Lille-Nancy (1-0) : La Chardon à Cran académie a d’autres chats à éventrer.

Une fois n’est pas coutume : jamais avare d’innovations et de fantaisies maniaco-dépressives en tous genres, Marcel Picon égratigne aujourd’hui son bien aimé Pablo.

Salut les enfants,

éloignez les adultes, ça va être immature. Je n’ai même plus la force d’insulter les fidèles lecteurs d’horsjeu.net. De toute façon tout le monde sait qu’ils ont déjà des tares multiples contre lesquelles lutter dans la vie comme l’indécision politique, l’éducation, les marmots, le travail ou le chômage, bref une activité noble et pointilleuse ne justifiant aucun nom d’oiseau parce que de toute façon ils n’attendent que ça, ces pervers.

Il y a des choses plus graves à régler ce jour. Presque plus graves que des invectives infantiles lancées à travers une interface oueb. Plus graves aussi que de voir l’ASaNaL en dernière position de ce championnat indigne aux pelouses indignes, journalistes indignes, joueurs indignes, indignes, indignes, indignes. Presque aussi grave que de devoir se satisfaire d’une victoire de Nice qui nous garde de peu dans la course au maintien. Plus dur qu’alors que le voisin honni encaisse sept buts devant son public, il reste quand même devant nous à la différence de buts. Aussi parfaitement déprimant que de casser le jaune de l’œuf dans la poêle au moment de le saisir pour se le faire au plat (cette image est nulle, mais comprenez moi : je n’ai pas pu lire une seule ligne de Delphine la muse poétesse depuis au moins huit acads, c’est dire si je manque de vers, moi qui rêvais qu’on écrive ensemble neuf histoires et un poème).

Dimanche, ce dernier dimanche (ce jour a été inventé par les nazis, pour information), Pablo Correa, dans un moment d’émotion l’emportant sur la raison ou je ne sais quel égarement décrit à l’aide de formules dichotomiques sorties du XVIè siècle, s’est abandonné au milieu de la fange de ses homologues idiots, des footix et autres éditocrates de la footosphère française, à baver sur l’arbitrage. Bien qu’il soit coutumier des apostrophes en plein match (ce qui arrive à tous dans le feu de l’action, même aux plus grands comme Arsène Wenger, Laszlo Boloni ou Patrick Gabriel), le Bel Homme ne se livre que rarement à ce genre d’attaques en conférence de presse.

Or donc, j’ai décidé de lui adresser ce message : Pablo, mon bon Pablo. Ne te laisse pas aller, mon petit gros d’amour. Ne te laisse pas entraîner dans ce genre nauséabond de bêtise crasse, mon Pablo. Pas toi. Ne t’abaisse pas à rejoindre cette masse grouillante des hypocrites, des tricheurs, de ceux qui eurent du talent fût un temps mais qui n’assument pas de l’avoir perdu, des esprits maigrelets qui n’en ont jamais eu, des tachons qui jettent continuellement l’anathème sur le corps arbitral par pure réflexe de conservation, et sans humour, en plus.

Ne t’abaisse pas à beugler comme ces cochons ineptes qui ne voient que les erreurs et célèbrent l’arbitrage une fois l’an, quand une décision est conforme à leur vision du foot étriquée, bourgeoise et lisse comme ton beau crâne chauve. Ne cède pas à la même connerie ambiante dégueulasse de ce début de saison, présente dans toutes les bouches médiatisées, qui assène sa méconnaissance des règles, sa morgue présidentielle complotisto-victimaire, son goût inepte du scandale buzzogène, sa soif de sang de petit vampire castré exposée le plus souvent dans le but d’éluder le niveau lamentable de son équipe, qui est même allée jusqu’à jeter le soupçon sur des outils quasiment infaillibles de détection de franchissment de ligne sans chercher la démonstration scientifique là-derrière.

Laisse nous plutôt ce déshonneur à nous, peuple imbécile, bande de grognards échevelés du foot forcés de taper sur les seuls acteurs de notre sport favori à qui on ne donne jamais la parole ; nous les spectateurs partiaux, ignorants des principes et des pratiques qui font gagner ou perdre un match, arrogants spécialistes auto-proclamés qui nous érigeons nous-mêmes en critère objectif de l’analyse, en mètre-étalon de la rigueur scientifico-footballistique, qui exigeons a posteriori des arbitres qu’ils se transforment en divinités omniscientes absolument justes et bonnes.

Puisses-tu, dans ta sainte miséricorde, reprendre tes esprits et te consacrer à ramener le bonheur sur terre sans tomber à nouveau dans cette proverbiale opprobre, toi qui es si seul en ce monde froid et corrompu, seul dans mon cœur lugubre et seul au tableau des entraîneurs qui n’ont pas gagné de match à domicile cette saison. Mort aux cons, longue vie à Pablo.

DANS L’ARÈNE VIDE.

Lille possède un des plus beaux stades de France, son président est un de ses plus beaux rapaces, son public est un des plus abonné absent de la vie, de la joie et du football. Et c’est donc dans l’écrin magnifiquement désert de ce club de péquenots que nos chardons font leur entrée, en 3-4-3 s’il vous plaît.

Ndy reste au but, et la défense des trois gaillards reste la même, avec une fière ligne Chrétien, Cabaco, Lenglet (capitaine).

Au milieu, on refait confiance au duo Aït BennasserMarchetti, qui avait fait bonne impression à Bastia. Sur les côtés, Julien Cétout et Tobias Badila garnissent le milieu.

Les trois offensifs sont Anthony Koura, Junior Maurice Dalé, et le petit nouveau Faitout Maouassa, international U17 et U19 tour à tour, qui a réalisé l’exploit de remporter un championnat d’Europe dans chacune de ces catégories. Et pourquoi donc qu’il ne joue que maintenant, s’il est si génial ?

EUL MÔTCH

Le replay que j’ai trouvé commençait à 5 minutes de jeu. Mais je vous promets que par conscience journalistique évidente, j’ai bu autant d’alcool à brûler et fumé de rabla que je pouvais entre ma prise de connaissance du résultat et le visionnage. Je puis affirmer sans trop de peine avoir vu que pour ce choc, les deux équipes étaient vêtues de noir et blanc chacune à leur manière, ce qui colorait le tout d’un parfum zolien plutôt agréable. Ne manquait que le logo de l’INA en bas de l’écran.

6 Badila subit une ablation du visage sans anesthésie à coup de crampons nordiques. Très belle entrée en matière.

8 Choc entre Maouassa et Corchia. Le premier s’époussette l’épaule en partant se replacer, tandis que l’autre agonise lamentablement au sol durant deux minutes. Il faut dire que l’un est champion d’Europe dans deux catégories (dont une où il a été surclassé), alors que l’autre, bien que sélectionnable en équipe de France A (paraît-il) n’a que ses yeux pour pleurer de jouer à Lille.

11 Premier tir de Lille, au bénéfice d’un ballon savamment remis dans l’axe de la tête par Badila. Ce garçon est plein de ressources.

13 Marchetti ne se rend pas compte à quel point il est humiliant pour ses adversaires, ce qui pousse ceux-ci à lui démontrer en le séchant comme des enfants de lâches qu’ils sont.

16 Très belle passe de Cavaco pour Dalé entre les centraux lilliens ; Junior se présente désaxé par rapport à la cage, ce qui est pour ainsi dire sa position favorite pour sa frappe croisée de genou cagneux. Enyeama se couche bien pour sortir le pétard.

17 Au tour de Koura , servi par Dalé en pivot, de tirer quasiment dans la même position. Eneyeamama arrête encore.

18 Clément Lenglet prend son jaune pour un tacle un peu trop viril sur Amalfitanal.

24 Maoussa passe en mode « mâle dominant » et provoque sur son côté, obtenant plusieurs coups-francs d’affilée car là où la défense de Lille est prise en défaut, elle sort les fourches.

25 Ndy commence à s’échauffer : au menu de son programme, une petite sortie des poings sur corner.

26 Faitout Maouassa prend ses aises dans la surface lillaise, après avoir piqué le ballon dans les pieds de l’arbitre (un gestechnique novateur et peu évident). Il étend ses jambes et installe son hamac tandis que les défenseurs se jettent sans espoir sur le ballon tous crampons dehors, mais sa frappe est trop écrasée pour déclencher le feu d’artifice.

28 Les touches longues de Tom Bobadila provoquent des moments de doutes affreux : d’un côté, le voir répéter l’exercice laisse penser qu’il a reçu la consigne de le faire (et donc Pablo est en cause, et donc c’est ok), d’un autre côté, la souffrance esthétique procurée par ce geste inepte m’emplit d’une haine définitive.

