Fabrègues – Bourg Péronnas (1-2, a.p.) : La Poulet de Bresse Académie aime les stades de district.

La Coupe de France, ses pâtures, ses maillots numérotés de 1 à 11 et ses places en pourtour. Le football vrai.

On avait laissé le FC Bourg-Péronnas après une défaite 3-0 à Brest en décembre. Depuis, les Bleus ont su faire match nul 2-2 contre Lorient avant la trêve. Ils ont surtout su perdre leur maître à jouer, en la personne de Kévin Hoggas, qui rejoint les Julien Fabri, Jason Berthomier, Pape Sané ou autre Alliou Dembélé au palmarès des meilleurs choix de carrière des anciens joueurs du club. En effet, le beau Kévin part pour le Cercle Bruges, club belge légendaire évoluant actuellement en D2 du plat pays …

Côté foot, le vrai, on commence l’année par un déplacement en 32e de finale de Coupe de France. Après Seyssinet et Moûtiers aux tours précédents, le FCBP continue son Tour de France des bleds paumés (ceci est un compliment) en se rendant cette fois-ci en terres héraultaises à Fabrègues, club de N3 (ex-CFA2). Bien que située trois niveaux en dessous de nous dans la hiérarchie du football français, cette équipe me fait peur et je sens le traquenard à plein nez. Mais vu qu’il n’y a rien de mieux que de passer son premier week-end de janvier sur les routes du midi pour voir un match de niveau district, la Poulet de Bresse Académie est allée à Fabrègues.

Côté stade, nous nous retrouvons dans un parcage digne de ce nom, c’est-à-dire, debout derrière un grillage de 2m50 de haut et bien escortés par quelques gorilles à l’accent heraulto-ch’ti fort sympathique. Néanmoins, on nous laisse gentiment sortir de notre « cage à poulets » si bien nommée, pour pouvoir nous sustenter à la buvette située à l’autre bout du stade. Le Fabrèguois est jovial et heureux de recevoir une équipe de l’acabit de Bourg (c’est dire !), tout se passe donc très bien avec les supporters visiteurs, d’autant que nous avons une forte tendance à vouloir faire tourner les buvettes des stades visités.

Nous voilà donc fin prêts pour voir ce 32e de finale de Coupe de France et tout ce qui l’entoure. Place au match !

 

Les bleus :

Les numéros de 1 à 11, qu’est-ce que c’est beau !

Hervé Della Maggiore a choisi son 2e gardien pour ce match de coupe. Plaisir de retrouver Seb’ Callamand dans les bois, même si mon amour pour Gaëtan Deneuve ne faiblit pas. Pour le reste, c’est sûrement la meilleure équipe qu’on peut aligner, et c’est loin de renforcer mon optimisme …

 

Le mâche :

En vidéo ici.

Dire qu’on en a chié est un euphémisme. La première mi-temps était à sens unique pour les locaux, heureusement qu’ils étaient nuls. Diakhaté (38e) et Kassa (43e) ont bien foiré leur face-à-face contre Callamand, bien isolé au cœur d’une défense encore en train d’ouvrir les huîtres du nouvel an. Par contre, l’ambiance en « tribune » est agréable avec une belle diversité de supporters visiteurs auxquels viennent se joindre quelques spectateurs locaux, c’est dire la qualité de la sécurité attitrée.
Pour vous, ce genre d’échanges ont pu avoir lieu pendant que les deux équipes offraient un spectacle digne d’un Lescheroux – Coligny en D4 du District de l’Ain :
« – Bourre-en-Bresse, ça fait combien de temps que vous êtes pro ?
– Bourre-en-Bresse ? Je connais pas. Par contre Bourk-en-Bresse, c’est notre troisième saison en Ligue 2.
– Ah oui ! C’est vrai qu’il faut dire Bourk, putaing c’est vré ! Allez, bon mâch’ ! »

Pour revenir au « mâch' », Bourk revient avec un peu plus d’ambition et ressemble de plus en plus à une équipe de Ligue 2, même si c’est pas encore ça. Merdji envoie une volée sur la barre (50e), mais les rouges procèdent en contre et Callamand se montre heureusement solide face aux attaquants fabrèguois. Direction la prolong’ sans qu’on ait vu grand chose sur la partie.

