Nice-Montpellier (0-1) : la Paillade Académie aime les plats qui se mangent tièdes

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La meilleure façon de se venger d’un ennemi, c’est de ne pas lui ressembler.

On entend rire au fond de la salle. Un bruit clair, franc, qui retentit jusqu’au comptoir. Quelle peut être la cause de cet éclat sauvage qui fend la pièce comme un sabre tiré au clair avant le combat ? Approchons-nous de la source, bien qu’on ne peut distinguer avec précision l’émetteur du rire. Il y a une table ronde, faite de bois usé. Elle est encadrée par deux chaises presque bancales ayant cédé aux assauts du temps. Leurs pieds de fer gardent vaillamment le reste de l’ossature. Ils mourront mais ne se rendront pas. Ils soutiennent tous les poids, tous les gabarits, tous les physiques sans distinction. Et continueront jusqu’à ce que le glas sonne. Ailleurs, peut-être, que ce bar malfamé.

Sur les chaises, il y a des culs. Des amas de chair bien installés, chauffés par le contact du bois, suant presque à mesure que la moiteur d’une pareille fusion fasse sa besogne. Ces culs appartiennent à des blocs plus larges, plus humains, quoi que dans un état proche de l’animal. C’est l’alcool qui détériore ces blocs et les amènent à ressembler à des masses informes, concassées par l’ivresse. Mais certains signes ne trompent pas : ce sont des hommes.

Qui des deux picoleurs a poussé ce rire ? Ils se regardent d’un œil torve, un début de sourire malicieux à la bouche, ce qui ne laisse plus de place au doute. C’est bien l’un deux. Le premier s’anime soudain, rassemble ses esprits en s’ébrouant comme un pensionnaire de chenil, remue la bouche pour en dissiper la pâtosité. Et s’élance.

— Pourquoi tu te marres ?

L’autre relève un peu la tête, pour montrer qu’il a entendu mais qu’il ne peut pas faire plus. Il respire fort, les paupières battantes comme des persiennes sur fenêtres oculaires. On le sent en proie à un effort spectaculaire, comme s’il avait tout donné en s’esclaffant. Finalement, il parvient à ouvrir la bouche.

— Je repensais à la fois où on avait fait la nique au traître dans son nouveau chez-lui.


Les notes

Omlin (4/5) : bastion général.

Ristic (2/5) : un éléphant l’aurait raté dans son couloir.

Sakho (3/5) : enfin un homme de gauche, qui relance (presque) sans soubresauts.

Estève (5/5) : défiance centrale de la jeunesse.

Sambia (3/5) : grands compas et cercle vertueux.

Chotard (3/5) : chien truffier de pièges.

Ferri (4/5) : caporegime du Milieu.

Mollet (4/5) : roux de secours.

Mavididi (3/5) : danse avec les genoux.

Wahi (3/5) : fraîcheur et dynamite.

Germain (2/5) : du bouleau, pour la cheminée.

Entrés en jeu

Gioacchini sauté à la poêle, Makouana au stade brésilien et Souquet pour la chaussette ultime.


Le bisou vigneron,

4 réflexions sur «Nice-Montpellier (0-1) : la Paillade Académie aime les plats qui se mangent tièdes»

      1. J’ai confiance dans le relekturburo. Mais n’hésitez pas à venir dire bonjour (ou merde) à l’occasion. J’aimerais avoir votre avis sur les cocktails de la Calcio Académie.

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