OM-Brest (4-1) : La Canebière Académie tient bon la rampe
Laudato si

Aïoli les sapiens,
Que le Seigneur m’accorde la grâce d’être le témoin transparent des événements qui eurent lieu à la basilique dont il est bon et charitable de taire le nom désormais, vers les Pâques de l’année 2025 où le prêtre Roberto descendit en Italie pour reconstruire la dignité de la Sainte-Olympique, suivant les plans du Très-Haut. Puisse ma main ne pas trembler au moment où je m’apprête à dire ce qui arriva.
Premier Jour
Mon maître Guillaume de Baskerville et moi-même parvînmes au Saint-Siège dans cette ambiance si particulière, emplie autant de recueillement que d’agitation, qui présidait aux funérailles papales. Aussi fûmes nous surpris d’être accueillis en personne par le cardinal Marseillais, que nous imaginions alors mû par d’autres préoccupations.
Le cardinal nous emmena dans une pièce retirée, et nous entretint à voix basse de l’affaire pour laquelle il nous fit mander. Les jours suivant le décès papal, la planète bruissait de complots dont l’un, persistant, faisait de cette mort un assassinat, dont se serait vanté l’émissaire du Nouveau Monde. Celui-ci fut en effet la dernière personne à s’entretenir avec le Saint-Père. Il nous appartenait d’enquêter sur cette rumeur, avec toute la prudence et la diplomatie que le contexte imposait.
Deuxième Jour
Il est de fait que les relations entre le pape François et le vice-président du nouveau monde étaient exécrables. Leur entretien officiel devait permettre de confronter leurs vues théologiques. Se pût-il que l’Américain, dont la brutalité et l’impatience étaient de notoriété publique, eut occis son interlocuteur dans un accès de rage ? Voire, n’avait-il répondu à l’invitation que dans le but d’éliminer François.
Guillaume de Baskerville s’entretint avec les témoins de la scène, qui ne purent que rapporter des échanges anodins. Seul une infirmière avait cru entendre le Pape prononcer « Vergine Santa, quello stronzo era cattolico ? Se è tutto, grazie, mi fermo qui. ».
- Qu’en dis-tu, Adso ?
- Les indices sont plutôt maigres, maître.
Troisième Jour
Le Saint-Siège bruissait toujours, officiellement, de l’organisation des funérailles. Officieusement, tous les esprits étaient tournés vers le conclave à venir, d’où sortirait le nouvel héritier de Saint-Pierre. Les cardinaux continuaient d’affluer du monde entier, dans leur immuable robe rouge. Guillaume de Baskerville, dont les soupçons n’étaient pas éteints me chargea de surveiller les ecclésiastiques américains.
Je ne revis mon maître que le soir, navré de ne pas disposer d’indice pertinent.
- Je m’en doutais, mon bon Adso. Ta tâche n’en a pas moins été cruciale. Sache que nous sommes surveillés. Il me fallait donc dévier l’attention de nos hôtes, ce que ton enquête a permis. J’ai pu ainsi en toute quiétude épier le cardinal Marseillais qui nous accueillit le premier jour.
- Le soupçonnez-vous ?
- Tu le soupçonnerais également, si tu avais remarqué qu’il n’était pas du tout dans ses attributions de nous accueillir. Recevoir des visiteurs aussi humbles que nous est indigne d’un cardinal. Il a donc fallu qu’il évince le frère chargé de notre venue.
- Avez-vous pu rencontrer cette personne ?
- Tu touches du doigt le problème, mon brave Adso. Il apparaît que ce moine a été retrouvé une heure avant notre arrivée au Vatican, mort, noyé dans un tonneau d’anisette. Le cardinal Marseillais, présent à proximité par un hasard extraordinaire, s’est proposé pour le remplacer au pied levé.
- Avez-vous confronté le cardinal ?
- Ta jeunesse fouteuse méconnaît les usages, Adso, il nous faut être prudents. Dans l’immédiat, je me concentrerai uniquement sur un détail, que tu auras sans doute remarqué los de notre première entrevue ?
- J’avoue que non, mon maître.
