Bordeaux – Paris (0-1) : Une Scapulaire Académie à 16,90 Euros

« Le corps de l’homme est bien petit par rapport à l’esprit qui l’habite », Ça marche aussi pour les greffés célèbres ? j’ai comme un sérieux doute là…

Une greffe qui ne prend pas

« C’est un match amical, aucun intérêt » Par ces quelques mots méprisant, Pierre Ménès clôt la séquence d’analyse technique de la chaîne cryptée, à la mi-temps du match diffusé le dimanche à 21h. Il n’y en aura pas d’autres. Nous n’avons pas la prétention de donner des leçons de football, ni même l’orgueil de se croire au centre du monde. Nous savons bien que le PSG a été officiellement sacré champion de France dimanche dernier. Mais les supporteurs girondins n’ont pas choisi le calendrier de la saison, on imagine assez mal de Tavernost, le couteau entre les dents, forcer Canal à diffuser le match. Mais il était bien plus simple, bien plus pratique de balancer une petite phrase que de parler du fond. Longtemps, pour les amateurs de foot que nous étions, Canal + représentait la qualité, la touche technique. La chaîne cryptée parlait aux connaisseurs, offrait à ses abonnés des reportages fournis et du football venu d’ailleurs. Ce temps est révolu, écrasé, oublié. En faisant de Pierre Ménès sa figure de proue, Canal revendique un droit à la médiocrité, à l’outrance toujours sélective, où on se moque des anonymes et où on défend ses petits copains.

Pierrot sur Twitter

Pour le grand public, Pierre Ménès a débuté avec Karim Nedjari dans l’émission de Didier Roustan sur L’Équipe TV dans les années 2000. Le ton était différent, moins péremptoire, moins grossier. Mais que voulez vous, pour percer, il faut faire parler de soi, d’une façon ou d’une autre, coûte que coûte. Alors il se lance partout, et devient, en 2005, par le truchement du hasard, le responsable de la communication du Stade de Reims. De cette douloureuse expérience, il en tirera des conséquences qui s’imposent. Non seulement, il n’est responsable de rien mais en plus il accuse les autres. Quand il recrute deux jeunes Brésiliens plus doués pour la capoeira que pour le football, c’est la faute au destin. Le Suédois, qu’il impose, cire le banc, c’est la faute à l’entraîneur. Jamais notre bon vieux Pierrot ne se remet pas en cause. Mais il garde son petit coté chaleureux et attendrissant sur une ville qui fut la sienne une année durant : « Avec cette bourgeoisie trop proche de Paris, aigrie, jalouse, méfiante de tout ce qui vient de la capitale ». Hop c’est gratuit pour les petits Champenois. En 2006, Caillot, président du Stade de Reims, finit par le licencier. La pilule ne passe pas. Vexé, le bloqueur fou de twitter invente une histoire de sponsoring loupée de peu. Coca-Cola voulait investir à Reims, son départ a tout gâché. Depuis la tête de gondole de Canal a crevé l’écran. Il jongle entre pitreries et méchancetés gratuites en tout genre, se déguise chez Hanouna, se moque de sa collègue Élise Lucet, et, la nuit dans ses délires, s’imagine en Albert Londres. Tout le monde a le droit à l’erreur, personne est à l’abri d’un échec retentissant. Mais un peu d’humilité et de travail ne feraient pas de mal. On peut toujours rêver.

« J’ai honte de faire le même travail qu’Élise Lucet », euhh….

Le Match

Et pourtant ce dimanche, Bordeaux n’a certainement pas joué « un match amical sans intérêt ». Le stade était plein, le virage Sud s’était drapé de ses plus belles couleurs, tout était en place pour donner la meilleure image du club. Lerager avait mis son costume de lumière, Poundjé n’a pas trébuché et Costil a même fait des arrêts. Alors, oui, on va me dire que Paris s’est déplacé en touriste, que Rabiot somnolait (on devinait presque le petit filet de bave), que M’Bappé pensait déjà au futur scénario de la Pog-Série. Paris était aussi motivé qu’un usager de la SNCF un jour de grève et aussi impliqué que le prête-plume de Marc Levy. C’est tout à fait juste même si l’implication du prête-plume de Marc Levy n’est pas à remettre en cause à mon humble avis. Je vous rappelle que vous achetez ses livres, alors pourquoi se forcerait il à bien les écrire ? Imaginez si nos Girondins gagnaient les matchs sans même les jouer, on ne trouverait rien à redire.

Rappel des faits

Si Paris n’était pas concerné, on ne peut pas en dire autant de nos Girondins. Nous comptons sur les doigts de la main de Django Reinhardt les matchs aussi sérieux, aussi intense de nos petits gars. Ahhhh si nous avions mis la même implication contre les Angevins ou contre les Dijonnais, nous ne serions pas là à pleurer après une défaite prévisible contre une équipe surdimensionnée pour la Ligue 1. Il a fallu tomber contre un grand Areola (qui fait, à la surprise générale, une drôlement belle saison). C’est d’ailleurs assez rigolo de se plaindre toujours de la réussite du gardien adverse. Oui, le gardien arrête les tirs quand il le peut (enfin à part au LOSC où il garde le parking), c’est son métier. Pourquoi s’en étonner ?  Si nos gars avaient été plus précis, nous aurions remporté ce match. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

C’est beau un stade de foot la nuit.

