Ajaccio – Lille (2-3) : L’Aiacciu Académie livre ses notes

Jeux de mains, jeux de vilains

Mains, 2-3, Ajaccio. Les trois mots-clés du match pourraient faire penser à du volley-ball. Pourtant, Ajaccio-Lille comptait bien pour la 27ème journée de Ligue 1 de football. Mr Thual, l’arbitre était au courant, Cavalli, Mostefa et Delaplace visiblement pas.

Mehdi Mostefa et Johan Cavalli au Palatinu sous les couleurs du GFCA Volley
Mehdi Mostefa et Johan Cavalli au Palatinu sous les couleurs du GFCA Volley

« Bonjour à tous, nous sommes en direct depuis le Palatinu où Lille vient de l’emporter 3 sets à 2 contre le Gazelec Ajaccio, contre toute attente. Une défaite amère pour Frédéric Ferrandez, le coach du GFCA, qui revient sur ce match que les Ajacciens n’auraient jamais du perdre « Nos deux recrues qui viennent tout droit de l’ACA, Mostefa et Cavalli se sont montrés très à l’aise avec leur main aujourd’hui. Mais cela n’a pas suffi, l’arbitre avait une dent contre nous. On l’a payé, c’est immérité. »

Ce duplex n’a jamais eu lieu. Pourtant il aurait pu. Pourtant Tallo avait ouvert le score dès la 40ème seconde. Pourtant le match avait débuté sur des chapeaux de roue. Mais comme toujours, un grain de sable est venu enrayer la machine acéiste. Tout commence par une action de grande classe, fluide , précise et parfaite qui se termine par un plat du pied sécurité de Junior Tallo. 1-0 alors que la première minute ne s’est pas encore écoulée. Pouvait-on rêver d’un meilleur départ ? Non. Surtout que pendant le quart qui suit, l’ACA se montre impérial. Premiers dans les duels, premiers dans l’envie, premiers dans les transmissions, les hommes de Christian Bracconi brillent comme rarement cette saison. On se frotte les yeux, on se demande si l’on est pas en train de rêver. Et puis d’un coup le naturel revient au galop. Comme contre Montpellier, une fois le premier quart d’heure passé, l’ACA devient tout autre. Lille reprend quelque peu les commandes et une erreur de l’arbitre vient tout gâcher. Sidibé pousse Cavalli dans la surface d’Ochoa. Dans un mauvais réflexe, Cavalli prend touche à deux reprises le ballon de la main. Mr Thual, cet enfant de putain, n’hésite pas et montre le point de pénalty. Kalou s’en charge et transforme.

Le match est alors tellement plaisant que même les stadiers, chargés de surveiller les tribunes, se retournent vers la pelouse. Ils verront le doublé de Kalou à la 38ème minute, suite à un beau centre de Delaplace et à une défense ajaccienne mal-décalée. Mais ils verront surtout l’égalisation splendide de Tallo, lui aussi auteur de son petit doublé. A la mi-temps, la Côte d’Ivoire est tenue en échec 2 partout par la Côte d’Ivoire et une remarque sur ce premier acte : l’ACA fait le jeu et marque, l’ACA subit et Lille marque, l’ACA joue en contre et marque. Une suite de faits qui ne s’était jamais produite cette saison. Et si l’ACA avait enfin vaincu son signe indien ?

