OM-Strasbourg (4-0) : La Canebière Académie cherche la rédemption

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Hazbin Stadium

Aïoli les sapiens,

Ne nous y trompons pas : malgré notre départ idéal hier soir, il demeure de fortes chances que cette saison pue la merde : départs forcés de joueurs-clés, effectif correct mais peu étoffé et donc à la merci des absences, nécessité de concilier championnat et coupe d’Europe…

Il flotte pourtant un je-ne-sais-quoi d’apaisement en ce début de saison, comme si nous étions tous trop fatigués pour nous lancer dans une nouvelle saison de névropathes. Peut-être bien que s’ouvre une ère inédite, celle du « OM-Saint-François-d’Assise project » : après au moins une saison à manger des clous, peut-être s’apercevra-t-on qu’on n’est pas plus malheureux qu’au temps où Longoria et Benatia jetaient les belins par les fenêtres.


La bande à Nénesse

De Lange
Weah– Kondogbia (Cornelius, 83e) – Egan-Riley (Aguerd, 74e) – Emerson
Højbjerg Abdelli (Nnadi, 83e)
Harit (Abdallah, 83e) – Gomes (Maupey, 92e) – Paixão
Gouiri

La DNCG est arrivée dans notre effectif comme un macroniste dans la Sécurité sociale : en nous obligeant à tailler les coûts à la tronçonneuse. Cela nous permet au passage de clore l’épisode Greenwood (honte à nous), transféré au Fenerbahce (honte à eux). Font également leurs valises Médina, Jean-Bite, Rulli, Nadir, Nwaneri, Pavard, Traoré et Vermeeren. Notre nouveau directeur sportif Grégory Lorenzi n’a pas pour autant vu la cache-maille se remplir, et doit encore congédier quelques gros salaires pour commencer à recruter, au risque d’amputer l’effectif d’éléments essentiels. Enfin, essentiels si l’on vise le haut du championnat : si on abandonne cette ambition, c’est sûr que ce sera plus facile d’équilibrer le budget. C’est vraiment comme la Sécu en fait : si l’on ne soignait plus les cancers, ça coûterait tout de suite beaucoup moins, le tout est de savoir ce que l’on veut.

Par chance, l’été, c’est aussi la saison où reviennent, en même temps que les rolliers d’Europe, tous les boulets dont on n’avait pu se débarrasser qu’en prêt. Charge à notre nouvel entraîneur Nénesse l’Arsouille de saisir ce qui représente une seconde chance à la fois pour eux et pour nous : coucou donc à nos anciens bannis Cornelius, Garcia, Gomes, Harit, Maupay, Abdallah, Meïté et Moumbagna (ces deux derniers étant cependant blessés et donc forfait pour ce match).

Après une préparation catastrophique, Balerdi est forfait pour ce match, à la fois pour des raisons physiques et pour éviter de se faire pourrir la gueule par tout un stade. Malgré toute l’exaspération procurée par ce sympathique garçon, on en viendrait presque à être gêné de ce niveau de détestation, que l’on préfèrerait réservé à d’authentiques sacs à merde. À ce stade, demeurer parmi nous tiendrait du masochisme, a fortiori dans un contexte où la direction offre les bons de sortie à qui n’en veut.

Après un été passé à s’occuper de tout sauf de l’OM (on a même failli écrire des acads sur le Tour de France, c’est dire), c’est avec la plus grande crainte que l’on a ouvert les yeux sur la composition du soir, nous attendant à une situation quasi-bordelaise. Surprise, finalement, de constater que le onze aligné par Nénesse n’est quand même pas si dégueulasse.


Le match

Après une saison passée à montrer autant de talent que de débilité, les joueurs semblent avoir compris que l’on est prêts à passer sur leurs limites et leurs insuffisances, à une condition : qu’ils aient envie d’arrêter de se comporter comme des cons.

Le message semble reçu, avec ce match entamé dans une absence totale de fantaisie, mais avec une application infinie dans le placement, les duels, les combinaisons, etc. Alors, certes, l’ensemble manque de spontanéité, mais quand la première mi-temps s’achève avec une vingtaine de ballons touchés dans la surface adverse, on se dit que la saison sera peut-être autre chose qu’un chemin de croix permanent.

Partants ou non, les joueurs se livrent sans réserve au pressing, nombre de nos occasions résultant d’une récupération haute dans le camp adverse. Gomes échoue par deux fois, la première d’un plat du pied à côté, la seconde d’un pointu repoussé presque par hasard par le gardien. Après de multiples tentatives hors-cadre, la meilleure occasion survient en fin de mi-temps : suite à un centre dévié, Højbjerg remet en retrait à Harit, dont la reprise instantanée est frustrée par une RAIE du gardien.

Derrière, l’édifice tient plutôt correctement, grâce notamment à un Kondogbia hyper-attentif. Néanmoins, le slipomètre vacille plusieurs fois, notamment quand les Alsaciens parviennent à casser notre pressing. Ils s’offrent alors plusieurs déboulés, notamment sur notre côté gauche, conclus par des centres menaçants qu’Egan-Riley parvient à détourner à l’arrache.


