OM-Le Havre (4-3) : La Canebière Académie ne fait rien simplement

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You’ve been turpined.

Aïoli les sapiens,

Rien de vraiment nouveau ne s’étant produit ce week-end, nous t’invitons à composer toi-même ton introduction à cette académie :

  • Pour une intro engagée et sarcastique sur l’actualité, prière de se reporter aux académies précédentes, en y ajoutant les néo-nazis protégés par la police.
  • Pour une intro désabusée sur les ambitions sportives de l’OM, se reporter aux académies précédentes, en y ajoutant un adversaire encore plus nul que ses prédécesseurs.

Merci de ta participation.


La bande à Nénesse

De Lange
Weah – Egan-Riley – Aguerd– Emerson
Højbjerg (Gomes, 84e) – Nnadi
Harit (Abdallah, 78e) – Abdelli (Kamissoko, 84e) – Paixão (Garcia, 92e)
Gouiri (Maupay, 78e)

À part Cornelius, Nénesse l’Arsouille peut enfin disposer d’un effectif complet. Les jeunes sont ainsi invités à retourner en cours après un mois à arpenter les prairies, Maupay et Gomes retrouvent le banc pour leur plus grand confort et le nôtre, Højbjerg reprend enfin place au milieu et Kondogbia reprend deux fois des frites à la cantine.


Le match

Si l’OM n’a pas pour habitude de réussir ses débuts de matchs, que dire des Navrais, venus au Vélodrome bien disposés à se faire salement victimiser. Après un corner mal renvoyé, Emerson peut adresser un centre parfait à l’entrée des six-mètres. Laissé libre par la défense comme un milicien fasciste par un cordon de CRS, Egan-Riley peut placer son coup de boule en toute impunité (1-0, 5e).

De même que l’OM semble délaisser la coupe d’Europe au profit du championnat, les Navrais semblent déjà mettre de côté la Ligue 1 et garder toute leur fraîcheur pour la Ligue 2 l’an prochain. Nos Olympiens profitent de la complaisance des Normands pour désosser leurs adversaires dans les duels, et mettre en application des sorties de balle et renversements d’ailes aussi savoureux que multiples.

Cependant, nous ne parvenons pas à châtier les endormis d’en face comme il se doit, la faute à un manque de coordination dans la dernière passe, ou à un certain manque de tranchant au moment de placer la frappe décisive.

C’est alors qu’un gros coup de slipomètre frappe dans un ciel jusqu’ici serein, quand Egan-Riley perd un duel de moule dans sa surface. S’ensuit un centre en retrait que l’attaquant navrais a le bon goût de mettre à côté. S’ensuit un échange de politesses du même tonneau : Højbjerg est trouvé par Paixão, mais catapulte son tir au-dessus, puis Harit perd la balle et offre une occasion de tir, bien capté par De Lange.


Si l’OM domine toujours, la maîtrise des vingt premières minutes n’est plus qu’un souvenir, chacune des deux équipes semblant rester à la merci du premier branleur qui aura confondu intervention défensive et chasse aux girolles hallucinogènes. Ainsi, sur une énième récupération haute, Paixão transmet la balle à Weah. La tentative de petit-pont de Timothy est la plus moche de l’histoire des gestes techniques, mais suffit à provoquer un contre favorable. Les deux défenseurs restants étant manifestement déterminés à éviter tout risque de transpiration, Timothy en profite pour poursuivre son slalom, qu’il conclut d’un petit extérieur taclé de filou (2-0, 33e).

Le Havre parvient certes à nous menacer, en centrant plusieurs fois pour son ailier esseulé sur notre gauche, mais dans des positions toujours trop compliquées pour conclure. Bref, a priori, juste de quoi maintenir l’attention éveillée pour la seconde période.

