OM-Nantes(1-1), La Canebière académie use d’expédients

Nicolas Palourde.

Aioli les sapiens,

Une victoire de Monaco, un nul de Lyon, et un mois de février dantesque qui nous aura laissés sur les rotules, tous ces ingrédients font de la réception de Nantes un match crucial : que l’on gagne, et nous pourrons continuer à mordiller les fesses des principautaires. Que l’on perde, et c’est le bras des lyonnais, tendu vers notre troisième place, qui pourra recommencer à nous titiller le fondement.

Et si c’est un match nul, me direz-vous ? Eh bien je vous répondrai que, surtout dans les circonstances de la soirée, on n’en sort guère plus avancés sur nos espoirs et notre état de forme.

L’équipe

Mandanda

Sarr (Sakai, 80e)  – Rami – Rolando – Amavi

Zambo Anguissa (Lopez, 65e) – Luiz Gustavo

Thauvin – Sanson (Ocampos, 65e) – Payet

Germain

Si l’on excepte la titularisation de Sarr à la place de Sakai, c’est l’équipe-type qui est alignée – puisque cette fameuse composition voyant Sanson en n°10 et Payet excentré à gauche semble durablement conserver la préférence de Garcia.

Le match

L’OM entame tambour battant, en pressant et récupérant haut le ballon. Ce bel élan est brisé net au bout de quatre minutes quand l’arbitre décide de débuter son festival : Anthony Gautier adresse un carton jaune pour Luiz Gustavo, comme ça, à sec, sur une banale semelle. S’ensuit un dialogue au cours duquel le Brésilien lui demande à brûle-pourpoint s’il n’aurait pas par hasard déjà croisé sa mère au carnaval de Rio – mais le lieu était un peu à l’écart du Sambadrome et moins bien éclairé, il est possible qu’il pût se méprendre. Après quelques secondes de plus passées à s’imaginer être capable de faire taire Rudi Garcia, une lubie qui illustre bien le degré de dérangement mental de l’homme en noir, celui-ci daigne faire reprendre le jeu.

L’OM reprend peu à peu le rythme, jusqu’à ce qu’une attaque soit stoppée irrégulièrement d’un coup d’épaule sur Payet. M. Gautier ne siffle pas, et pour cause : c’est lui l’auteur de l’obstruction. Saine réaction, nous nous ruons tous sur Twitter pour déclamer quelques vers tout en lyrisme inspirés par le maître de cérémonie. Le seul souci dans l’histoire, c’est que nos joueurs semblent eux aussi avoir empoigné leurs smartphones en laissant tomber le match : la contre-attaque nantaise se déploie, aboutit à un centre repoussé par Rami dans les pieds d’un jaune,  dont le tir est repoussé par Sarr dans les pieds d’un jaune, lequel donne en retrait à Dubois dont la lourde est repoussée par dégun (0-1, 11e). Aussi imbécile soit la maladresse initiale de l’arbitre, les joueurs ont proprement vercoutré toute l’action qui s’en est suivie (vercoutrer : v. trans. : à la suite d’une erreur quelconque, agir dans la hâte d’encaisser un but afin de pouvoir plus vite se plaindre auprès de celui qui l’a provoquée).

Etre mené à domicile par le FC Nantes de Ranieri équivaut à devoir aller chercher son steak dans la gamelle d’un pitbull. L’OM se montre hésitant, maladroit, et gâche de surcroît les coups-francs abondamment provoqués par les lourdauds d’en face. Au contraire, les Nantais contrent vite et bien, et il faut une exceptionnelle sortie de Mandanda pour empêcher Sala de convertir un centre en retrait.

Les dernières minutes de la première période voient Zambo Anguissa jouer plus haut, ce qui permet à l’OM de dominer un peu plus nettement. La mi-temps s’achève dans le grotesque le plus complet lorsque, sur un corner en  notre faveur, une grossière poussée de Pallois sur Rolando est ignorée. Le nouveau corner qui suit donne lieu à une nouvelle partie de catch en pleine surface, sans que l’arbitre ne se décide enfin à s’emparer du bâton de Dildotte (voir les académies précédentes).

