PSG-OM (2-1), La Canebière académie anesthésiée

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Lassitude et lassanitude.

Blaah

Aioli les sapiens,

 

Ca m’énerve.

Il est minuit, j’ai sommeil et ça m’énerve. Depuis quand a-t-on le droit d’avoir sommeil après un match contre le PSG ? Ne parlons même pas des victoires, on n’est pas dans « Secrets d’histoire », ici. Mais par quel miracle peut-on se trouver en capacité de ne pas demeurer jusqu’à 5 heures du matin à se mâcher les couilles, alors que nous venons de perdre 2-1, avec deux penalties encaissés, ainsi qu’un manqué de notre part, suivi d’une occasion énorme d’égaliser en fin de match ?

Ce miracle, il n’aurait pas été possible sans Margarita Louis-Dreyfus ni Vincent Labrune, qui ont réussi à transformer notre fier club en petit poucet heureux de repartir du Parc des Princes en n’ayant obtenu une défaite honorable®. Il y a vraiment de quoi pavoiser.

Mais en effet, nos joueurs ont su résister et même produire du jeu ; ils sont arrivés tout près de rapporter un point de leur déplacement, dont seule notre sempiternelle absence de réalisme offensif comme défensif nous a privés. En effet, nos performances de ce début de saison nous prédisaient une déroute à nous faire remonter le sphincter anal au niveau du pharynx, aussi cette saloperie de défaite honorable®, ce second cancer du sport français après Gérard Holtz, nous paraîtrait-elle presque apaisante.

On a même pu lire ça et là des « fiers de nos joueurs », triomphe de cette direction sans ambition qui parvient à insuffler dans l’esprit des supporters que se trouver en 16e place au classement en ayant perdu après avoir fait « jeu égal » avec les Parisiens représente un sommet d’honorabilité pour l’Olympique de Marseille. L’Olympique de Marseille. Après une telle soirée, ce « fiers de nos joueurs » représente sans doute la plus dure insulte à notre club, tant elle en dit long sur ce qu’il est devenu.

Ce soir, je n’arrive pas à m’énerver, et ça m’énerve. Autant que ça m’inquiète.

 

L’équipe

Michel modifie son schéma en plaçant Cabella en meneur de jeu devant une paire Silva-Diarra, Barrada occupant le côté gauche. Soit. Il préfère l’expérimenté Rolando à un Rekik quoi qu’on en dise trop brouillon ces derniers temps. C’est audacieux. Il pallie l’absence de Mendy par la titularisation de Détchéyé. Après tout, on a recruté Paulo pour cela, même s’il est d’usage en entreprise d’affecter plutôt le quota réglementaire de personnes handicapées aux tâches administratives.

 

Le match

Bah voilà, je m’étais promis de ne pas m’enflammer, mais ces cons ont réussi à nous faire croire à l’exploit. Pendant les vingt premières minutes, l’OM domine même franchement un PSG réglé sur le fuseau horaire des Bermudes. Nos joueurs pressent et étouffent les Parisiens et, sans trop mettre en difficulté Kevin Trapp, lui imposent quelques tirs.

Un face-à-face remporté par Mandanda devant Ibrahimovic marque le début d’un rééquilibrage. Paris joue plus haut, et tape sur le côté de De Ceglie comme nos élus locaux tapent sur les Roms : parce que c’est facile, et en sachant qu’ils n’ont pas les moyens de se défendre. Pourtant, notre défense bien aidée par Diarra colmate les brèches, si bien qu’à la 30e, l’impensable se produit. Barrada adresse un centre parfait en réponse à l’appel non moins parfait de Batshuayi, qui pique sa tête pour une ouverture du score de très belle facture (0-1, 30e).

L’OM souffre encore dans le jeu et défensivement, mais la maladresse parisienne freine leurs actions. Somme toute, tout se passe plutôt bien pour nous, et c’est donc en toute sérénité que nous attendons la bourde qui va détruire tous les acquis de ce match. Et c’est alors, Mesdames et Messieurs, que dans sa grande générosité, l’OM ne va pas vous offrir une, ne va pas vous offrir deux, mais va vous offrir TROIS MINUTES DU N’IMPORTE QUOI LE PLUS TOTAL.

Pressé au milieu de terrain, Batshuayi s’arrache pour éviter une touche, et y parvient d’un tacle ravageur. Une combativité qui se doit d’être saluée, n’eût été le léger inconvénient d’envoyer la balle 30 mètres derrière plein axe. Ibrahimovic se précipite, Mandanda se précipite, le ballon échappe aux deux joueurs mais Steve, emporté par son élan, vient percuter le Suédois. L’arbitre est formel, le fait que le ballon soit loin des joueurs concernés n’est pas une raison pour charger l’attaquant comme un éléphant de mer en rut – y compris si l’attaquant a l’air d’aimer ça, ou en tout cas de le rechercher. Pénalty (1-1, 41e).

Deux minutes ensuite, Rolando et Détchéyé, déjà individuellement en délicatesse avec leurs capacités psychomotrices respectives, essaient de se coordonner. Touchante comme une animation du Téléthon, l’initiative n’est pas du goût de Lassana Diarra, qui vient sortir le ballon avant que les choses ne dérapent plus salement. Sur le corner qui s’ensuit, Rolando contre de la main une tête en retrait d’Ibrahimonvier. Peu au fait de la morphologie cubiste du colosse du Cap-Vert, l’arbitre juge que son geste n’est pas assez naturel pour le juger involontaire. Pourtant, quiconque a déjà vu la manière dont notre défenseur bouge son corps ne devrait pas être plus étonné que cela de lui voir un bras pousser sur l’oreille gauche. Pénalty (2-1, 44e).

Cas typiques de cette nécessaire interprétation de l’arbitre de mes couilles, ces deux coups de pied de réparation ne semblent pas si scandaleux dans l’absolu. Ils ne pourront cependant que rouvrir une fissure anale mal refermée à l’évocation des nombreuses mains, ni plus ni moins intentionnelles que celle-ci, non sifflées en notre faveur l’an dernier.

Résumé de la première période olympienne.

Fait heureux, l’OM évite de prendre un but supplémentaire dès la reprise, celle-ci s’avérant toutefois difficile pour nos couleurs. S’affaiblissant au pressing et à la récupération, notre équipe ouvre des espaces à des Parisiens plus concernés. Contre toute attente, l’OM parvient tout de même à se procurer une contre-attaque, à l’issue de laquelle Batshuayi envoie Barrada dans la surface. En retard sur le Marocain, Aurier ne trouve rien de mieux que d’envoyer un tacle tout détchéyé mettant Abdelaziz à terre. Pénalty. Curieusement, Barrada se charge lui-même de transformer la sanction ; et que croyez-vous qu’il arriva ? Bingo : étron humain face à Bordeaux, le gardien du PSG se re-transforme en bon joueur contre nous, et détourne le pénalty pas très bien tiré.

Pour autant, Paris ne profite pas de ce coup dur pour nous enfoncer un peu plus, et, malgré une domination ponctuée de quelques occasions, ne se met pas à l’abri. Les vingt dernières minutes voient notre côté gauche relifté avec les arrivées de Manquillo (Dja Djédjé entrant à droite) et Ocampos. Résultat mitigé, puisque Mandanda doit produire une monstrueuse parade devant Pastore pour éviter l’aggravation du score, que rate encore de peu Serge Aurier dans la minute qui suit.

La fatigue des deux équipes rend l’issue incertaine, et c’est l’OM qui se procure les dernières occasions. Histoire de réveiller la hargne des supporters, Rémy Cabella rate deux grosses opportunités d’égaliser au terme de beaux mouvements collectifs aux 89e et 93e minutes, mais rien n’y fait : nous payons une nouvelle fois notre manque d’efficacité à l’issue d’un bon match. L’honneur est sauf, notre situation au classement beaucoup moins.

