Notre Footballologue analyse Italie-France (1-2)

En gestation…

…vers un nouveau système, le 442 du soir doit renseigner sur d’éventuels progrès. En position défensive, Valbuena sous Giroud débutent le pressing 20 mètres devant une médiane que le reste de l’équipe ne dépasse pas; d’autant plus inutile que personne ne s’occupe du pivot de relance italien (Verrati seul et servi, 18ème et 19ème) et la France défend la plupart du temps à « bloc -2. » Offensivement, le choix de créer une zone de densité (concentration des meilleurs éléments dans un espace cible) dans un couloir droit « animé » par Sissoko émeue le zinc: « En France, on forme des branleurs et des cubes. Soit t’as Ben Arfa ou Ménez, soit t’as un cube!!! » Aussi à l’aise avec le ballon que Superman en présence de kryptonite, le toulousain relance la question du dézonage de Ribéry. Inutile à gauche, il faut attendre la 28ème minute pour que Bilal Youssouf Mohamed daigne passer à droite et voir Sissoko combiner avec…Capoue, qui transmet à Matuidi pour la première incursion française à gauche: « faute française » (CJP.) Cinq minutes plus tard, mêmes hommes même mouvement et, défaut d’hier-qualités d’aujourd’hui, seule l’absence de rigueur tactique de Valbuena permet aux bleus d’exister. En totale liberté sur le pré, le meneur olympien passe à gauche et arrête le temps pour égaliser: 1-1, 36ème. Attendue sur sa capacité à alimenter une zone de densité par le dézonage de ses meilleurs éléments, l’équipe de France faillit mais déjà Sakho et Capoue s’imposent face à Balotelli. Les cubes assurent…

Vice-championne d’Europe…

…, la Gradisca Azurra se veut maîtresse ès stratégie. Dans un premier temps, création d’une zone de densité à droite afin de neutraliser l’adversaire. Ainsi lestée sous son côté fort, la victime subit un jeu direct composé comme suit:

  • Relance longue dans l’axe sur Balotelli

  • Rebond sur Marchisio ou Montolivo pour

    a. ouverture dans un couloir: le flanc droit consacré à neutraliser l’adversaire, ce schéma privilégie le côté de Balzaretti (28ème, 34ème, 44ème.)

    b. jeu court sur Balotelli ou El Sharawy, faux ailier-véritable avant-centre (10ème, transversale de Balotelli; 26ème; 34ème, Balotelli-Montolivo-El Sharawy: 1-0.)

Défensivement, Balotelli se trouve rarement hors du rond central et, tandis qu’ « on contrôle » (Lizarazu) à 50 mètres de leur but, les italiens récupèrent en songeant déjà à leur futur schéma offensif.

 

France 98…

…résulte d’un transfert de compétences décisif dans l’obtention du titre. Composé pour moitié de joueurs évoluant ou ayant évolé dans le Calcio, le groupe champion du monde présentait une discipline défensive sans faille que devait couronner un réalisme jusqu’alors inédit de ce côté des Alpes. Fils prodigue de l’acculturation, une mi-temps suffit à Deschamps pour assimiler la leçon et guère plus de 15 minutes pour l’enseigner à son groupe. Dès la 46ème, le couloir gauche tricolore s’anime au gré d’un Valbuena désormais couplé à Ribéry et cinq minutes plus tard, Evra centre pour la première fois de la partie. L’installation d’une zone de densité à gauche correspond également à la formation de la Sainte Trinité ancellotienne « passe-percussion-finition » transsubstanciée en Valbuena-Ribéry-Giroud. Première parousie à la 59ème, métensomatose dans la foulée (Ribéry pour Ménez, Gomis pour Giroud avant que Valbuena ne se change en Gourcuff et consécration via Evra dont la frappe permet à Gomis de finir: 1-2, combinaison Evra-Valbuena-Evra-Ménez-Evra, 66ème. A la 75ème, les bleus défendent même à la médiane et Prandelli décide d’imiter l’imitateur en entrant Giovinco et Diamanti. Sous les centres du joueur de Bologne, le couloir droit s’anime (72ème, 73ème, 76ème, 84ème, 85ème = transversale) et oblige Deschamps à justifier le choix Sissoko. « Karembeu2012 », le toulousain permute avec Ménez (autour de la 70ème) et, plaçant un cube Manufrance sur le chemin des azzurii, le premier de promo esquisse un projet: une zone de densité offerte à la Sainte Trinité augmentée d’un latéral, un bloc axial composé de cubes et un « cube nomade » prompt à boucher les trous. Dysymétrie, dézonage, en un mot souplesse d’un dispositif qui, à défaut d’être révolutionnaire, renoue avec une « certaine idée de la France » vue de l’étranger: une équipe casse-couilles pour un peuple de casse-couilles.

L'ancien

3 Comments

  1. J’ai pas vu le match et bah du coup je l’ai pas compris non plus.

    Non c’est faux. Souperbe texte. Je n’ai pas vu le match mais c’est exactement comme çaque ça à été joué. Sauf pour la metemnoseose dont je suis pas sûr de savoir ce que ça veut dire.

    Vivalbuena !

  2. Zavait pas remarqué Sissoko et Menez permuter à la fin du match…
    Et vu que les italiens n’attaquaient plus que par là, j’avais presque cru déceler la faiblesse du replacement du Menez (et le coté roc en défense de Evra, mais c’est un autre débat…).

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