La 8e journée de Bundesliga, contée par l’über alles Akademi

Les Allemands savent-ils vraiment ce qui est bon ?

 

À peine remis de mes émotions de cette belle semaine de compétitions européennes, j’ai pu me replonger dans le quotidien de la Bundesliga. 4575 clopes, 135 cafés, une cuite 810 minutes de match et 26 buts plus tard, je vous livre mes impressions de cette 8eme journée de Bundesliga.

Hannover 96 – Hertha Berlin 1-1
1-0 C.Schulz (23.)
1-1 Ronni (81.)

Traditionnellement les matchs du Vendredi soir ne sont pas des œuvres footballistiques. Déjà parce que c’est le Vendredi soir, et que toi non plus t’as pas envie de bosser un vendredi soir. Ensuite parce qu’elle met généralement aux prises des équipes non européennes, et que forcément, quand tu n’arrives pas à te qualifier pour l’Europe, c’est qu’à priori tu ne possèdes pas les armes pour servir du football champagne tous les weekends.
J’avais quand même le secret espoir que dans un match entre H96 et la Hertha, le spectacle serait de mise. Hannovre a gagné jusque-là tous ses matchs à domicile alors que Berlin fait forte impression pour un promu. Bon, dire que le match était nul est quand même tout relatif… c’était un match pourri quand on considère le match moyen de Bundesliga, mais je pense que bien des championnats aimeraient voir ce genre de matchs plus souvent (hop un petit tacle à la carotide pour la Ligue 1… c’est cadeau). Je ne vais donc pas m’étendre outre mesure sur ce match, même si le coup franc de Ronni (frère Jumeau de Joleon Lescott) était de toute beauté… De toute façon, on aura l’occasion de parler bien plus longuement de ces deux équipes qui, j’en suis sûr, vont se mêler tout au long de la saison à la lutte pour l’Europe (comme une demi-douzaine d’autres équipes d’ailleurs).

 

VFL Wolfsburg – Eintracht Braunschweig 0-2
0-1 Bellarabi (31.)
0-2 Kumbela (86.)

Dimanche dernier, après le 4-0 encaissé face à Stuttgart peu d’observateurs pariaient sur le maintien de l’entraineur de Braunschweig, Torsten Lieberknecht. Ce n’est pas vraiment le risque de limogeage qui guettait celui qui a permis à l’Eintracht de retrouver l’élite après près de 3 décennies d’absence. Mais l’entraineur lui-même semblait plus qu’abattu au sortir de sa dernière défaite et on pouvait légitimement penser qu’après avoir pris congé des journalistes, il allait faire un tour chez Casto, se trouver une corde et se pendre au premier arbre venu.
Mais Braunschweig est un club à part. Champion d’Allemagne en 1967, le club n’est pas comme certains le prétendent un ancien cador du championnat. C’est même le moins bon champion d’Allemagne de l’histoire de la Bundesliga (celui avec le moins de points quoi), un one night stand champion, le club qui fait une grosse saison, avant de se remettre gentiment à sa place dans le ventre mou voire la lutte contre la relégation. Bref, Braunschweig c’est le VFL Wolfsburg avant l’heure ! Mais Braunschweig a un public. Un public qui se déplace en masse, et qui confère à l’Eintracht une moyenne de 17.000 spectateurs par match en 2010/2011… 17.000, bof me dites-vous ? Ouais, sauf que c’était en 3eme division Allemande, et 26 ans après avoir quitté l’élite. S’il y a bien un public en Allemagne que l’on ne peut pas accuser d’être des « Erfolgsfans » (Footix en allemand) c’est lui.  Sa fidélité a peut être sauvé la vie à Lieberknecht puisque pour l’heure il ne pend encore à aucun arbre, en effet, ce mercredi, des centaines de fans sont venus assister à l’entrainement et ont acclamé leur entraineur.