Après 90 minutes de chauffe, le FCBP joue enfin au foot et Bègue centre pour Heinry qui marque de près de la tête après une superbe sortie de Meslouhi (0-1, 93e). Le parcage éxulte. C’est moche mais on est content, des buts, on en voit pas des masses à Verchère …

La prolongation nous offre enfin du spectacle et Callamand sort le grand jeu avec une belle claquette suite à une tête de Gomez (96e). Quelques secondes plus tard, Weyders, le meilleur Fabrèguois assurément, s’empale dans la défense burgienne et s’écroule dans la surface assez facilement. Magie de la Coupe de France oblige, l’arbitre siffle péno et Kassa ne tremble pas (1-1, 97e). Les supporters héraultais ont l’humilité de craquer un fumi pour ce sous-but. Dommage que la recette historique du club serve à payer l’amende dudit craquage néanmoins …

Avec ce genre de scénario, on entend déjà le résumé d’Eurosport vanter l’exploit de l’AS Fabrègues, ultra dominateur sur ce match. Dommage, Martins Pereira (qui sort encore un match de merde) catapulte une tête sous la barre, encore sur un service de Bègue (1-2, 104e). Mon exultation est à la hauteur de mon soulagement, comme tout le parcage qui se permet de chambrer nos collègues fabrèguois. C’est moche, je sais. Mais c’est bien fait pour leur gueule quand même. Voilà.

A la suite de cela, Fabrègues pousse mais Kassa foire magistralement sa chance d’égalisation, à mon plus grand bonheur (107e). Rien dans les 10 dernières minutes, si ce n’est pas mal de ratés (merci Merdji) en contres de notre part et une double montée finale du gardien de Fabrègues sur des coups de pied arrêtés largement évitables. Bourg-Péronnas est en 16e, c’est l’essentiel.

 

Les notes :

Callamand (4/5) :
Habituel remplaçant de Deneuve, Seb Callamand, taulier du club depuis notre présence en CFA 2, a largement assuré. Autorité et efficacité.

Ponroy (2/5) :
Encore en train de déboucher le Cerdon sur les trop nombreuses offensives fabrèguoises. Avec de la concentration, c’était mieux. Remplacé, sur blessure, par Amiot (91e), à peu près solide.

Faivre (2/5) :
Sensiblement équivalent à son partenaire de charnière.

Martin (2/5) :
Très en vue contre Lorient. Le petit Quentin s’est mis au niveau (faible il faut bien le dire) de son adversaire. Remplacé par Digbeu (59e), notre Jamaïcain sûr.

N’Simba (3/5) :
Vital est un bon gars, battant, collectif et souriant. Ça suffit pour qu’il ait la moyenne.

Nirlo (3/5) :
Numéro 3 d’un jour, 3/5, logique.

Martins Pereira (2/5) :
C’est fou comme ce mec est chiant. T’allais lui mettre un bon 0/5 des familles au moment où il met le but de la qualif’. Allez, on verra la prochaine fois …

Heinry (3/5) :
Le mec est trop grand pour être hyper à l’aise avec un ballon. Dommageable quand tu joues 10. C’est beaucoup mieux avec la tête, change rien Guillaume !

Bègue (4/5) :
Très bon match de P’tit Ju : débordements, deux passes décisives et une crampe qui arrête le jeu 5 minutes dans la prolongation. Bravo !

Sarr (2/5) :
Toujours aussi insuffisant, on sent malgré tout qu’Adama revient petit à petit à son niveau de début de saison. Remplacé par Boussaha (75e), qui s’est battu mais qui n’a pas marqué, ce qui aurait été très pertinent pour le remettre en confiance.

Merdji (Croqueur/5) :
4 grosses occasions, zéro but. Des choix trop altruistes quand on lui demande d’aller seul au but et de marquer. Yanis a encore beaucoup de choses à apprendre mais on l’aime bien, rassurez-vous.

Merci aux joueurs d’être venu saluer les fidèles supporters bressans présents. Mention spéciale à Gaëtan Deneuve, venu nous remercier un par un d’être venu, sans qu’il ait joué le match. Un vrai gars.

Les Bleus, et votre serviteur, repartent de la jolie bourgade de Fabrègues la qualification en poche, bien fêtée le soir-même dans les rues de Montpellier. De quoi bien démarrer l’année avec un déplacement chez ces connards du Paris FC qui s’annonce, sans moi malheureusement. La prochaine acad’ devrait relater l’opposition face à Quevilly, joie.

Pour la suite de la Coupe, on recevra Toulouse dans 15 jours. Une affiche, ma foi, d’un fort beau gabarit. Je ne sais pas pourquoi mais je suis plus confiant que si on avait tiré Granville …

 

La bise AOC,

Marcel Cerdon.

Marcel Cerdon

5 Comments

    • On s’est déjà un peu reniflé le cul avec Marcel. On a rdv le 16 février pour une double académie en un seul nom qui rendra les lecteurs complètement chèvre, pire qu’un Faulkner.

      • Vous me rappelez les beaux débuts de notre histoire, Marcel, j’en ai la larme à l’oeil. J’ai hâte de m’associer de nouveau à votre plume experte pour un Paris-Lorraine post-apocalyptique.

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