PSG-OM (3-0), La Canebière académie se victimise

On n’allait pas non plus laisser la conquête de trophées gêner notre lutte pour la 2e place du championnat.

Aïoli les sapiens,

En 1959, Louison Bobet disputait son dernier Tour de France. Vieillissant, plus au niveau des meilleurs, il subit une défaillance dans l’implacable col de l’Iseran. A bout de forces, il tient pourtant à achever l’ascension, ne déposant le vélo qu’à l’apogée de son martyre, transformant la défaite en acte d’héroïsme, et marquant à jamais de son panache l’histoire d’une course qu’il avait jusqu’ici animée de ses victoires. Pour l’honneur de son sport, par respect pour l’épreuve.

Plus près de nous, il y a quatre ans, nous avons tous vu Yohann Diniz affronter l’ingratitude de la vie. Non content de son visage à faire peur, il a de surcroît choisi le sport le moins télégénique qui soit, la marche olympique et sa démarche imposée de poliomyélitique sous speed. Croyez-vous que ce fût tout ? Non. Se lançant en favori dans une échappée suicidaire, il défaille, perd tout espoir et se chie dessus, littéralement, en gros plan et sous les yeux d’une bonne moitié des 6 milliards d’habitants que compte la planète Terre. Et pourtant, là où le commun des mortels se serait terré dans l’anonymat voire le regret d’être venu au monde, Yohann a marché jusqu’au bout de sa déchéance physique, titubant et souillé de merde, consommant la défaite jusqu’à la ligne d’arrivée comme l’homme d’honneur aborde la mort : debout, vaille que vaille. Pour l’honneur de son sport, par respect pour l’épreuve.

Et au milieu de ces champions, grands dans la défaite comme ils le furent dans la victoire, il y a nous. Nous, qui répondons depuis deux semaines aux perches tendues par les journalistes avec force fanfaronnades et déclarations d’intention, tout cela pour nous mettre aux abonnés absents au moment de vérité. Nous qui sonnons la retraite – que dis-je, la débandade – aux deux tiers du combat dès lors que le retard nous paraît insurmontable. Nous qui ne montrons pas l’amorce d’une rébellion, d’une quelconque ardeur à la tâche, quand dans notre pays des centaines de footballeurs moins bien lotis vendraient leur âme pour disputer une telle joute. En un mot comme en cent, nous, minables, qui venons de chier sur une compétition historique du patrimoine sportif français, une compétition, surtout, qui donna à notre club certaines de ses plus belles émotions.

Si la deuxième place du championnat est un impératif comptable se battre pour conquérir des titres est un impératif tout court. Les émotions de supporters, les vraies, celles qui marquent durablement, ne se construisent pas forcément dans la victoire finale (l’année Bielsa en témoigne), mais elles se bâtissent encore moins en se contentant de battre des Caen et des Dijon chaque semaine. Etre le cauchemar de Rémy Vercoutre, c’est un peu maigre pour bâtir une épopée, Messieurs. Mais que disent ces esprits prétendument réalistes ? Que le panache serait suicidaire ? Que nous ne sommes pas armés pour jouer sur tous les tableaux ? Ces calculs pointilleux seraient légitimes si vous aviez repris un tabac-PMU aux Chutes-Lavie. Pour notre part, ils nous indiffèrent : c’est une équipe de football, que nous soutenons, et la plus belle. Une équipe qui sait supporter la défaite, la médiocrité, mais certainement pas le renoncement.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Abdennour – Sakai

Lopez – Luiz Gustavo (Kamara, 58e)

Thauvin (Sari, 53e) – Sanson (Amavi, 73e) – Ocampos

Njie

Mandanda est de retour tandis que, par rapport à dimanche, plusieurs joueurs font le chemin adverse vers le banc, voire les tribunes pour ce qui concerne Payet. Conscient qu’un grain de folie manquait au match de dimanche, Rudi Garcia installe Ocampos et Njie, la paire la plus psychologiquement instable qui puisse exister. Derrière, Rolando paie son match raté d’il y a quatre jours et se voit remplacé par le seul défenseur de Ligue 1 moins vif que lui.

