PSG-OM (3-0), La Canebière académie se résigne (pour l’instant)

Quand on n’a pas le niveau, on n’a pas le niveau.

Aïoli les sapiens,

Voici enfin atteint le pic de dantesquerie de ce mois de février, avec le double déplacement de nos héros en terres qataro-parigotes. Bien évidemment, ce match comptait pour du beurre, puisque – rappelons-le – tous les résultats acquis contre le PSG seront gelés au moment de la disqualification et de la relégation dudit club pour fraude fiscale, entorse aux règlements européens et affichage des chants de supporters sur les écrans géants. Pour autant, la bonne série olympienne aiguisait légitimement nos ambitions, et l’on pouvait s’attendre à ce que nos joueurs abordassent cette affiche avec une certaine gloutonnerie. Gloutons, nous le fûmes, mais comme l’animal du même nom : à savoir ouvrir notre grande gueule pour nous attaquer à trois fois plus gros que nous, et prendre une raclée bien méritée en retour.

Non que nous ayons démérité outre-mesure, notez, mais cet échec doit nous aider à ne pas perdre de vue le fait que : 1°) rien n’est encore acquis 2°) la marche qui nous sépare du Projet® est encore bien haute.

 

L’équipe

Pelé

Sakai (Sarr, 59e) – Rami – Rolando – Amavi

Zambo Anguissa – Luiz Gustavo

Thauvin – Payet – Ocampos (Sanson, 39e)

Germain (Njie73e)

 

Hormis Mandanda, toujours blessé, l’équipe-type est de sortie.

 

Le match

L’OM entame le match comme il le faut, avec un pressing haut agrémenté d’une jolie charge « à l’ancienne » de Thauvin sur Neymar. Le PSG peine à déployer son jeu, mais ses sorties de balle rapides nous rappellent que le moindre flottement défensif peut nous être fatal. Cela ne rate pas : Jordan Amavi prétend rapidement au trophée Jérémy Morel de l’enculage de matchs, en manquant son interception devant Mbappé. Celui-ci récupère, s’étonne de voir son grand-père sur la pelouse, constate qu’il s’agit en fait de Rolando, dribble icelui et prend Pelé à contre-pied (1-0, 10e).

Cette péripétie n’empêche pas l’OM de maintenir son plan : appliqués, pressants, nos joueurs continuent de gêner leurs adversaires, d’essayer de péter les tibias qui passent à leur portée, voire de combiner de temps à autre sans pour autant se procurer d’occasion. Pas de quoi faire douter le PSG, qui nous fait exploser en une bête accélération : Kurzawa et Rabiot éparpillent le duo Thauvin-Sakai, ce qui aboutit à un centre en retrait repris par Neymar. Le tir du Brésilien n’est pas cadré mais Cavani rôde : devant le danger, Rolando parvient à empêcher l’attaquant de soigner ses statistiques de la manière la plus radicale qui soit : en marquant lui-même contre son camp (2-0, 27e).

Quelques cartons de part et d’autre plus tard et Ocampos remplacé avant qu’il ne tue quelqu’un, la première période s’achève sur un résumé qui conviendrait parfaitement à Rudi Garcia : hormis les deux fois où l’on se fait ouvrir, nous ne jouons pas si mal.

Le jeu reprend sur un faux-rythme, équilibré, davantage marqué par les échanges de semelles que par des actions offensives proprement dites. Non que le climat du match soit particulièrement détestable, d’ailleurs : les joueurs parisiens gardent leurs nerfs, se contentant sobrement de se rouler par terre en hurlant à la mort à chaque contact, puis en nous rendant nos coups de putes de temps à autre. Une fois encore, ces bonnes dispositions ne durent pas plus de dix minutes, jusqu’à ce que notre côté droit soit pris d’une anesthésie subite : Zambo Anguissa, Thauvin et Sakai laissent Neymar les passer en revue une main dans le slip, avant de trouver Cavani en retrait. L’Uruguayen contrôle dos au but, s’étonne de trouver derrière-lui le grand-père de Mbappé, constate qu’il s’agit toujours de Rolando, pivote autour d’icelui et adresse une lourde imparable (3-0, 55e).

