LOSC-Strasbourg (2-1) : l’Unlimited Académie salue le génie

Ce que l’on appellera un jour « l’effet Galtier » dans les livres d’Histoire s’est estompé au bout de deux matchs, l’homme s’étant adapté en un temps record à la philosophie du club. Nous voilà donc sur une série de trois défaites consécutives, dont la dernière, a eu lieu il y a trois jours contre les mêmes Strasbourgeois. Pour faire bonne figure, Galtier a gueulé, a dit que des joueurs regarderaient le prochain match depuis les tribunes. Apparemment, il ne parlait pas des siens, mais des U16 de l’US Bricourt-les-deux-olives, invités et bien présents pour la rencontre. En effet, la formation qu’il nous a concocté ne recèle que peu de surprises, seuls les blessés sont absents, Faraj et Dabila sont titulaires. Voici la formation annoncée. Je précise « annoncée », car au cours du match, Galtier a fait ce qu’on appelle « n’importe quoi » dans le jargon technique des entraîneurs.

La seule vraie surprise vient de la non titularisation de Benzia, intouchable depuis le début de saison, quel que soit l’entraîneur.

1re MT :

Première surprise, on joue finalement en 3-5-2, avec Faraj arrière droit, pas mal de pas le faire jouer à son poste pour son premier match.
Comme d’habitude, on met le pied sur le ballon, on le conserve bien, puis un de nos joueurs, l’erreur bête, fait la passe à FBT et Strasbourg part en contre. Jusqu’ici rien de neuf. On ne change pas une équipe qui ne perd que par un but d’écart.
Après une dizaine de minutes globalement chiantes, Pepe puis Bissouma tentent leur chance de loin. Ce dernier n’a d’ailleurs pas peur de viser la lune. Même à l’usure, il y croit encore et encore. Mais dans la foulée, dans une belle démonstration de chatte de notre part, les Alsaciens parviennent à ne pas marquer sur un improbable cafouillage.
Juste après, Terrinho, le petit prodige pas assez bon pour Bielsa, humilie notre défense et frappe, mais le bon Maignan est là.
Point Mendès : entre 2 coups du sombrero, le Ballon d’Or 2019 oriente le jeu à la perfection. Dans ses pas, Faraj montre que si Araujo a pu commencer des matchs, lui aussi a le droit. Sans pression, il se permet des petits cafés-crème dans notre propre surface.
La fin de la mi-temps sera une démonstration de patience de notre part, que certains incultes nommeraient « manque d’idées ».

La mi-temps arrive sans se presser, sur un score assez juste. Strasbourg a un peu plus tenté, mais on aurait pu avoir deux pénos. Préparez-vous, l’homme de cette deuxième mi-temps n’est pas un joueur.

2e MT :

Trop occupé à préparer son plan diabolique, Galtier oublie de crier sur ses joueurs à la pause, qui concèdent trois occasions en cinq minutes. Ils auraient pu continuer si la leçon tactique n’avait pas commencé à ce moment. Dès la 56e, Bissouma sort et laisse sa place à Benzia. Voici un aperçu de la nouvelle formation :

Le fameux 3-3-2-2, si prisé dans les pays où les diplômes d’entraineurs n’existent pas, enfin à l’œuvre. On a hâte.
On commence aussi à contrer un peu plus les attaques de Strasbourg, sans jamais être dangereux, car il nous manque toujours ce petit plus, ce joueur qui sait faire une passe. Le football se joue sur les détails.
Après dix minutes d’aller-retours sur le terrain, Galtier éternue sur sa feuille de match et a une révélation. Faraj est remplacé par El-Ghazi qui monte d’un cran, Pepe passe à gauche et Ié à droite. Ballo-Touré, lui, sent le football avant les autres et joue les yeux fermés. Aperçu de la nouvelle formation :

Il faut croire que le rhume de Galtier a été bien inspiré puisque, enfin, ce gros nul de El Ghazi, entre deux centres parfaits, est à deux doigts de marquer et de me donner tort. Et puis il marque. Sur sa deuxième frappe et ce, à moins de 40 mètres des buts. Galtier lui aurait-il offert un cerveau ? Je n’ai pas le temps d’écrire cette phrase dans mes notes, qu’un « PUTAIN DE SA RACE » s’échappe. On vient d’en prendre un sur une boulette du jusqu’ici parfait Ié.
Nos joueurs ne menant plus au score, ils retrouvent leur zone de confort et commencent à jouer pour de vrai, particulièrement grâce à l’apport du très talentueux joueur en qui j’ai toujours cru.
Un joueur si talentueux que c’est lui qui fera la passe sur le but de la victoire, un corner particulièrement mal frappé, repris du tibia par Ié. Les filets tremblent, je me dis qu’en 2 minutes, on a encore le temps d’en prendre un, mais il n’arrive pas avant le coup de sifflet.

On vient de gagner un match. Bravo au génie tactique de Galtier.

 

Notes des joueurs :

Maignan (3+/5) :
Pas énormément de travail, et il ne peut pas faire grand-chose sur le but. Toujours une aussi belle moustache.
Ballo-Touré (2/5) :
Malgré quelques centres ratés, des contrôles trop longs, des relances dans l’axe et un placement aléatoire, son match est meilleur que d’habitude. Galtier le sort à la 85e pour Mendyl. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Alonso (3/5) :
Il montre ses larmes tatouées à tout attaquant qui oserait s’approcher. Infranchissable.
Ié (3+/5) :
Sérieux, il a tenu la baraque tout le match avant de s’arrêter pour réfléchir au sens de la vie sur l’égalisation. Il marque le but de la victoire du tibia dans un mouvement beaucoup travaillé à l’entrainement.
Dabila (2/5) :
Du même côté que FBT, il a calqué ses performances sur lui.
Bissouma (2/5) :
Une frappe tactique à destination de Raqqa en première mi-temps, et puis plus rien. Remplacé par Benzia (56e), auteur d’une entrée plutôt satisfaisante, qui a lancé le Galtier Show.
Mendes (4/5) :
On raconte qu’il se fait des pantacourts avec le velours qu’il a sur les pieds. C’est à la mode au Brésil.
Faraj (3/5) :
Bon dribbleur, pas perso, il ne se plaint jamais, n’a pas coûté 12 millions, et ne rendra du coup pas sa place à Araujo. Remplacé par El Ghazi (66e) qui, comme tous les grands joueurs, a été décisif.
Pepe (3/5) :
Comme d’habitude, il va vite, il est décisif, et panique complètement sur les contres attaques.
Ponce (1/5) :
Très peu trouvé, sa spéciale qui consiste à s’excentrer, centrer, puis se rappeler que c’est à lui d’être au centre, ne porte pas encore ses fruits.

Michel Saistout

5 Comments

  1. Pour faire plus juste, il eut fallu que le schéma tactique soit animé.
    Avec FBT en poulet sans tête, appliquant la tactique du gendarme: être toujours là où on ne l’attend pas.
    Ceci dit, ça reste son meilleur match.
    Prochaine étape : le retour du Big Lébo pour jouer arrière gauche.

    • Assez d’accord sur FBT. J’avais commencé à créer une nouvelle échelle de notation juste pour lui avant le match, et il se retrouve à nous sortir un match presque correct. Mais comme Galtier, je lui renouvelle ma confiance pour la prochaine rencontre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *