Amiens – Bordeaux (1-2) : La Scapulaire Académie réamiene ses morts.
Trois gars en arrière, deux pas en avant.

Avec le roupillon qu’on a fait à la fin du match contre le PFC, on peut légitimement se demander dans quel état on va aborder ce match qu’il ne faut pas perdre…
La composition :
Poussin
Bokele – Mwanga – Barbet (c) – Nsimba
Lacoux
Ignatenko – Fransérgio
Bakwa – Davitashvili
Badji
Guion toujours adepte du théorème de Kevin (« on ne change pas une équipe Keagan, fut-ce avec les fesses qui claquent »).
Bulle, Belle et Rebelle sont de nouveau alignées ensemble, Mwanga étant reconduit à ses premiers amours en défense central. Stian déjà éloigné du terrain pour méforme post-virose est donc encore écarté. Quant à Badji il enchaine son quatrième match de rang titulaire, lui qui a marqué à deux reprises sur les trois derniers matchs, quand Maja sur le podium des buteurs de Liguedeux cire encore le banc.
Le match :
Quand on est en proie à une agueusie/anosmie, on mange et on boit par pure nécessité, par automatisme. Et bien la première période des Girondins m’a rappelé cette (malheureuse) époque. Nous regardons par automatisme mais nous n’y prenons aucun plaisir.
Néanmoins l’entame du match est assez appliquée. On sent le souci de ressortir de manière propre, et le ballon court autant que les joueurs. Les Girondins envoient leurs premiers tirs (non cadrés) du match par l’intermédiaire de Barbet sur un coup franc bien placé (5e minute) puis Ignatenko (8e minute).
Badji décale sur la droite un Bakwa qui semble avoir retrouver des jambes. Dilane fixe et cadre un tir tendu petit côté qui obligé Gurtner à effectuer son premier arrêt (13e minute).
Evidemment la léthargie habituelle nous retombe dessus comme un rappel d’URSSAF. Il n’y a guère plus que le ballon qui court quand on a encore la possibilité de l’avoir dans les pieds. Le milieu se raréfie malgré sa densité supposée (un trio Liguain tout de même) et les solutions de passes sont moins nombreuses que les couches dans une EHPAD Orpéa. Quant à la construction elle est aussi aboutie que le pont d’envol du Charles de Gaulle en 99. Bref ça sent le carton, et la sanction ne tarde pas.
Sur un ballon perdu dans la non bataille du milieu Barbet en position de dernier défenseur tente une passe en retrait à mi-hauteur, et donc pas assez appuyé en direction de Mwanga qui est déjà chargé par Leautey. Ce dernier fini par se défaire de Mwanga comme d’une vulgaire mouche, et c’est un 3 Vs 4 qui se profile. Leautey poursuit sa course à droite et centre au second poteau en direction Cisse, tout à fait esseulé, qui reprend le ballon en volée du plat du pied et trompe aisément Poussin (1-0, 16e minute).
Un petit relâchement en période de courante et c’est directement la débâcle… comme si cette année ce type de leçon ne nous avait jamais été donné.
Sur la remise en jeu Barbet trouve Bakwa dans la profondeur à l’entrée de la surface à droite sur une superbe transversale. Badji vient à sa rencontre et se place en retrait, il est servi mais son tir est contré ce qui oblige néanmoins Gurtner à se déployer et à détourner légèrement la course du ballon avec une manchette devant Sérge trop court (17e minute). Ok, là aussi ça devient une (heureuse) habitude cette année : ils tentent de réagir.
Les Amiénois ne se laissent pas conter fleurette sans se rebiffer un minimum. Les voilà qui nous tournent dangereusement autour du petit avec des combinaisons courtes qui donnent le tournis à notre défense. Kakuta exploite les courants d’airs entre les jambes de Bokele pour décaler Fofana sur la gauche. Mais le jeune pro-Fofane (elle est dure désolée) ne tente pas sa chance et s’en remet de nouveau à Kakuta qui est bien pris et n’a d’autre choix que d’envoyer un hérisson sur Poussin (18e minute).
Pendant une dizaine de minutes les deux équipes se rendent des petites frappes mais rien de méchant. Elles pressent mais leurs tentatives de progression manquent de précisions, je me serais cru de retour au Macumba à Beutre. Ça reste animé mais frustrant, voire agaçant. Non c’est très agaçant en fait.
