La Breizhou fait le bilan à mi-route

On va pas se mentir, la fin d’année a été riche en matchs, et hormis un effort notable de Marco Grossi pour académiser la défaite contre Monaco, la Breizhou n’a pas foutu grand chose. Rien de bien notable par ailleurs puisque :

  • Comme prévu on est allé passer pour des branques à Metz
  • Comme lors du précédent affrontement contre Marseille, Khazri a visité la caravane d’Abdennour
  • On a pris deux roustes contre le PSG

Plutôt que de donner mon avis sur des matchs dont je n’ai plus qu’un souvenir confus, je vous propose donc un petit bilan de mi-saison. Il y a en effet plus à dire, puisqu’on a encore marqué des points au challenge « club géré par des guignols ».

 

Gourcuff, an 2

Vous vous souvenez de ce milieu d’été 2017 ? Le projet de jeu était assimilé, le loft se vidait, et notre recrutement avait été prompt, cohérent et séduisant. Bref, cette année, c’était la putain de bonne.

Rétrospectivement on peut dire que ça s’est mis à puer la merde dès la fin de l’été. Déjà parce qu’on ne gagne pas un match du mois d’août, mais surtout parce que la fin de mercato met en évidence l’amateurisme de nos dirigeants. On recrute Koubek pour tripler le poste de gardien, et Khazri parce qu’on réalise au dernier moment que Yoann Gourcuff est fragile. C’est plutôt bien vu pour un recrutement fait à l’arrache, sauf qu’en attendant on ne comble pas le gros manque identifié depuis deux ans : le poste d’avant centre.

Gourcuff semble néanmoins confiant sur sa capacité à transformer rapidement Sarr en buteur efficace. Les plus optimistes y croient donc encore début septembre, après une victoire probante à Marseille. Mais trois défaites, un nul et une blessure longue durée de Sarr plus tard, l’évidence est là : la saison est niquée et le sort de Gourcuff scellé.

Comme on est Rennes, tout n’est pas si simple : dans ce qui ressemble à l’une de ses rares décisions respectables, René Ruello lie son sort à celui de son entraîneur au lieu de le virer. Gourcuff reste donc en place quelques matchs supplémentaires, le temps pour les Pinault de dégoter un président crédible (spoiler : ils ont dû associer deux mecs moyennement crédibles pour faire la blague). Un contretemps qui peut sembler anecdotique, mais qui permet au SRFC de repousser les limites du ridicule en devenant le premier club de l’histoire mondiale du football à licencier son entraîneur après une série de quatre victoires.

 

Tous au Sabri

La méthode stéphanoise ayant fait ses preuves pour tout ce qui est rigolade et mauvaise gestion, le SRFC se retrouve donc avec une direction bicéphale : Jacques Delanoë est la caution locale, mais c’est Olivier Létang le vrai patron. Ce dernier a exercé au PSG, où il s’est constitué un carnet d’adresse long comme le bras en compagnie d’éminents professionnels, comme par exemple Patrick Kluivert. Le bon Olivier va donc nous dégoter sans trembler un entraineur de calibre mondial, élevé en plein air et nourri à la coupe d’Europe.

Footmercato nous annonce donc Laurent Blanc, on rêve de Puel ou d’un étranger un peu classe, et on croise les doigts pour que ce ne soit pas un honnête entraineur de L1 comme Galtier. Sauf que surprise, quand tu ne disposes plus de fonds illimités, ton réseau te prend tout de suite moins au sérieux. Olivier nous joue donc la carte du projet et du petit jeune qui n’en veut au moment de nous présenter un entraineur relativement inexpérimenté, en la personne de Sabri Lamouchi.

Il est encore un peu tôt pour se prononcer définitivement sur le gars Sabri, mais après huit matchs, quelques tendances se dégagent.

C’est un pragmatique. Hormis quelques joueurs sortis du placard et un jeu un poil plus direct, on est dans la continuité de ce que faisait Gourcuff. La grosse différence réside dans le rapport aux joueurs. Sabri est beaucoup plus paternaliste que Christian, n’hésite à mettre des titulaires sur le banc pour les piquer au vif, ou à instaurer des repas en commun pour être sûr que tout le monde mange correctement. C’est compris Joris ?