Et bien non. La faute à l’arbitre. La faute à celui pour qui les tribunes chanteront en choeur « arbitre enculé, arbitre enculé ». On joue alors la 74ème minute, le match est serré. A ce moment-là, le score peut basculer dans un camp comme dans un autre. Ce n’est pas la chance qui départagera les deux équipes cette fois-ci mais bien un coup de sifflet. Sur un coup-franc de Sidibé, Perozo plaque Nolan Roux mais M. Thual ne le remarque pas, il préfère siffler une main de Mostefa, qui dos au but, a eu la malchance de toucher le ballon du coude, complètement involontairement. Deuxième pénalty, troisième but de Kalou. Mais le pire reste à venir. Mr Thual commence par expulser un Christian Bracconi trop virulent selon lui. Puis, à la 80ème minute, il se fera remarquer pour le comble de l’injustice de ce match. Sur une reprise de Tallo, Delaplace, le bras décollé du corps, détourne la balle, qui était cadrée. L’arbitre fait mine de ne rien voir et laisse le jeu se dérouler malgré les protestations. Le reste de la rencontre sera anecdotique même si Soumaoro sera expulsé pour un tacle les deux pieds décollés. M. Thual a tué le match. M. Thual a tué l’ACA. M. Thual a tué tous les espoirs des supporteurs acéistes. Des Lillois éteints, des Ajacciens en forme, la victoire ne pouvait pas nous échapper. Et pourtant. L’ACA s’incline 3 buts à 2 après un match exemplaire dans la quasi-totalité des domaines. Tant pis, il faudra gagner les 13 prochains matchs.

Christian Bracconi mise sur la continuité pour sa composition d’équipe. Pas de changement par rapport au match de Montpellier, si ce n’est celui fortuit de Denis Tonucci, absent pour cause de suspension. Il est remplacé par Grenddy Perozo. Autour du Vénézuélien, Claude Dielna, Cédric Hengbart dans l’axe, Diarra à gauche et Mostefa à droite. Au milieu de terrain, Faty, André, Lasne et Cavalli, dans une position plus avancée, sont associés. Devant, l’Ivoirien Junior Tallo envoie encore une fois Dennis Oliech sur le banc.

La sortie de Cavalli à la mi-temps changera la donne. André passe en numéro 10 alors que Goncalves prend la place de Benjamin André en milieu récupérateur. Les deux autres changements seront inédits. Et pour cause, Christian Bracconi a enfin décidé de prendre des risques et de faire autre chose que du changement poste pour poste. Ainsi, Junior Tallo, en état de grâce, reste sur la pelouse et sera rejoint par Dennis Oliech puis par Aboubacar Camara entrés en lieu et place de Paul Lasne et de Grenddy Perozo. C’est une première depuis des lustres : l’AC Ajaccio a joué le temps d’un instant avec trois attaquants. En vain.

 TactiqueACALOSC

ANNUTAZIONI

Memo Ochoa 3/5 : Le pauvre n’avait pas touché le ballon qu’il avait déjà encaissé deux buts sur les deux seules occasions lilloises. Livré à lui-même sur les pénalties de Salomon Kalou, qui ne les loupe jamais, Memo n’a rien pu faire. Il s’est rattrapé avec un premier arrêt à la 57ème minute et une magnifique parade dans le temps additionnel face à Delaplace.

Mehdi Mostefa 2/5 : S’il te plait, Christian, arrête les frais tout de suite. Dieu sait que j’aime Mehdi mais stop. Arrête de le faire jouer latéral droit ou on perdra encore énormément de points en route, déjà que l’on n’en a pas beaucoup… A cette place, l’habituel conquérant milieu de terrain laisse sa place à un latéral apeuré, effrayé d’aller au contact. Heureusement, il y a du mieux par rapport à ses prestations de Lyon et Montpellier, sans doute du fait de la pointe de vitesse moindre de son vis-à-vis du jour par rapport à Bedimo et Cabella.

Grenddy Perozo la moyenne/5 : Grenddy prépare encore sa reconversion dans le judo. Jamais mis au tapis par ses adversaires et jamais surpris, le Vénézuélien a donc décidé de passer à l’action avec un ippon sur Nolan Roux sur l’action qui amène le deuxième pénalty. Si l’arbitre n’a pas sifflé cette faute et n’avait pas sifflé la même sur Bisevac il y a 15 jours, il y aura bien, un jour, un arbitre qui verra que le sport de prédilection de Grenddy c’est le judo, pas le football.