- Les tenues des cardinaux sont toutes identiques, sauf celle du cardinal Marseillais, qui portait cet insigne discret. Découvrir sa signification sera notre tâche maîtresse des jours à venir.
Guillaume de Baskerville prit une plume et une feuille, et traça le symbole aperçu sur la robe pourpre. Celui-ci était formé d’un O et d’un M entrelacés.
Quatrième Jour
Je fus pris d’un grand découragement en pénétrant la bibliothèque du Saint-Siège. Deux millénaires de connaissance s’étalaient devant nous dans des rayonnages vertigineux. Il nous faudrait extraire de cette somme le sens de deux lettres misérables. Une vie de moine d’y suffirait pas.
- La Providence, mon bon Adso. La Providence, ainsi qu’un grand sens de l’observation. Viens voir, sourit Guillaume en s’asseyant dans un fauteuil, les pieds sur la table basse, feuilletant un journal.
Dans les pages intérieures de l’Osservatore Romano dello Sport figurait un article intitulé : « Il Santo Olimpico in ritiro spirituale a Roma ». L’illustration représentait des moines, dont la tenue était brodée du même logo aperçu sur la robe du cardinal Marseillais.
Ainsi aiguillés, nous cherchâmes dans la bibliothèque les ouvrages relatifs à cette « Sainte-Olympique ». Cela ne fut pas affaire aisée : nous apprîmes que tous les traités la mentionnant étaient réunis dans l’enfer de la bibliothèque, cette pièce où étaient rassemblés les ouvrages les plus sulfureux, les plus dangereux pour l’unité de l’Eglise et la persistance de la chrétienté. Fort heureusement, Guillaume de Baskerville sur convaincre le moine-bibliothécaire de nous laisser accéder à ces informations cruciales.
La Sainte Olympique était une confrérie fondée par le templier Dufaure de Montmirail et toute entière consacrée à la conquête et à la préservation des reliques sacrées, les coupes notamment. Mal perçue par l’Eglise, cette confrérie fut à plusieurs reprises durement frappée par l’Inquisition. Son histoire chaotique vit se succéder menaces d’excommunication et brèves réhabilitations, sans que la confrérie ne sût se départir de sa réputation de secte hérétique. De méchantes rumeurs faisaient état de pratiques de sorcelleries, de rites souillant la Sainte religion catholique en y mêlant des cultes sauvages. Son Eglise bâtie sur les hauteurs marseillaises accueillait chacun sans distinction : ce trait lui avait valu une bienveillance inédite de la part du Pape, autant qu’une solide haine du reste de la chrétienté.
Cette confrérie avait pour usage, selon les mêmes ouvrages, de procéder régulièrement à des retraites spirituelles dans son abbaye de Mallemort. La voir se transporter dans son ensemble à Rome, dans la semaine précédant la mort du Pape, paraissait une coïncidence trop parfaite, même pour un novice comme moi.
Cinquième Jour
« Adso… Adso… »
Une voix féminine me tira du sommeil. Qu’éprouvai-je ? Que vis-je ? De cela je me souviens : les émotions du premier instant furent dénuées de toute expression, parce que ma langue et mon esprit n’avait point été éduqués à nommer des sensations de ce genre.
Devant moi se tenait une femme de grande taille, à la peau noire, d’une beauté si insurpassable que tous les maîtres de la Renaissance eurent échoué à la peindre. Son corps était entièrement nu, à l’exception de deux pendentifs représentant l’un la Sainte-Croix, l’autre un cœur finement orné. Je compris alors que devant moi s’incarnait l’horrible syncrétisme auquel était accusée de se vouer la Sainte-Olympique, et que les mille délices que promettaient mes frissons incessants ne manifestaient en réalité que la Tentation infligée par le Malin.
Comme si elle devinait mes tourments, la créature me renversa sur le lit, s’assit sur mon corps enfiévré et s’adressa à moi de sa voix de miel :
- N’aie pas peur Adso. Je suis Erzulie, et d’où je viens, l’on m’appelle la déesse de l’amour. Tu es dans un lieu saint : crois-tu que la Sainte-Mère de Dieu elle-même m’eût laissé entrer, si elle vit en moi une force hostile ? Dès lors que l’amour et la pureté guident ton cœur, ton âme sera ouverte à tous les peuples et tous leurs dieux. La Sainte-Olympique n’est autre que cela, et c’est sur mes propres conseils que son prêtre Roberto décida de son transport en cette ville. Ta quête est noble : aime-moi, et je t’initierai au secret de la Sainte-Olympique.