A la pause, toutes considérations périopétético-arbitrales mises à part, il faut bien reconnaître que l’OM est loin de se montrer éblouissant. Toujours aussi poussifs, nous dominons ensuite des Nantais regroupés, sans parvenir à exécuter un seul tir cadré. Nos adversaires nous offrent en revanche une minute hautement slipométrique, initiée par une action anale d’Adil Rami : perdant trop facilement le ballon sur un corner offensif, il revient à toutes enjambées et met un terme à la contre-attaque par un hippopotacle au ras de notre surface. Notre mise en scène défensive sur le coup-franc mérite quant à elle un prix aux para-Oscars (c’est comme les paralympiques, mais pour le cinéma). Sanson s’agenouille ainsi derrière notre mur, afin de contrer le ballon si jamais le tireur avait l’idée de le glisser par en-dessous. Devant l’indication évidente que notre mur s’apprête à sauter, Lima tire donc à ras de terre où, comme prévu, Sanson se trouve à point nommé pour dévier la balle… hors de portée de Mandanda. On en vient presque à regretter que le tir ait fini juste à côté, tant nous avons failli assister à un moment légendaire dans l’histoire du football et de la trisomie.

Décrétant la rigolade finie, l’OM se décide enfin à s’appliquer un minimum sur ses actions offensives, ce qui se traduit par un joli retourné de Payet bien détourné par Tatarusanu. A la réception d’un très beau centre de Thauvin depuis la gauche, Dimitri récidive et, cette fois-ci, son ciseau somptueux bat le gardien, mais échoue de très peu à attraper le cadre.

L’OM presse, l’OM se procure des occasions mais les gâche (rhâ, ce ballon de but enlevé à Payet par Luiz Gustavo), mais l’OM va y arriver, c’est certain. Payet est de nouveau cherché par Thauvin, cette fois depuis la droite. Le défenseur enlève le ballon à Dimitri d’un beau contre de basketteur, l’occasion pour Anthony Gautier d’ignorer un nouveau pénalty flagrant en vertu de la loi du jeu n°49 alinéa 3, qui dispose : « c’est moi qui ai le sifflet, je fais ce que je veux et je vous emmerde. »

Un retourné d’Ocampos plus tard, la fin de match approche dans une fébrilité qui n’augure pas grand-chose de bon. L’OM se bat mais nos tentatives manquent de netteté. Finalement, c’est une navrante erreur de coordination nantaise, peut-être leur seule du match, qui enterre leurs espoirs de victoire. Alors que Tatarusanu a la balle en main, il dégage en touche en prétextant une blessure. Erreur : à la mise au vert, il était pourtant convenu que Diego Carlos serait chargé du gain de temps dans les minutes additionnelles. Résultat : ce sont deux joueurs nantais qui se jettent simultanément au sol comme des demeurés. A leur requête « pourriez-vous nous rendre cette balle, que nous avons sortie sur blessure », nous répondons donc légitimement « ben tiens, vous ne voudriez pas une pipe avec, aussi ? ». La touche est jouée, et aboutit à après quelques péripéties à un corner. Alors que Mandanda est monté, le ballon arrive dans la surface où, au terme d’une bouillie infâme, Luiz Gustavo accroche impunément Pallois et permet à Thauvin d’inscrire à bout portant un but aussi dégueulasse que salvateur (1-1, 95e).

De manière anecdotique, le défenseur nantais reçoit un carton rouge sans doute pour avoir adressé à l’arbitre les mêmes mots que Luiz Gustavo en début de match, mais avec un moins joli accent. On conclura ici sur l’arbitrage, contraints malgré tout d’évoquer celui qui fut la véritable superstar de la rencontre. Et que l’on ne me parle pas d’arbitrage vidéo, qui serait à Anthony Gautier ce que le TEP-Scan est au cancer : même avec l’aide de la 3D haute résolution, une tumeur reste une tumeur.

Refermons donc le dossier, et passons à ceux qui nous importent vraiment :

Les joueurs

Mandanda (4/5) : Un arrêt décisif pour nous maintenir à portée de tir des Nantais. En revanche, il a forcément cautionné notre pathétique stratégie défensive sur coup-franc ; le savoir parmi les responsables de ce sketch m’attriste un peu.

Sarr (1+/5) : C’est curieux comme on pardonne plus à un latéral les centres à chier et les contrôles à deux mètres. Si ça se trouve, Rudi Garcia s’est inspiré du druide Amnésix, dans Le Combat des Chefs (« – Il ne se prend plus pour un sanglier ? – Si, toujours, mais le druide lui a appris à faire le beau, donc ça se voit moins. »)

Rami (2/5) : Finalement, prendre Cavani au marquage, c’était moins fatigant que Sala (je n’ai pas dit que c’était mieux, seulement que c’était moins fatigant).

