OM-Bordeaux (1-0), La Canebière académie creuse l’écart

Le football, c’est comme le sexe : tout seul, c’est bien aussi, mais c’est toujours mieux quand on a quelqu’un d’autre pour y jouer.

Aïoli les sapiens,

Au cours d’un mois de février dont on se demande si le qualificatif de dantesque® ne lui serait pas un poil trop faible, la réception de Bordeaux fait figure d’inconnue : ils sont nuls, mais beaucoup moins ces derniers temps ; nos organismes supplient du repos, mais ce sont trois points cruciaux qui sont en jeu. En tout cas, après la démonstration de jeudi face à Braga, la présente échéance ne s’annonce pas comme une partie de plaisir.

 

L’équipe

Pelé

Sakai– Rami – Rolando – Amavi

Zambo Anguissa – Luiz Gustavo

Thauvin (Lopez, 87e) – Sanson – Payet (Ocampos, 68e)

Germain (Njie, 75e)

La suspension du Néo-Cafu guinéen conjuguée au retour d’Amavi autorise Rudi Garcia à restaurer les préséances sans froisser personne. Pelé poursuit l’intérim de Mandanda, l’option parpaings est posée au milieu de terrain avec la titularisation de Zambo Anguissa, Sanson étant une nouvelle fois placé un peu plus haut où il aura tout le loisir de se marcher dessus avec Payet.

 

Le match

Pour ce qui se présentait comme leur premier test d’importance dans leur retour vers les (modestes) sommets, les Bordelais se désintéressent d’un élément pourtant assez utile à leur progression : le ballon. Je veux dire, tant qu’à avoir fait l’effort de vous rendre au stade, autant montrer un peu d’ambition une fois que vous y êtes parvenus, là vous semblez avoir confondu avec la mairie de Marseille.

Bref, Bordeaux fait bloc et ne fait que ça, tandis que l’OM s’use à contourner la masse informe qui coagule dans le camp marine-et-blanc. Une reprise de Germain pas assez appuyée, suivie d’une autre sauvée sur la ligne par un Girondin, égaient un tantinet trente minutes mornes. Devant le défi de médiocrité qui leur est proposé par ce blocquéquipe estampillé IGP Ligue 1, l’OM relève le gant : si vous voulez du sale, il y en aura, et là, PAF ! l’arme secrète : le hors-jeu sur corner à deux. « On se régale. »

Cette légère question de suprématie dans l’anal réglée, l’OM se rappelle qu’il lui reste ce soir trois points à conquérir, et s’y emploie sans tarder davantage : Youri Payet dépose un corner au premier poteau sur la tête de Zinedine Thauvin, et l’affaire est entendue (1-0, 34e).

Bordeaux tente d’élever un peu son rythme en seconde période, mais se trouve broyé par notre travail considérable à la récupération : une répétition des efforts qui finit par se payer chez nous d’une difficulté croissante à porter le jeu dans le camp adverse. Lancé par Payet, Sanson manque son face-à-face avec Costil, une grosse occasion comme un dernier râle de notre jeu épuisé. A compter de cette heure de jeu, Bordeaux se met à dominer, et même marquer, non sans user d’expédients tels que la faute de main et le piétinement du gardien sur la même action qui marque le sommet de leur flamboyance offensive.

En un mot comme en cent, la dernière demi-heure se passe avec le slipomètre en état d’alerte permanent, sans pour autant que les Girondins ne parviennent à inquiéter Pelé outre mesure. Nous consacrons nos dernières forces à gratter de nombreux ballons dans les pieds adverses, jusqu’à ce que les Bordelais se mettent eux aussi à ployer et à nous autoriser d’ultimes minutes un peu plus sereines. Une  victoire enfantée dans la douleur, oui, mais le résultat en valait la peine : toutes les mamans vous le diront (sauf peut-être celle de Christophe Castaner).

 

Les joueurs

Pelé (3/5) : Moins d’assurance qu’une voiture dans les quartiers Nord, mais tant qu’aucun accident ne se produit, ça fonctionne (attention au platane dimanche, tout de même).

Rami (4/5) : Videur attitré, a gentiment mais fermement prié les rares puceaux qui s’aventuraient autour de notre carré VIP de retourner jouer avec leurs camarades trente mètres plus loin. Il les y a même parfois raccompagnés, pour être sûr.

Rolando (3/5) : A froncé les sourcils en disant « grompf », ce qui était largement suffisant, en mode économie d’énergie.

Sakai (3+/5) : A contré les incursions girondines une main dans le slip, et s’est rendu disponible pour tenter de venir à bout du blob-équipe d’en face.

Amavi (3/5) : Semble bien recouvrer ses aptitudes physiques, à l’exception de son haleine : pour que Dimitri Payet ne combine jamais avec lui côté gauche, il doit encore sacrément puer de la gueule.

Zambo Anguissa (4-/5) : En hommage au XV de France présent au stade ce soir, André-Frank a réalisé un match de troisième ligne tricolore, maître dans l’art de maltraiter l’adversaire et le ballon avec la même constance.

