dont ses ennemis ont remarqué qu’il restait une partie de son anatomie vierge de cicatrice. Le pif éclaté par une semelle, il sort se soigner dans un coin puis repart au combat sous les vivats du médecin.

13 Jérémy Clément a donc décidé de passer à peine assez de temps sur le terrain pour se faire traiter de papy une fois seulement sur twitter. Changement sans aucune crainte commandité par Hognon : il lance Amine Bassi, jeune loup aux dents très longues et au profil bien plus offensif.

19 Centre pour Bassi, déjà lui, qui est trop petit court pour reprendre.

20 Chernik sort héroïquement dans les pieds de l’attaquant et sacrifie son avant-bras pour empêcher un contre assassin de Valenciennes d’aller au bout !

22 Nancy réplique avec un ballon brûlant sur lequel Hadji se jette tel la bêtise sur le monde. Il est repris de très peu, mais se retrouve en bonne position sur le corner qui suit. Sa tête passe toutefois à côté.

27 Le dieu-blessure se charge d’équilibrer les débats et provoque un changement nordiste sur lequel nous ne lâcherons pas de nom, plus par désintérêt que par réelle méconnaissance de l’effectif complet du VAFC, que nous avons étudié dans ses moindres détails cet été, vous vous en doutez.

28 Tir nordiste qui échappe aux moqueries grâce à sa sortie rapide du stade.

31 Un candidat se propose pour l’élection de celui dont on n’oubliera point l’identité malgré l’anonymat absolu des joueurs composant cette équipe de morts. Un certain Aloe se présente gracieusement à nous à l’aide d’un tacle scandaleux qui ne lui vaut cependant qu’un jaune.

32 Tir de Bassi d’une qualité égale à celle de sa coupe de cheveux.

35 Depuis sa relance manquée du début de match, une paire de couilles sur lesquelles on pourrait faire du trampoline a poussé entre les jambes de Modou Diagne, ce qui explique probablement qu’il tente et réussisse ce tacle somptueux dans sa surface, dégageant le ballon proprement en corner.

44 Au milieu d’un continent d’ennui, Busin gagne un corner, et c’est bien tout ce qu’il obtient. Je ne suis même pas sûr que l’arbitre l’ait laissé tirer.

Mi-temps. Sans plus de commentaire sur le niveau cataclysmiquement insipide de cette première période, passons derechef à la seconde.

46 Dès la reprise, les Valenciennois attaquent à toute blingue tandis que nos joueurs se demandent encore quel sport on va leur demander de pratiquer en cette seconde mi-temps.

52 Sur un contre qu’il mène lui-même depuis son camp, le jeune Nordin parvient à tirer mais c’est dévié de peu. Sur le corner, le gardien relâche sur le même Nordin et la balle part à nouveau vingt mètres à côté, sans avoir à mettre un défenseur adverse à contribution cette fois.

54 Valencienne réplique avec un autre contre qui se finit par une tête de peu à côté.

59 Nouvelle occasion pour VA, qui est cette fois cadrée. Chernik veille mais commence à astiquer son bâillon-boule clouté.

63 Et la claquette de Chernique, encore lui ! VA pousse et tombe face à un mur trumpien renforcé au kevlar soviétique (et qui porte une armure de latex sous son short) !

67 Sur un corner qui cafouille dans la surface des hommes du Nord, Saint-Ruf a la balle du 1-0 mais privilégie le drop.

70 Ce traître de Karaboué tente de nous enfoncer dans notre début de saison en enfer. Son centre passe heureusement à côté, comme lui est passé à côté de l’élégance.

71 Oups, il semblerait que la même faille dimensionnelle que lors du début de saison s’ouvre à nouveau pour laisser échapper un but d’exception en notre faveur. C’est ainsi que l’on voit Amine Bassi balancer une patate sensationnelle de 25 mètres dans la lucarne de Valencienne. Jusqu’ici, cela n’a pas empêché Nancy de ne rien gagner du tout en cette ligue 2, donc prudence. 1-0.

73 Voyant qu’il y a tout de même une opportunité à ne pas négliger, Hognon envoie Robic le Celte au charbon, tout en rappelant le jeune Arnaud Nordin à ses chères études. Afin d’être rapidement débarrassé d’un poids trop lourd pour les frêles épaules de l’humour horsjeuïen et puisqu’il faut tout de même la faire, nous dirons donc que Vincent envoie Nordin au MOOC.

74 Histoire de ne point laisser tout un chacun céder à une trop grande euphorie après cette ouverture du score franchement pas dégueulasse, Cuffaut rate une touche et rend le ballon à Valencienne.

75 Mais c’en est trop pour Bassi qui en a ras le cul de jouer en apnée avec tous ces blaireaux qui regardent droit vers le national : d’un nouveau tir somptueux à l’entrée de la surface, il fait oublier sa coiffure de prépubère attardé, le marasme dans lequel on vit et toute notion de mesure à un public en folie assuré cette fois de voir l’ASNL tenir enfin sa victoire ! 2-0.

Celui de gauche, mais avec une coupe de cheveu de mec de droite (source asnl.net).

81 Très belle occasion pour Nancy qui semble désormais marcher sur des nordistes abasourdis. Espérons qu’un d’entre eux ne va pas se mettre en tête d’aller parler argent avec l’arbitre, on ne sait jamais.

86 Et paf encore un but. L’œuvre cette fois de l’immortel Youssouf Hadji, qui sur un bon service de Bassi par-là, efface son défenseur d’un coup de rein faisant brièvement se dire à la malheureuse victime « ah oui, il est encore capable de faire ça le vétéran ? » et trompe le gardien d’un exter de vieux renard. 3-0.

89 Vincent Hognon récompense l’ancêtre en le remplaçant par Eler.

Et c’est une première et agréable VICTOIRE qui ne reflète certes en rien la teneur générale du match mais on s’en fout.

LES NOTES.

Chernik 4/5 Courageux homme taciturne, il a sacrifié à son peuple et à son public le peu de phalanges dont la nature l’avait doté. Puisse-t-il ne jamais devoir les reposer au profit de l’autre, là.

Cuffaut 2/5 Comme un match de l’OM le dimanche, il affiche toujours un peu le même bilan : des courses en veux-tu en voilà, mais surtout de grosses lacunes dès qu’il s’agit de manier cet étrange objet sphérique que ses copains n’arrêtent pas de lui lancer dans les pieds.

Diagne 4/5 Pas franchement à l’aise dès qu’il s’agit de relancer, mais dans l’anticipation et le un contre un, il a plutôt fait dans l’efficace.

Saint-Ruf 3/5 Il tient debout sur ses jambes. On verra quand il aura besoin de courir ce que ça donnera.

Muratori 3/5 Termine le match avec une fracture à chaque membre, une rhinoplastie et un souffle au cœur, comme d’habitude.

Clément NN A prétexté un lumbago pour rentrer chez lui, car vraisemblablement il n’avait pas grande envie de jouer ce match. Bien lui en a pris.

Ba 3/5 Étrange, cette impression de ne l’avoir pas vu du match. Après, allez faire la différence entre un grand noir et…allez, la moyenne et on n’en parle plus.

Abergel 3/5 Son indéniable volonté de bien faire et son accointance avec la Corse semblent devoir nous pousser à dire qu’on n’a plus besoin de Marchetti, mais quand même, c’est con. En tout cas il assure.

Busin 2/5 Comme les deux ballons qu’il a dû toucher.

Nordin 2/5 Comme les deux frappes qu’il a tentées.

Hadji 5/5 Le jour où il arrête sa carrière, je m’occupe personnellement de déboulonner à la force des dents la statue du gros Stan pour ériger sur le socle laissé libre la statue à son effigie que les costards creux du parti radical valoisien devraient lui avoir payée depuis longtemps.

REMPLAÇANTS.

Bassi 5/5 Pas qu’il ait fluidifié le jeu ou permis à quelque bloc que ce soit de remonter, hein…mais quand tu fais gagner ton équipe avec deux frappes comme celles-ci à 19 ans et en tant que remplaçant, la note est vite trouvée.

Robic NN a bien tenté d’exister, mais l’existence s’est refusée à lui.

Eler NN Il reviendra, et il fera du bien. Mais pour l’instant, il semble qu’il ne soit que la doublure du grand Hadji.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE 1/5.

Sans haine ni violence, disons le tout de go : c’était bien de la merde. Même le scénario fortement favorable et sérieusement émoustillant n’a pu effacer ce sentiment glaiseux d’inachevé dans cette victoire. N’était cette succession de coups de génie qui ont assommé nos adversaires, le match se complaisait dans une parodie de football plus pénible encore qu’un mariage sans alcool. Bien évidemment cette équipe emplie de nouveaux ne peut pas déclencher de grands mouvements de fond footballistiques du jour au lendemain. Vincent Hognon, lui-même nouveau, a fort à faire afin de prendre la mesure de son groupe avec la même intuition que son prédécesseur.

Car il y a une différence entre ne rien connaître au football tout en faisant preuve de la finesse d’esprit suffisante pour faire croire à un troupeau de lycéens sans cervelle qu’ils peuvent sérieusement envisager de gagner ensemble, et maîtriser certains fondamentaux tout en n’entendant rien à la vie secrète des nouvelles générations. Ces putains de millenials ou je ne sais quoi sont en train de prendre le pouvoir, et se retrouvent capable de mettre des buts de folie sans crier gare, à peine frais émoulus d’un centre de formation qui porte le nom d’un des plus grands escrocs de la terre encore en liberté.

Alors vas-y mon Vincent, donne leur ce qu’ils veulent, ces empaffés. Donne leur la liberté qu’ils demandent et les gadgets électroniques qui vont avec pour avoir le sourire pendant les présentations à la presse. Ce monde est drogué au clinquant et aux comptes certifiés nom de dieu. Pour l’instant, le foot que j’ai vue ressemblait à un extrait de Subutex pour cramé en manque. Je veux ma dose, je ne veux pas d’un substitut qui m’enfièvre et me ramasse au 36e aussi vite. Ni jeu ni entrain. Laissez moi rêver que mon petit chauve est encore là, rien qu’une dernière fois.

Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

2 Comments

  1. « Laissez moi rêver que mon petit chauve est encore là » : l’acad’ est écrite par Théon Greyjoy ?

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