Rennes-OM (1-1, 9-8 t.a.b) : La Canebière Académie plie bagage
Partis de rien pour arriver nulle part.

Aïoli les sapiens,
Sauf exploit improbable en coupe d’Europe, c’est donc quasiment à la mi-saison que l’OM se trouve privé de tout enjeu un tant soit peu excitant, puisque nous nous trouvons insuffisants même dans la nullité au point de ne même pas ressentir l’angoisse de la relégation. De janvier à juin, c’est donc le ventre mou dans toute sa splendeur qui nous attend, avec certes un petit strapontin européen pour intéresser la partie si les planètes s’alignent.
Le pire, c’est que l’on ne peut même pas reprocher grand-chose aux joueurs, eux dont l’attitude a été quasiment irréprochable hier soir. Obtenir un match nul à Rennes n’a rien d’infamant en soi, de même que manquer une qualification au neuvième tir au but. Plutôt que de leur reprocher leurs pieds carrés et leur charisme d’holothurie, intéressons-nous plutôt à ce qui a fait que cette bande de gentilles branques se soit trouvée réunie sous les ordres d’un entraîneur dépassé et dans un club encore trop grand pour eux, quoi que ce dernier ait sévèrement rétréci au cours de ses passages répétés à la lessiveuse. Tout au plus pourrait-on leur reprocher cette forme de déni qui transparaissait des interviews d’après match. Je veux dire, je n’ai aucun problème à reconnaître les efforts de cette bande de gentils garçons, voire être convaincu qu’ils parviendront un jour à s’améliorer, mais il serait toutefois appréciable de nous entendre au moins sur un constat : ce que nous propose l’OM cette saison est indigne.
Les Longorious Basterds
Lopez
Clauss – Meïté – Gigot – Balerdi – Murillo (Garcia, 16e)
Veretout– Nadir (Luis Henrique, 28e) – Onana
Vitinha – Aubameyang
Kondogbia et Rongier blessés, Onana n’attend pas pour bénéficier de sa première titularisation. Devant, les multiples absences africaines profitent (si l’on peut dire) à Bilal Nadir. A noter par ailleurs que Renan Lodi a été expédié en Arabie Saoudite six mois après son arrivée, communsymbole de notre constance dans la gestion de l’effectif. On serait Longoria, on organiserait un salon « Football Passion », comme il y a Cheval Passion à Avignon. Eux ils ont le gala des Crinières d’or dans le grand pavillon, puis ils ont d’autres halls consacrés au tourisme, à la vente, au matériel… A Football Passion tu ferais pareil, t’irais voir pour trop cher un spectacle moyen au stade Vélodrome, puis après tu déambules au Parc Chanot : t’aurais le grand hall où Pablo vend ses joueurs, les enfants pourraient venir faire des caresses sur les naseaux des joueurs dans leur box et les agents auraient à chaque fois une petite fiche avec les caractéristiques de la bête, le poids, le pedigree, les vaccins, savoir si on doit l’acheter pour le travail ou comme reproducteur, ce genre de choses… On pourrait se casser le ventre avec les traditionnels stands de charcuterie traditionnelle corse avec ses cochons traditionnels des petits producteurs traditionnels (la ferme SOCOPORC de Kergastel, Corse-du-Sud). Et enfin tout pareil, un hall réservé rien qu’au matériel pour les supporters, avec les cravaches, les éperons, bref tout ce qu’il faut pour être équipé à chaque défaite de l’OM.

Pour pallier le départ de Lodi, Longoria recrute Ulisses Garcia, fougueux hongre suisse de la manade des Young Boys. Celui-ci demeure néanmoins dans son pré le temps de s’acclimater, la titularisation revenant à Murillo.
Le match
L’OM subit tranquillement sans que Rennes ne se montre dangereux. Les seules montées de slipomètre tiennent ainsi aux blessures, d’abord celle musculaire de Murillo au quart d’heure, puis de Nadir sur une bonne grosse semelle de porc d’un Rhénais. Garcia fait ainsi son apparition, suivi de Luis Henrique bombardé à un poste si mal défini qu’on ne peut même pas prétendre qu’il n’est pas le sien.
Contre toute attente, le match tourne pourtant en notre faveur. Après une première demi-heure marquée par deux ou trois mouvements aimables, sans plus, deux centres successifs suffisent à mettre la défense de Rennes en panique : expédia par Clauss, le second traverse les six mètres pour arriver on ne sait trop comment à Veretout, dont l’enchaînement contrôle-extérieur en lucarne représente une rare étincelle dans notre nuit de médiocrité (0-1, 29e).
La combativité de nos joueurs pour préserver cet avantage est exemplaire : ce qui l’est moins, c’est justement cette complaisance à subir le jeu comme si nous étions le petit poucet de Nationale 2 résistant vaillamment aux assauts de l’ogre breton. Toujours est-il que l’efficacité est au rendez-vous, ou presque : comme le disait si bien Xavier Gravelaine, il y a toujours un pied marseillais pour empêcher Rennes de trouver la solution finale. Ce n’est que dans le temps additionnel que Doué parvient à exécuter un tir dangereux, que Lopez repousse imparfaitement. S’ensuit un centre qui traverse toute la surface, l’action étant interrompue à la surprise générale par l’arbitre, sifflant un pénalty pour une faute on ne peut plus légère de Garcia.