 

Le match

Comme dimanche, l’OM entame la rencontre par un pressing haut plutôt efficace, qui empêche le PSG de poser son jeu. Après une première alerte bien négociée par Mandanda, notre désormais traditionnelle erreur défensive de la 10e minute survient par le biais d’une relance abominable de Rami. Pour une fois l’erreur est pardonnée, puisque Cavani manque le cadre.

D’ailleurs, le PSG fait montre d’une certaine maladresse. Même s’il est confortable de serrer les fesses en nous disant que nous n’avons aucune chance contre le favori, les faits sont bien là : en cette première période, le PSG est prenable… ou plutôt le serait si les gestes de mongoliens de Thauvin, Ocampos ou Njie ne gâchaient pas systématiquement nos surnombres.

Une mauvaise relance de notre part oblige Mandanda à un arrêt phénoménal, mais cette fois-ci l’avertissement n’est pas retenu : dans le temps additionnel, Luiz Gustavo donne un ballon difficile à Lopez, qui le rend aux parisiens d’un contrôle analissime. Trop timoré pour se livrer devant Di Maria, le guerrier des conférences de presse Adil Rami se tourne juste ce qu’il faut pour dévier le tir de l’Argentin hors de portée de Steve (1-0, 45e+1).

Intentions offensives avortées par des joueurs qui n’y croient pas, application défensive ruinée par une erreur de demeuré à 40 secondes du retour aux vestiaires, le manuel du « savoir gâcher toutes ses chances contre le PSG » est récité à la perfection par nos joueurs – il faut dire qu’ils commencent à le maîtriser sur le bout des doigts.

D’ailleurs, toute incertitude est levée dès la reprise, quand Abdennour se troue en intervenant sur un centre de la droite, et offre le doublé à Di Maria (2-0, 47e). Ne sachant pas que le fini-parti est désormais illégal, nos joueurs sont tout étonnés de devoir encore rester sur la pelouse alors qu’ils ont fait tout le nécessaire pour achever leur travail avant l’heure. Bon prince, Rudi Garcia les autorise à ne pas trop se fouler en attendant le coup de sifflet final, usant pour cela d’un message clair : Thauvin sort pour Sari et Luiz Gustavo sort pour Kamara.

La partie se poursuit pendant quelques instant sur le rythme d’un match amical avant que nos joueurs décident que cela reste trop fatigant, et transforment le reste de la rencontre en séance spécifique pour Steve Mandanda. Une main dans le slip, Paris se contente d’une unité supplémentaire inscrite au terme d’un très beau mouvement louche de Verratti – remise de Draxler – volée de Cavani (3-0, 80e).

Heureux du devoir accompli – devoir semblant essentiellement consister à uriner sur la gueule des téléspectateurs ainsi que des 400 supporters ayant pu se déplacer – nos joueurs peuvent regagner les vestiaires dans l’attente irrépressible de pouvoir de nouveau jouer les matamores en conférence de presse, là où aucun footballeur ne pourra assurément remettre en cause leur grande gueule. Espérons seulement que nous ne perdrons pas l’habitude de rouster les plus humbles que nous en championnat, afin que notre mesquinerie serve au moins un objectif à défaut d’une quelconque passion. Certes, il reste la Ligue Europa pour fatiguer sur les organismes, mais nous pouvons compter sur Rudi Garcia pour négocier une belle et honorable élimination ; disons 0-0 / 1-0, et surtout en évitant la prolongation n’est-ce pas.

 

Et encore, vous avez intérêt à gagner contre Nantes ce week-end, parce que s’il s’avère que vous avez balancé le match de ce soir pour ne pas prendre les trois points dimanche, c’est toute la garenne qui va débarquer.

 

Les joueurs

Mandanda (4/5) : Un retour fracassant, on sent que ça lui avait manqué, de se faire abandonner par sa défense de lâches.

Rami (1/5) : A écouter ce beau parleur, on comprend qu’il ait réussi à séduire Pamela Anderson. A le voir à l’œuvre au moment crucial, on s’étonne qu’elle soit encore avec lui.

Abdennour (1+/5) : Le but était de nous faire regretter Rolando ? C’est réussi, tu nous as même fait regretter Doria. Voire Elamine Erbate.