Se pût-il que le Malin prît une forme si aimante ? Se pût-il que cette image d’amour et de pureté ne soit que le masque le plus parfait de l’abjection ? Sans que je ne m’en fusse aperçu, ma robe monacale avait disparu et c’est sur mon corps dénudé que l’apparition acheva d’abattre mes résistances, certes bien faibles je le confesse.
Je m’effondrai vaincu, damné. Avant de sombrer dans une culpabilité extatique, je priai Dieu pour que cette scène ne fut qu’un simple rêve, un épisode ensommeillé écrit par une force supérieure où ma libre conscience ne fût qu’une illusion. Mais il me fallait être juste : qu’il s’agît d’un rêve ou d’une apparition surnaturelle, c’est bien par ma volonté et elle seule que je répondis à l’invitation d’Ezrulie et me perdis en elle avec la plus vile des voluptés.
Sa voix m’accompagna dans les limbes une dernière fois : « Cœur pur, sois initié à la devise de la Sainte-Olympique : Jactancia Umbra Libentia ».
Sixième Jour
L’aube n’avait pas encore point que le si posé Guillaume de Baskerville tambourinait furieusement à ma porte.
- Adso !, m’interpella-t-il. Partons aussitôt à la bibliothèque : le Saint-Siège compte un mort de plus !
Le bibliothécaire, celui-ci même qui nous ouvrit l’enfer la veille, gisait face contre terre. Un pieu en bois de cyprès transperçait son dos.
- N’avez-vous pas déplacé le corps, s’enquit mon maître auprès des frères présents ?
- C’est moi qui ai découvert le corps à l’ouverture et envoyé un novice vous prévenir. Je puis garantir que nul n’y a touché depuis, répondit un moine.
- C’est donc le tueur qui a déplacé les bras du malheureux dans cette position inhabituelle, conclut Guillaume.
De fait, les défunt portait les bras allongés devant lui, mais les paumes retournées vers le plafond. A chaque main, l’annulaire et l’auriculaire étaient repliés.
- Cela n’a aucun sens, risquai-je. Si un complot se dissimule, pourquoi les assassins nous offriraient-ils un indice évident ? Pour nous orienter sur une fausse piste ?
- Probablement, répondit Guillaume. Mais l’expérience m’a appris une chose : il arrive que les esprits mauvais les plus retors, les plus manipulateurs, les plus méticuleux, ne résistent pas à l’envie de signer leurs forfaits. Si le crime parfait ne procure aucune notoriété à son auteur, celui-ci ne peut en tirer satisfaction. Au péché commis par avarice ou par envie s’ajoute bien souvent l’orgueil. On ne compte plus les coupables conduits à leur perte par leur seule vantardise.
- La vantardise est l’ombre de la joie… me surpris-je à murmurer, toujours honteux d’avoir quant à moi cédé à la luxure.
- Qu’as-tu dit !?
- La… la vantardise est l’ombre de la joie. C’est… c’est un vieux dicton de mes supérieurs à l’abbaye de Melk, mentis-je.
- Heureux hommes que tes supérieurs ! Ils viennent de nous donner la clé de l’énigme !
Mon maître se précipita vers la dépouille du bibliothécaire et la manipula avec un tel manque de ménagement que tous les témoins se signèrent aussitôt. Soulevant la tête, il rapprocha les bras du cadavre, accolant les deux paumes de manière symétrique.
- Alors, qu’en penses-tu ?
Alors que je restais interdit, il tendit sa main droite, annulaire et auriculaire replié, en disant :
- J : Jactancia, la vantardise, expliqua-t-il avant de tendre l’autre main dans un geste identique. Voici ensuite L : Libentia, la joie. Et en joignant les deux mains de manière symétrique, voici le U : Umbra. Jactancia umbra libentia, la vantardise est l’ombre de la joie !
- Mon… mon maître, je dois me confesser…, bredouillai-je.
