Bordeaux-Valenciennes (0-0): la Scapulaire Académie espérait un revival à l’ancienne

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Noirs désirs

scapulaire

Le jour J, l’instant T, le sursis, les instances t’sais… Et c’est comme cela que Bordeaux revit Valenciennes pour le premier jour du reste de sa vie.

Comunsymbol : Il y a 30 ans les Girondins affrontaient Valenciennes pour leur dernier match de deuxième division.

A l’issue de la saison 91-92, après une relégation administrative, ils finissent premier du groupe B de deuxième division, quand Valenciennes finit premier du groupe A. Les deux clubs sont donc promus en première division. Ils s’affrontent cependant sur match aller-retour les 25 avril et 1er mai 1992 afin de déterminer le champion de deuxième division. Et ce sont les Girondins qui sont sacrés grâce à deux victoires 4-0 puis 2-3.

Alors, à l’ancienne ?

La composition :

Poussin

Bokélé Gregersen Mangwa Ekomié

Lacoux (c)

Ihnatenko Onana

Bakwa Delaurier-Chaubet

Maja

Pour rappel :

Costil, Pembélé, Marcelo, Ahmedhodzic, Mangas, Mensah, Fransergio (ah non), Adli, Briand, Niang et Mara (oh non) sont partis.

Rouyard, Mexer, Baysse, Medioub, Kwateng, Zerkane et Oudin sont allés rejoindre Guy au placard.

Straczek, Barbet et NSimba sont arrivés. Les deux derniers ont été formés au club. Si l’amour du maillot a motivé le latéral, le retour de Kiki Musampala à la Scapulaire Académie a fini par convaincre Captain Barbet. A moins que ce ne soit le contraire.

Bref, du mouvement dans l’effectif et ce n’est sûrement pas fini. En attendant, c’est le bordel. On est obligé d’envoyer les scouts en repérage et on craint pour leur arrière-train. Ils en ont certainement vu d’autres mais n’ont sans doute jamais eu à se frotter à des gens du Nord. Il paraît qu’ils sont bizarres, c’est Sagnol qui nous l’a dit.

Le match :

« La ligue 2, c’est la folie, on te rentre dedans sans demander la permission, gna gna gna ».

Il ne fallait pas dire cela à Ignatenko. Cinquante secondes de jeu, le cerbère tente un tacle par derrière. Une minute plus tard, le voilà tête contre tête dans un duel aérien. Delaurier-Chaubet n’est pas en reste et récolte le premier carton jaune de la saison pour une semelle. Coucou la L2, on a bien reçu le message !

Bordeaux met un niveau d’engagement plus vu depuis quatre ans au moins en y ajoutant une belle circulation du ballon, ce qui a failli provoquer l’entrée en schizophrénie de votre serviteur. L’action initiée par Ignatenko, relayée par Bakwa et Bokélé a été gâchée par Maja et sa mauvaise lecture de l’histoire. Ce raté a eu le mérite de ramener le patient à la réalité. Le délire stoppé net, plus aucun moyen d’échapper à cette chienne de vie.

Poussin lui, ne s’emmerde pas avec les mécanismes de défense. Il a mené une mission suicide, parti tête baissée à la rencontre d’un train lancé à pleine vitesse et sans prendre la peine d’écouter les gardes-fous lui hurlant de prendre ses gouttes. Le front perlant et la raie suintante, c’est avec soulagement que nous voyons le déraillé éviter de justesse la catastrophe.

Soulagement de courte durée puisque Lacoux alterne les bonnes et les mauvaises décisions en plus d’être daltonien, ce qui complique nettement le jeu. Le dédoublement de la personnalité fantasmé a pris forme. Presque aussi drôle que Jim Carrey incarnant Charlie et Hank, il est pressenti pour le remake espagnol « Fous d’Irun ».

Ignatenko se chauffe avec Masson (pas le Vert, l’autre) et les deux ne sont pas loin de s’envoyer des parpaings dans la tronche. Leurs coéquipiers s’invitent à la fête mais « Dany le Sismographe » ramène tout le monde à la raison.

Les jeunes ont du caractère et un esprit de résilience, choses que n’ont pas montré les anciens, peu réceptifs aux traitements. Alors les drôles se lâchent, bien décidés à profiter de cette liberté accordée.

Lancé par Bokélé, Delaurier-Chaubet fonce vers cette inconnue qu’est la surface de réparation adverse. Un deux contre deux et une belle opportunité s’offre à nous. C’était sans compter sur un retour fantastique de Debuchy qui a vampirisé les supporters bordelais sur cette action.

La pause est atteinte et il faut être honnête, si on met de côté l’excitation du premier match, on s’est un peu ennuyé. Et même pas une question Minitel pour faire passer le temps.