Les doutes n’ont pas le temps de s’installer en seconde période : alors qu’Emerson se fait déboîter, l’arbitre laisse l’avantage. Paixão en profite pour démarrer, bénéficier d’un contre favorable, et enclencher le turbo vers la surface adverse. Il y décale à sa droite Gomes qui, dans la foulée, transmet au centre à Gouiri. Les bons gestes, aux bons endroits et au bon moment : la fluidité de l’action est parfaite, et ponctuée par Amine d’un joli plat du pied sans contrôle (1-0, 46e).

Si l’ouverture du score ne doit rien à personne, les Strasbourgeois ont ensuite la gentillesse de nous faciliter les choses par deux fautes de gros teubés. C’est tout d’abord El-Mourabet qui, lors d’une action anodine, donne un coup de pied de cour de récré à Højbjerg. Comme il se doit, Pierre-Emile s’empresse de hurler « Aïe-eeuh, m’sieuuuur », refusant de se désincruster de la pelouse tant que l’arbitre ne sera pas allé consulter son écran vidéo.

Entre alors en application la nouvelle consigne consistant à expliquer les décisions arbitrales au micro du stade, d’où nous tirons trois enseignements immédiats :

– comme Dromadame, Ruddy Buquet n’a pas encore intégré qu’il n’avait pas besoin de crier dans un micro pour se faire entendre (venez au festival de Venelles le 12 septembre si vous ne me croyez pas, mais pensez aux bouchons d’oreille) ;

– si Dromadame a la voix suave et harmonieuse, Ruddy Buquet, lui, dispose de cet organe à la fois hargneux et nasillard que l’on ne trouvait que chez les anciens surveillants généraux d’internat au moment d’annoncer les heures de colle du jour.

– El-Mourabet a bel et bien commis une faute stupide, qui vaut aux Strasbourgeois de jouer à dix la dernière demi-heure.


Le bénéfice olympien valait bien l’agression sonore, c’est donc sans trop de déplaisir que l’on revoit dix minutes plus tard l’arbitre empoigner son micro, et déclamer « après révision des images » avec la même emphase qu’un présentateur d’actualités cinématographiques rendant compte de la dernière visite du Maréchal.

C’est que, sur un centre de Weah, le défenseur strasbourgeois Doué a fait étalage de tout son talent en nettoyant le danger d’un contrôle parfait. Le seul problème est que, pendant que Doué se lustrait le chibre en savourant son gestechnique, Paixão, lui, continuait l’action et partait s’interposer entre lui et le ballon. La touche de balle du défenseur devient donc une touche de mollet, qui envoie Igor le nez dans la pelouse et Gouri au point de pénalty. Amine transforme le cadeau d’un contre-pied (2-0, 68e).

Après une vague de changements de part et d’autre, l’OM gère plutôt bien la fin de partie, appliqué à ne pas reproduire le running-gag remontadesque de l’an passé. Malgré le sursaut d’énergie alsacien et quelques relâchements coupables autour de la 80e, tout ceci se passe sans anicroche, d’autant que les Strasbourgeois commencent à accuser le coup physiquement.

Le coup de grâce survient à l’abord du temps additionnel, initié une nouvelle fois par une accélération de Paixão à gauche. Le centre est trop long mais, sur l’aile opposée, l’OM parvient à contrôler le ballon. Weah cherche Nnadi dans la surface : repoussée, la balle parvient à K. Abdallah, ce nom qui nous ravive de si tendres souvenirs. Plus vif à la détente que son prédécesseur et homonyme, Keyliane enchaîne très vite par un tir sec au premier poteau, sur lequel le gardien agit en mode « Mandanda version sortie de boîte » (3-0, 89e).

En toute fin de partie, Keyliane produit une accélération sur la droite, pour un centre repoussé par la défense. Pas découragé par toute une série de tirs valentinrongiesques au cours du match, Højbjerg tente la volée plat du pied. Peu puissant mais cette fois-ci cadré, le tir suffit à tromper le tas de gélatine qui semble avoir remplacé le gardien strasbourgeois à la pause (4-0, 96e).
En conférence de presse, Nénesse l’Arsouille s’empresse de tempérer toute enflammade. Le plus dur reste à venir, certes, mais c’est une raison supplémentaire de savourer ces quatre-vingt-seize minutes passées sans aucune contrariété. Après la saison de tarés qu’on vient de passer, on sait suffisamment le besoin de saisir le moindre moment où les nerfs peuvent souffler un peu.


Les joueurs

De Lange (3/5) : Avec un seul tir réellement dangereux à parer de la part de nos adversaires, on s’est surtout attachés à considérer son jeu au pied décontracté du slip.

Weah (3-/5) : Højbjerg dépossédé du capitanat pour cause de refus de transfert, le brassard a échoué au premier couillon qui passait à proximité du bureau de la direction. Ça tombe bien, Timothy a assez de bouteille pour ne plus s’étonner des décisions tordues qui peuvent advenir par chez nous.