- Cela ne peut-il pas attendre ?
- Je crains que non. Il m’est arrivé cette nuit un événement terrible mais dont vous devez absolument prendre connaissance, dût-il m’en coûter.
Dans l’intimité du confessionnal, je révélai à mon maître comment Erzulie me révéla la devise de la Sainte-Olympique en même temps qu’elle me fit trahir mes vœux. Il se précipita hors du cabinet et m’empoigna hors de mon compartiment.
- Si mon intuition est la bonne, nous le tenons !
- Mais… maître, ma pénitence ?
- Si tu as bien été initié à la Sainte-Olympique, ton existence tout entière sera un tourment, donc ne te préoccupe pas d’un autre châtiment pour l’instant. Vite !
Nous parvînmes hors d’haleine aux appartements du cardinal Marseillais, ou son secrétaire nous reçut.
- Son Excellence est fort occupée par les funérailles, je crains qu’elle ne puisse vous recev…
Il fut interrompu net par mon maître, qui venait de brandir devant lui le fameux symbole de la Sainte-Olympique.
- P… patientez un instant je vous prie, je vais voir si Son Excellence est occupée.
Le cardinal Marseillais se précipita à notre rencontre. Guillaume de Baskerville lui répéta le signe « Jactancia Umbra Libentia », ce à quoi notre hôte répondit par le même geste. Contre toute attente, il paraissait détendu. Sa voix avait changé du tout au tout depuis notre première rencontre.
- Aïoli cousin ! Alors tchi en es ? Eh, pourquoi tu me l’as pas dit, ho ?
- Eh ma foi, tchi as vu comme ça se passe ici, ya dégun à qui on peut faire confiance alors je me suis dit « méfi ».
Je me tournai ébahi vers mon maître, dont j’ignorais jusqu’ici la parfaite connaissance des langages obscurs. Je constatai par la même occasion que les faux-semblants et la manipulation n’avaient aucun secret pour le redoutable enquêteur Guillaume de Baskerville :
- Ouais, aussi, je voulais te dire, faudrait le cacher un peu ton tchitchou de la Sainte Olympique, là, on voit que lui sur ta robe rouge. Je me doute que t’aimes bien les bellures, m’enfin d’aïse d’aïse avé les symboles.
- Tchi as raison.
- Je veux dire, noyer un moine dans le pastaga et empaler un autre avec un cyprès en lui faisant écrire le signe J.U.L, je veux pas être méchant mais fallait être un peu calu, aussi.
- Eh qu’est-ce que tu veux, je sais bien mais j’aime trop faire le cacou, c’est dans mes gènes.
- Bon, en tout cas je vois que tchi as pité, conclut Guillaume, sans que le cardinal ne saisisse le double sens de ses propos. En tout cas le pape il est moute comme il faut hein, dégun a rien vu sur ce coup.
- Ouais, sauf que lui c’était pas fait exprès, tu t’en doutes. Oh Bonne Mère, je me doutais qu’il y allait fort, le prêtre Roberto, hein, mais j’aurais pas cru que Chois il supporterait pas, peuchère.
- Eh ouais, faut dire que ce que vous lui aviez fait faire, c’était du costaud.
Perdu, je profitai du fait que le cardinal se rendît à un placard pour discrètement solliciter mon maître :
- Mais que lui ont-ils fait faire ?, chuchotai-je.
- Chhhht, je sais pas justement, je broumège. Pour l’instant motchus et bouche cousue.
Le cardinal revint avec un plateau et trois verres. Il servit dans chacun un liquide jaune, qu’il arrosa d’eau. Venant de la même bouteille, il n’y avait aucune chance pour que le liquide fût empoissonné, me rassurai-je.
- Alors le minot, tu le veux comment ton fly. Tchi as l’air pas d’ici, tu le prends négué ?
- Tu nous mets les jaunes habituels, coupa Guillaume afin de ne pas nous trahir. Et on trinque à la Sainte-Olympique, j’imagine ?
- Et comment !, s’enthousiasma le cardinal.
- En tout cas le pauvre Chois, heureusement que vous avez réussi à faire en sorte qu’il nous donne enfin des pénaltys, hein, reprit mon maître, sans que je n’aie la moindre idée de ce à quoi il faisait référence.