Viennent enfin quelques émotions lorsque Sérge est trouvé plein axe, mais rate sa frappe (30e minute). Ou encore quand Kakuta arrivé au point de corner gauche, trouve Gomis en décalage et centre fort devant le but. Son centre ne trouve personne pas même l’un de nos 4 défenseurs, et c’est sûrement mieux ainsi… (32e minute).
Tout d’un coup l’un de nos joueurs remarque Nsimba sur notre flanc gauche et se décide enfin à récompenser l’un de ses appels de balle. Il est trouvé lancé et centre au deuxième poteau pour Badji qui prend le dessus sur son défenseur pour rabattre le ballon mais hors cadre (40e minute). Trois minutes plus tard, Vital remet ça. Cette fois point de course, puisque ses coéquipiers jouent dans leur fauteuil, il s’installe dans le sien mais joue aussi bien que s’il avait une Wiimote au pied gauche. A 45 mètres du but, le long de la ligne de touche, il envoie un long centre précis à destination de Sérge au point de pénalty mais sa tête manque de puissance et finit sur le gardien (43e minute).
A la mi-temps Guion fait sortir Rebelle pour Maja. Belle et Bulle repassent à deux au milieu, quand Maja vient « tourner » autour de la tour d’incontrôle Badji. A croire que le coach débute une rééducation de son anosmie.
Les Girondins reviennent avec de meilleures intentions dans l’impact et le rythme, et le match reste assez équilibré.
Leautey, encore lui, perce une fois de plus notre défense et centre au second poteau mais son coéquipier est trop court alors que Poussin était aux fraises. Dans la foulée Leautey voit le ballon lui revenir dessus mais il est surpris par le rebond et se fait reprendre par le retour de Bokele (55e minute). Une double péné qui aurait pu nous laisser l’anus en forme de 8.
Quatre minutes après la Licorne pense devoir faire le break sur une main de Bokele, quand les autres, eux, voient un ballon repoussé par l’aisselle de notre Drôle. L’arbitre lui, ne siffle pas, braillez autant que vous voulez, le score n’a pas évolué pour autant à ce moment-là.
Ce qui est très clair pour tout le monde par contre c’est que la dilatation de notre arrière-train est « à complète », alors Amiens pousse encore et encore et ils auraient tort de se priver.
L’orage gronde mais ça a au moins le mérite de dérégler la montre de Guion, qui procède à un deuxième changement avant la 74e minute : Pitu remplace Davitashvili (64e minute).
La même erreur que nous quand ne nous ne sommes pas attentifs… David a appuyé sur « snooze » et non sur « arrêt ». En conséquence c’est une nouvelle alarme qui sonne, et nouveau changement : Lacoux sort et Gregersen pénètre sur le terrain pour passer au centre d’une défense à trois avec Bokele et Barbet, Mwanga quant à lui monte à côté de Sérge (70e minute). C’est surtout l’heure de jouer au football non ?
Très belle combinaison entre Pitu et Nsimba, qui trouve Maja de la tête au premier poteau mais Gurtner repousse avec une superbe parade (71e minute).
A un moment où le rythme semble retomber très légèrement, et où les Marine & Blanc ne se jettent plus à l’abordage sans réfléchir, Nsimba est trouvé sur un renversement de jeu. Il n’est pas attaqué et a tout le temps d’ajuster une galette, et d’y rajouter un supplément œuf, pour trouver la tête de Badji un peu en avant du point de pénalty. Notre Picard prêté s’élève et donne suffisamment de force et de précision au ballon qui vient tournoyer dans le petit filet gauche d’un Gurtner laissé coi (1-1, 78e minute).
Guion est en feu, en roue libre, on ne le tient plus et il décide de faire sortir un Bakwa pourtant complètement cramé pour faire rentrer Michelin, notre deuxième fournisseur de galette (83e minute).
Barbet récupère un ballon au centre du terrain et le remet à Mwanga dans le sens du but. Michelin sur son côté droit profite d’un boulevard devant lui et Junior le sert dans la course. Toujours pas attaqué Clément ajuste un centre première intention vers le coin opposé des six mètres amiénois et trouve Sérge, esseulé, qui met un coup de casque en suspension, absolument Pauletesque (revoyez son premier but contre Nantes lors de son premier match sous nos couleurs), qui propulse le cuir dans le petit filet droit de Gurtner laissé feur (1-2, 89e minute).
A l’aller leur jeune joueur Ilenikhena nos espoirs en fin de match, alors cette fois c’était notre tour ! Et hop, trois points, et la deuxième place du championnat !
Les notes :
Poussin (3/5) : Comme un ministre de la République il n’a pas eu grand-chose à faire mais contrairement à eux il ne l’a pas mal fait.
Bokele (3/5) : La question n’est plus de savoir s’il doit être titulaire à la place de Michelin, mais si on n’a pas intérêt à les associer sur le secteur droit d’une défense à « cinq ». Encore une prestation aboutie et des fulgurances qui nous sauvent régulièrement les miches.
Mwanga (3+/5) : Mettez-le où vous voulez sur le terrain et il éclaboussera l’équipe de son calme, de son intelligence situationnelle et de sa technique. Dans l’apport collectif on l’a préféré quand il est monté d’un cran pour fluidifier notre construction à la va-vite. C’est notre doudou, peu importe où il est, tant qu’il est avec nous.
Barbet (3/5) : Obligé de laisser la lumière à ses potes de l’arrière, il livre une prestation solide et appliquée.
Nsimba (4/5) : Demandez à un Picard comment on dit « danger » en patois et vous constaterez que depuis lundi dernier il répondra Nsimba. Quel match encore une fois. Un nombre incalculable de centres comme autant d’occasions de but, que ce soit après un nième débordement ou tranquillement dans son fauteuil quand il reprend son souffle. Le tout en étant plus que correct sur les taches défensives. C’est plus Vital, c’est carrément Confort.
Lacoux (2+/5) : Il y a un vrai problème quand nos supers nanas sont alignées ensemble, on le sait, ça ne bouge pas. Mais en première période, au moment où nous ressemblons le moins à une équipe (juste ça, ne parlons même pas d’équipe de foot), il est celui qui sécurise au mieux cet équilibre très fragile.Il comble les trous, et tente de jouer vers l’avant alors que ses deux copines sont à dix-mille ou pas dans le sens du jeu. Néanmoins il pèche toujours par une technique en deçà de ce que son poste demande et surtout par des sautes de concentrations comme lorsqu’il fait l’effort de revenir sur le but amiénois mais laisse Cissé totalement libre de fusiller Poussin à bout portant… Tom… sawyer toi les doigts s’il te plait.
Ignatenko (2/5) : David Guion une nouvelle fois en proie à ses états d’âmes ériques s’est dit en avant match « même avec un Danylo sans je laisse ». Des jeux de mots à la hauteur de la prestation livrée : sans aucun effort.
Fransérgio (3+/5) : Il marque un but d’une grande importance. Il ne s’agit pas que de deux points supplémentaires (nous avions déjà un point), il s’agit de reprendre une deuxième place synonyme d’accessit mais aussi de mettre fin à ce qui était devenu une sale habitude : ne jamais remporter un match lorsque nous avons concédé le premier but. Evidemment c’est grâce au travail de tous, ils n’ont pas lâché. Mais, en dehors de la symbolique non négligeable de son but il a livré une prestation vraiment inhabituelle. Inutile de revenir sur l’absence d’intérêt de le voir aligné avec Belle et Rebelle. Lorsque nous sommes passés à deux, que ce soit avec Tom ou Junior il n’a pas ménagé ses efforts, il a fait montre d’intelligence dans ses déplacements et dans l’orientation du jeu. Il a mis de l’impact avec et sans ballon. Et pour finir il a fait preuve de leadership. Au vu de cette prestation, la plus consistante selon nous depuis plus de 18 mois, il n’a pas volé d’avoir arraché la symbolique du but libérateur. Si maintenant il se mettait à appuyer ses passes et à les déclencher plus vite on serait sur un joueur très très précieux pour la course à la montée.