Kondogbia (4-/5) : Ah c’est sûr, lui on ne le paie pas au prix du jambon Leader Price. Après, faut savoir ce qu’on veut, hein, un joueur Label Rouge ou un défenseur plein de nitrites qui nous file le cancer colo-rectal, c’est sûr que c’est pas le même coût.

Cornelius (83e) : Accroche-toi cousin, une fois que Balerdi ne sera plus là pour prendre les baffes, ça va se défouler sur le premier bouc émissaire qui vient.

Egan-Riley (3/5) : En réussite, mais il donne l’impression de murmurer « oh putain oh putain oh putain » à chaque fois qu’il doit intervenir, un peu comme un apprenti conducteur dans un virage à 70 km/h.

Aguerd (74e) : Lui a refusé un transfert à la Real Sociedad, et l’OM a refusé un transfert au Qatar. Nul doute que la solution finira par se résoudre autour d’un intérêt commun (i.e : le panic-buy de Manchester United à deux heures de la fin du mercato).

Emerson (3/5) : Ah bah c’est sûr qu’avec Nénesse on ne va pas se pignoler sur du placement compensatoire combiné à l’ailier dans les half-spaces inversés. T’es défenseur latéral ? Bah tu défenselatérales, point. La sérénité de l’esprit, on vous dit.

Høbjerg (4/5) : S’est donné à fond juste pour dire « voyez comme vous allez me regretter, tas de cons. ». Cela étant, ça s’est tellement bien passé, que si ça se trouve on va finir par lui manquer, à ce grand couillon.

Abdelli (3/5) : Rien de transcendant, mis à part le fait de passer en un été d’escroquerie absolue à joueur de football réel. Ce qui est déjà énorme.

Nnadi (83e) : Cet été, il a à peine eu le temps de dire « J’exige du temps de jeu sinon je m’en v… »  que Grégory Lorenzi l’avait déjà mis sur un tapis au vide-grenier du Village pertuisien des spectacles avec une pancarte « faire offre ». En même temps, quand on tente des coups de pressions sur les négociations, mieux vaut s’appeler Pierre-Emile Højbjerg.

Harit (2+/5) : Seul joueur vraiment en dedans, vite éteint après quelques amorces de coups d’éclat. Passons vite, de toute façon on aura sans doute autant d’occasions de lui manger le vier que d’insulter sa daronne, cette saison. 

Abdallah (83e) : Dix minutes, un but et une quasi-passe décisive. Il paraît qu’on sera obligés cette saison de compter sur les minots : le message paraît être reçu.

Paixão (4/5) : Je vous préviens, si lui doit partir, il y aura peut-être des économies en salaires mais pas en frais de cyprès.

Gomes (4/5) : Déchusous De Zerbi,Lucifer Gomes a fini par revenir au Vélodrome, et visiblement c’est pas pour rouler des panisses.

Maupay (92e) : Une entrée discrète, sans provocation. Faut dire qu’après les années qu’on vient de passer, faudrait être sacrément sûr de soi pour continuer à faire le mariolle.

Gouiri (4/5) : Chacun à sa place, chacun fait ce qu’il sait faire, et personne ne pleure en s’arrachant les bouts de peau près des ongles à la moindre contrariété. C’est ça qu’on veut.


L’invité zoologique : Jacobo Tortuga

Réputée davantage pour son abnégation et sa bonne volonté que pour sa vivacité de corps et d’esprit, la tortue est bien l’invitée appropriée pour commenter le début de championnat en trombe de nos adversaires du soir. À la différence des fonctionnaires territoriaux de la région Sud qui, brillamment dirigés par les élus régionaux, accumulent les réussites sur le terrain, car quand c’est bien il faut en parler aussi (PS : Hé, Renaud, j’ai vu passer cet article dans Marsactu : La région passe un marché à 2,5 millions d’euros pour que des influenceurs louent son action ; je tiens mon RIB à la disposition de ton service compta, bisous).

  • Les autres : malgré quelques actions de bonne facture, ils se sont longuement fait victimiser  dans les duels, avant de saboter tout seuls ce qui pouvait leur rester d’espoir.
  • Le classement : Qui aurait prédit à l’intersaison que l’on serait premiers du championnat, hein ? Alors ? Hein ?
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Le tenant du titre, Didier A., n’a pas de temps à perdre et remporte le concours zoologique inaugural.
  • L’appelanal de la rentrée :Horsjeu.net, c’est un site dont les pages ne demandent qu’à s’ouvrir aux nouveaux talents. Tu as l’esprit anal et une plume aiguisée ? Rejoins-nous ! Plus de détails ici : https://horsjeu.net/a-la-une/la-flamme-du-football-anal-ne-seteindra-pas/

Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur «OM-Strasbourg (4-0) : La Canebière Académie cherche la rédemption»

  1. Mon petit Léo, gâche pas ta vie,
    Fais ça pour moi je t’en supplie.
    Prends cet archet, cette scie,
    Deviens honnête.

    1. Mais il joue tellement mal
      Que même les sourds en parlent.

      Les voisins excédés
      Par tant de bonne volonté
      Un jour furent obligés
      De le chasser du quartier

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