Lille-OM (1-1) : La Canebière Académie ne se livre pas.

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Dans deux semaines nous en rirons.

Aïoli les sapiens,

Cette semaine, l’OM a réitéré son SEMINAIRE DE TEAM BUILDING PAS DE MALLEMORT en terres romaines. Nous ne nous étendrons pas sur le sujet, tout a été dit dans la précédente académie, qui vous a tout révélé du complot secret footballistico-vaticaniste qui se trame. Tu l’as ratée : bah tu as eu tort, elle est là : https://horsjeu.net/france/lelite/la-canebiere-academie/om-brest-4-1-la-canebiere-academie-tient-bon-la-rampe/


Les Longorious Basterds

Rulli
MurilloBalerdiKondogbia – Garcia (Merlin, 85e)
Højbjerg – Bennacer (Rongier, 46e) – Rabiot
Greenwood (honte à nous)– Gouiri– Luis Henrique (Rowe, 90e)

Le 433 aligné contre Brest a paru apporter plus de stabilité : le moment est venu de passer ce schéma à l’épreuve du gros morceau lillois, charge à Højbjerg, Bennacer et Rabiot de rendre le milieu un peu plus souverain qu’il ne l’a paru la semaine dernière.


Le match

Entre toucher le jackpot en cas de victoire et quasiment tout perdre en cas de défaite, les équipes ont résolument choisi le camp de la rétractation gonadique (au sens littéral pour Adrien Rabiot, dont le ballon reçu dans les burnes sur coup-franc représente grosso modo le seul fait marquant de la première demi-heure).

Dans cet affrontement dépourvu de toute occasion de but, on se voit heureux de constater un engagement sans faille des Olympiens, jouant et gagnant des duels individuels avec enfin l’intensité attendue d’un tel sommet. M. Wattelier a l’intelligence de juger le jeu suffisamment pauvre pour ne pas le casser davantage par des coups de sifflets intempestifs, et laisse les joueurs se tataner dans le respect, nous offrant ainsi le spectacle d’un joli combat physique et tactique à défaut de grandes envolées balle au pied.

Le risque pour nous serait de nous contenter de faire jeu égal avant de nous faire tuer à la première action tranchante, comme dans n’importe quel affrontement contre le PSG. Mais des actions tranchantes, les Lillois en sont incapables, avortant par maladresse les quelques actions qu’ils se donnent la peine d’ébaucher. Ce sont au contraire Bennacer, Greenwood (hone à nous) et Murillo qui décochent la première flèche, d’une très jolie action rapide et verticale envoyant Amir échouer face au gardien.


Après des mois à nous dire que notre place n’était pas en haut du tableau, les joueurs se font une joie d’enfin nous démentir en dominant de la tête et des épaules ce déplacement chez le 3e du championnat. D’un pressing de mammouth sur la ligne de but, Gouiri récupère et transmet à Rabiot, dont la frappe en angle fermé est repoussée par Chevallier. Derrière, les quatre défenseurs ont enfin appris à jouer le hors-jeu correctement, comme l’illustre le but refusé à David. Les sorties de balle sont appréciables, ce qui permet à Garcia, une fois cassé le pressing adverse, de lancer Rabiot dont la projection à l’avant surprend complètement la défense. Le décalage est fait, Adrien n’a plus qu’à centrer à ras de terre pour la conclusion de Gouiri une main dans le slip (0-1, 52e).

Solide, l’OM semble cependant légèrement baisser de pied physiquement à 20 minutes de la fin, ce dont les Lillois profitent pour desserrer l’étreinte au milieu de terrain. Comme face à toute équipe dirigée par Bruno Génésio, le moment arrive où l’on doit redouter la surprise concoctée par Nénesse l’Arsouille pour s’en sortir, d’une manière si possible improbable.

Mais de tour de filou il n’y a pas : ce LOSC-ci s’avère, ce soir, d’une nullité incroyable. Notre défense affichant par ailleurs une détermination absolue à ne pas passer pour des pitres une fois de plus, le coup de poignard vient finalement d’où on s’attendait le moins : après 75 minutes passées à gérer en fumant la pipe une multitude de relances courtes sous le pressing adverse, Rulli craque sur un bête six-mètres et envoie la balle directement sur David. L’erreur fatale est aussitôt punie par Fernandez-Pardo, qui reprend de près en demi-volée pour le seul tir cadré lillois de la rencontre (1-1, 75e).


Un malheur n’arrivant jamais seul, l’OM encaisse pour la première fois du match une action enchaînant pressing déjoué, milieu hors de position et défense prise en profondeur. Lancé dans le dos de Garcia, David envoie une reprise didierdrogbesque, si ce n’est que Didier Drogba, lui, les cadrait. Passant à quelques centimètres d’avoir du sa démonstration de force proprement anéantie, l’OM se ressaisit et réenclenche le mode Verstappen pour toute la fin de rencontre (i.e : le milieu de la piste est à moi et si tu t’approches trop je t’envoie dans le mur).

La surface lilloise se trouve ainsi assiégée, mais les tentatives de Rabiot (après une percée de Greenwood, honte à nous) puis Højbjerg (sur un coup-franc de filou) se montrent trop tendres pour poser des problèmes au gardien.


L’OM obtient ainsi, et avec la manière, ce qu’il était venu chercher à Lille : l’assurance de rester seul maître de son destin pour la fin du championnat. Au moment d’évacuer la frustration d’avoir laissé la victoire pour une bête erreur individuelle, il convient de voir ce que l’on a perdu dans l’affaire :

  • une grande et belle victoire de prestige
  • une qualification assurée dès ce soir pour au moins une petite coupe d’Europe
  • un joker nous autorisant à ne pas gagner les deux derniers matchs pour finir sur le podium.