C’est donc regonflés à bloc que les joueurs entament leur derby face à Wolfsburg. Et pendant une demi-heure on a bien cru que l’idée de la corde et de l’arbre pourrait re-trotter dans la tête de Lieberknecht. Wolfsburg, qui restait sur une honorable défaite face au Bayern (1-0) mais qui surtout avait gagné tous ses matchs à domicile, dominait la rencontre d’entrée. Une tête d’Olic, 34 ans et toujours aussi impressionnant dans les efforts, passe largement au-dessus du but. Une frappe de Schäffer que le gardien repousse. Bref, ça ressemble à tous les autres matchs que l’Eintracht a disputés jusqu’alors. Mais à la 31éme minute survient l’impensable ! Luis Gustavo sort un tacle assassin qui est à 10 mètres de l’adversaire le plus proche et à 5 m du ballon, inutile donc. Rodriguez est placé sur la même diagonale que ses défenseurs centraux (ouais mais Rodrigue, on t’a déjà dit ! sur la LIGNE ! pas sur la diagonale… sinon ça ne marche pas !!) Bolland reçoit donc un ballon en pleine course et à 2 mètres du gardien décale pour Bellarabi qui n’a plus qu’à pousser au fond. Braunschweig mène donc au score, pour la première fois en Bundesliga depuis 1985 ! Tant bien que mal, l’Eintracht réussit même à rester devant jusqu’à la mi-temps… même si ça tient plus à la maladresse de Wolfsburg qu’à leur solidité défensive. En deuxième mi-temps Braunschweig est toujours très défensif et arrive à mieux maitriser son adversaire, des contres très rapidement joués leur permettent de se procurer quelques très belles occasions dont l’une finira au fond avec Kumbela dans le rôle du bourreau (86.). Fin de match, Lieberknecht range sa corde et Braunschweig se rappelle de l’effet que ça fait de gagner un match de Buli, 28 ans après.  Ils vont maintenant devoir patienter un petit peu avant la prochaine, puisque après la trêve internationale, c’est Schalke qui viendra défier l’Eintracht et si jamais vous voulez être sûr de perdre un pari, mettez donc une pièce sur Braunschweig pour ce match. Wolfsburg ira à Augsburg et a du pain sur la planche pour aller chercher sa première victoire à l’extérieur.

 

Mainz 05 – 1899 Hoffenheim 2-2
0-1 Volland (14.)
0-2 Roberto Firmino (22.)
1-2 Choupo-Moting (82.)
2-2 Malli (90+2)

Un match qui mettait aux prises deux bébés de la Bundesliga. Mainz arrive pour la première fois à se hisser parmi l’élite en 2004 grâce notamment à un certain Jürgen Klopp. Hoffenheim n’est lui en première division allemande que depuis 2008… eh oui, ce n’est pas parce que tu as écrit 1899 dans le nom de ton club que ça fait de toi un club historique, crâneur va !
Mainz est une équipe typiquement Bundesliga-compatible, peu de calcul, peu de tactique, on joue à l’envie, l’envie de marquer un but de plus que l’adversaire (ein Karnevalsverein quoi). Hoffenheim de son côté… ben c’est pareil, mais puisque c’est Hoffenheim on parlera plutôt d’inconstance, de comportement défensifs désastreux etc. Oui, non, c’est sûr, j’assume, j’aime bien Mainz et j’espère bientôt voir Hoffenheim sombrer pour faire de la place à un vrai Traditionsverein dans cette Bundesliga, comme le FC Köln, le FC Sankt Pauli ou encore l’Union Berlin !
Mais en tant que rédacteur responsable, je vais quand même dire en toute objectivité que Hoffenheim fait un début de saison prometteur et que malheureusement la relégation ne sera pas dans leurs cordes cette année. Mainz de son côté avait démarré très fort avec 3 victoires de rang, puis 4 défaites de suite (je vous l’ai dit, ça passe ou ça casse avec Mainz, enfin la plupart du temps).
Hoffenheim prend la partie à son compte et domine le début de match tout en se récompensant assez rapidement par un but de Kevin Volland (14.), d’une magnifique frappe de 20 après une petite chevauchée fantastique de celui qui ne va certainement pas connaitre le même sort que Kiessling et revêtir très bientôt le maillot de l’équipe d’Allemagne. À la 21eme minute le bombardier français Anthony Modeste doit sortir sur blessure, une très mauvaise nouvelle pour l’équipe de France, qui devra, une fois de plus aligner Benzema et attendre un malentendu pour que celui-ci retrouve le chemin des filets. Une minute plus tard, sur un contre qui part des 20 mètres adverses, Hoffenheim double la marque grâce à un petit piqué qui met approximativement 5 minutes pour arriver dans le but sans qu’un défenseur de Mainz puisse aller sauver sur la ligne. À partir de la 30eme minute Mayence commence à retrouver son jeu et se procure quelques occasions. Hoffenheim n’arrive plus à contenir son adversaire qui finit par planter sur une reprise en demi-volée par Choupo-Moting (82.). C’est à la 92eme minute que le gardien de Mainz, monté pour l’occasion reprend un corner de la tête que Beck n’arrive pas à dégager, Malli en bon crevard de la surface pousse le ballon au fond et offre à Mainz un point finalement très mérité tant Hoffenheim à lâché le jeu.

 

Stuttgart – Werder Bremen 1-1
1-0 Harnik (6.)
1-1 Petersen (37.)

Un match qui devrait faire plaisir à tous les trentenaires. Dans les années 90 et début 2000, le Werder et Stuttgart faisaient partie de ces équipes qui tenaient régulièrement tête au Bayern. Le triangle magique des années 90 au Vfb, Balakov, Bobic et Elber ! Les Herzog, Basler ou Eilts au Werder ! Ou encore le début des années 2000. Les Gomez, Hitzlsperger et Cacau pour les uns, Micoud, Ismaël et Ailton pour les autres. Qu’est-ce que c’était beau ! Mais voilà les temps ont changés et aussi bien le Werder que Stuttgart viennent de passer quelques saisons décevantes et toujours en dent de scie. Mais cette saison pourrait enfin redevenir une saison pleine pour l’une des deux équipes, voire les deux. Si les 4 premières places semblent attribuées aux 4 mêmes que l’an dernier, le VFB et Bremen peuvent légitimement prétendre à une place européenne.
Une partie très divertissante aussi grâce à l’inconstance de Bremen, ce qui constitue la seule constante du côté de la Weser cette saison, et cette inconstance devient souvent de l’inconsistance comme à l’occasion du corner de la 6eme ou le Werder se chie littéralement dessus. Bremen semble être l’une des seules équipes au monde qui peut te faire des actions dignes de la ligue des champions, suivis d’actions qui feraient rire les spectateurs d’un match de district, le tout en moins de 2 minutes.
À la 37eme Petersen égalise d’un but Inzaghiesque. En termes de buts la partie était jouée, mais la fin fût tout de même très sympa. Avis aux Youtubers, streamers et autre amateurs de Torrent.

 

Schalke – Augsburg 4-1
0-1 Mölders (10.)
1-1 Boateng (16.)
2-1 Szalai (28.)
3-1 Szalai (78.)
4-1 Meyer (86.)

Cette saison Schalke a deux visages. En Champions League, l’équipe de Jens Keller a gagné ses deux premiers matchs et montre beaucoup de volonté pour aller s’imposer. En Bundesliga, après de très mauvais débuts, ça semble aller un peu mieux, mais c’est encore très fébrile. Contre Augsburg, il leur fallait absolument prendre les 3 points pour ne pas laisser filer les concurrents directs pour la 4eme place (viser plus haut est pour le moment un poil démesuré…).
Augsburg, après deux saisons parmi l’élite ou l’équipe était jusqu’au bout dans la lutte pour le maintien, a peut être compris que réussir un début de saison pourrait éventuellement leur épargner cette fichue lutte qui est quand même super fatigante. Autrement dit, les points pris ne seront plus à prendre.
D’ailleurs les Souabes (ou Bavarois, ou un peu des deux, même eux ne le savent pas vraiment je crois) commencent très bien leur match en ouvrant le score dès la 10eme minute. Et pendant quelques instants on aurait pu croire que Schalke allait définitivement devoir réviser ses objectifs pour la saison. Mais c’est sans compter sur la débilité d’un joueur d’Augsburg, Klavan, qui accroche Szalai par l’épaule en position de dernier défenseur. Rouge+Penalty= Content le Boateng (16.) puis, 15 minutes plus tard c’est Szalai qui profite d’une action magnifique par Neustädter qui trouve Uchida sur une longue ouverture. Le reste de la partie sera une formalité, malgré quelques occasions pour Augsburg, Schalke va longtemps gérer son avance et enfoncer le clou par Szalai et Meyer.
Schalke grimpe donc à la 8eme place et n’est qu’à 2 points du 4eme. Les Knappen devront impérativement gagner à Braunschweig avant d’affronter Dortmund pour le match le plus chaud de cette Bundesliga.

 

Borussia Mönchengladbach – Borussia Dortmund 2-0
1-0 Kruse (82.)
2-0 Raffael (86.)

Braquage à la Marseillaise lors du Gladbach – Dortmund ! Des matchs à l’issue improbable on en a tous vu, des hold-up, des victoires chanceuses… mais ce qu’a vécu Dortmund samedi à Gladbach c’est d’un niveau rarement atteint. Des occasions durant tout le match, des parades d’exception de Ter Stegen, pas une occasion vraiment impressionnante jusqu’à la 82eme minute et cette action stupide de Hummels !! Carton Rouge+Penalty = Max Kruse : content. 4 minutes après c’est encore Hummels qui est responsable du 2eme but de Gladbach…. Ben oui, je sais bien qu’il n’est plus là, mais s’il l’avait été il aurait pu l’empêcher celui-là !
Plus que le match perdu, la vraie mauvaise nouvelle ce sont les nouvelles blessures qui viennent renforcer l’infirmerie de la Borussia. Infirmerie qui pourrait devenir incontestablement la plus forte d’Europe sur le papier ! Marco Reus, Jonas Hofmann et Nuri Sahin seront absents pour au moins deux semaines. Ajoutez à cela les blessés déjà connus, Piszczek, Gündogan, Kehl, Schmelzer, ainsi que l’incertitude de Bender et la suspension de Hummels, Dortmund va devoir faire confiance à ses jeunes contre Hanovre dans deux semaines.

 

Bayer Leverkusen – FC Bayern München 1-1
1-0 Kroos (29.)
1-1 Sam (31.)

27-5 Tirs…
698 -186 passes…
90% de passes réussies (et sur les 10% de passes manqués, la moitié sont récupérés dans les 5 secondes)
78% de possession…
59% de duels gagnés…
16-3 occasions…
14-2 corners…
27-3 centres
Un gardien qui fait le match de sa vie…
Voilà, si vous vous demandiez ce qu’est l’illustration parfaite du manque de chance, elle est ici !!
Bon ça n’a pas empêché le Bayern d’aller chercher la première place, ni de passer un peu de bon temps à l’Oktoberfest.
Ein prosit, ein prosit der Gemü-tlich-keit !!!
pktoberfest

 

1.FC Nürnberg – Hamburger SV 0-5
1-0 Van der Vaart (17.)
2-0 Lasogga (59.)
3-0 Lasogga (63.)
4-0 Lasogga (67.)
5-0 Arslan (74.)

Ah ben la voilà la grosse correction du weekend, on a failli attendre !!! C’est donc Dimanche après-midi que sous les ordres du nouvel entraineur Bert Van Marvijk que Hamburg réussit à produire son fameux « match référence » dont ils auront besoin pour se sortir de la crise en mettant une petite manita (eine kleine Hand) dans la gueule de Nürnberg qui est de plus en plus pathétique. Résultat des courses ? Un entraineur (ben oui celui de Nürnberg, tu croyais quoi ??) licencié et un HSV qui devra confirmer que c’est bien lui le responsable de cette victoire et non son adversaire du jour.

 

SC Freiburg – Eintracht Frankfurt 1-1
0-1 Günter (csc) (64.)
1-1 Höfler (85.)

Bon, le match du vendredi n’accouche que rarement de beaucoup de spectacle, paradoxalement il en va de même pour la rencontre du dimanche en fin d’après-midi. Un match dominé par Frankfurt, il aura fallu attendre l’ouverture du score pour voire un peu d’intensité… L’Europa League a l’air d’avoir laissé quelques traces et au fond, les deux équipes sont plutôt contentes de ne pas avoir perdues.

Classement

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Post Rectum : Alerte enlèvement !!!
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Töbias

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