Devant ce qui commence bel et bien à ressembler à une branlée, l’OM ne se désunit pas et approche même un peu plus de la surface qarisienne. Cette volonté se matérialise par l’obtention de coups de pieds arrêtés, aboutissant plus précisément au nombre de zéro occasion. Le dernier quart d’heure est égayé par l’entrée de Clinton Njie pour, selon la formule consacrée, « apporter un peu de folie dans le match » – une  mission remplie dans les grandes largeurs : en fait de folie, il nous a récité l’intégralité du DSM-5.

Alors que nos joueurs n’auraient pas été contre l’embellissement de leurs crampons par un ou deux ligaments de Neymar, celui-ci trouve le moyen de se péter tout seul, sortant la cheville en vrac à la suite d’un mauvais appui. Comme le disait ma Môman : « au moins comme ça, tu pleures vraiment  pour quelque chose. » Pour le reste, une action de Njie sauvée par Thiago Silva et une autre de Thauvin sortie par Aréola sont près de nous voir sauver l’honneur, mais nous repartons la queue entre les jambes accablés par ce constat : même sans démériter, nous ne sommes simplement pas au niveau pour rivaliser avec ce PSG-là, ne fût-ce que sur un match. Plus détestable que le jeu lui-même, finalement, fut notre attitude devant les journalistes, à coups d’ironie sur l’ambiance au stade et de jérémiades sur les roulades parisiennes : quand l’écart avec notre rival est tel, une équipe prétendument aussi mature et intelligente que la nôtre devrait comprendre que le plus digne reste encore de fermer sa gueule.

 

Les joueurs

Pelé (2/5) : Donc avec Yohann, c’est tout ou rien : soit c’est 18 clineshites en une saison, soit c’est trois buts encaissés en deux tirs cadrés.

Rami (1/5) : Plus malin que Rolando, il a évité de se faire ridiculiser en prenant soin de ne pas être présent où il le fallait. Malus pour avoir fait sa grande gueule en interview d’après-match

Rolando (1-/5) : Le slip fétiche, taché, troué, mais fidèle et efficace compagnon de toute une vie et que l’on ne se résoudra jamais à jeter. Le slip fétiche ne déçoit jamais, jusqu’à ce qu’on le porte pour un rendez-vous galant avec Scarlett Johansson.

Sakai (1+/5) : Cela ne sert pas à grand-chose de tenir la dragée haute à l’ennemi, si c’est pour le laisser vous vitrifier en deux attaques. Enfin, je ne sais pas, il me semblait que vous étiez au courant par chez vous.

Sarr, 59e, 2-/5 : Il a tellement progressé qu’il est désormais capable de tordre une cheville d’un simple regard. Son principal fait d’armes du soir d’ailleurs.

Amavi (1-/5) : Combien d’inventions géniales ont-elles sombré dans l’oubli faute d’une communication efficace ? Jordan, lui, n’est pas tombé dans le piège : un contrôle du genou sur un tacle glissé, ça ne se révèle pas contre Troyes, non, il faut faire en sorte que ça se produise en mondovision devant 3 millions de téléspectateurs.

Zambo Anguissa (3-/5) : Mea culpa, nous avons vraiment trop demandé à la déesse Erzulie, qui a dû disperser la force du vaudou pour satisfaire nos invocations. Du coup, nous avons bien eu droit d’une part à un match d’André-Frank correct, mais pas flamboyant, et d’autre part à la blessure de Neymar, mais trop tard.

Luiz Gustavo (3-/5) : Propre, voire étonnamment propre dans cette rencontre propice à la boucherie sournoise. Que ce soit dans le vice ou dans le jeu, il lui a manqué un coup d’éclat à la hauteur de l’affiche.