- Qué, des pénaltys ? Attends, tu crois que Chois il allait déranger le Très-Haut juste pour qu’il nous donne des pénos ? Ho, tchi es loin ou quoi ? Mon pauvre, s’il fallait que le Pape dérange le Seigneur à chaque fois qu’il y a une enculerie contre la Sainte-Olympique, il aurait jamais fini.
- Fatche de con, j’ai tout compris de travers alors. Faut que tu me dises alors, sinon je vais passer pour un couillon.
- Non, mais le prêtre Roberto, s’il est venu, c’est pour un truc vraiment impossible, hein. Genre un miracle que s’il le réussit, c’est la canonisation assurée. Tu m’étonnes que le Pape il ait pas résisté, avec ce qu’il a passé en prières, il a pas tenu, c’est normal. Mais au moins, tout le monde est gagnant : Chois, il devient un Saint, Roberto il mène la Sainte-Olympique au sommet de la Chrétienté, tout le monde ne parle plus que de Marseille et moi, cardinal Marseillais, je deviens le nouveau pape. Ya rien, là ? Et pour ça, y avait juste ce gros miracle à réussir.
- Et c’est ?
- Que le frère Luis Henrique se sorte les doigts du maffre et se remette à courir.
- Tout ça pour ça !, m’exclamai-je. La colère me fit même prononcer des mots dans une langue que je ne connaissais pas ; sans doute un autre don d’Erzulie ? Non mais mon vier maintenant, ça fait six jours qu’on se casse le cul sur une enquête interminable, tout ça pour nous signaler que le nœud de l’affaire c’est que vous avez juste vu un pébron courir plus que d’habitude ? La con de ses morts, j’espère au moins que ça a fonctionné.
- Cela mon enfant, tu le sauras le septième jour :
Septième Jour : OM-Brest
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo – Balerdi (Cornelius, 77e) – Kondogbia – Garcia (Merlin, 77e)
Rongier (Bennacer, 67e) – Højbjerg– Rabiot
Greenwood (honte à nous, Harit 83e)– Gouiri (Rowe, 67e) – Luis Henrique
Balerdi revient de blessure, tandis que De Zerbi subit une révélation divine l’incitant à changer de système de jeu.
Le match
A trois ou à quatre, notre défense continue de ressembler à un conglomérat de viers panés, notamment Murillo qui oublie purement et simplement qu’il est un défenseur et se trouve placé dix mètres trop haut sur un bête dégagement du gardien. Battu de la tête, Balerdi ne peut que laisser partir au but Sima, mis en échec par un Rulli déjà dans le bain.
Gourmands à la perspective de 90 minutes de fists défensifs, les Brestois oublient d’assurer leurs propres arrières et nous offrent des cadeaux similaires. La transversale de Luis Henrique trouve parfaitement Gouiri sur la droite de la surface. Dégun n’est au marquage, et seul un défenseur vient timidement lui faire face sans réellement essayer de contrer son tir. Qu’à cela ne tienne : Amine envoie une frappe croisée imparable entre les jambes d’icelui (1-0, 8e).
Cette première demi-heure rend une curieuse impression de flottement, ni l’une ni l’autre équipe ne semblant imposer son rythme à la rencontre. Il est donc compréhensible que ce soient les insuffisances défensives qui donnent le tempo. Sur corner, Garcia apparaît ainsi perdu comme Renaud Muselier au rayon coloriages de Cultura. Incapable de suivre Chardonnet, dont la tête échoue sur la barre, il reste également comme un stassi alors qu’Ajourque se jette pour reprendre. Un nouvel exploit de Rulli n’y fait rien : le ballon revient sur Sima, laissé quant à lui par Rongier, qui marque de près (1-1, 27e).
L’OM repart de l’avant sans grande maîtrise, même si une percée de Rabiot nous procure un bon coup-franc. Højbjerg le joue pour Adrien, qui renvoie la balle à son point de départ vers Greenwood (honte à nous). L’attaquant hasarde une frappe qui, déviée par Chardonnet, prend le gardien à contre-pied (2-1, 37e).