Rolando (2/5) : Pas loin de nous rapporter un pénalty, son seul fait d’armes de la soirée. D’ailleurs, sur le premier but, il faudra m’expliquer comment les Nantais ont trafiqué pendant aussi longtemps dans notre surface sans qu’on le voie pointer une oreille. Je veux dire, t’es pas déontologue à la mairie de Levallois-Perret non plus, quand des choses louches se passent sous ton nez, faut intervenir.

Amavi (2/5) : Il y a encore un peu de semoule dans le Moulinex, comme on dit (je suis certain qu’il existe sur cette planète un endroit où on le dit).

Luiz Gustavo (2+/5) : Un entrain brisé par son carton jaune précoce. Pas dans son assiette, il a enchaîné tirs ratés et duels mous, avant de se recentrer in extremis sur les valeurs sûres : la faute de pute qui permet à Thauvin d’égaliser. Critiquez si vous voulez, mais un homme capable de tels coups de vice, dans une équipe c’est un trésor.

Zambo Anguissa (2/5) : Aurait pu figurer comme le sauveur, lorsqu’il s’est mis à jouer plus haut en fin de première période. Pour des raisons que j’ignore, il n’a pas réédité au retour des vestiaires : face à un bloc regroupé, son utilité s’est alors avérée des plus négligeables.

Lopez (65e,2/5) : Entre alors que c’est la merde, fait mine d’arriver plein d’envie et d’espoir, mais suit le mouvement général avec un conformisme désolant. Il ne lui manquait qu’un T-Shirt « Les jeunes avec Macron », tiens.

Thauvin (3/5) : Les dribbles ? Ratés. Le repiquage intérieur + enroulé du gauche ? A chier. La prestation générale ? Quelconque. Le but de raccroc à la 95e en contrant un dégagement à 1m de la cage ? Orgasmique.

Sanson (1/5) : Victime du sort de titularisation éternelle d’André-Frank, il a quitté la vie du milieu de terrain sans pour autant avoir droit à l’au-delà du banc de touche. Maudit, il erre donc entre les deux mondes, dans cet espace sans merci ni pardon où tant d’âmes faibles se sont égarées et que les Anciens nomment : le Numérodis.

Ocampos (65e, 2+/5) : Un retourné, parce qu’il n’y a pas de raison que Dimitri soit le seul à en avoir le droit, et surtout ce corner arraché de haute lutte avant l’égalisation. C’est très peu, mais c’est à la fois beaucoup.

Payet (3/5) : D’un point de vue réussite, ça pourrait passer pour un match assez dégueulasse, avec deux jolis ciseaux et un pénalty-obtenu-mais-finalement-non viennent embellir l’ensemble. Son non-rendu de ballon est un doigt tendu à tous les simulateurs de fin de match (du moins jusqu’à OM-Lyon ; là, si on, mène, je veux le ballon sur le Prado et des ambulances appelées sur la pelouse à partir de la 80e).

Germain (1/5) : Un jeu de remise intéressant pendant quelques minutes avant de se dissoudre, digéré par la défense nantaise.

 

L’invité zoologique : Nicolas Palourde

Nicolas Palourde.

– Les autres : Une équipe solide et efficace, y compris si l’objectif est de pousser Jean-Claude Suaudeau au suicide.

– Le devoir de mémoire : Un arbitrage en roue libre, un Nicolas Palourde… on a longtemps cru revivre quelques funestes souvenirs.

– Le classement : Notre retard sur Monaco s’alourdit à 4 points, notre avance sur Lyon se maintient à 5. Quant à notre état de forme, finalement, difficile d’en tirer des conclusions sur ce match si particulier : notre jeu semble essoré, mais nous avons su déployer l’énergie physique et mentale nécessaire pour égaliser.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Nicolas Palourde remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 Comments

  1. Nicolas PALOURDE. PAAAAAALOUUUUUUUURDE !!!!

    P.

    A.

    L.

    O.

    U.

    R.

    D.

    E !

    *position fœtale & sanglots*

  2. Je songe de plus en plus à débaptiser mes deux fils, Stéphane et Gui. Au même niveau d’insupportabilité que l’arbitrage hier. Et sinon, le huis clos du virage sud, n’était pas plutôt un déménagement ponctuel en haut de Ganay ?

  3. Dur avec Sarr, il avait le mérite de prendre le couloir, contrairement à Amavi qui restait systématiquement derrière, peut-être lui reste t-il de la semoule dans la rotule opérée.
    La Numerodis est cette dimension où se sont perdus tant de futurs ex Zizou?

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