Mais si l’on y réfléchit deux secondes, cela n’a absolument rien d’une perte majeure. Le prestige, ce n’est pas cela qui paie les nouilles. Pour ne pas se qualifier en Ligue Europa ou Conference Ligue, il faudrait désormais un cataclysme tel qu’en comparaison la bourde de Rulli passerait de toute façon pour une rigolade.

Restent donc ces deux matchs à gagner absolument pour nous qualifier en Ligue des Champions. Eh bien, j’ai envie de dire, c’est à la manière dont on négociera ces deux rencontres sous pression contre Le Havre et Rennes que nous mesurerons réellement si cette équipe est bien prête à se faire poncer le cul par Barcelone ou le Bayern l’an prochain. Ici encore, le sort du championnat dépendra moins de l’attitude collective affichée pendant les 180 minutes restantes que de cette foutue égalisation de la 75e.


Les joueurs

Rulli (1/5) : Le scénario était écrit : l’OM obtient une victoire impressionnante à Lille, les joueurs ne se sentent plus, se relâchent comme des merdes et concluent par un ratage historique après deux nuls au Havre et contre Rennes. Au moins, Géronimo a fait le nécessaire pour qu’ils restent concentrés encore deux semaines.

Murillo (4/5) : En y rajoutant un joueur, notre défense est passée des Trois Stooges aux Trois Mousquetaires. Puisque ceux-ci étaient quatre. Et qu’ils n’étaient pas des stouges. CQFD.

Balerdi (4/5) : Alors lui il a profité d’être en Italie pour aller brûler un cierge à la basilique Santo Maldini, c’est pas possible autrement.

Kondogbia (4/5) : Eh bien écoutez, s’il lui faut attendre les fins de championnat à enjeu pour se rappeler qu’il était joueur de l’Atletico et produire trois derniers matchs à l’avenant, on pourra parler d’une bonne affaire, mes amis.

Garcia (4-/5) : L’irruption de Quentin Merlin est arrivée aussi tardivement que celle de l’Inspection d’Académie dans un collège catholique : Ulisses a largement eu le temps de finir positivement vidé.

Merlin (85e) : A refermé à triple tour le petit entrebâillement qui pouvait se créer à gauche.

Bennacer (2+/5) : Certes volontaire, mais son jeu comportait plein de petits détails qui lui affichaient la gueule du traître dans Matrix. Moins con que l’équipage du Nebuchadnezzar, De Zerbi s’est vite aperçu de l’évidence et a pris les dispositions adéquates.

Rongier (46e, 4/5) : Vient des Pays-de-la-Loire, expulse un Algérien, fait régner l’ordre sur le terrain, mais n’a pas une tête de fini à la pisse. A quoi ça tient, une carrière politique brillante…

Højbjerg (3+/5) : Tout le monde a été tellement sérieux que Pierre-Emile n’a même pas eu besoin de mettre les mains sur les hanches en disant « bon ».

Rabiot (4/5) : Qu’Adrien ait un comportement à la hauteur de ses ambitions, on le savait déjà. Mais qu’il soit enfin parvenu à convaincre les branleurs autour de lui de faire de même, ça, ça relèverait de l’héroïsme.

Greenwood (honte à nous, 3/5) : Pas d’exploit extraordinaire, mais a pleinement joué son rôle dans le collectif. Donc oui, en fait, un exploit extraordinaire.

Luis Henrique (2/5) : Une moitié de première mi-temps à fond, c’est mieux que ses récents accès de rienàbranlisme intégral, mais ça fait tout de même un petit peu léger.

Rowe (90e) : On aurait dû prévenir Jonathan que Bruno Génésio était lyonnais, il lui aurait envoyé une dédicace petit filet à la 93e.

Gouiri (4/5) : Plus dur que les gros durs, plus malin que les petits malins,honnête et les pieds pas carrés.


L’invité zoologique : Osame Sahrauître

L’huître n’est certes pas l’animal le plus réputé pour prendre sa destinée en mains. Ainsi dans les moments de tempête, elle se referme hermétiquement et se contente d’attendre ce que le sort lui réserve : soit une perle, soit une rondelle de citron.

  • Les autres : Alors d’accord, on a beaucoup dit par le passé qu’un OM deuxième serait une sale publicité pour le championnat de France, mais vu la gueule des rivaux l’argument tombe un peu, en fait.
  • Les hommages : On ne saurait conclure cette académie sans penser en ce 5 mai aux victimes de la catastrophe de Furiani en 1992. Par ailleurs, quoique moins dramatique, ce moment d’émotion lors des 125 ans de l’OM finira le travail des pollens de platane en te mettant les yeux rouges comme il faut : https://www.youtube.com/watch?v=TBIx5qPqexs
  • Le classement : Après Nice, c’est Strasbourg que le PSG maintient en course en leur faisant cadeau de trois points. Dans l’histoire, c’est donc uniquement Lyon qui sort de la piste avec une délicieuse défaite à domicile. Nous restons cependant cinq équipes nous tenant en deux points.
  • Coming next : A part un Lyon-Monaco programmé la semaine prochaine, nos adversaires et nous avons un calendrier similaire mêlant concurrents au maintien et équipes du ventre mou. En ce qui nous concerne, c’est Le Havre en mode « survie » et Rennes en mode « rien à branler ».  C’est bien simple : deux victoires et c’est une brillante qualification en Ligue des Champions, moins que ça et c’est Europa ou Conference Ligue à coup quasi-sûr.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.
  • Le message : Les hôpitaux de la région manquent toujours de produits sanguins, alors si tu le peux file vite sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !

Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “Lille-OM (1-1) : La Canebière Académie ne se livre pas.

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