Thauvin (1+/5) : On lui a prononcé : « c’est ton jour, tu vas enfin avoir l’occasion de tester tes progrès à haut niveau », il a compris : « c’est ton jour, fais-toi plaisir, remets-toi à t’emplâtrer seul sur les défenses et à tirer les corners n’importe comment ». De deux choses l’une, soit il lui faut une nouvelle prothèse auditive, soit un nouveau préparateur mental.

Payet (0/5) : Des déclarations provocatrices d’avant-match qui donnaient le ton : on allait voir ce qu’on allait voir. Ha ha.

Ô Capitaine, mon capitaine.

 

Ocampos (3-/5) : Un début de match plein de fougue, avec de nombreuses récupérations et une amputation tibiale presque parfaite de Dani Alves. Gâcheur de plaisir, Rudi Garcia l’a sorti prématurément pour une sombre histoire de match qu’il voulait terminer à onze, ou un truc de rabat-joie dans ce genre.

Sanson (37e, 2/5) : Entré pour jouer dans l’axe, où il ne s’est guère illustré qu’après la tempête.

Germain (2-/5) : Envoyé au front pour combattre seul l’impérialisme qatari armé d’un pistolet sans balle et d’une cuillère à trous.

Njie (73e) : Complètement niqué de la tête. Perdu pour perdu, la prochaine fois dans ce genre de match, il faudra absolument le faire entrer plus tôt : il poussera forcément l’un des joueurs au suicide, et avec un peu de chance il s’agira d’un adversaire.

Eternal sunshine of the spotless mind.

 

L’invité zoologique : Lassana Diarradégout

Saloperie, laide, vile, sale, sournoise mais increvable. Le rat était bien l’invité approprié pour narrer ces retrouvailles avec une vieille p une vieille connaissance.

– Les autres : Ils ne nous ont pas pris de haut cette fois-ci, hélas pour nous.

– Le classement : Les dégâts sont limités, puisque Monaco et Lyon ont eu l’excellente idée de concéder chacun un match nul. Nous restons donc bien accrochés à la troisième place, une relative satisfaction qui ne doit pas nous faire oublier ces deux défaites subies en une semaine. Aussi limitées en soient les conséquences pour l’instant, il serait de bon ton de ne pas s’en satisfaire.

#FermeTaGueuleStéphaneGuy : Tout ce qui sort du larynx de ce Monsieur pourrait aussi bien émerger d’une pompe Farina sans qu’on n’en voie la différence.

– #FermeTaGueuleStéphaneGuy (bis) : Ah, et pendant que je te tiens, tête de nœud, on ne dit pas de nos coups d’envoi qu’ils « ressemblent à des coups d’envoi de rugby » : au rugby, un engagement qui sort directement en touche est irrégulier, Ducon.

– Le drame : De grâce, ami lecteur, cessons de souhaiter une blessure grave à Neymar : c’est mesquin, médiocre et nous sommes au-dessus de ça (en plus, c’est surtout celle du lyonnais Fekir qui nous arrangerait).

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Just Wide remporte un concours zoologique de bien meilleur niveau que le match.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 Comments

  1. Payet a été détestable à refuser de passer en zone mixte à la fin de la partie. Ceci-dit ils sont avec Germain surtout victime de leur naïveté en conférence de presse. Les questions sans bonne réponse possible comme celle qui a été posée à Payet : « Enviez-vous l’effectif Parisien » ne sont là que pour lancer un match qui se serait préparé dans une calme royal sinon. Bref. Ils sont surtout benêts.

  2. Stéphane Guy m’a convaincu d’opter pour un streaming basse définition en espagnol. L’avantage de la mondovision, c’est aussi de pouvoir se passer de lui.

    Sinon, on peut remercier Toulouse et Saint-Etienne.

  3. « Sakai (1+/5) : Cela ne sert pas à grand-chose de tenir la dragée haute à l’ennemi, si c’est pour le laisser vous vitrifier en deux attaques. Enfin, je ne sais pas, il me semblait que vous étiez au courant par chez vous. »

    « GUSTAVE LOUISEAU
    Pourtant, sakai est une perle, à rebours de ce que nous pensions. »

    C’est de la Bombe!!

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