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L’accademia rossonera note Milan AC-Tottenham (0-1)

Mercredi 16 février 2011

La ligue des champions est de retour. Depuis le temps qu’on l’attendait, son retour de février est toujours un grand soulagement pour tout amateur de football qui se respecte. Les mardis et mercredis vont maintenant être rythmés par cette musique enchanteresse, cette bannière étoilée ( pas la foireuse des américains ) flottant au gré du vent et des petites mimines des ramasseurs de balle. La promesse de passer le reste de l’hiver et des jours froids avec ce spectacle brillant ravive la flamme intérieure de la passion ardente qui brûle en nous tous.
Elle peut tout autant apporter bonheur et liesse, mais aussi son lot de tristesse et de dépit.
Ce soir, le coeur à la peine et lourd comme un matin pluvieux, Tonton Baresi va vous narrer le triste spectacle offert par les 11 bonshommes en rouge et noir. L’espoir placé dans ce tour de qualification est à la hauteur de la déception résultant de ce match coup de bambou.


Messieurs les anglais, tirez les premiers

Le match commence sous les meilleurs auspices avec une propagande hitlerjungendesque lancée par le commentateur qui a certainement hérissé les poils de tout amateur de calcio.
Petit florilège: « -Y’a pas que dans les stades anglais où l’on chante (sic) »
 » – Vous vous rendez compte le leader de la Serie A, meilleure attaque, meilleure défense, meilleure équipe à domicile, en difficulté face au quatrième de la première league »
Sans compter les non moins célèbres préjugés du Milan équipe de vieux en passant par la faute sur le gardien non sifflée en Angleterre, parceque nous les british, on est des hommes, des vrais.
Tonton Baresi ne réfute en aucun cas certains dires, mais en tant qu’amateur (suceur ?) de football anglais, il m’aurait paru beaucoup plus gentleman et sophistiqué de ne pas remuer le couteau dans la plaie comme un bourrin s’acharnant sur une personne à terre.

À ma grande peine, ce match va donner du grain à moudre à tous les anti-italiens et pro-premier league. Ils pourront se targuer de voir le 4ème de chez « eux », l’emporter chez le premier de Serie A, se séguer sur la faiblesse du championnat italien. Les sujets et débats vont ressortir en grandes pompes sur Telefoot et fan2foottropcoollool^^.fr, les as du football anglais et de sa beauté si spécifique vont ressortir de plus belle et nous les briser avec leur football tourné vers l’attaque et feu follet.

Ca suinte la jalousie certains se diront ? Je joue les Cassandre ? Peut être.
En attendant, il reste un match retour, un déplacement dans le « chaudron » de White Hart Lane. En espérant que ces si merveilleux supporters des Spurs changent de piste et arrêtent de nous bassiner avec leur « Oh when the saints go marchin’ in ».
En attendant, messieurs les anglais vous avez tiré les premiers, mais il faut toujours se méfier de la précocité, elle peut parfois nuire.


Le match

Un match malabar bigoo, le premier acte dominé au niveau de la possession par les Spurs et une seconde période beaucoup plus tranchante de la part des milanistes. La sortie de Seedorf et l’entrée de Pato ont permis à Robinho de se libérer dans le jeu et à Gattuso d’enflammer la piste de danse.
La première mi-temps est catastrophique côté rossonero : transmissions de balles coupées sans cesse, Robinho version « je-dribble-la-ligne-de-touche », Antonini violé au coin du bois par Lennon, Seedorf annonçant une nouvelle saison exclusive de LOST et Nesta mangé tout cru par l’ogre Crouch.
La deuxième période sonne le glas de cette domination plus territoriale que dangereuse au final des londoniens. Le replacement de Robinho en trequartista lui permet de revenir chercher le ballon plus bas et de servir de rampe de lancement. Mario Yepes jouera même les casques d’or sur deux têtes à bout portant sorties par Orangina Gomes.
Puis vint la cruelle 80 ème minute, où le rapide et technique Lennon s’en alla transpercer et empaler Yepes pour servir Crouch sur un plateau. Dure réalité qui vient quasiment de réduire à néant toutes chances de qualification.


Les notes


Abbiati (non noté) : Percuté par Crouch, il ressentira de fortes douleurs derrière la nuque et cédera sa place au bout de 18 minutes de jeu seulement. Juste avant cela, il était apparu bondissant et rassurant. En espérant que ce choc sur le crâne se soit répercuté sur son cerveau en lui effaçant ses opinions politiques nauséabondes.