En parlant de réveil, c’est le moment pour nous de parler d’une nouvelle maladie qui semble se réveiller chez les joueurs de Ligue 1 : la turpinose. À la différence de la turpinade (montée soudaine de tension artérielle à chaque coup de sifflet de l’arbitre – mais nous y reviendrons plus tard, bande d’impatients), la turpinose se caractérise par un endormissement subit de la défense au moindre coup de sifflet. Pour les Navrais, cette affection complique singulièrement la gestion des coups de pied arrêtés, vous en conviendrez.

Ainsi, à l’identique de la première période, un corner renvoyé par la défense est récupéré par nos soins dès l’orée de la surface. C’est le moment que choisit Zinemad Zidabdelli pour enchaîner une roulette-double-contact-exter-en-profondeur sublime en faveur de Gouiri. Amine pénètre dans la surface où, gêné par dégun, il peut tranquillement attendre le moment opportun pour centrer en retrait vers Paixão (3-0, 50e).

Les Navrais sont dépassés dans tous les duels, qu’ils concluent invariablement par une faute. Or qui dit faute dit coup de sifflet, et donc turpinose. Pendant que tous les défenseurs regardent ailleurs, le coup-franc est vite joué pour Emerson, qui centre de l’extérieur du pied. Réveillés en sursaut, les défenseurs paniquent et font rebondir le ballon aux pieds d’Abdelli, qui ne se fait pas prier pour envoyer sa sacoche (4-0, 54e).

À l’agonie, les Normands peuvent compter sur Egan-Riley pour leur offrir un rare moment d’espoir. Notre défenseur se fait déposséder de la balle comme un vier pané et, si le tacle désespéré d’Aguerd ralentit l’attaque, le nouvel entrant Maja peut récupérer et déposer la balle dans le but vide. Vide ? Non, c’était sans compter sur Emerson, judicieusement revenu et qui exécute un sauvetage de l’espace.


À vingt minutes du terme, l’OM poursuit encore ses raids chez les endormis du bocage. Sur un centre d’Emerson, Harit et Abdelli se font des politesses, jusqu’à ce que ce dernier se fasse étendre par un hippopotacle du gardien. Pourtant évidente, la faute n’a même pas l’honneur d’un passage devant la VAR. Nous qui remarquions que Clément Turpin se montrait plutôt gentil avec nous ces dernières années, cette mini-enculerie a le mérite de nous rappeler que les valeurs fondamentales qui font le ciment commun de notre République ne mourront jamais. Vu le score et le temps restant à jouer, le préjudice est minime, pensions-nous alors. Après bientôt quatorze ans d’expérience dans cette académie, nous parvenons encore à ne pas voir les gyrophares rouges qui s’allument devant la conjonction des éléments suivants :

  • une domination large en apparence, mais des adversaires néanmoins capables de se procurer des d’occasions slipométriques ;
  • des remplaçants navrais entrant en mode déter ;
  • des remplaçants olympiens entrant en mode « wesh, c’est bon, c’est gagné, on va pas faire davantage d’efforts non plus »
  • le Clément Turpin prime, celui qui passe en mode « l’homme du match ça sera moi et personne d’autre ».

Le toujours remuant Fofana s’infiltre ainsi dans une défense aussi peu impliquée que celle des Navrais précédemment. Bien conscient du danger d’une telle attitude, puisqu’il en a lui-même bénéficié en marquant le second but, Weah ne veut pas rejoindre la cohorte des endormis et met au sol l’attaquant. Largement moins nette que celle subie par Abdelli cinq minutes plus tôt, la faute vaut pourtant pénalty (transformé de manière imparable par Maja). Soit. Pas de quoi crier au scandale pour autant, d’autant qu’à 4-1 à la 77e minute, on est loin de l’incendie.

D’autant plus, que, si scandale il doit y avoir, il réside moins dans l’arbitrage que dans l’attitude olympienne à la suite de ce but. Une vague de changements est opérée par Nénesse dans le but très ordinaire de faire tourner l’effectif, alors que le score est censé être acquis. Or l’entrée des jeunes Abdallah et Kamissoko, appuyés par Maupay et Gomes, a transformé notre solidité collective en vitrine de Foot Locker. Keyliane perd ainsi la balle et se replie au petit trot, quand Nouhoum semble aussi motivé pour défendre, que moi pour faire un compte rendu de la commission de conformité sur les dernières recommandations prudentielles de l’ACPR. Nakamura centre fort, et De Lange repousse droit sur la tête de Ndiaye (4-2, 86e).

