Manchester United – Arsenal (2-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit

Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seule les vives flammes crépitant au coeur de la cheminée (et ouais, les températures sont redescendues d’un coup, c’est fou) permettent de distinguer la scène qui se joue devant nous. Enfoncé dans son fauteuil, Luke Seafer, tel un Hamlet des temps modernes, s’adresse à un crâne, posé dans la paume de sa main. Il doute. Il songe. Il avise. Spirituel, comme à son habitude. 

« Il s’en va l’Arsène. Le Tonton. Le Wenger. Démission. Pouf. Comme ça. Nous n’étions pas plus préparé à ça qu’à la fois où Fergie nous a pris au saut du lit un matin de mai. C’est une page de la Premier League qui se tourne. Celles des vieux sages qui savent (pas cap de le répéter 10 fois très vite à voix haute). Maintenant il ne reste que les vieux bourrus alcooliques qui voguent de club en club et la nouvelle école : celle qui crame 60 millions pour un latéral gauche remplaçant. C’est la fin des beans ma bonne dame.
Vous rappelez vous Arsène, quand nous fûmes seuls au mondes ? Vous vous dressâtes en chevalier blanc, pourfendeur de Red Devils. Vous étiez l’élu. Celui qui devait ramener le football anglais à Londres. Celui qui devait faire tomber Sir Alex de son putain de perchoir. Et vous avez tout tenté et presque réussi. Quelques titres, le deuxième plus bel exploit de l’histoire du football anglais (une saison invaincu, c’est costaud quand même, mais ça vaut pas un triplé of course), ça force le respect.
C’était le bon vieux temps, avant les oligarques et les gazoducs. On était jeunes, on était beaux. Et vous tout autant. Ce que vous étiez fringant avec vos petites lunettes.

Vraiment Arsène, vous êtes le genre d’adversaire que l’on aime : sympathique, tenace, dangereux et souvent battu.

Ca va faire quelque chose de ne plus vous voir la saison prochaine. Par qui vont-ils vous remplacer ? Vont-ils vous laisser choisir ce successeur ? Ferez-vous la même erreur que Fergie à tenter de vous chercher un fils spirituel avec des épaules trop frêles ? Le club imposera-t-il son choix ? C’est que c’est important ce qui ce joue là : un héritage, une persistance. Voir son club chuter après le départ de son coach historique et peiner à s’en remettre, c’est plus que déconcertant pour le supporter. Et on sait que les votres en ont vécu, des moments compliqués.

Ah mais je suis bête, vous aviez pensé à tout et amorcé vous même cette descente pour que vos supporters ne détestent pas votre successeur. Décidément Arsène, vous êtes bien à part.

Le dernier Manchester United – Arsenal de l’ère Wenger. Le 60e. Et pas de chance pour les Gunners, avec une rencontre cruciale le jeudi qui vient en Ligue Europa, il faut faire tourner…
Petite apparté, il est évident que j’espère une victoire finale d’Arsenal en Ligue Europa, ce serait un beau cadeau pour Arsène. (A défaut, l’Atletico ou Salzbourg on le droit de la gagner, sinon).
Bref Arsenal se pointe avec une équipe B, 24 ans de moyenne d’âge, comme la fois où ils en ont pris 8. Qu’est-ce qu’on avait rigolé ce jour là.

Je vais pas m’étendre sur l’hommage à Wenger rendu par le stade, par Ferguson, par Mourinho : on est le club le plus classe du monde, est-ce vraiment surprenant ? Parlons football. Enfin essayons de, quand on en vient à United.

Ce fut un formidable match une main dans le slip, les pieds en éventail. Une rencontre d’un cynisme à hautes radiations mourinhesques…
D’un côté t’avait les petits gunners qui s’échinaient : Allez hop ptite talonade, wep dédoublement, redoublement, ameublement,  passe aveugle tac tac la profondeur, arabesque triple lutz piqué frappe au-dessus/sur De Gea.
De l’autre, on retrouvait nos gars, qui visiblement étaient aussi concernés que moi quand on me propose d’aller voir le dernier Kechiche au cinéma. Ca pousse la baballe, devant, mais pas forcément avec envie et surtout pas forcément avec des idées. C’est quand même notre drame de la saison ce manque d’implication chronique. Alors bien sûr, le mot d’ordre c’était « Keep calm, on joue Arsenal, à un moment ça va mal tourner pour eux« . Il suffit d’attendre la 16e minute et une perte de balle au milieu du terrain de la part d’Arsenal pour que se réalise la prophétie. Pogba envoie Xhaka au lit, décale Lukaku qui centre, tête de Sanchez sur le poteau (l’humiliation a ses limites), Pogba est à la conclusion.
Ceci fait, Manchester s’endort et laisse Arsenal arsenaler.
Arsenaler : (verbe transitif, 1er groupe) vouloir bien faire mais bon y a un truc qui coince quand même. 
Ex : vous au lit. 