32 Beauthéac prend son jaune pour un attentat très sale sur le bon Julien Cétout. Marchetti s’occupe de son côté de saloper le coup franc.

36 Bon, il a fait de la merde d’accord, mais ce n’est pas une raison pour tenter d’extraire ainsi la rotule du jeune Corse de son corps soyeux, monsieur Analfistano. D’autant que ce n’est pas vous qui allez vous charger de lui montrer comment on conduit un ballon, vu votre niveau d’ivrognerie.

37 Certains égarés commencent à chuinter en tribunes. Ou chanter ? On ne parvient que difficilement à faire la différence. Étonnamment, ils ne sont pas Nancéiens.

41 Faitout perce encore plein axe, mais son tir pied droit finit par s’envoler et retombe dans un siège vide du Stadium. Vers le troisième rang, c’est dire la densité du public présent.

43 Si Eder est l’homme le plus détesté de France pour encore quelques mois, le jeune Clément Lenglet ne semble pas plus que moi lui en vouloir d’avoir fait gagner son équipe lors d’un tournoi passé, puisqu’il lui colle amoureusement aux basques sur chacun de ses déplacements. Le pauvre homme peut à peine respirer, c’en est presque apitoyant. Presque.

Mi-temps. Le public lillais siffle ses joueurs, puis se siffle lui-même en constant à quel point il siffle mal.

46 C’est Nancy qui engage pour la seconde période : l’automne s’éclaire d’une dernière lueur estivale.

47 Mais pas le temps de cancaner : Badila se rejette à corps perdu dans la bataille, trop peut-être puisqu’il écope d’un jaune rapide pour tirage de maillot. Juste devant sa surface, ce qui achève de nous renseigner sur l’intelligence sur courant alternatif de ce garçon.

53 Maouassa est projeté au sol, et cette fois, ne se relève pas. Issiar Dia le Fulgurant le remplace.

57 Au prix d’un repli somptueux et d’une prise de risque savamment calculée, Clément Lenglet enlève une balle de but à Rony Lopette dans la course. Quel homme.

67 L’ASaNaL attend le LOSQUE depuis dix bonnes minutes. Le talent d’en face se confrontant à la solidité de notre défense, la stérilité de la partie prend un tour digne de l’anti-matière.

68 Nouvelle touche longue de Badila : 6 mètres.

70 L’arrêt du match est encore pour N’dy. Il est une nouvelle fois dans le top arrêt, signe que soit la ligue nous console comme elle peut, soit le mec que l’on nommait le crabe aux pinces de plomb il n’y a pas si longtemps a réellement envie de bouleverser la hiérarchie pour la CAN. Putain c’est magnifique.

72 But de Dia refusé pour un faux hors jeu mal jugé qui donnera donc accès à une énième diarrhée verbale contre l’arbitrage, hors jeu sur lequel nous n’épiloguerons pas, sauf pour dire que le contrôle de Dia était parfaitement mignon, et son tir fulgurant.

But Dia

Un bien beau gâchis.

73 Et la belle connerie de Chrétien qui descend Corchia dans la surface à l’aide d’un tacle en retard parfaitement exécuté. Tu vois Pablo : il est loin de se « déchirer » l’abitre ici, étant donné la décision parfaitement justifiée qu’il prend.

75 Eder transforme, 1-0.

Nique ta grand-mère la suite, j’ai jeté ma bière tiède sur l’écran et me suis viré moi-même de la vie pour 48 heures.

DES NOTES

Ndy 4/5 : Si le titre d’empereur tout puissant du football n’était pas déjà occupé par Youssouf Hadji, je dirais sans honte qu’il a été impérial jusqu’au penalty. On l’a même vu sortir, signe que sa progression est réelle. Et tout ça qui ne sert à rien. Le Terry Gilliam du football.

Chrétien 1/5 : puisqu’il faut que ça tombe sur quelqu’un, conspuons le comme de petits kapos méchants. Les vrais savent qu’il a été bon en vrai.

Cabaco 3/5 : monstrueuse pièce de mécanique méchante et de précision froide, il devrait exploser contre Paris, mais pour l’instant, met tout le monde d’accord sur le fait qu’il est la recrue de l’été.

Lenglet 3/5 : son carton prématuré ne l’a pas trop empêché d’éteindre le feu au gros cul d’Eder tout le match.