Antonini (2/5) : Durant sa première mi temps, il est apparu sans défense, un peu comme une petite soeur face à son grand frère ch’ti. Lennon lui en a fait voir de toutes les couleurs et l’a retourné dans toutes les positions. S’est quelque peu repris en seconde période, avec beaucoup plus d’allant offensif. En vain… Son coup « je me mets sur mon pied droit alors que je suis arrière gauche » est devenu le geste le plus apprécié par les défenseurs adverses.

Abate (3/5) : Il avait du feu dans les jambes, il en avait tellement qu’il a pris de vitesse ses adversaires sur plusieurs débordements, chose rare à l’accoutumée. Un match à garder très précieusement en réserve au milieu de la collection « Mon unique moment de gloire au Milan », préfacé par Christophe Dugarry et José Antonio Chamot.

Nesta (2/5) : Tel un galérien, il a ramé, ramé, ramé. Après une telle prestation, il mériterait lui aussi de se faire fouetter.

Yepes (3/5) : L’équarisseur de Medellin s’est plutôt montré à son avantage coupant bon nombre de trajectoires et allant même jusqu’à se procurer deux grosses occasions que Gomes a sorties brillamment. Va se scarifier en revoyant son tacle ridicule sur le crochet de Lennon amenant le but. Sa devise « le ballon passera peut être, mais sûrement pas toi » a été bafouée.

Thiago Silva (2/5) : Clairement pas à son aise à ce poste, il a dû faire avec un Gattuso voulant jouer tous les postes défensifs et un Yepes chauffé à blanc et croyant avoir reçu les pouvoirs de Faustino Asprilla. A eu du mal à soutenir la différence avec un golgoth comme Palacios en face. Retourne vite derrière, ça sent bien moins mauvais que l’on y croit et l’on s’y sent plus au chaud.

Flamini (3/5) : S’est masturbé sur la VHS « les plus beaux tacles de Di Meco » avant le match. A parfaitement réalisé le célèbre tacle deux pieds en avant, suivi de l’arraché de cheville avec à l’appui la justification « j’ai touché le ballon ».

Gattuso (4/5) : Bloody Ivan is back ! Et quel retour ! Ce Gattuso là m’avait manqué. Parfait dans son rôle de ratisseur et dans ses transmissions de ballons, il a insufflé sa hargne et sa gnaque à toute l’équipe et à tout le stade. S’est battu 3 fois ce soir : une fois contre Crouch qui n’arrêtait pas de lui mettre les coudes (il s’est vite arrêté d’ailleurs), une fois contre un membre du staff anglais à qui il a failli arracher les yeux à la fin du match et finalement avec son double imaginaire qu’il a fracassé après avoir un jaune synonyme de suspension pour le retour.

Seedorf (0/5) : Sorti à la mi-temps, sifflé par San Siro, raillé par Stéphane Guy et Marcel Desailly. Je crois que je vais m’arrêter là, c’est déjà très dur à encaisser pour un seul homme.

Robinho (3/5) : Passé au travers du premier acte, son replacement à la pointe du diamant du milieu lui a permis de prendre le jeu à son compte et d’essayer d’accélérer le jeu milanais. Ce qu’il a par ailleurs réussi à merveille en seconde mi temps. En jouant 90 minutes comme ça, il peut prétendre à un niveau d’excellence. Par contre, doit tout de suite oublier l’idée de tirer les corners.

Ibrahimovic (1/5) : Docteur Zlatan, Mister Ibra. A basculé vers le côté obscur de la force. Un match plus moche que maître Yoda. Perd le ballon qui emmène le contre de Tottenham sur le but et fait une faute que Stevie Wonder aurait lui aussi sifflée sur son but refusé.


Remplaçants:

Amelia (3/5) : A supplé Abbiati après son torticolis. N’a rien eu à faire, crucifié par Crouch.

Pato (3/5) : Entré à la pause, il a tenté de belles combinaisons avec Ibrahimovic et Robinho, mais cela n’aura pas suffi.


L’adversaire:

Grand match de Gomes qui a sorti deux têtes à bout portant, Assou-Ekoto toujours aussi vif et précieux sur son côté gauche, Lennon alliant raffinement, technique et rapidité (un vrai ailier, c’est assez rare pour le souligner) et enfin Peter Giant Crouch qui, en plus d’avoir cassé les burnes de Gattuso avec ses grands bras aura été présent au moment opportun pour signer LE fameux but à l’extérieur.

 
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