Rageant, l’épisode se transforme pourtant en moment de gloire pour Pau Lopez, qui commence par mettre en échec Bourigeaud avant de bloquer sa reprise à bout portant. Malgré les absences alourdies de deux blessures en début de match, l’OM rentre ainsi au vestiaire nanti de l’avantage, et d’un gardien qui désormais arrête des pénaltys plus souvent qu’un mec des Républicains dit un truc intelligent. S’il est trop tôt pour évoquer un moment fondateur, le scénario du moment en présente toutes les apparences.
Hélas, l’OM revient sans s’être départi de ses habits de petit poucet, mais attention, pas un petit poucet qui joue contre l’OM, hein, non, un vrai petit poucet, celui qui se fait broyer par un adversaire plus gros que lui jusqu’à se faire éclater sans discussion.
Ulisses Garcia fête ainsi son arrivée par le fameux combiné « je commets la faute puis je suis battu au marquage sur le coup-franc qui s’ensuit » : piégé par un geste neymarien de Doué, le Suisse se voit, en compagnie d’Onana, trop court pour devancer Terrier qui place sa tête au premier poteau à la réception du coup-franc de Bourigeaud (1-1, 53e).
Cette égalisation et les cinq minutes de souffrance absolue qui s’ensuivent augurent d’une fin de rencontre très pénible. Heureusement, Rennes finit par relâcher son pressing et nous permet de gagner quelque respiration. La fin de match est même plutôt à notre avantage, jusqu’à une ultime action Luis Henrique-Aubameyang-Vitinha conclue par un tir contré de ce dernier.
Lorsque le commentateur introduit la séance de tirs au but en précisant que le gardien Rennais a « pris conseil auprès de Mandanda », on se surprend à éprouver un optimisme inhabituel. Celui-ci est bien vite douché par Lopez, qui s’impose de toute évidence comme le dépositaire du style mandandesque consistant à laisser tomber son gros derche aléatoirement d’un côté pour que le tireur n’ait plus qu’à déposer le ballon à l’opposé. Sur neuf tirs encaissés, Pau s’est ainsi trouvé pris à contre-pied sept fois (les deux autres étant les tentatives sur lesquelles il n’a pas du tout anticipé). Si les tirs au but sont une loterie, alors Rennes a dûment validé son bulletin au PMU tandis que notre gardien a inscrit trois numéros sur une feuille de papier-cul qu’il a ensuite égaré dans sa poche : sans nier le rôle du hasard, disons que celui-ci est fortement pondéré. La séance est d’autant plus rageante que, pour une fois, nos huit premiers tireurs ont exécuté un geste exemplaire : Jean-Bite réussit sans trembler son habituel petit contre-pied vicieux et tous les autres produisent un festival de sacoches en lucarne ou dans le petit filet de type « Italie-France 2006 ». Faute d’arrêt en notre faveur, la série est cependant dans l’obligation de se poursuivre jusqu’à Samuel Gigot, que l’absence de copain disponible pour disputer un duel amène à fracasser la seule chose qui soit à sa portée : la barre transversale.
Il ne reste donc plus que la Ligue Europa pour faire semblant d’entretenir une ambition sportive, aussi incongrue notre présence dans la compétition soit-elle compte tenu de notre niveau de jeu. Cette option étant de toute évidence appelée à être évacuée au prochain tour sinon çà celui-ci même, il ne nous restera plus qu’à faire comme d’habitude : déprimer et tout reconstruire de zéro.
Les joueurs
Lopez (1+/5) : Aurait pu être le héros du peuple après son arrêt fantastique de la première mi-temps, avant de se ridiculiser au cours d’une séance de tirs au but qui ne demandait qu’à lui sourire. Pau s’est ainsi livré à de pathétiques tentatives de trash-talk qui convenaient autant à sa personnalité qu’un string-ficelle à Brigitte Macron, a fortiori pour que l’exercice se transforme finalement en séance d’urophilie de la part des Rennais. Pour finir, son usage après une telle démonstration du mot « loterie » dans une interview d’après-match achève de dissiper toutes les parcelles d’indulgence que l’on pouvait encore éprouver.
Clauss (2-/5) : Je me tenais prêt à lui adresser mes plus belles insultes en constatant qu’il préférait laisser tirer Luis Henrique avant lui, mais la reculade ne fut que provisoire et sans conséquence. Reste donc son match qui n’était pas sans évoquer une Ford Focus Break en panne de calculateur d’injection, en dehors d’une passe décisive relevant de la loterie – elle.
NdA : A ce propos si un expert en calculateurs d’injection de Ford Focus Break nous lit, nous lui serions très obligés de bien vouloir se signaler à notre attention. Mon garagiste est désemparé.