Peu glorieux au-delà du raisonnable, ce coup de grosse chatasse fait pourtant partie de la panopile indispensable des clubs en réussite, surtout à quatre journées de la fin. Nous en sommes là de nos méditations quand l’OM exécute une interminable séquence de possession, plus rare qu’à l’accoutumée. Ce long travail préparatoire permet à Rongier d’offrir une relative liberté à Murillo, qui transmet à Greenwood (honte à nous) sur la droite de la surface. Au point de pénalty, Gouiri exécute la partition parfaite : plongée vers l’avant pour embarquer la défense, pas de retrait pour se démarquer, réception du centre d’un contrôle de la poitrine enchaîné d’un retourné acrobatique. « Et ça, c’est de la chance bande de rageux ? », semble-t-il nous dire quand sur la banc la mimique de De Zerbi semble plutôt signifier « hében putain, voilà, quand ils veulent » (3-1, 45e).
La seconde mi-temps se déroule sur le même faux rythme : de notre côté, nous ne paraissons pas particulièrement inspirés, malgré une fficacité redoutable ce soir. Côté Brestois, rien de très productif n’est montré, mais nous savons d’expérience que nos adversaires n’ont pas besoin d’exploit insurmontable pour vaincre notre défense en bois.
L’heure de jeu est atteinte après deux tirs relativement slipométriques, l’un consistant en une volée d’Ajorque juste à côté, l’autre en une percée solitaire de Greenwood (honte à nous) suivie d’un tir à peine trop croisé.
Peu après une nouvelle envolée de Rulli, une récupération autoritaire de Garcia vient secouer ce rythme plan-planet. Aussitôt, Rongier transmet à Rabiot, lequel aperçoit immédiatement l’appel de Gouri. L’action nous donne l’opportunité d’assister à un phénomène rare : s’il est relativement courant, quoi qu’on en dise, de voir un Olympien réaliser un geste intelligent, le fait de voir DEUX Olympiens réaliser DEUX gestes intelligents EN MÊME TEMPS relève quasiment de l’inédit. Adrien parvient ainsi à retarder sa passe suffisamment pour qu’Amine ait le temps de faire les petits pas de replacement nécessaires. L’affaire ne se joue qu’à quyelques centièmes de secondes mais est parfaitement exécutée : lancé par Rabiot, Gouiri part vaincre Coudert une main dans le slip, avant que l’assistance vidéo ne confirme la validité du but (4-1, 63e).
Tout à la crainte de voir notre défense remettre toute seule l’adversaire dans le match, nous ne constatons même pas qu’en réalité, Brest a lâché l’affaire depuis longtemps. Même une cagadasse de Murillo ne parvient pas à leur profiter, et pourtant Dieu sait qu’Amir a mis du cœur dans cette dégueulance axiale. Rien à faire, Rulli se montre encore impérial, et c’est le cinquième but qui manque d’être inscrit par les nouveaux entrants, Rowe et Merlin sur des tirs trop croisés, ou Harit sur des actions trop perso.
Si la qualité du jeu reste moyenne, les neuf buts inscrits en deux rencontres nous empêchent de faire la fine bouche. C’est maintenant un défi d’une toute autre difficulté qui nous attend à Lille, seul vraie mise à l’épreuve de l’efficacité des STAGES DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT ROME.
Les joueurs
Rulli (4/5) : Ne le renvoyez surtout pas à Rome, ils vont se le garder sous clé pour l’élire Pape.
Murillo (2+/5) : Un match correct dans l’ensemble mais ses deux erreurs défensives, Mamma mia ! j’avais pas vu de telles horreurs depuis que Gwen Tagrenmer avait publié une photo d’un Lorientais avec merlu dans l’anus.
Balerdi (4-/5) : La défense centrale c’est comme la neurochirurgie, c’est toujours mieux de les confier à des spécialistes.
Cornelius (77e) : Réussit à ne pas se faire expulser juste parce que sa gueule ne revient à pas à l’arbitre. En progrès, donc.
Kondogbia (3/5) : A fini de convaincre les Brestois de se consacrer plutôt à préparer leurs prochaines vacances.