Aït Bennasser 3/5 : Chaque jour qui passe me fait enrager contre ce maudit décompte qui te rapproche à chaque instant de ton départ vers ce maudit Rocher vérolé qui usurpe en plus nos couleurs. Ton vrai club c’est Nancy, ta famille, la Toulie.

Marchetti 3/5 : Fort, il l’est le petit Corse. Jeune et parfois inconséquent, il l’est aussi. Mais sa technique et son envie de bien faire le placent dans la liste des plaies qui pourraient bientôt s’abattre sur nos adversaires, le jour où nos attaquants se décideront à planter.

Badila 2/5 : Riche idée d’avoir mis sa tête de Caliméro sous le titre « C’est trop injuste », cher webmestre de l’ASNL.  Toujours est-il que ses prestations prennent de la consistance, un peu comme mon caca lorsqu’il durcit après sevrage d’alcools forts. Il progresse, mais on reste toujours plus rassuré quand il agit loin de notre but, ce qui est problématique pour un type dont la fonction première est de défendre.

Cétout 2/5 : Pas mieux loti que son collègue de l’aile gauche, et sevré de ballons la plupart du temps, le jeu ayant versé dans l’axe.

Koura 2/5 : C’est terrible mais plus il montre de bonnes volonté et dispositions, plus il m’agace. Règle la mire une bonne fois et plante nous ton premier but, ensuite tu penseras à te faire aimer.

Dalé 2/5 : Son légendaire jeu en déviation a pu parfois donner de bonnes situations, et ses quelques tentatives auraient mérité meilleur sort. On sent qu’il peine un peu comme tous ses copains, mais qu’il est capable d’élever son niveau jusqu’à celui d’un non relégable.

Maouassa 3/5 : Bonne première pour le petit, qu’il a malheureusement du interrompre à cause d’une béquille bien placée par un Lilliste. Remplacé par Dia.

REMPLAÇANTS :

Dia 4/5 : Hormis le but de la controverse, son entrée a été encore une fois pleine de fureur, de percées et d’audace. Tout ce qu’on aime, et qui devrait en plus éloigner Loïc Puyo du côté gauche encore longtemps.

Monsieur Mandanne NN Je ne l’ai pas vu jouer, mais je pense qu’il n’est toujours pas sorti de son sommeil paradoxal.

Puyo NN Ah ben merde, il a trouvé le moyen de jouer quand même ? Il doit faire des trucs salaces à Pablo en cachette.

NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 3/5.

L’injustice, le destin, l’infortune, la malédiction, et le con de ta mère déguisé en porte de la Craffe. Si un mec a écrit le scénario de ce match, il mérite juste de se faire recoudre l’anus et de devoir manger des flageolets à la harissa (l’harissa ?) jusqu’à ce qu’explosion de caca s’ensuive. Pareil si c’est une femme, on n’est pas sexiste.

Sur cette image poétique, j’abandonne cette académie trop longue sans l’esquisse d’une conclusion, parce que si les meilleurs choses ont une fin, c’est bien qu’il vaut mieux ne pas en donner à ce tissu de saloperies. Je déteste le football presque autant que moi-même. Et qu’on ne s’avise pas de venir me réconforter de quelque sorte que ce soit : il me faut le calme de mon carton et les suintements dégueulasses de mes propres sécrétions comme seul rassérénement (non, ça ne veut pas dire se mettre une race, quoique), et certainement pas une présence humaine.

Il n’y a bien que mon totem pour me faire encore aimer la vie sans tabous, la vie cette salope hirsute qui ne suce même pas et qui te sniffe toute ta crame pour se barrer ensuite avec le junkie du carton d’en face. Pardon de t’avoir manqué de respect, mon petit gros d’amour.

Je crois en Pablo Correa.

Marcel Picon.

Photo du profil de Marcel Picon

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

6 Comments

  1. Eh bien! Après une image peu inspirée à mon endroit, votre lyrisme renaît pour Pablo! Avez-vous songé à écrire neuf histoires et un poème avec lui plutôt que moi? C’était beau.

  2. Pablo Correa ne perd jamais un match. Ce sont les autres qui gagnent, à la rigueur.

  3. J’ai beaucoup aimé l’image du jaune d’oeuf dans la poêle, ça m’a rappelé les belles heurs de Metal Gear Solid IV. Par contre les chtis ne peuvent « chuinter », ils préfèrent braire en général.

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