« Bon, les gars ! Le Président n’a pas offert les places pour que les gens se fassent chier ! Alors, on fait ce qu’on sait faire : le spectacle ! » La consigne de Guion semble être passée puisqu’à peine cinq minutes après la reprise, Poussin perd un ballon sur une relance ratée. Ayant poussé aux côtés de Costil, Gaëtan connaît les techniques pour se faire lober mais la Ligue 2 ce n’est pas la Ligue 1 (ouais on est les GI-RON-DINS).

Éloigné des tourments de la saison passée, Dilane n’à pas les automatismes : Il envoie une belle frappe puissante sous la barre mais Larsonneur détourné en corner. Sous le regard inquisiteur de Guion, Dilane ne comprend pas ce qu’il a fait de mal… « Bakwa ? ».

MESDAMES ET MESSIEURS, INSTANT « BACK TO THE FUTURE » :

Ballon perdu sur une attaque de Valenciennes, Mangwa protège pour la sortie de Poussin. Le ballon roule vers le gardien. De moins en moins vite. Il ralentit dangereusement. Poussin lui, ne bouge pas. D’un. Putain. De. Millimètre. Mais ? Cette scène jouée devant le Virage Sud… Sueurs froides, pâleur. Des remontées gastriques nous brûlant l’œsophage. Les dents du fond qui baignent. Pff shht.. Vite, une poche ! Poussin finit par réagir sous le pressing adverse, tacle et dégage. Non, Ben… Euh Gaëtan. Ne regarde pas comme cela Ahm..angwa. Ah non, rien. Ouf.

Les Bordelais ont réussi : ils ont modifié le passé pour améliorer le futur proche. S’en suit alors une bonne période qui verra les Marine et Blanc pousser. Delaurier-Chaubet et Ekomié à gauche, Bakwa et Bokélé à droite, ils attaquent et même si ce n’est pas toujours efficace, leur volonté est à souligner.

Certains anciens présents devraient d’ailleurs s’en inspirer. Sauf Onana qui lui, doit déjà se concentrer sur sa propre respiration. Le rythme retombe comme des joueurs dans la surface, bien conscients qu’il n’y a pas de VAR en Ligue 2.

La rencontre se termine sur un score nul et vierge, presque à l’image de nos joueurs : nuls ou tout juste dépucelés.

Les notes des 33 :

Poussin (2/5) : N’ayant eu aucun arrêt à effectuer, il a fallu se baser sur d’autres choses pour le noter. Il a participé aux relances courtes voulues par Guion et a failli nous mettre dans la merde une paire de fois. Ses pieds ne semblent pas être la cause principale de ses erreurs. Nous penchons plutôt vers des troubles cognitifs l’amenant à prendre des décisions complètement barrées comme en atteste sa sortie aussi hallucinante qu’inutile à trente mètres de son but et au niveau de la ligne de touche. Sérieusement, il ne serait pas tombé du nid quand il était petit ?

Bokélé (4/5) : Malcom beau qu’il est. Peut-être le meilleur homme du match. Avec une combativité de tous les instants, son boulot est carré comme en témoigne sa série de trois tacles en dix secondes. Jamais vaincu dans les duels défensifs sans oublier d’attaquer, il a néanmoins montré certaines lacunes dans ce domaine. Il a donc toutes les qualités requises pour exercer en tant qu’arrière droit aux Girondins (bien qu’on le préférerait dans l’axe).

Gregersen (2+/5) : Parti pour partir puis parti pour rester, il ne va pas rester dans le onze, le gonze. Hein ? Comment cela, Domino’s n’est plus partenaire de la L2 ? Le jeu s’écroule. Pas cool. Si le nouveau parti de la direction se tourne vers nos drôles alors il ne semble pas être la personne idoine pour inspirer la sérénité dont ils devront s’abreuver… Comment on dit « énigme » en danois ?

Mangwa (3/5) : Le jeune à plutôt bien réussi son match, renvoyant quelques ballons chauds. Il aura un coup à jouer cette saison. Petit bonhomme là, c’est pas Yanga-Mbiwa.

Ekomié (3+/5) : Il laisse peu d’espaces et a un certain bagage. Vraiment, il a la classe Eko. Voyager en seconde et derrière un habitué de la première classe peut l’aider à aller loin. Surtout si l’homologation de NSimba de l’aile…

Lacoux (2/5) : Il porte mieux le brassard que le ballon.

Ihnatenko (2/5) : On avait peur que son engagement lui attire les foudres de l’arbitre mais il a fait gnatention, mettant juste ce qu’il fallait, provoquant tout de même fautes et échauffourées. On aurait espéré plus de qualité dans l’utilisation du ballon mais nul doute qu’il fera mieux la prochaine fois. Épuisé et remplacé par Sissokho. Ce dernier n’aura pas eu le temps de se mettre en évidence mais sa première touche de balle nous a montré ce qu’il pourrait (devrait ?) apporter cette saison.

