Pau – ASNL (0-1) : La Chardon à Cran académie lance sa saison.
Ça faisait longtemps, pas vrai ?
À l’époque, la Ligue d’Eux battait son plein, l’ASaNaL n’y était même plus trop mal placée (quoique sur une pente franchement descendante, il n’y avait qu’à voir le nombre d’occurrences de « je crois en Pablo » pour le constater) et puis d’un coup assez bref derrière le crâne, le couperet était tombé, sectionnant l’hypotalamus et tout autre centre nerveux abritant volonté et stimulation érectile : on avait dix ans. Pas de ces décades à vous faire manger vos crottes de nez ou porter le même slip six jours de suite sans voir le problème (quoique…), non : dix ans sur Horsjeu.net, le plus grand site de foot du monde. Mais pour fêter ça, plutôt que de s’épanouir dans l’allégresse, proposer des partenariats avec de la bouffe dégueu en pastilles d’internet ou des lessives spéciales maillot de five, corps et âme ont plutôt fait le choix de suivre le chemin de leur illustre modèle clubique, et du même mouvement fuyant éternellement tout succès et reconnaissance, ont choisi de s’effacer.
Mais avant d’écrire « Avouez que je vous ai manqué », comme pour chaque intersaison de folie mercantile et d’ajustement tactique, il fallait une préparation physique sérieuse, rude et appliquée. Le vilain climat de la Lorraine ne subit pas les bouffées délirantes du changement climatique qui a fait bouillir la France cet été : il s’obstine tel un mineur bourru du Pays Haut à répandre souffrance et désolation, que cela se fasse par l’effet d’une chaleur continentale torride ou d’une grisaille portant le flingue à la tempe et le bouteille aux lèvres contre toute espèce de résistance. Les tests physiques se devaient donc d’être impartiaux, c’est pourquoi contre son habituel autodiagnostic le portant à considérer que tout va bien tant qu’on ouvre les yeux à un quelconque moment de la journée ou de la nuit, le Marcel s’est rangé aux avis toujours éclairés de ses maudits congénères humains et s’est trainé chez un toubib assermenté pour se faire ausculter dentition, artères et orifices.
Le verdict est vite tombé : vous êtes vieux, avec un fort risque de rapidement devenir un vieux con. Laissez tomber clopes, bol de rhum au goûter, drogues expérimentale même si vous vous dites maladivement curieux, essayez vous à faire du sport autre part que devant votre téloche, prenez vous en main avant de donner raison à la science, je vous prescris des antidépresseurs de Polonais, interdiction formelle de vous laisser aller ou de se morfondre face à des activités dégradantes.
Et paf, la saison qui reprend.
Le match
Il ne s’agissait pas vraiment à l’origine d’analyser une partie de football mais plutôt de sélectionner scrupuleusement nos futures têtes de turc parmi les nouveaux arrivants ; chaque fenêtre estivale étant l’occasion pour Nancy de se faire prêter trouzemille joueurs venus de tous horizons, de récupérer quelques éclopés de l’UNFP ou de promouvoir à la hâte des jeunes du centre de formation, voyons ce que la marée nous a apporté, comme dirait l’autre.
Sauf que tout vieux et mal foutu qu’il est, le Picon doit bien admettre qu’il voit des gaillards appliqués parvenant à échanger le ballon comme s’ils se faisaient des passes, que les décapités d’en face ne font pas trop le poids et que de réelles occasions archivées comme « tir au but » par les applis de foot et autres parieurs en ligne ont bien lieu sous ses yeux. Pas de quoi gagner une Coupe de la Ligue non plus, mais ça fait un petit quelque chose.
Même Oswald Tanchot, nouveau coach bien nommé pour de futures invectives, n’a pas démérité tant il a su trouver les armes tactiques à fourbir à ses fidèles sujets pour s’exprimer. On peut aussi comprendre cette phrase avec le sens suivant : c’était tellement des planches pourries en face qu’ils auraient perdu même avec prime Moncef Zerka dans l’équipe.
Les notes
4/5 pour tout le monde le temps de mémoriser les noms, parce qu’on n’est plus sûr de rien même en regardant un résumé. J’ai tout de même vu le match, je vous le garantis.
Marcel Picon
Si vous me lisez, c’est que vous aimez sûrement le foot anal, les hommes bons et la souffrance. Vous cochez donc de nombreuses cases pour vous flageller vous-même en écrivant sur ce beau site. Répondez à l’appel vibrant. Rejoignez nos rangs. On paye même pas en renommée (on n’en a pas nous-mêmes), on est juste sympas (?).