Tout cela est plutôt positif, et si l’approche tactique n’a pas trop changé, les joueurs ont paru plus motivés, notamment André qui apporte enfin offensivement. Après une défaite inaugurale contre Strasbourg, Sabri a eu le bon gout d’enchaîner trois victoires, dont une contre Nantes.

Il y aussi quelques motifs d’inquiétudes. Notre nouvel entraineur semble avoir fait de Mehdi Zeffane le symbole de son renouveau, alors qu’il est tout nul. Le retour de Baal devrait régler ce problème, mais ça interroge sur la clairvoyance de Sabri. Ses innovations tactiques, avec des passages en 433 ou en 4141, n’ont pas non plus aidé l’équipe, même si c’était un peu mieux contre Monaco. S’il persiste dans cette voie, on risque de repartir de zéro, alors que le boulot tactique de Gourcuff offre clairement une base solide sur laquelle s’appuyer.

Il serait dommage de perdre du temps, alors que d’autres équipes déçoivent encore plus que nous (coucou Bordeaux, Sainté et Lille), qu’on est finalement calé en haut du ventre mou et qu’une place européenne reste envisageable.

 

Les gars

Les stats sont faites main en incluant les coupes.

Koubek : 15 matchs. 4/5
Malgré un style parfois peu académique, le gars Tomas rassure, ne fait pas de boulettes et a l’air travailleur et impliqué. Pour un panic buy de fin de mercato, on a vu pire.

Diallo : 4 matchs. 3/5
Relégué sur le banc à cause d’une blessure, on se dit que ce qu’il lui manque, c’est surtout de la chatte, sur et en dehors du terrain. A gagné sa place de numéro 2 fantasque qui joue les coupes avec cette séance de pénos bien gérée contre Marseille, mais mérite sûrement d’être numéro 1 dans une autre équipe.

Traoré : 20 matchs, 1 passe. 4/5
Le bon recrutement malin, le mec a délogé Danzé sans trembler, ce qui reste plus facile à dire qu’à faire. N’est-ce pas Mehdi ?

Gnagnon : 21 matchs, 1 but, 1 passe. 3/5
Moins impressionnant que la saison passée, Sabri l’a envoyé sur le banc pour le secouer un peu. Il reste notre meilleur défenseur, donc on attend plus de lui sur la deuxième partie de saison.

Bensebaini : 15 matchs. 2/5
On va pas se mentir, on regrette un peu de ne pas l’avoir lâché à Lille contre un gros paquet de pognon. Il est souvent blessé, connait trop de sautes de concentration pour s’imposer dans l’axe de la défense, et dépanne sans convaincre à gauche ou au milieu.

Baal : 14 matchs. 3/5
Avec toute la sympathie que j’ai pour la sélection guyanaise, la prochaine fois ils peuvent se carrer la Gold Cup dans le fondement. Cette compète en bois en plein milieu de la prépa nous a rendu Ludo tout fragile.

Mexer : 12 matchs. 2+/5
Il semblait reparti pour une saison compliquée en alternant blessures et mauvaises performances. Et puis Sabri lui a fait confiance, et Edson retrouve gentiment son niveau.

Gélin : 12 matchs. 4/5
Sans faire de bruit, le mec est passé de jeune le moins susceptible de percer à défenseur fiable de L1. En plus il est polyvalent et il a bonne gueule, tu peux y aller Ramy.

Zeffane : 6 matchs. 1/5
Le côté positif de ses titularisations, c’est qu’on a rappelé son existence aux recruteurs avant le mercato. Le côté négatif c’est qu’on a aussi rappelé son niveau.

Figueiredo : 5 matchs. 2/5
Le brave type pas vraiment au niveau, comme une bonne partie de notre recrutement récent. Sabri lui préfère même Zeffane, histoire de bien lui montrer la sortie.

Nyamsi : 3 matchs. 3/5
A bien dépanné en début de saison mais s’est depuis fait dépasser par Gélin dans la hiérarchie. Va sans doute être prêté.

Danzé : 6 matchs. Respect & Robustesse/5
Poussé sur le banc à la régulière par Traoré, Romain fait bonne figure, encadre les jeunes et dépanne même au milieu. Si il en a profité pour noter les exercices de Gourcuff, on tient notre prochain Coach.

