Nîmes-PFC (2-1) : La Crocro Académie bande encore

Au retour du printemps correspond souvent la montée de sève.

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Les collègues, il y a ma foi fort longtemps que je n’ai pas eu le plaisir de tenir rubrique dans cet estimable canard numérique, la faute à une série déplorable de facteurs extérieurs que je ferai honteusement passer pour autant de circonstances atténuantes. Déjà, il faisait un froid de gueux, le genre de temps à te geler le pastis dans le verre, et c’est clairement pas un temps pour jouer au foot. Les collègues du NO l’ont d’ailleurs bien compris, eux qui ont traversé l’hiver comme les fantômes des darons conquérants qui marchèrent sur la Ligue 2 tout l’automne durant. Des défaites piteuses et des performances d’asthmatiques, des revers contre le Gazélec, Le Havre et consorts, et une deuxième place qui nous échappa le temps d’une journée au retour d’un pénible match nul à Auxerre.

Solidaire des collègues, votre académicien alterna entre dépression sévère et coliques. Perclus de secousses dans le bas-ventre, je me traînais comme la merde humaine que j’étais devenu, persuadé d’assister le temps de cet hiver interminable au retour de la malédiction de la momie montpelliéraine enterrée quelque part entre les Costières, la tour Magne et les Arènes, la salope ricanant dans sa barbe que jamais, JAMAIS PLUS le glorieux Nîmes Olympique ne foulerait les pelouses de Ligain. J’en pleurais de rage et de désespoir en maudissant les mannes de Louis Nicollin.

Les signes d’un passage à vide qui ne durerait qu’un temps étaient présents : Alioui et Bozok continuaient de violer les défenses, je fis une cure de Smecta, Savanier nous ressortit sa panoplie de gitan distributeur de jeu et de coups de pute, je parvins finalement à me traîner hors de chez moi et à reprendre une activité humaine. La grosse victoire à Niort, avec la satisfaction d’en coller quatre et d’en revenir au tarif automnal de base, annonça la couleur. Le décor était parfaitement planté pour l’accueil de ces pitres du PFC qui avaient eu l’affront de nous taper chez eux au match aller, et sont surtout des concurrents directs pour la montée. Une équipe estampillée Laurent Blanc et Willy Sagnol – compatible, avec une tripotée de grands blacks costauds et une propension notable à la castagne.

LA COMPO

Ripart préféré à Thioub sur la gauche, sinon c’est la grosse équipe.

LE MACHE

Oh putain que c’était bon. J’ai retrouvé le plaisir, mes entrailles, la picole, le goût du succès arraché dans la douleur. Il parait qu’on aime ça, chez nous, quand ça fait mal.

Un péno tiré par Savanier sur le poteau, un match globalement dominé techniquement mais où les grandes saucisses du PFC nous secouent au milieu, et un but grotesque encaissé en début de seconde période, suite à une succession impressionnante de cagades de notre défense : tous les ingrédients étaient réunis pour une défaite 1-0 bien crade. Et puis, le miracle, l’équipe qui s’arrache, Bozok qui marque le but le plus jouissif et le plus laid de sa jeune et pourtant déjà si riche carrière nîmoise, et puis ce coup de tête libérateur de Ripart à la 90e, le stade qui s’enflamme enfin pour cette équipe qui le mérite amplement, et la sensation que, bordel à queue de ta race maudite, cette putain d’année va enfin être la bonne.

Té, va voir les images.

Et regarde, il fait beau, même. Et j’ai plus la chiasse.

 

LES COLLÈGUES

Valette : (2/5)
Ce but des blaireaux du PFC illustre bien sa récurrente propension au ridicule. Plutôt solide car peu sollicité ensuite.

Harek : (3/5)
On pourrait dire à peu près la même chose que pour le gardien. Le reste de son match est bon, avec une volonté de relancer propre même quand on commençait à flipper sévère.

Briançon : (2/5)
J’ai assez peu focalisé sur lui, dois-je dire. Dans le doute, je le pénalise juste pour son gros cul.

Alakouch : (4/5)
Obtient le péno comme le filou qu’il est, bien en jambes et pas de grosse cagade. C’est bieng.

Boscagli : (1/5)
Cette erreur de benjamin sur le but parisien m’a fait suer du slip, j’ai maudit sa mère et sa copine, et puis j’ai tout oublié ensuite, notamment avec ce centre bien ajusté qui amène le but de Bozok. Mais c’est pas une excuse, ducon.

Valdivia : (3/5)
A bataillé toute la partie durant, rôle ingrat mais primordial, communsymbole intestinal.

Savanier : (4/5)
Il aurait pu se prendre la tête tout le match avec ce foutu péno sur le poteau, et le gaillard finit quand même en déposant la balle sur la tête de Ripart pour le but de la gagne. Entre-temps, il avait régalé, entre transversales de bogosse et lecture du jeu au-dessus de la moyenne des mortels de Ligue 2. On t’aime, va.

Del Castillo : (2/5)
Là je l’ai assez peu remarqué, il m’a semblé bien pris par les gaillards d’en face.

Ripart : (90/5)
Pour ce coup de tête et ta course vers la tribune, je te pardonne tout, garçon. Tout.

Alioui : (4/5)
Il n’a pas marqué mais a pesé sur la défense, sorte d’Olivier Giroud marocain. Son entente avec Bozok, c’est toujours plaisir des yeux.

 

Rachid et Umut au milieu des défenses, allégorie.

Bozok : (5/5)
Plus que jamais pichichi, il a tenu tête à la défense centrale du PFC avec acharnement, jusqu’à scorer encore. Vas-y arrête, je bande.

 

Le public (Costières/5) : Putain, que c’est bon quand ça vibre. Le soleil du printemps va nous faire oublier les années de galère, nom de Dieu.

 

Allez les Rouges et la bise, collègue.

Karoud

Karoud Fider

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