Paris SGEL / FC Bière München (3-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie rejoue « Bagration »

Tel le glorieux maréchal Joukov – les cheveux gominés en plus – Unai, ce bel homme,
a fait le dos rond pour mieux gober le Frisé tout cru.

 

 

Privetstvuju, camarades.

Il est des mâches de fouteballe qui tombent à point nommé. À peine les élections législatives outre-rhénales venaient-elles rappeler à l’Europe entière le goût du teuton moyen pour les chemises brunes, que dans la foulée, une rencontre de Paris-Saint-Germain-en-Laye face aux Große Legumen du FC Bière-pipi de München nous permettait de nous remémorer pour notre part notre nostalgie de la chasse au Schutzstaffel, mais également notre savoir-faire tout soviétique en la matière.

Notre camarade-entraîneur, en bon doctrinal qu’il est, a en effet bien révisé ses classiques tactiques à l’approche de ce mâche contre nos chers voisins. Il a puisé pour cela dans les leçons données par Gueorgui Joukov, maréchal de l’Armée rouge et grand vainqueur de la belote de Winchester de la Seconde Guerre mondiale. Ne faites pas les yeux ronds, vous le savez sans vous l’avouer : les véritables vainqueurs du IIIe Reich sont bel et bien les T-34 soviétiques, et la déroute nazie ne s’est pas jouée dans le bocage normand ou dans les monastères des Apennins, mais bien dans les plaines infinies de la Mère Patrie du socialisme.

Et tout comme nos glorieux aînés ont triomphé de la peste brune il y a de cela plus de 70 ans, nos camarades de la section séquanaise de l’Internationale footballistique devaient en ce soir de septembre à nouveau faire barrage aux escadrons de l’AfD. Pour cela, nul besoin de changer une formule qui fonctionne : face à l’armada rumeniggienne et ses gros crampons cloutés, il s’agissait d’employer la stratégie qui était déjà venue à bout de l’inarrêtable Wehrmacht de 1941, et avant elle de la Grande Armée impériale de 1812.

Le principe est simple, mais diablement efficace : laisser venir l’adversaire plus puissant, mieux organisé, mieux équipé. Le laisser s’enfoncer profondément sur son propre terrain, lui suggérer vos faiblesses, au point qu’il en vienne à penser que la victoire est déjà sienne. En réalité, sa domination territoriale est illusoire : il ne contrôle que l’espace que vous avez bien voulu lui abandonner, dans lequel il s’est engouffré, installé et enfermé, sans possibilité de nuire au véritable cœur de votre dispositif.

Cette première phase, dans le mâche, correspond à la première demi-heure. Avec en bonus, cependant, l’ouverture du score précoce de PSGEL face à une équipe bavarienne trop peu impliquée : Grâce à un excellent pressing haut, Némarre peut récupérer la balle dans la moitié adverse et s’infiltrer dans l’axe depuis le côté gauche, profite du fait que les appels plein axe de ses coéquipiers de l’attaque aient ameuté toute la défense germanique pour servir son bon copain Dani (y avait rien de sexuel entre eux), totalement seul sur la droite, qui frappe au but. 1-0, le plan se passe même donc »comme sur des roulettes » pour le généralissime Unai.

La suite des hostilités se déroule comme prévu : l’armada de la Bière lance son Barbarossa, s’enfonce dans la moitié de terrain séquanaise, l’occupe sans vergogne, orgueilleusement, méthodiquement, germaniquement. À première vue, les Parisiano-saint-germanois paraissent souffrir face aux Teutons, qui dominent au milieu de terrain, gagnent les duels, enchaînent les centres dangereux, et empêchent les défenseurs de PSGEL de relancer court. Faiblesse de façade : les Bleus-et-violets, s’ils donnent l’impression de subir, de reculer, maîtrisent l’offensive allemande, la canalisent sur les côtés, éloignent le ballon des redoutables armes offensives teutonnes dans l’axe. Trois Panzers pris dans la nasse, encerclés par la défense séquanaise, et coupés du reste de leurs troupes, si ce n’est par des centres systématiquement repoussés par notre paire brésilienne, maîtresse des airs. PSGEL subit, mais rend l’adversaire inoffensif. Pour mieux le rendre vulnérable.

C’est la deuxième phase. L’ennemi a poussé loin son offensive. Il s’est enfoncé profondément dans le territoire adverse. Le Général Hiver survient pour le surprendre à Léningrad, l’immobiliser devant Moscou, l’enfermer dans Stalingrad. Son obstination fait le reste. Il jette déjà ses dernières forces dans la bataille et dégarnit son front intérieur, avide d’une victoire rapide, là où son adversaire dispose de tout son temps et retient ses coups, garde ses meilleures armes en réserve, se contente de le contenir. À force de patience, il en vient à l’épuiser, tant matériellement que psychologiquement. L’initiative stratégique vient de changer de camp. Bagration peut débuter.

Les prémices se font déjà sentir : ici, un contre inexplicablement salopé par Némarre, pourtant lancé idéalement par Cavanine ; là, une frappe trop croisée de ce dernier, au ras du poteau gauche, constituent autant d’offensives de printemps qui préparent la grande déferlante de l’été… Les Bayernois, tournés vers l’attaque, ont dégarni leurs arrières, uniquement protégés par une paire de conscrits roumains, alliés satellites du Reich lourdauds et démotivés. La curée peut débuter : à la demi-heure de jeu, Cavanuche joue le une-deux avec Alvèche côté droit, qui lance Mbappette dans la profondeur. Stoppé à l’angle de la surface, celui-ci remise pour Eddy, déjà à l’origine de l’action, à l’entrée des 16 mètres. Première intention. Son pied s’ouvre. Sous la barre. 2-0. Deux tirs cadrés, deux buts. Réussite maximale.

