OM-Valenciennes (1-0 a.p), La Canebière académie décuve

L’auteur de ces lignes venant d’acheter un pantalon taille 46, la présente académie sera dépourvue de railleries concernant le poids post-fêtes de Dimitri Payet. Merci de votre compréhension.

 

Aïoli les sapiens,

Notre parcours en Coupe de la Ligue étant déjà achevé, c’est donc la Vieille Dame de la FFF qui sera chargée de nous donner des frissons cette année, voire un défilé printanier sur le Vieux-Port si affinités. Le tirage au sort nous a offert une première épreuve relativement confortable, avec l’avantage de recevoir un adversaire qui, pour professionnel qu’il soit, ne compte même pas parmi les terreurs de la Ligue deux. Seul objectif de l’après-midi : assister d’un œil torve et chargé des dernières vapeurs éthyliques du bout d’an à une victoire des nôtres, si possible avant la prolongation pour pouvoir emmener les petits dehors histoire de mieux digérer la galette (celle aux fruits confits, avec la vraie fève et le sujet dedans).

 

L’équipe

Mandanda

Sakai – Rami – Rolando – Amavi

Njie – Lopez (Zambo Anguissa, 72e) – Luiz Gustavo – Payet

Germain (Ocampos, 108e) – Mitroglou (Thauvin, 59e)

 

Morgan Sanson est indisponible pour cause de castapiane désagréments d’après-réveillon. Surgi de nulle part, Bedimo réapparaît dans le groupe : de la part de Rudi Garcia, c’est une sorte d’Epiphanie (ce à quoi notre entraîneur aurait répondu : « Et pis Fanni ? Non mais ça va, j’ai bien voulu convoquer Bedimo mais faudrait pas exagérer non plus. »)

Hormis la titularisation de Njie à la place de Thauvin, les remplaçants ne trouvent pas de temps de jeu dans ce 1/32e de finale. C’est dans le schéma que Rudi innove, en tentant cette fameuse association Germain-Mitroglou. Ce 442 à plat voyant Payet et Njie dézoner régulièrement a globalement cours jusqu’en prolongation, avant le retour au système plus classique en fin de match.

 

Le match

Si le début très correct fait illusion, on doit bien vite se rendre à l’évidence : notre collectif est parti à la déchetterie avec les coquilles d’huîtres. Manque d’imagination, manque de combinaisons, manque de spontanéité font de ces 90 minutes une rétrospective des mauvais côtés de l’OM en 2017. Une belle occasion de Njie après 7 minutes, un Mitroglou s’effondrant en dépression au lieu de reprendre sans contrôle à la 45e, encadrent une morne première période. Bénéficiant de notre replacement défensif dit « à la brésilienne » – qui équivaut à laisser Luiz Gustavo se démerder seul à la récupération, les Nordistes s’offrent même plusieurs un-contre-un au cours desquels nos défenseurs tiennent plutôt bien le coup. Un corner où nous défendons comme des branleurs affole tout de même le slipomètre à la 10e minute.

La seconde mi-temps n’apporte guère plus de satisfaction. La circulation de balle est asthénique et les acteurs approximatifs, ce qui fait tout de même quelques heureux : les joueurs de Valenciennes, d’une part, qui peuvent défendre une main dans le slip, et d’autre part la directrice des programmes de France 3, qui pourra envisager d’inclure ce spectacle à ses séries habituelles sans que les pensionnaires des maisons de retraites françaises n’y voient une grande différence.

A l’heure de jeu, Garcia envoie Mitroglou creuser dans son jardin pour voir si sa confiance n’y serait pas enterrée. Réorganisée par l’entrée de Thauvin, l’équipe montre des progrès que l’on peut approximativement estimer à que dalle. Au contraire, Valenciennes manque de peu de nous enfoncer quand un bête ballon en profondeur prend toute notre défense de vitesse : c’est heureusement le moment que Mandanda choisit pour redevenir Il Fenomeno et mettre en échec l’attaquant venu seul face à lui.

Au moins, avec Rami et Rolando, on n’est pas emmerdé avec ces histoires de révélateur de hors-jeu.

 

Alors que Monsieur Lapin part à l’échauffement, les Olympiens se disent enfin qu’un peu plus d’intensité ne serait pas de trop, et dominent franchement les dix dernières minutes. Les centres se multiplient tant et si bien que, dans le lot, quelques-uns s’avèrent de qualité. Sakai, Payet puis Germain se succèdent devant le but mais ne trouvent au mieux que le gardien : la prolongation est inévitable.

Malgré une alerte juste après la reprise, ces trente minutes supplémentaires voient l’OM dominer entièrement des Valenciennois exténués. Notre maladresse perdure cependant dans la conclusion ou la dernière passe (voire dans l’avant-dernière passe, de temps en temps), jusqu’à cette 103e minute où tout le monde joue enfin la même partition. Thauvin trouve Germain dos à la surface, qui remet instantanément à Payet ; Dimitri décale Njie sur la droite, pour un centre en retrait à ras de terre trouvant Amavi. Peu puissant, le tir du droit de Jordan suffit pourtant à surprendre le gardien (1-0, 103e).

Plus rien de notable ne se produit dans la seconde période de la prolongation, si l’on excepte la palanquée d’occasions ratées de nous mettre à l’abri : Payet salope un quatre-contre-deux, Zambo Anguissa, au lieu de viser le but, tente de dégommer France Gall dans sa montée aux cieux, Dimitri réussit presque un joli ciseau, et Clinton confirme qu’il serait prêt à se couper la jambe plutôt que de tenter une passe du pied gauche. Néanmoins, tout est bien qui finit bien et nous pouvons nous moquer de Bordeaux sans retenue en attendant – en exigeant ? – des jours meilleurs sur le plan du jeu.

 

Les joueurs

Mandanda (4/5) : Mandanda croit peut-être au Père Noël mais pas aux Rois Mages : que les attaquants se le disent, en janvier c’est la fin des cadeaux.

Rami (3+/5) : Solide, et n’hésitant pas à dépasser sa fonction pour aller porter la charge dans le camp adverse. De là à jouer le hors-jeu cinq mètres au-delà du milieu de terrain, il y avait peut-être un peu de mesure à trouver.

Rolando (2+/5) : Rien de honteux, mais pas assez net sur les deux grosses occasions nordistes. Pour faire taire les critiques sur son manque de vivacité, il a pris soin de recevoir un carton jaune valant suspension : quand on reverra Abdennour, on se souviendra alors de ce qu’est VRAIMENT un défenseur lent.

Sakai (2/5) : Un peu en dedans, et qui plus est pas aidé défensivement par Njie. Il s’est battu avec l’abnégation qui est sa marque de fabrique, à égalité avec la médiocrité de ses centres.

Amavi (4-/5) : Pour le but et les interventions défensives souvent pleines d’à-propos. Nous allons donc passer gentiment sous silence les quelques moments gênants, comme par exemple cette analissime relance dans l’axe en fin de match.

Luiz Gustavo (3+/5) : Un petit Luiz Gustavo de reprise, c’est-à-dire avec seulement dix fois plus de classe sur le terrain que les 21 autres joueurs réunis.

Lopez (2+/5) : Propre et sans audace, un peu comme un porno asiatique flouté. C’est moyennement émoustillant. Heureusement, il lui reste les cartons jaunes et cette suspension à venir pour faire un peu de sale.

Zambo Anguissa (72e, 2/5) : Vous trouvez Maxime trop soigneux ? Je vais vous donner André-Frank, son rentre-dedans et sa spécialité du soir : le tir à vingt mètres du but. C’est-à-dire qu’il est déclenché à vingt mètres de la cible, et qu’il en arrive à la même distance.

Njie (3-/5) : Que voici une note difficile à attribuer. Du déchet en pagaille, une implication défensive nulle, un pied gauche inutile au point de le voir multiplier les extérieurs du droit ridicules… mais aussi une combativité sans pause, plusieurs occasions créées et cette passe décisive pour Amavi. Un dilemme. Nous allons par conséquent lui attribuer la moyenne tout en insultant ses ancêtres, ce qui paraît être un bon compromis.

Payet (2+/5) : Que voici une note difficile à attribuer. La plupart de ses interventions nourrissent le fantasme de lui serrer les couilles à la pince-crocodile, mais la plupart de nos occasions le voient impliqué. Ses bons moments sont autant d’espoirs de le voir un jour plus constant, mais bien vite la réalité nous rattrape : « constance » et « Payet » c’est comme « dignité » et « Christophe Castaner », ça ne va pas ensemble.

Germain (2+/5) : Faire des remises subtiles et manquer des occasions : être associé à Mitroglou n’a pas perturbé Valère dans ses petites routines.

Ocampos (108e) : Entrée sérieuse et intéressante pour Lucas, même si Payet l’a privé de l’un de ces jolis ciseaux qu’il affectionne tant.

Mitroglou (1/5) : Raccrochons-nous à ce que l’on peut : la roue va forcément tourner pour quelqu’un qui porte les mêmes initiales que Kylian Mbappé (et que Kristina Mladenovic, d’accord).

Thauvin (59e, 2+/5) : Entré principalement pour apporter de la percussion. Et un petit peu de football aussi, à l’occasion, mais c’était secondaire.

Dans notre collection consacrée aux grands chefs d’œuvre néo-classiques, voici la toile consacrée à Florian Thauvin et intitulée : « Et si tu levais la tête au lieu de te regarder la bite ? » (musée du Louvre).

 

L’invité zoologique : Lebo Mothra

Légèrement inquiétante mais finalement inoffensive et sympathique, la mite géante est le craignos monster idéal pour un divertissement sans grand enjeu. Il s’agissait donc de l’invitée appropriée pour commenter ce match de fin de vacances.

– Les autres : Appliqués en défense et très performants en contre-attaque, ils n’ont eu par rapport à nous qu’un seul défaut : ne jamais oublier d’être maladroits à la conclusion de leurs actions.

– Les images : Le résumé est ici.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter, et remporte un concours zoologique qui a finalement moins fait recette que le match.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 Comments

  1. Zambo visait la lune, ses ballons sont allés tutoyer les étoiles. Chapeau, l’artiste !

  2. Alors là, non !

    La galette, c’est à la frangipane.

    Difficile à trouver de qualité aux abords du Vel, je l’accorde (abords incluant Avignon, St Martin de Crau et St Maximin).
    La brioche insipide sucrée à coups de fruits confits ne devraient pas être proposée à d’innocents minots en carence d’activité physique dominicale.
    Pour l’acad, rien de plus que d’habitude, toujours au top !

  3. C’est aussi passer sous silence la très bonne prestation du gardien adverse. Ont as pas étais si dégueulasse que ça.
    Bon si ça a étais dégueulasse.
    Mais sans ce con devant les but ont aurais scorer.
    Comment ça ? Tout le monde joue avec un gardien ?
    Pfff c’est nul le foot. Je retourne au vélo.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.