La panique est totale : dégun ne tient le ballon, dégun ne presse, c’est le signal de la rétractation gonadique absolue jusqu’au coup de sifflet final. Nnadi commet une faute près de la surface : le centre au premier poteau trouve Maja, qui échappe au câlin du gros nounours Egan-Riley pour placer sa tête plongeante (4-3, 89e).


Entendons-nous bien : à ce stade, si ce n’est le pénalty omis sur Abdelli, Clément Turpin n’est pas responsable de grand-chose dans le cataclysme qui s’annonce. C’est pourquoi nous allons chier sur sa tête d’autant plus volontiers que pour une fois, ce n’est pas nous qui sortons les plus lésés de l’affaire. Alors que les Navrais multiplient les assauts dans notre surface, plusieurs de nos joueurs paraissent tétanisés à l’idée de commettre une faute. Bien sûr, c’est précisément l’attitude nécessaire pour défendre avec un temps de retard et si possible n’importe comment, et s’exposer ainsi au danger qu’on souhaitait éviter. Sur un énième cafouillage, Nnadi monte au contre avec les bras levés pour mieux signaler à l’arbitre « regardez, je vais pas faire faute ». Adrien Rabiot s’étant fait couillonner de la sorte naguère, c’est avec l’anus palpitant de sueur acide que nous voyons l’arbitre se diriger vers l’écran vidéo.

Notre avis sur le sujet n’a jamais bougé : la vidéo est utilisée pour corriger les erreurs manifestes, donc à partir du moment où cinq minutes de revisionnage sont nécessaires, c’est que l’erreur éventuelle est tout sauf manifeste et qu’il faut donc s’en tenir à la décision d’origine. Contre toute attente, Clément Turpin est de cet avis et juge la main de Tochukwu « non sanctionnable ». J’aurais été Havrais, je les aurais eues un tantinet à l’envers, mais soit. Par contre, de voir Maupay, sur l’action qui suit immédiatement la remise en jeu, emmener la balle d’une grosse patasse sans que ça n’émeuve personne, là j’avoue que j’en aurais conçu quelque vulgarité. Autant, Clément Turpin est à la fois linguiste et collectionneur : de la même manière que les ornithologues amateurs sillonnent la France pour cocher les oiseaux les plus rares, Clément, lui, il collectionne les « va niquer ta mère » dans toutes les langues et dialectes de France. Et apparemment, il lui manquait le normand.

Bref, on ne peut que saluer une nouvelle fois cette capacité unique de Clément Turpin, qui le classe parmi les plus grands : conclure une rencontre en se faisant détester des deux équipes à la fois. Le chapitre arbitrage étant clos, revenons à l’essentiel : nos Olympiens, passés à deux doigts de saboter un avantage de 4-0 à la 77e minute. Les médias ont employé l’expression consacrée « avertissement sans frais », ça se voit qu’ils n’ont pas vu nos notes de laverie. On en revient aux questions que l’on se posait sous De Zerbi : si notre équipe ne parvient pas à gérer ses matchs faciles en économisant ses nerfs et son énergie, il ne faudra pas s’étonner si l’édifice finit par craquer à un moment.


Les joueurs

De Lange (2/5) : Pas de franc reproche, mais pas non plus de franche impression qu’il ait servi à quelque chose.

Weah (3/5) : Curieusement, l’international américain s’est mis à trembler et laisser des espaces béants quand Didier Digard a fait entrer son armada japonaise. C’est dommage, car pendant la majeure partie du match, Timothy était une perle, à rebours de cette fin compliquée.