Sarr (2-/5) : Bon, OK pour la Coupe du Monde, mais seulement les matchs de poule, alors.

Sakai (2/5) : Sur 861 635 Marseillais, 861 634 ont anticipé le fait qu’Aymen Abdennour puisse faire une cagade au cours du match. Manque de bol, le huit-cent-soixante-et-un-mille-six-cent-trente-cinquième, c’était Hiroki.

Lopez (2-/5) : 45 minutes très intéressantes, instantanément salopées par la 46e. Plus grand-chose ensuite… un match d’espoir, mais d’espoir du tennis français.

Luiz Gustavo (3-/5) : Sa passe met Maxime Lopez en panique, mais pas autant que nous après l’avoir vu blessé au sortir de l’une de ses multiples interventions orgasmiques.

Kamara (58e, 2/5) : Préserver Luiz Gustavo, pourquoi pas si celui-ci était blessé. Préserver Zambo Anguissa et lâcher le petit au milieu d’un triangle Verratti-Motta-Draxler, c’était peut-être un peu abusif.

Thauvin (1/5) : Quand il est en forme, il a la vitesse de Clinton Njie et la vision de Dimitri Payet. Quand il est fatigué, c’est l’inverse.

Sari (52e, 2/5) : Volontaire mais impuissant dans un collectif qui avait déjà renoncé.

Sanson (1+/5) : Un peu comme dans Ghost : on a cru déceler comme une présence rémanente, mais en réalité il était déjà mort depuis dimanche.

Amavi (73e) : Pourquoi pas.

Ocampos (1/5) : Recadré par Garcia dans l’idée saugrenue de jouer au ballon plutôt que de mordre des Parisiens. On ne devrait pas forcer la vraie nature des gens.

Njie (1/5) : Et greffer le cerveau de Mitroglou sur le corps de Clinton, on a essayé ? Je veux dire, en dehors de ce qui est irrécupérable chez l’un ou chez l’autre, on devrait bien trouver de quoi reconstituer un footballeur correct ?

 

L’invité zoologique : Monsieur Lapin

Il était apparu il y a déjà quatre ans et demi, dites donc. Tout ceci ne nous rajeunit pas, heureusement que pendant tout ce temps il y a des choses qui ne changent guère.

– Les autres : Une main dans le slip, donc. Ils ont plus vibré en écrivant leur ridicule courrier sur l’arbitrage qu’en disputant la rencontre. On n’en rajoutera pas sur les paroles des chants distribuées aux spectateurs, c’est déjà assez douloureux de rappeler qu’on s’est fait taper par un club de Mickey Mouse.

– La statistique : Mine de rien, l’OM vient de disputer trois matchs de rang perdus sans inscrire de but. Les particularités de ce mois dantesque® rendent cette statistique peu significative pour l’instant, mais il convient de mettre au plus vite un terme à cette anomalie.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. L’irruption nécessaire de Monsieur Lapin vient interrompre un concours zoologique qui était pourtant de haute volée.

 

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

11 Comments

  1. J’ai pas compris le coaching de Garcia…. Des remontada (c) comme contre Nice vous en avez déjà faite pourtant, et il a eu 2-3 contres parfaitement salopés par tes ouailles. J’ai senti aucune révolte, et putain si la colère de Mandanda est équivalente aux cernes qu’il se tapait à la fin du match, j’aurai pas aimé être dans le vestiaire….
    D’ailleurs, comment se fait-il que ce ne soit pas/plus lui le capitaine ?

  2. Garcia préfère les joueurs de champ pour le capitanat, et ce depuis un bail.
    Il l’avait précisé suite au retour de Steeve

  3. Garcia nous vole ce concours zoologique ! ça devait être la fête de la gaudriole on s’est tapé le festival des grandguignols. Merde !

  4. Oui Merci.

    Ton niveau s’élève aussi vite que celui de notre équipe s’effondre.

  5. Encore un super coaching del maestro Rudi Garcia. Ajouté à cela la blessure diplomatique de Payet, saupoudré d’intox et vous obtenez une belle bouillie footballistique, très indigeste dans son ensemble.

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