Les Notes

Costil 3/5
Pas tellement sollicité, Benoît a fait le travail avant de s’incliner sur la frappe de Lo Celso. Il a fait son match, c’est assez rare pour être souligné.

Poundjé 3/5
Maxime remporte le combat des numéros 29. Il a éteint un M’bappé pas très concerné, pas très motivé et un peu fatigué. Du grand maxime.


Koundé Et Pablo 4/5
Ayons une pensée charitable pour le pauvre Paul Baysse venu pour être le messie et qui finalement reste assis.Tour à tour, Koundé et Pablo auraient même pu marquer. A l’heure où les dirigeants commencent à penser à la saison prochaine, on ne peut que se féliciter de cet axe défensif aussi improbable qu’époustouflant de sérénité.

bordoparis
Sabaly 3/5
Le lion de la téranga rugit à nouveau. Intenable ce dimanche soir, Youssouf a repris ses bonnes habitudes sur son coté, il a même dézonné plusieurs fois. On te veut comme ça chaque semaine mec.

Plasil 3/5
Jaro a beau avoir 77 ans, de l’arthrose, des petits enfants à la pelle. Jaro a beau faire ses recherches sur le minitel, appeler sa meuf d’un bi-bop, en 2018, il reste le milieu de terrain le plus incisif. Vous trouvez ça grave ? Vous avez raison.

En exclusivité mondiale, on a retrouvé pour vous le téléphone portable de Jaro.

Lerager 3/5
Le Danois galope sans arrêt en glissant de temps en temps un taquet bien placé. Il avait le jeu pour faire du hockey (ses coups d’épaule légendaires) ou du rugby (des chandelles redoutables) mais il a préféré s’essayer au foot. Quand il met autant d’intensité dans son match, il est précieux. Il réalise son meilleur match depuis bien longtemps.

Sankharé 2/5
Précieux au milieu de terrain, il apporte bien plus d’impact que Meité. Il sort alors qu’il semblait encore dans son match. Il lui manque encore l’efficacité offensive que nous lui connaissions. Son geste de mécontentement en fin de match risque de lui attirer les foudres de notre chef de la circulation uruguayen.

Kamano 2/5
Il fonce tout droit, oublie ses petits copains sur ses frappes, perd le ballon sans lever la tête. Mais on préfère encore voir François que le fantôme de Préville, aussi médiocre que poissard.

Si le requin est joué par Préville, elle a quand même de bonnes chances de s’en sortir.

Malcom 2/5
Lundi, Malcom se balade à Lacanau. Mardi. Malcom clame ses envies d’Espagne. Mercredi, Malcom signe des autographes à la foire aux pin’s de Talence. Jeudi, Malcom avoue parler un peu allemand. Vendredi, repos. Samedi, Malcom envoie un communiqué à l’AFP pour rappeler qu’il resterait ouvert à tout transfert à partir du mois de mai. Dimanche, Malcom joue contre le PSG. Il montre son talent à de trop rares occasions mais quand il le fait, il le fait comme personne dans l’effectif. Malgré tout, souvenez vous, qu’un joueur, aussi doué soit il, ne sera jamais au dessus de l’institution. Il nous reste un mois pour profiter de son football.


Braithwaite 2/5
Il n’arrête pas une seconde. D’un duel de la tête à un appel en profondeur, il est toujours présent, vif et tout. Mais il reste brouillon, il loupe des passes que Lerager réussirait. Pis, franchement, on préférait son ancienne coiffure. Quand on commence à parler cheveux, c’est rarement bon signe….

 

Prenez le temps de lire l’académie de Papus Camarade pour avoir l’avis d’en face.

Ailleurs dans le monde

Stéphane Guy ose un mardi soir de ligue des champions « Les tifosis, ce ne sont pas des prix Nobel mais ils ont de la passion ». Canal est en effet un véritable vivier à prix Nobel entre Pierre Menes et Cyril Hanouna. Merci d’être venu Stéphane, tu es toujours le bienvenue à nos petites sauteries…

Yohann Barbet est revenu dans le Onze de Brentford, il remporte une belle victoire à domicile, notre géant barbu peut encore croire aux barrages. J’aimerai tellement vous écrire que notre petit Hadi Sacko est revenu dans les petits papiers du coach. Mais ça serait vous mentir.

Chez les anciens qu’on regretterait presque, Sané a gagné en MLS et Fahid Benkeskifoula a pris sa retraite. Et ça nous évoque un souvenir aussi douloureux que sympathique.

Vous retrouverez la semaine prochaine le charmant Nausée Savajicl, en attendant, perdez vous sur horsjeu.net et suivez mes navrantes saillies sur Twitter. Plus on est de fou, plus on est de fou.

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

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