Meïté (3/5) : Un niveau très honorable pour tenir sa place mais insuffisant pour prétendre à une place dans la sélection ivoirienne à la Coupe d’Afrique, ce qui en l’occurrence nous convient parfaitement.
Gigot (2-/5) : Quand j’étais jeune y avait Intervilles, et y a une année j’avais pas bien compris pourquoi maischaque équipe avait le droit de faire appel une fois à Vincent Lagaf comme joker. Et du coup t’avais Vincent Lagaf qui déboulait au milieu des vachettes entre dix mecs qui couraient déguisés en salade verte. A chaque fois que Samuel Gigot quitte la défense pour monter je ne sais pas où sur le terrain, je repense à Intervilles et à Vincent Lagaf.
Balerdi (4/5) : Pour une fois j’aurais presque aimé qu’il manquât son tir au but tellement j’avais une bonne blague toute prête à ce sujet. Mais non, Môssieur en ce moment a décidé de devenir parfait. Il va nous obliger à travailler davantage, l’animal.
Murillo (NN) : On a failli réussir à avoir ce poste doublé.
Garcia (16e, 1+/5) : T’inquiète, vous êtes nombreux à être passés par là, le tout c’est d’en sortir.
Veretout (4-/5) :On pourrait certes objecter ces trop longues minutes pendant lesquelles les Rhénais ont pris le milieu de terrain olympien pour leur paillasson crotteux, mais si l’on se met à bouder le seul des nôtres qui ressemble encore un peu à un footballeur on ne va vraiment plus avoir beaucoup de satisfactions.
Onana (2+/5) : Il connaissait ce soir sa première titularisation depuis approximativement la mort de Lady Diana. Dans ce contexte, un match moyen est déjà satisfaisant.
Nadir (NN) : Ecarté du poste maudit par la faute d’une vilaine semelle. L’effectif étant ce qu’il est, le prochain meneur de jeu devrait être Samuel Gigot ou Jean-Claude Gaudin.
Luis Henrique (26e, 2/5) : Baladé entre continents, considéré comme un mouchoir jetable, placé à un poste qui n’est pas le sien parce que de toute façon c’était ça ou Samuel Gjgot n°10 (ou Jean-Claude Gaudin), Luis a bien eu du mérite à faire le boulot comme il le pouvait alors que tout Marseillais qui se respecte aurait dit « mes couilles, si c’est ça je me mets en maladie ».
Aubameyang (2/5) : Alors il y a les matchs où Jean-Biteest nul car il se planque, et les matchsoù Jean-Biote ne peut de toute façon rien faire d’autre que courir derrière les saucisses aléatoirement expédiées de l’arrière. Ce match ressortit clairement à la seconde catégorie.
Vitinha (2/5) : Le recrutement de cet homme est une performance artistique dont le prix fait partie intégrante de l’Œuvre. C’est là que Longoria peut regretter la nomination de Rachida Dati à la culture, par exemple Jack Lang n’aurait pas hésité à fumer le budget intégral du ministère pour accrocher un tel chef d’œuvre au centre Pompidou.
L’invité zoologique : Le varan de Kalimuendo
En tant que gros truc boursouflé qui ne ressemble à rien mais n’en reste pas moins dangereux, le varan de Komodo était bien l’invité approprié pour commenter ce match contre le Stade Rennais.
- Les autres : naguère nos jumeaux en matière d’empilage sans cohérence de recrutements surpayés, les Rhénais semblent s’être rangés sur le chemin d’une certaine sagesse en tentant de ressembler à une équipe. Grand bien leur fasse.
- Coming next : Nous ne connaissons guère plus d’enjeu si ce n’est l’honneur : cela tombe bien, en matière d’honneur les matchs à venir concernent Monaco (si nous voulons en gagner par une victoire de prestige) et Lyon (si nous voulons anéantir tout à fait le peu qu’il nous en restait).
- L’anniversaire : Médéric Gasquet-Cyrus a dit que pour l’anniversaire de Motchus il mettrait des totebagues dans la boutchique si le jeu gagnait plus de joueurs, or moi j’ai très envie d’avoir un totebague Motchus, donc soyez gentils et jouez à Motchus.
- Le clache : Il paraît même que Médéric Gasquet-Cyrus aurait ajouté « hé ouais, parce que moi quand je promets des totebagues dans la boutchique je mets des totebagues dans la boutchique, pas comme Marsactu qui promet de longue des gabians en peluche mais qui lâche jamais ses goudjizes »,alors là, moi je dis « ayaaaaaa, ça m’aurait pas plu », enfin, bon, je ne peux que constater, yen a qui lâche les goudjizes et d’autres qui les lâchent pas. C’est comme ça.
- La recrue : ah, sinon dans l’actualité il y a aussi l’immense Kassim Abdallah qui a quitté Marignane-Gignac pour revenir à l’OM, dans l’équipe réserve. Je ne sais pas si ça compte comme un goudjize.
- Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky (codes d’accès disponibles sur demande, d’ailleurs). Johny Kreuz remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah