Montpellier – Bordeaux (1-3): la Scapulaire Académie pas encore enterrée

Par ces quelques mots, je souhaiterais m’excuser de ce qui va suivre. Dans mon pays, on ne sait pas quoi dire après une victoire. D’ailleurs, on ne gagne jamais.

Bordeaux, mort deux fois mais toujours en vie.

Serait-ce un relent de Nausée, une hémoptysie au goût sarcastique ou simplement une incongruité de plus dans cette saison décidément pas comme les autres ?

Retournons un peu en arrière, à la fin du mandat de Gourvennec :

Des troubles du rythme cardiaque, une douleur thoracique qui diffuse dans les membres supérieurs, des sueurs, une angoisse proche de la peur panique, une aphasie, une polypnée… Non, ce n’est pas le fameux catalogue que redoute le parfait patient cardiovasculaire en train de faire un AVC, un infarctus ou une embolie pulmonaire. Simplement le « syndrome du supporteur bordelais » à la lecture du classement après chaque journée.

Cela vous revient-il ? Sentez-vous ce malaise qui vous emporte? J’aurais pu également mentionner une incontinence urinaire non pas due à un déficit d’élasticité du sphincter vésical mais plutôt à une peur de la mort imminente. Les spécialistes avaient annoncé le décès prochain du club et nous étions en route pour l’enfer. Le paradis lui, semblait lointain.

« Et les Ricains veulent acheter ça? »

Après un changement de stratégie, les Girondins nous ont laissés espérer une rémission. Nous avions retrouvé un certain élan, une joie de vivre. « Nous sommes sauvés », pensait-on. Mais une rechute est arrivée. Le choc fut rude. Docteur Poyet a du tout reprendre de zéro. Il a émis des doutes sur l’étiologie du mal. Etait-il organique? Mental? Il a réuni un staff pluridisciplinaire et a réfléchi à la possibilité de faire appel à un psychologue. L’interne Martin a exprimé ses craintes de voir périr le patient qu’il prenait en charge. Sans expérience, il est difficile de se confronter à la fin de vie.

La cure de la dernière chance a eu lieu la semaine dernière. Miracle, victoire contre le LOSC ! A défaut d’être terrassé, le mal est vaincu au moins pour cette année. Mais ne nous voilons pas la face. Nous porterons encore longtemps les stigmates de ces mois de souffrance, dont une incapacité de se retenir de se chier dessus à la moindre occasion. Il faut dire qu’entre les multiples examens endoscopiques nécessaires au diagnostic et notre plaisir inavouable (mais avouons-le quand-même) de nous faire pilonner chaque week-end par tous les jeunes qu’on rencontre, il y a de quoi être dilaté.

C’est pourquoi, à l’heure d’affronter la bande à Loulou, ce n’est pas la menace de se faire « poignarder le cul avec une saucisse » qui nous fera peur! Qu’ils ne se fatiguent pas, le trou est déjà fait. Nous nous sommes vus morts, nous avons creusé notre propre tombe mais nous sommes finalement toujours en vie. Et comme tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort…

« Mais où sont donc passés Laborde et compagnie? »

La composition:

Poyet est enfin installé. Après quelques semaines de camping, de bricolage, il a enfin pu faire du ménage. Le déménagement s’étant déroulé dans la précipitation, il n’avait pas eu le temps de faire le tri entre ses affaires et les souvenirs que son prédécesseur n’avait pas daigné emporter avec lui. C’est ainsi qu’il a trouvé un carton sur lequel la mention « ne surtout pas ouvrir » semblait avoir été écrite d’une main tremblante. De nature curieuse, il fut pris par l’envie de savoir ce que contenait ce carton. Ce qu’il découvrit le surpris. Un drôle de petit être chauve, avec des yeux trop près du nez et qui le regardait d’un air suppliant. Il dut s’approcher pour entendre ce que disait le petit homme: « Guten giorno, Ich bin Contento de voir enfin quelqu’un ».

Gustavo, la curiosité est un vilain défaut.

Costil (c)

Sabaly  –  Koundé  –  Pablo  –  Contento

Lerager          Plasil

Vada                                              Sankharé

Braithwaite                   Kamano

Le résumé:

Le match:

Dès l’entame du match, après une faute « pablesque » de Koundé, Bordeaux concède un coup-franc. Le tir aura été dévié par le mur, aura heurté la barre puis le poteau avant de rebondir sur la ligne et de finir sa course dans les bras de Costil. Avec un bol pareil, j’ai comme le sentiment qu’il ne peut rien nous arriver. Puis quand cinq minutes plus tard, Pablo dévie un corner de Vada pour Braithwaite qui marque d’une tête plongeante, je me dis que l’après-midi va être bonne (0-1, 9è).

Les Girondins ne pouvaient pas espérer meilleur départ face à des Montpelliérains pas habitués à courir après le score. Bordeaux prend l’eau sur les côtés, Aguilar fait beaucoup de mal par son activité mais notre défense centrale renvoie tout ce qui passe à sa portée et Poyet réajuste le tir en demandant à Sankharé et Vada d’aider les latéraux. Les Bordelais vont ensuite imposer leur rythme, qui n’est pas une valse à mille temps (dédicace à Kiki) mais plutôt une sorte de musette de gymnastique douce de maison de retraite. Mais pour une fois, cela semble volontaire et maîtrisé.

Bordeaux entame la seconde période de la même manière que la première. Lerager, depuis le milieu du terrain, réalise une transversale de quarante mètres pour Kamano qui enchaîne amorti de la poitrine et demi-volée ! Là, je suis sûr qu’il ne nous arrivera rien… jusqu’au lendemain. Une telle succession d’événements étranges ne peut être que le signe évocateur de l’Apocalypse (0-2, 49è).

Il reste vingt minutes quand les Girondins triplent la mise sur un contre. Lerager sert Méïté qui progresse dans l’axe avant de donner à Braithwaite à l’approche de la surface. Il décale Contento sur sa gauche. Celui-ci centre en retrait pour Méïté qui marque. Lerager et Contento concernés par une action qui se termine au fond mais pour nous ! Il doit y avoir quelque-chose dans l’air, ce n’est pas possible (0-3, 78è).

Nous menons par trois buts d’avance. Cela est si incroyable que le score affiché sur l’écran géant est filmé par les caméras de télévision…

Les Héraultais, qui connaissent la sanction qui les attend après une prestation de ce genre, poussent en fin de match et Skhiri réduit la marque d’une frappe en pleine lucarne sur une offrande d’Ole Gunnar Camara (1-3, 88è).

Bordeaux ne serait pas Bordeaux sans se créer des frayeurs inutiles. A la fin du temps réglementaire, Lasne obtient un penalty. C’est pourtant lui qui frappe dans la jambe de Pellenard qui se trou(v)ait au mauvais endroit, au mauvais moment. A cet instant, je retourne ma veste et j’imagine finalement une fin de journée potentiellement merdique. C’était sans compter sur Costil, qui détourne la frappe de Camara, bien placée mais pas assez puissante.

Le score en restera là et on enchaîne une deuxième victoire!

Du Bordeaux, une énorme chatte et une surprise: voici l’affiche du match du dimanche à 15 heures

Les notes des 33 :

Benoît Costil (4/5) :

Ne peut rien faire sur le but encaissé. Des arrêts importants dont celui sur penalty. Cap’taine, reste en forme pour la semaine prochaine!

Youssouf Sabaly (3/5) :

Trop esseulé sur son côté, il a plusieurs fois cherché désespérément un partenaire quand il était en possession du ballon. En phase défensive, il s’en est bien sorti malgré un surnombre adverse.

Jules Koundé et Pablo (4/5) :

Poyet peut se targuer d’avoir une belle paire à déposer sur le terrain. Les deux ont été infranchissables et ont tout renvoyé. Mention supplémentaire à Pablo, auteur d’une déviation décisive sur l’ouverture du score.

Diego Contento (2/5 non en fait 1/5) :

Je lui donne un point pour son centre pour Méïté. Cela laisse imaginer le niveau du reste de son match. Pas un seul geste défensif d’envergure et un nombre très important de ballons perdus. La différence avec Poundjé?  Diego ne s’emmerde pas à courir tout droit sur trente mètres avant de rendre la balle, il l’envoie devant lui, peu importe qu’il y ait quelqu’un ou non. S’il le faisait pour garder de la lucidité pour ses centres, cela serait bien vu, mais je ne l’imagine pas capable d’élaborer une telle stratégie. Je lui retire donc son point en plus.

Le coach me dit de m’appliquer? Je m’en balance!

Lukas Lerager (3/5) :

Il a plutôt réalisé un bon match. Auteur d’une sublime transversale pour Kamano et a participé à l’action amenant le dernier but. On aurait tendance à espérer qu’il retrouve son niveau du début de saison. Mais d’après mes calculs, il ira d’invisible à catastrophique.

Jaroslav Plasil (3/5) :

Encore une belle performance de sa part. Si ses calculs le laissent tranquille, il pourra continuer à nous soulager en cette fin de saison.

Younousse Sankharé (2/5) :

Il a alterné entre l’axe et l’aile gauche, entre le bon et le moins bon. Il a cédé sa place à Méïté, qui a marqué. Younousse va peut-être alterner entre la pelouse et le banc.

Valentin Vada (1/5) :

Aucun ballon dangereux perdu ce qui est chose rare. Mais aucun ballon dangereux négocié non plus, ce qui est plus embêtant. Sorti à un quart d’heure de la fin au profit de Pellenard qui concéda un penalty. Le coach voulait verrouiller pour conserver le score. Avec Théo c’est plutôt journées portes ouvertes…

Martin Braithwaite (3/5) :

Son ouverture du score a grandement facilité la tâche de l’équipe. Il a été important pour la conservation du ballon. Son meilleur match sous nos couleurs.

François Kamano (3/5) :

François va tout droit. François est parfois maladroit. Mais François marche à l’instinct et marque. Cela ne sera pas toujours suffisant mais ne faisons pas la fine bouche. Remplacé par Malcom, qui n’a rien apporté.

François, mes poils se dressent quand tu la mets au fond.

En face: Mukiélé la têtête, Mukiélé le cucul ?

Les Montpelliérains rêvaient de la cinquième place. Les résultats du samedi pouvaient leur permettre d’y accéder. Cette équipe d’ordinaire imperméable s’est effondrée face à une équipe bordelaise qui a ouvert le score en début de partie. La tête à l’envers, ils n’ont rien montré de ce qui fait habituellement leur force.

Pour conclure :

La victoire acquise face à Lille ayant validé le maintien, Poyet avait espéré voir ses joueurs se lâcher en évoluant sans pression. Cela a été le cas à Montpellier et nous avons pu engranger trois points supplémentaires. Ce qui était une bonne chose, sachant que l’on jouera contre Paris lors de la prochaine journée, match que suivra pour vous notre beau Kiki.

Nous ne sommes plus qu’à quatre points de la cinquième place. Ne le dites pas trop fort, les joueurs pourraient en perdre leurs moyens. Nous avons ressuscité deux fois et une troisième me semblerait impossible.

Nous ne sommes plus qu’à quatre points de la cinquième place. Ne le dites pas trop fort, on ne sait jamais, il leur reste peut-être des saucisses à la buvette.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

One Comment

  1. Contento est la plus belle fraude footballistique de ces dernières années. Pourtant il y a de la concurrence. Sinon pas mal de fluides corporels dans cette académie, je suis content.

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