André : 20 matchs, 3 buts, 3 passes. 4/5
Son principal défaut à mes yeux était de ne pas assez peser offensivement alors qu’il en avait clairement les capacités. Trois buts et trois passes dé plus tard, je n’ai plus qu’à fermer ma gueule et à espérer qu’il maintienne ce rythme.

Lea Siliki : 19 matchs, 1 passe. 4/5
Régulièrement, Monaco nous file 10 millions pour un jeune prometteur. Cette année, c’est James.

Prcic : 4 matchs, 1 passe. 4/5
Le peu qu’on a vu c’était vraiment très bien. A voir si il arrive :
1/ à enchaîner deux matchs sans se péter
2/ à se faire une place maintenant que le duo André-Siliki fonctionne bien

Bourigeaud : 20 matchs, 5 buts, 5 passes. 5/5
Benjamin jouait relayeur, et il coûtait des buts. Et puis Christian l’a replacé milieu droit, et depuis Benjamin est David Beckham.

Maouassa : 18 matchs, 3 passes. 2/5
Des débuts décevants, mais on a peut être un peu trop attendu d’une recrue de 19 ans.

Hunou : 12 matchs, 3 buts, 1 passe. 2+/5
Je reste persuadé qu’il manque un peu de talent pour un joueur offensif de L1. Mais Adrien se donne, joue à plein de poste différents, et parvient même à être décisif quand l’opposition n’est pas trop relevée.

Amalfitano : 11 matchs. 0/5
Généralement transparent, quand il se signale sur le terrain c’est pour pénaliser l’équipe par une faute stupide alors que c’est censé être un cadre. Il est très rare que je déteste un joueur du Stade Rennais, mais franchement Morgan, respecte toi, respecte nous, et résilie ton contrat.

Janvier : 4 matchs. Encouragements du conseil de classe/5
C’est encore un peu court pour la L1 tout ça.

Gourcuff : 4 matchs, 1 passe. Daddy Issues/5
C’est triste, mais depuis que Wahbi est arrivé il m’arrive régulièrement d’oublier son existence.

Sarr : 8 matchs, 1 but, 2 passes. KTC en prison/5
On a juste eu le temps de se rende compte qu’il avait du feu dans les jambes, mais qu’il y avait encore du boulot pour en faire un avant-centre.Vu que Sabri m’a l’air d’un pragmatique, il va sûrement retrouver un poste d’ailier à son retour de blessure

Mubele : 18 matchs, 5 buts, 1 passe. 3/5
Chaud patate en début de saison, il a eu beaucoup plus de mal seul en pointe après la blessure de Sarr. Sabri l’a sorti du 11, mais mine de rien Firmin vient de foutre deux buts en sortant du banc.

Khazri : 14 matchs, 8 buts, 1 passe. 5/5
Wahbi se paye le luxe d’être à la fois notre joueur le plus décisif (avec Bourigeaud) et le plus important pour le collectif (avec André). Son seul petit défaut c’est sa grande bouche qui lui coûte une expulsion contre Guingamp, mais il a su se faire pardonner avec un doublé contre Nantes.

Brandon : 7 matchs, 1 but, 1 passe. 1/5
Il peut faire illusion en entrant en fin de match contre des joueurs fatigués, ou contre Hilton et ses 62 ans. Mais sa mi-temps en conditions réelles contre Metz l’a sans doute condamné aux yeux de Sabri.

Tell : 6 matchs, 1 but. Too fast to be furious/5
Quand il arrache le nul contre Troyes, on a pensé avoir trouvé notre doublure en pointe, et puis en fait non. Jordan n’a eu le droit qu’à quelques minutes en fin de match, et on commence à se demander si c’était bien la peine de passer pour des connards en allant le voler à Caen.

 

Voilà, c’était le bilan gourmand croquant de Joris Grognon. Pour faire changer la note de votre joueur favori, vous pouvez me trouver sur Twitter.

Joris Grognon

3 Comments

  1. Bordel les gars, vous pensez vraiment tenir un cador en Létang ? Vous allez moins rigoler quand il va recruter aiguillé par Favard. O.L. sa seule qualité c’est de laisser des bilans comptables au poil.

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