Garcia (3-/5) : A contre-temps sur l’égalisation, où il est resté tout perdu pendant que tout le monde s’agitait autour de lui, mais aussi sur le quatrième but où il effectue une récupération de mammouth alors que tout le monde autour de lui pensait déjà à l’apéro. L’un dans l’autre, on s’y retrouve.
Merlin (77e) : Se fait plaisir lui aussi, malgré son but manqué de peu.
Rongier (3/5) : De la gestion pépère ponctuée de quelques coups d’accélération sympa. Il reste une semaine au Rongieur pour se muer en brute capable de rentrer dans le lard des Lillois avec plus de constance.
Bennacer (67e) : Une entrée satisfaisante, au sens de « satisfaisant » comme éclater du papier bulle. Genre, ça ne révolutionne pas la vie, ça donne juste une sensation de bien-être.
Højbjerg (3/5) : Une main sur la barre, une autre dans le slip, ça pilote tranquillement en attendant d’aller affronter la tempête.
Rabiot (4/5) : J’aime bien les joueurs qui réfléchissent, j’aime bien les joueurs qui se battent, j’aime bien les joueurs qui agissent vite et bien, j’aime encore mieux quand un joueur fait tout ça à la fois.
Greenwood (honte à nous, 4/5) : Quand il ne fout rien, il est agaçant. Quand il se bouge, c’est sa réussite qui est agaçante. Tant qu’à être agacé, je préfère la seconde option.
Harit (83e) : Plus individualiste que ça, c’est un candidat à l’investiture socialiste.
Luis Henrique (3+/5) : IL A COURU ! IL A MÊME SPRINTE ! Y COMPRIS POUR REVENIR DEFENDRE ! GLORIA IN EXCELSIS DEO !
Gouiri (5/5) : Il a enclenché le mode « Gontran Bonheur », celui où il suffit de tenter n’importe quoi pour que ça réussisse. Maintenant que tu le tiens, ne le lâche surtout pas.
Rowe (67e) : Une action ratée de peu, un pénalty obtenu mais retiré pour un hors-jeu d’extrême-justesse. Faut croire que tout le mana avait été aspiré par Gweenwood (honte à nous) et Gouiri.
L’invité zoologique : Kenny Lalarve
La larve est le Kinder surprise de l’évolution : on ne sait jamais ce sur quoi on va tomber au moment où ça s’ouvre. Si les experts président assez facilement le résultat, le profane doit s’attendre à avoir affaire aussi bien à un papillon majestueux qu’à une mouche à merde.
- Les autres : Une bonne équipe du ventre mou avec le comportement adéquat que l’on attend d’une équipe du ventre mou.
- Le classement : Hormis Monaco qui perd deux points, tous nos rivaux l’emportent, y compris Nice qui sort victorieux du jailachancedetoberenmaicontreunPSGquinenaplusrienàfoutrico. La septième place est au pire acquise, ce qui signifie que seul un cataclysme nous priverait au moins d’une mini-coupe d’Europe l’an prochain. Pour d’autres ambitions éventuelles, attendons la semaine prochaine.
- Coming next : On gagne à Lille : c’est l’autoroute pour la Ligue des Champions, avec même un petit joker. On fait nul à Lille : il faut absolument battre ensuite Le Havre et Rennes pour assurer le podium. On perd à Lille : il faut absolument gagner les deux derniers matchs, en assurant une bonne différence de buts par rapport à Monaco. A noter que parmi nos rivaux directs de la 3e à la 7e place, seuls Monaco et Lyon doivent encore s’affronter entre eux.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy Br. remporte le concours zoologique.
- Le message : L’Etablissement français du sang nous alerte d’une situation relativement moche sur le plan des stocks de produits sanguins, notamment en Provence. Alors si tu le peux, va donc sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !
Bises massilianales,
Blaah
Penitenziagite
J’ai mis un peu de temps à lire cet acad, mais elle valait le coup ! la qualité d’écriture, mamma mia
Vous n’avez jamais songé à devenir écrivain mon cher blaah ?
Il est écrivain. Mais les pages de ses livres sont les petites bribes d’âme en souffrance qu’il apaise après chaque défaite.
Merci Blaah.