Luiz Gustavo (3+/5) : Avec l’intelligence qu’on lui connaît, il a couvert les espaces nécessaires pour que Zambo Anguissa puisse librement passer le jeu bordelais au sani-broyeur.

Thauvin (3+/5) : Sorti épuisé, alors que son champ visuel avait déjà rétréci pour se limiter à la largeur du ballon. Un match moyen s’il n’y avait pas eu ce but, ce qui est tout sauf un détail (ou alors au sens lepéniste du terme).

Lopez (68e, 3-/5) : Sang frais.

Payet (3-/5) : A alterné permutations depuis son côté gauche, dézonages de son côté gauche, et parfois désertions de son côté gauche. Bref, un match de tête à claques atténué (ou renforcé, selon le point de vue) par quelques belles passes dont l’une décisive.

Ocampos (68e, 3-/5) : Lui, en revanche, a gardé ce foutu côté gauche comme si sa vie en dépendait, au prix cependant d’un hippopotacle aussi périlleux pour l’adversaire que pour notre défense.

Instantanés de La Commanderie : Rudi Garcia effectue une petite séance spécifique auprès de Lucas Ocampos.

Sanson (2+/5) : Malgré ses efforts, il passe une bonne partie du match englué dans le magma bordelais dont il ne s’extirpe que pour échouer face à Costil, à l’instar du pétrel breton décollant enfin de sa flaque de mazout et s’emplâtrant sur un porte-conteneurs.

Germain (2+/5) : A produire autant d’efforts et de sacrifices pour une si maigre récompense, il a dû se sentir comme le chauffeur de Maryse Joissains le jour où le tribunal lui a annulé sa montée en grade.

Njie (75e) : N’engendre pas la mélancolie, comme on dit.

 

L’invité zoologique : Benoît Castor

Le castor passe sa vie à construire des barrages mal branlés avec trois bouts de bois, sa bite et un rouleau de chatterton, en espérant que le tout tienne par miracle jusqu’à la prochaine crue de la Durance. A défaut de flamboyance, on reconnaîtra au moins à ce rongeur un certain sens de l’abnégation, ce qui en fait l’invité approprié pour évoquer cette rencontre contre des Bordelais essentiellement venus dans l’attente que les choses se passent.

– Les autres : C’est quand ils essaient vraiment d’attaquer que l’on comprend mieux pourquoi ils s’y sont refusés pendant la majeure partie du match.

– Le classement : Nous restons à un point de Monaco, et surtout en prenons six d’avance sur des lyonnais dont la dilapidation de deux buts d’avance semble devenir une habitude, à laquelle nous ne saurions que les encourager.

– Le point supporters : Privés de déplacement au motif d’une mobilisation excessive des forces de l’ordre  sur d’autres priorités, les ultras bordelais ont quand même fait un bout de chemin vers notre belle cité, avant de s’en voir barrer l’accès et d’être emmenés en garde à vue par un nombre conséquent de condés. On en conclura donc que, si les ultras sont privés de déplacements, c’est que les autorités ne peuvent pas consacrer un nombre de policiers suffisant pour leur encadrement, ceux-ci étant mobilisés sur d’autres missions, notamment intercepter et arrêter lesdits ultras ayant bravé l’interdiction de déplacement. La logique est imparable.

 – Le point supporters (bis) : La levée de boucliers aura de justesse eu raison de l’infâme tifo publicitaire prévu ce soir-là à la gloire d’une série Netflix. Seule perdante dans l’affaire, la carte bleue des Yankees : des bars à putes de l’opéra aux narines de Benoît Magimel, elle aurait pu connaître dans l’affaire une certaine forme d’ascension sociale. En tout cas, sur le coup de 21h, paf, miracle : plus de prostitutifo et, à la place, du supportérisme de bon ton : avec fumigènes en pagaille et banderoles diverses, mais toutes étudiées pour suggérer aux dirigeants de la LFP d’enfin entretenir des relations avec leurs mères les supporters.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique.

 

C’est dommage, il avait pourtant de la gueule, ce tifo Netflix.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 Comments

  1. Merci.
    Quel plaisir de retrouver chaque lundi cette brillante académie…

  2. La bore et le commentaire parfait pour payet. Je l’ai haï puis aimer avant de le détester encore puis. .. ect

  3. Quoique la lecture du paragraphe ne s’en trouve pas dégradée, ayez un peu de pitié, M. Blaah, avec ce brave M. Castor qui d’une seule médiocre vie bordelaise souffre déjà bien assez.

  4. Une victoire moche contre des moches genre ma mère a accouché trop près du mur. Merci pour ce moment !

  5. Pour moi, les South Winners resteront les grands vainqueurs de ce weekend. Ils viennent d’enchainer un grand chelem (communiqué sur M. Hooligan, Menace et envahissement de terrain à Bordeaux, Communiqué sur la souffrance des supporteurs, menace réitérée contre les Ultras, joie exprimée après l’impossibilité de se déplacer de ses mêmes ultras).

    Dans la palme des débiles indécrottables. BRAVO.

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