Bakwa (3/5) : Virevoltant en début de match on l’a rapidement vu rentrer dans le rang. Ceci dit, difficile de sortir son épingle du jeu alors que toute l’équipe décide de ne plus courir avec le ballon et qu’elle n’est pas encore dans la meilleure des dispositions tactiques de ce match. Par contre ses efforts de pressing et de replacements ne sont pas passés inaperçus. Merci d’être resté Dilane, merci de te donner pour l’équipe. Maintenant ce serait génial si elle et toi, vous vous autorisiez à ce que tu redeviennes toi-même !
Davitashvili (3/5) : Peu ou prou le même commentaire que pour Bakwa. Il ne s’est pas ménagé mais n’a pas pu briller offensivement dans ce collectif. Et comme son compère il n’a pas trouvé la lumière sur un exploit individuel.
Badji (3+/5) : Guion le fait encore badgé histoire de récompenser ses statistiques enfin à son avantage. Et sûrement aussi pour le mettre en confiance. Mais pour le contenu on restait encore sur notre faim. En début de match on l’a vu plus utile que lors des derniers matchs, mais avec un Maja à ses côtés, le Grand n’a plus besoin d’être au four et au moulin : redescendre pour lancer les ailiers et être à la réception des centres ainsi provoqués. Son but vient donc récompenser une réorganisation efficace. Un but d’une telle précision qu’on dirait bien qu’il commence à prendre confiance. Serait-il totalement lancé ?
Les remplaçants :
Maja (3/5) : Dans un rôle totalement assumé d’attaquant de soutien, il a effectué un match solide et aurait dû revenir à la première place ex-aequo des buteurs du championnat si Gurtner n’avait pas sorti une magnifique parade.
Pitu (2+/5) : On sent qu’il n’a pas encore tout à fait trouver ses marques, d’autant plus quand on joue à deux devants et deux pistons comme en fin de match. Difficile de savoir dans quel registre et secteur il devait évoluer pour être en harmonie avec ses neuf autres partenaires de terrain. Avant ça, dans un rôle plus habituel pour lui on l’a vu effectuer de bons décalages avec Nsimba pour le quasi but de Maja à la 71e.
Gregersen (3/5) : Une entrée solide comme il en a l’habitude à présent.
Michelin (3+/5) : Malgré son temps de jeu limité on n’avait pas le cœur à ne pas lui mettre une bonne note étant donné qu’il a répondu exactement aux attentes placées en lui à son entrée sur le terrain en fin de match : délivrer une galette pour remporter la mise. Une affaire qui roule.
Pour conclure :
Autant on avait perdu des points à l’aller autant on en gagne au retour !
Un dénouement heureux qui fait suite à une réorganisation en cours de match enfin aboutie. Jouer de cette manière, avec des pistons, on l’avait déjà fait, mais ça n’était jamais apparu comme étant une évidence comme sur ce match là, et à ce moment là : bravo David Guion d’avoir eu ce flair, cette intelligence situationnelle qui a permis que toutes les pièces du puzzle s’emboitent enfin.
Mais qu’est-ce qu’on s’est fait chier, que ce match fut agaçant jusqu’à l’heure de jeu. Et le pire c’est que c’était déjà dans la lignée de la fin de match ratée contre le PFC.
Néanmoins, nous l’avions déjà exprimé : faisons une croix sur une saison lisse où toutes nos prestations seraient abouties et ce cauchemar de relégation écarté dédaigneusement d’un revers de la main. Nous avons pris la L2 en pleine gueule et il en reste encore des morceaux nichés dans nos plaies. Nous ne serons pas beaux avant un moment.
Soyons réalistes : la montée c’est possible, pas parce qu’on est trop forts, mais parce qu’on peut aller l’arracher, de quelque manière que ce soit. Evidemment que nous serions tous rassurés avec plus de maitrise, mais un engagement de chaque instant c’est la base quand on n’a pas tout le talent nécessaire.
Messieurs, on vous le dit : allez chercher la montée, pas parce que vous êtes trop forts, mais parce que vous la voulez !
C’est Saint-Etienne qui se présente ce samedi à 15h à Gallice. Une finale de plus. Un test de plus face à une équipe qui réalise déjà une série de quatre victoires de rang. Quant à nous ça pourrait être la troisième. Un tournant ? Peut-être. Comment les a-t-on négocié jusqu’ici ? Vous ne voulez pas le savoir, mais nous verrons.