Sauf que la deuxième mi-temps a peine entâmée, voila qu’un homme pense avoir son rôle à jouer, une vengeance à exécuter. « Alors comme ça on m’échange contre un petit Chilien, en janvier et on pense que je ne vais m’en laisser conter ? Et bien nous allons voir ce que nous allons voir » se dit alors Mkhitaryan avant de se promener dans la défense mancunienne et tromper De Gea d’une frappe placée à ras de terre à la perfection (51e). Il est con Riton, il a rien compris à comment ça marche dans son club.
Après le coup de tonnerre l’ennui. Mourinho tente de raviver les troupes avec les entrées de Rashford (pour remplacer Lukaku, blessé) et Martial, mais le premier est perdu, l’autre fait constament un geste de trop… Arsenal de son côté, cale.

Et c’est ainsi que nous arrivons aux cinq dernières minutes. La conclusion logique de ce match, un drame purement wengerien :
D’abord Martial trouve Fellaini (rentré lui aussi pour mettre des coups de coudes et menacer les gamins) dont la tête s’écrase sur le poteau. Rashford suit et marque mais est logiquement signalé horsjeu. Appelons ça l’avertissement.
Ensuite, les arrêts de jeu : une action similaire, avec cette fois Young au centre. Fellaini est une nouvelle fois dans le paquet, une nouvelle fois plus haut que tout le monde. Mais ce coup-ci c’est dans le petit filet, Ospina est battu.
Perdre ce match dans les arrêts de jeu (emballons-nous, parlons même de Fergie Time puisque tout le monde le fait), sur une action poussive, conclue par des joueurs dont la classe footballistique provoque la nausée à Arsenal, tel est le destin d’Arsène Wenger.

Tu vas nous manquer.

 

Les Diables

De Gea (3/5) : 
Le but de Mkhitaryan, à part le poteau, personne n’aurait pu l’arrêter. En tout cas toutes nos félicitations pour ce nouveau titre de Player Of The Year, c’est mérité. Super inquiétant pour le reste de l’équipe, mais il n’y a rien à redire, dans les faits.

Young (3/5) : 
« Sauvé par des passes décisives sorties d’on ne sait où, malgré un talent de footballeur pas évident évident », son autobiographie, bientôt dans toutes les bonnes librairies. (Je leur ai dit à la maison d’édition que le titre était un peu long mais ça ne les a pas arrêtés)

Lindelöf (4/5) : 
Déjà contre Swansea, récemment on l’avait senti enfin à l’aise. Imaginez le à côté d’un bon défenseur… La sérénité qu’il pourrait atteindre.

Smalling (2/5) :
Moui, boarf, indolore.

Valencia (2/5) :
Vous voyez les panneaux dans les usines  : « Pas d’accident du travail depuis X jours » ? A Old Trafford on a le même pour Valencia « Pas un centre réussi depuis 613 jours ».

Matic (4/5) : 
Fiabilité, efficacité, sagacité. Mon mvp de l’année.

Ander Herrera (2/5) :
Bah c’était pas trop ça quoi. En tout cas, on ne s’en rappelle pas.

Pogba (3/5) : 
Formidable raison d’être heureux en première période. Formidable raison de s’énerver ensuite. Comme s’il faisait tout pour qu’on débatte de lui, qu’on se batte pour lui, que l’on parle de lui. C’est pog-relou, Paul.

Sanchez (2/5) : 
Un jour, en plein débat footballistique, j’ai dit à l’assemblée, « Sanchez, on jugera en septembre prochain ». Et puis j’ai bu une gorgée de bière, en silence, fier de toute cette sagesse exposée aux yeux des Hommes. (Là purée de toi t’as intérêt à te bouger la saison prochaine)

Lingard (2/5) : 
Vivement la saison prochaine aussi (qu’il retrouve le banc).

Lukaku (3/5) : 
cf Matic.

Les suppôts de Satan 

Rashford pour Lukaku, 49e (2/5) : 
Ah ben le jeu en pointe à la Mourinho, c’est son dada, c’est sûr.

Martial pour Lingard, 63e (NN) : 
Toujours beaucoup de mauvais choix, mais au moins, des prises de décision, des prises de risques, un peu de vitesse… Au moins ça a évité à un paquet de monde de s’endormir.

Fellaini pour Ander Herrera, 63e (NN) : 
Moi je propose qu’on se quitte là-dessus. Genre une belle image pour finir, merci pour tout, tout ça tout ça et on reste bons amis.

 

La bise inferanale, 
Luke Seafer

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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