Kiki déboule dans le couloir droit avec son copain Danny.

La brèche est ouverte, et les Bleus-violets s’y engouffrent avec la voracité d’une division de blindés soviétiques dans la steppe de Koursk. L’équipe allemande se coupe progressivement en deux, l’attaque reste impuissante face à la forteresse séquanaise, les efforts défensifs ne sont plus fournis, et l’arrière-garde brinquebalante se trouve de plus en plus esseulée face aux flèches de PSGEL. Quelques minutes après le but, nouveau contre : Kiki oblitère le rein de son adversaire direct d’un crochet supersonique, centre pour Némarre qui talonne dans la course de Cavaniche. La frappe du gauche de ce dernier est contrée par le goal.

Le général adverse tente le tout pour le tout à la pause, fait entrer des joueurs frais, dont un ailier véloce, ce qui manquait jusqu’à présent grandement aux Teutons, dont l’utilisation des ailes laissait affreusement à désirer. PSGEL se fait peur sur un corner dégagé sur la ligne par le Capitainissime, mais poursuit néanmoins sa triomphale marche en avant, faisant claquer des fesses de SS à chaque contre de son trio infernal. Progressivement, le bloc psgélite peut même se permettre de remonter, son milieu gagne des duels, monte en puissance et récupère peu à peu le terrain volontairement abandonné en première période. À l’heure de jeu, l’ultime banderille, le coup de canon directement placé entre les fesses du Führer est amené de main de maître par Mbapette qui, servi côté droit suite à une remontée fantastique de Dani Daniel, dribble un Autrichien d’un sublime crochet, revient intérieur, et centre en retrait, dans les 6 mètres. Le ballon heurte les pieds d’un défenseur, mais Némarre était en embuscade et surgit pour le catapulter au fond. 3-0. Berlin Munich est tombée. La messe (laïque) est dite. Joukov peut être fier de ses disciples.

 


LE SOVIET QUI A VAINCU LES NAZIS À LA PLACE DE LA RUE


 

Alfonseï Aréoleïev (4+/5) : Un match impeccable ponctué de quelques très belles parades. Pour ne pas aller jusqu’à dire qu’il a définitivement franchi un pallier, observons qu’il a tout de même paru un poil fébrile dans ses sorties aériennes. Heureusement, il a pu compter sur son intraitable défense centrale.

Danil Alvesky (4+/5) : Il profite des largesses défensives adverses du tout début de match pour planter sa banderille. Il s’est signalé par la suite par son travail défensif, s’autorisant quelques sorties en contre, et se retrouve avant-dernier passeur pour Kiki sur les deux derniers buts.

Tiagov Silvalenko (5/5) : Le maréchalissime a régné sur les airs de bout en bout dans cette partie, a brillé par son placement, et s’est même fendu d’un sauvetage sur sa ligne. Dernier rempart de son équipe, il sort victorieux de la bataille de Moscou, coup d’arrêt de la machine allemande et point de départ de la remontada soviétique de 42.

Markiguenikov (4/5) : Tout grand chef de guerre a besoin d’un bon aide de camp, il paraît.

Levnid Kurznatsov (2/5) : Le point faible de la défense, souvent pris à revers par les panzers allemands. Son rendement offensif en a pâti.

Tiagov Mottavoï (NN/5) : Pas vu du mâche. Ça veut probablement dire qu’il a bien rempli son rôle, comme un piège antichar camouflé par le blanc manteau de janvier 42. Il a bien une gueule de dent de dragon, d’ailleurs.

(Remplacé à la 86e par Ivan Le Celsnikov, pour la photo-finish sur l’Elbe)

Marko Verrattski (3+/5) : La tactique de son camarade-entraîneur lui a imposé un rôle essentiellement défensif, dont il s’est acquitté sans broncher, se permettant même quelques récupérations et sorties de balle décisives.

(Remplacé à la 89e par Iulian Draksloïevski, cinquième colonne)

Andreï Rabiotkine (3/5) : Mis en difficulté par le milieu teuton en première mi-temps, à l’image de ses coéquipiers, il n’a pas craqué devant sa surface, et a eu un peu plus d’espace pour s’exprimer après la pause.

Kirill Mbappenko (5/5) : Rapide, puissant, mais néanmoins extrêmement maniable, le T-34 est l’engin de guerre idéal pour toutes vos contre-offensives estivales entre amis dans les steppes biélorusses.

(Remplacé à la 79e par Angine Di Marianov, qui nous revient d’une vilaine toux grasse)

Neymaramian (3/5) : Une passe décisive et un but. On ne pouvait décemment pas lui donner une note inférieure à celle-ci. Mais le nombre de ses ratés dans la conclusion d’actions pourtant (a priori) faciles ne nous permet pas de lui donner plus. On ne fait pas 1700 kilomètres depuis Moscou pour venir se casser la gueule sur les marches du Reichstag.

Edinson Kavanine (4/5) : Sevré de ballons pendant la première demi-heure, il a transformé de pied de maître la première occasion que lui a offert le Kiki, et s’est toujours rendu disponible par la suite durant les contres de son équipe.

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Trotskanalement,

Votre camarade-académicien,

Gueorgui Trottatkine

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

3 Comments

  1. Quelle culture socialiste, mon bon Trottais. C’est beau comme une harangue de Vladimir Ilitch, fort comme une pique de Maurice Thorez, profond comme la barbe de Robert Hue, ça donne des frissons comme une remontée de balle de Samuel Allegro.

  2. Magnifique ! Ca me ramène pas mal d’années en arrière, à une époque où j’aurais aimé apprendre l’histoire d’une manière plus ludique…
    Quand à l’appréciation de Kirill Mbappenko, elle vaut 5/5 aussi.

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