Onana (2/5) : Sa préparation estivale au jus de cornichons lui a permis de tenir un peu plus de vingt minutes. Dommage qu’il n’en ait pas profité pour jouer au foot ou au moins pour montrer une bonne attitude au milieu de tous nos drôles. Tellement cramé et possiblement conscient de sa médiocrité qu’il pensait sortir au moment où l’arbitre autorisait un changement pour la sortie d’Ihnatenko.

Bakwa (3+/5) : Très actif, il aime provoquer et à été le plus remuant devant. Auteur d’une belle frappe, il est dans la continuité de sa bonne préparation. Depussay l’a remplacé, on sait maintenant à quoi il ressemble, et avec cette première il justifie enfin pleinement son nom.

LDC (2+/5) : Décisif en amical, il a réalisé de belles choses mais trop peu. Il aura un rôle à jouer et pas seulement sur les coups de pied arrêtés.

Remplacé par Hwang qui nous a fait un résumé de son passage chez nous : combat, jolis gestes et erreurs techniques et d’innombrables efforts non récompensés. Kita partir, autant le faire bien mais cana(pas)ri.

Maja (1/5) : Nous ne savons pas s’il est clinique mais sa précision dans les passes est loin d’être chirurgicale. La famille est claire sur un point : elle ne veut pas d’acharnement pour lui. Il peut partir tranquillement.

La note des 21 :

Yoann Riou (5/5) : Note maximale pour cette phrase prononcée juste avant la mi-temps : « Il manque un but, il manque une flamme ». Tu nous excuseras Yo si nous, on se contente de ce match sans étincelles. C’est qu’on a donné, hein…

En face :

Une équipe décevante l’année dernière et qui semble vouloir repartir sur de nouvelles bases. Je ne sais pas vous, mais tous les jeux auxquels j’ai joué devant un miroir ça a finit systématiquement sans vainqueur.

Pour conclure :

Nous avons passé tout l’été dans une position inconfortable mais nous avons tenu. La tête droite et le regard porté au loin mais vide. Seuls les talons étaient encore posés sur la terre ferme alors que nos oretils dansaient au-dessus du précipice au gré des rafales de vents dans notre dos. Et puis c’est tombé, ça y est : nous avons les pieds en L2.

Samedi, nous avons joué notre premier match de L2 depuis trente ans alors que nous aurions pu jouer notre premier match amateur depuis quatre-vingt-neuf ans. Fort de ce constat, nous abordions ce match sans autre ambition que de ressentir le souffle de l’existence. Fermer enfin les yeux et profiter de l’instant.

Alors rien de bien surprenant si au sortir de ce match nous nous enthousiasmons presque de voir nos drôles jouer avec abnégation et parfois avec le ballon. Nous sommes invaincus depuis un match en L2, et 100% de clean-slips pour le moment. C’est assez incroyable. Par ailleurs nous ne sommes même plus chagrinés de refaire le constat que nos « cadres » ne répondent pas présent dans l’objectif de tirer tout ce beau monde bien attentionné vers le haut.

En attendant Rodez se rapproche et les drôles vont devoir remettre le bleu de chauffe pour tenter de limiter la casse en attendant.

En attendant. En attendant, encore. En attendant quoi ? Nous ne le savons pas encore. Ce que nous savons c’est qu’on nous a fait comprendre que la survie du club passerait par une remontée immédiate. Sacrée duplicité.

Les pieds entièrement en L2 pour au moins une saison mais avec cette fichue sensation vertigineuse qui ne passe pas pour autant. Alors nous garderons la tête droite mais le regard encore dans le vide, car il n’existe toujours pas de cap fixé où nous réinventer.

Nous sommes les Girondins de Bordeaux. Le ComEx de la FFF nous ayant donné le droit de conserver ce nom en nous permettant de garder notre statut professionnel.

Mais il est temps que la Direction nous trouve un cap pour ne pas en avoir que le nom. Pourras-tu le faire ? Pourras-tu le dire ? Tu dois tout essayer. Tu dois devenir. Tu dois voir plus loin. Tu dois revenir. Égaré en chemin. Tu verras le pire. Messieurs, veuillez rendre l’âme (à qui elle appartient). Nous ne parlons même pas du lustre d’antan. Car déjà, longue est la route…

La première Scapulaire Académie de Ligue 2 se termine. Habitués au rythme des grands clubs, nous avons mis moins d’une semaine pour l’écrire. Quel exploit !

Prochaine rencontre à Rodez chez les copains de l’Aligot Académie (allez-y si vous aimez les saucisses mais on sait que c’est le cas).

Vous pouvez venir discuter sur Twitter @KikiMusampala, @IanWalterFoote et @NauseeSavajicl sans oublier le nouveau compte @La_Scapulaire.

A bientôt.

Ian et Nausée

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