Vient alors le temps des phrases convenues du genre « Marseille n’est pas à sa place » ou « se servir de ce match pour la suite ». Nos joueurs imaginent-ils que cCette performance du soir leur donne le droit d’attendre que la victoire contre Lorient leur tombe dans les bras, sans qu’ils aient à en foutre une ramée ? Si tel est le cas dans deux semaines, on risque d’être surpris face à des rivaux un peu plus affamés que nos adversaires du soir, tellement repus qu’ils nous ont laissé le droit de leur gratouiller le ventre.

La caméra isolée sur le match de De Ceglie a été interdite au moins de 16 ans.

 

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Si Steve était une ado à La Courneuve, ce serait la naïve qui enchaîne les visites dans les caves en croyant qu’on y organise les auditions de The Voice. Mais Steve a de la chance, il est gardien en L1, ce qui lui permet de concéder des penalties plutôt que des MST. Parfait voire magnifique, en dehors de ce léger défaut.

Nkoulou (2+/5) : Il a laissé Rolando se mettre en évidence, tant du point de vue des cagades que des rattrapages désespérés. Pas honteux, pas fameux : douteux.

Rolando (1+/5) : Côté football, et malgré une bonne volonté et une combativité évidentes, il a pris plus le bouillon dans les 45 premières minutes que les Alpes-Maritimes durant tout le week-end. Côté intercession auprès des esprits, on peut dire que sa ressemblance avec une aubergine vaudou ne nous a pas empêchés de finir dans l’Eshu.

Manquillo (3/5) : Pas emmerdé sur son côté : les crocodiles ne vont pas se faire chier à courser une gazelle alors qu’ils peuvent bouffer un buffle mort juste en face. Une fois ledit buffle achevé, Javier a bien dû aller se colleter au danger, ce dont il s’est bien sorti.

Détchéyé (1-/5) : Le naufrage du club, c’est de lire partout chez nos supporters « Diarra ne mérite pas l’OM parce qu’il est trop bon », et très rarement « De Ceglie ne mérite pas l’OM parce qu’il est trop nul ». Si même nous, on commence à penser que l’on ne vaut pas mieux que le Gazélec, on aura mauvaise grâce à critiquer le manque d’ambition de la direction.

Dja Djédjé (70e) : Une bonne entrée. De toute façon, à la place de l’autre pitre, même Edouard Balladur avec une plume dans le cul aurait paru faire l’affaire.

Diarra (4+/5) : 24 juillet 622 : le prophète Mohammed arrive à Médine. 24 juillet 2015 : Lassana Diarra signe à l’OM. Seuls les impies y verront une coïncidence.

Silva (3-/5) : Dans l’ombre de Diarra, Silva s’est montré très sobre, pour le bien de l’équilibre collectif.

Sarr (85e) : Encore une queue de match, encore pour peu de chose.

Cabella (3-/5) : On l’a échappé belle : s’il n’y avait pas eu ses deux dernières occasions manquées, on aurait presque été obligés de dire du bien de lui, dites donc. Bien mieux en meneur de jeu que sur une aile, au vu des deux derniers matches.

Alessandrini (2/5) : Toujours très combatif, mais handicapé par sa tendance sous la pression à bloquer l’ordinateur de bord sur « j’oublie mon latéral et je précipite des centres de merde ». Qu’il fasse gaffe, un jour Michel va apprendre à faire CTRL-Alt-Suppr.

Barrada (4-/5) : Ayant été le premier à clamer partout qu’on allait se faire défoncer, j’aurais mauvaise grâce à reprocher à Abdelaziz son manque de confiance en lui au moment du pénalty. Hormis ce léger détail – qui nous a certes coûté cher en préparation H – Barrada n’était pas loin de ce qu’on peut qualifier de match-référence.

Ocampos (70e) : Après des premiers ballons à donner envie de lui passer les burnes au mixer, Lucas a pris ses aises et contribué à nos dernières grosses occasions.

Batshuayi (3/5) : Un très beau but, de la tête qui plus est, et une contribution plutôt intelligente au jeu (malgré une tendance à vraiment trop redescendre en seconde période). Il coûte certes un but, mais à tout prendre je préfère que ce soit par excès d’enthousiasme plutôt que par passivité défensive, comme ce fut le cas par le passé. Je ne suis plus fâché. Pour l’instant.

 

L’invité zoologique : Serge Aurelia

Ca a des jolis reflets, c’est lent et flasque, mais c’est douloureux quand ça t’entacule. La méduse est donc l’invité approprié pour commenter ce match contre les sales bêtes.

  • Les autres : A force de jouer en permanence en se touchant la nouille, les Parisiens vont finir par se faire claquer les fesses sans le voir venir. J’espérais que le moment vînt contre nous.
  • Le classement : Concéder le nul contre Lyon et Toulouse que l’on doit exploser, perdre lamentablement contre Angers, et céder malgré une belle lutte contre le favori, en langage technique cela porte un nom bien défini : un rythme de relégable.
  • Le rappel : au cas où l’académie du jour te paraît trop sereine, viens donc t’énerver au sujet de notre défaite de jeudi en Europa Ligue.
  • La promesse d’ivrogne : si la motivation est au rendez-vous, on tâchera de meubler la trêve avec une nouvelle Diarrathèque (annonce non contractuelle).
  • La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook (attention, nouveau compte), et sur Twitter.

 

Ma réaction quand j’entends : « Je suis fier de l’OM ce soir »

Bises massilianales,

Blaah.

15 réflexions sur “PSG-OM (2-1), La Canebière académie anesthésiée

  1. C’est clair quel putain de petit con.
    Jamais il doit le tirer, tout ça pour faire son petit héros, tout comme Alessandrinulàchier…

  2. Ce fut une bien triste soirée. Mes condoléances. Jouer la meilleure équipe de France, d’Europe, du monde, de la galaxie et de l’univers local, pour perdre sur deux penaltys, c’est triste. Et injuste.

  3. Comme un doux euphémisme c’est vrai que Rolando n’est pas très bon mais…Détchéyé est quand même nul à chier. Incompréhensible que le changement ne soit pas effectué à la mi-temps, déjà très dur à comprendre que ce naze soit titulaire. Sinon c’était presque bien, ces cons ont réussi à nous faire croire en un résultat positif mais je ne crois pas que ce soit nécessaire de les remercier d’avoir essayer de faire correctement leur boulot.

  4. Ca ne nous n’est pas déjà arrivé récemment de louper un pénalty contre le PSG avec pareil, le mec qui veut se faire justice lui-même et qui foire ?

  5. Ah ouais d’accord. Détchéyé = De Ceglie. Hé ben.

    A la fin du match j’ai voulu sortir du jeu pour relancer la dernière partie sans sauvegarder celle-ci. Puis je me suis mis à pleurer.

  6. Il manque au moins un point à la note de Diarra, il a juste tout fait. J’ai rarement vu quelqu’un tenir en échec Verratti à ce point.

  7. « Le football est un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin, c’est Marseille qui se fait déboiter le caisson. » (Zlatan I., philosophe, poète et proctologue suédois)

  8. Bel homme Barrada, super, grande classe, mondieu, quelle passe, houlalala, je m’émoustille. Ne tiendrait-on pas le nouveau Zidane ? Ah, merde, raté…

  9. Marseille est venu à Paris comme on va à la laverie automatique…
    Ils ont défendu les couleurs, sans public, avec Le Chat (noir), pour repartir avec les mêmes traces au fond du slip.

  10. « Une défait honorable, on est fier de nos joueurs »
    Putain mais y’a donc aucune fierté depuis la célébration de la victoire de la coupe de la ligue 2010 ?

  11. C’est pas en 722 l’Hégire plutot?

    Bon après dans le fond je m’en fous un peu de tout ca…

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