Egan-Riley (2-/5) : Marque le même week-end que Leonardo Balerdi à Rome, comme un symbole, défend tout le reste du match comme Leonardo Balerdi chez nous, comme un symbole aussi.

Aguerd (4-/5) : C’est bien beau de parler de « match de patron », mais faut voir de quel patron on parle :

  • le patron tel que le voit le Medef ? (je me tape un boulot énorme et j’inspire mes coéquipiers pour qu’ils fassent pareil, Beckenbauer style)
  • le patron du Medef en vrai (je me gave de pognon public en traitant les autres de feignasses, coucou Geoffrey).

Nayef hier soir, c’était ni l’un ni l’autre, plutôt un « patron tel que se voit un chef de service » (je me tape un boulot énorme et les autres glandus à côté de moi me regardent faire).

Emerson (3,5/5) : Deux centres et un sauvetage décisifs, voilà qui fait bouillir la marmite. Rappel : en signe de protestation contre la répression et les atteintes aux libertés constitutionnelles, cette académie publiera des notes décimales aussi longtemps que les revendications ne seront pas entendues.

Højbjerg (3/5) : Même s’il doit encore retrouver son rythme, sa réapparition a fait l’effet d’un bon coup de soufflette dans le carburateur.

Gomes (84e) : Entré pour tenir le ballon, il s’est tenu le zguègue.

Nnadi (2+/5) : Il doit encore prouver que ses bonnes dispositions du début de rencontre étaient dues à sa performance personnelle, et pas au fait que les adversaires soient nuls.

Harit (2+/5) : Intéressant mais imprécis en première période, moyennasse en seconde.

Abdallah (78e) : C’est un peu l’Abdallah de Tintin, il est plein de vie, mais on a quand même envie de lui mettre des gifles de temps en temps.

Abdelli (4+/5) : Plus ce garçon perd ses cheveux, plus il s’épanouit. Nénesse avait commencé à brancher la tondeuse, mais il s’est rappelé la fable de la poule aux œufs d’or.

Kamissoko (84e) : On ne va pas en rajouter, Nénesse s’est chargé de lui mettre une claque derrière les oreilles.

Paixão (3+/5) : Un match un peu irrégulier comme celui d’Harit, sauf qu’Igor a réussi à se connecter aux coéquipiers pour lâcher un but et une passe décisive. Pas de quoi régaler l’esthète, mais au moins le boulot est fait.

Garcia (92e) : En général, ce genre d’entrée signifie « Bonjour, c’est la panique et on est à deux doigts de faire rigoler la France entière, je vais donc te faire entrer sur le terrain pour que tu sois responsable de l’égalisation et que la ville t’en veuille toute ta vie. Mais ne te mets pas la pression, hein. »

Gouiri (2/5) : Artiste d’une seule œuvre. Ouais, un peu comme Patrick Hernandez, si tu veux.

Maupay (78e) : A Clément Turpin saved my life tonight.


L’invité zoologique : Josh Naja

Le serpent à lunettes est un prédateur crépusculaire particulièrement dangereux. Néanmoins, il passe la majeure partie de sa vie à glander au chaud et, s’il se décide à attaquer, ce n’est qu’après une série de sommations qui laissent largement le temps à l’importun de s’enfuir. Bref, il faudrait tout de même un être un sacré gland pour se faire empoisonner. Voici ses observations.

  • Les autres : Un talent certain chez les remplaçants. Mais si les titulaires leur laissent un 0-4 à remonter à chaque fois qu’ils entrent en jeu, ils ne sont pas près de ramener des points.
  • Le classement : Nous voici huitièmes à deux points du PSG. Nous jouons le titre.
  • La suite : Se prendre des branlées contre les meilleurs, c’est fait. La séquence « éclater les gros nuls », elle vient de se conclure. On arrive donc dans du disparate, avec du moyen et du pas terrible (Toulouse, Le Mans, Auxerre), ponctué d’un gros (Lens) et d’une coupe d’Europe qu’il faut bien continuer à disputer (Lerverkusen, Levski).
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

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