PerozoIpponPerozoIpponRoux

Cédric Hengbart 3/5 : Il fait tellement peu de vagues et est tellement propre que le noter est très compliqué semaine après semaine.

Claude Dielna 3/5 : Plus les matchs passent, plus il se sent à l’aise, plus on se dit qu’on le garderait bien à Ajaccio, même en Ligue 2. Teddy Riner du pauvre, Dielna brille par sa puissance dans les duels et par sa propension à aller au duel sans appréhension. Les fautes qu’il fait, par contre, on lui pardonne. Son erreur de marquage sur Kalou, un peu moins.

Sigamary Diarra 3/5 : Passeur décisif pour Tallo au bout de 40 secondes, Diarra gère de mieux en mieux la balance entre attaque et défense.

Ricardo Faty 3/5 : Il a fait le taf proprement. Et s’est même permis un coup du sombrero et un coup de pression sur l’arbitre.

Benjamin André 4/5 : André est le premier attaquant, le premier milieu et le premier défenseur de l’équipe. Auteur d’une talonnade de génie qui amène le premier but et d’une tête venue d’ailleurs face au mètre 90 de Simon Kjaer, l’un des meilleurs défenseurs de Ligue 1, qui décale Tallo pour le deuxième but, André a été plus tranchant offensivement que les piquants des oursins servis au Neptune Plage route des Sanguinaires. Si l’on ajoute à cela une grosse occasion du plat du pied en fin de première période, on obtient le principal élément offensif du match. Mais son activité au milieu de terrain, n’hésitant pas à donner sa vie pour défendre a également été précieuse.

Paul Lasne 3,5/5 : Récemment dans une interview, Claude Goncalves a déclaré qu’il aimerait être « beau gosse » comme Paul Lasne. Mais Paul Lasne n’est pas que beau, il est véloce, puissant, hargneux, précis, endurant. Le gendre idéal et le joueur d’équipe idéal, qui se sacrifie pour son équipe. L’un de ses longs ballons sur la tête d’André fut décisif sur le deuxième but.

Johan Cavalli 3/5 : Sorti à la mi-temps, blessé au mollet, son absence s’est grandement fait ressentir sur le plan offensif. Tout d’abord sur coups de pieds arrêtés, qu’il avait parfaitement tiré en première période, puis dans le jeu au sol. Sans lui, l’ACA a perdu son meneur de jeu, son joueur qui oriente, fait vivre le ballon et accélère les transmissions. Du coup, en deuxième mi-temps, les actions acéistes ont été moins nombreuses, et surtout moins bien construites. Pour le pénalty concédé, ce n’est pas une surprise, cela devait arrivé un jour ou l’autre car Johan Cavalli est de ces joueurs, comme Mathieu Valbuena, qui ont l’habitude de récupérer le ballon à la main une fois à terre après une faute – ou non d’ailleurs. Généralement, ça marche, surtout que Cavalli est malin, sauf qu’aujourd’hui, Cavalli était dans sa surface et que Mr Thual avait décidé de plomber les Corses.

Junior Tallo 5/5 : « Tallo look coco
Coco t’as le look.
Pas de doute coco
T’as le but qui te colle à la peau
Tallo look coco
Tu fais le beau
Pas de doute coco
T’as le but qui te colle à la peau »
. En un match, l’Ivoirien a fait taire pas mal de monde. Le Tallo maladroit a laissé place à un Tallo plein de sang-froid pour transformer ses deux occasions. Pourtant, il ne s’est pas économisé le reste du temps en se montrant à droite, à gauche et au centre. Avec quatre buts, Junior Tallo devient également meilleur buteur de l’ACA avec 4 buts. VENEZ LE CHERCHER !

I RIMPIAZZANTI

Claude Goncalves, 46ème minute, 3/5 : Dans un autre registre que Johan Cavalli, qu’il a remplacé, Goncalves, dans une position reculée, a orienté et accéléré le jeu à base de transversales et d’accélérations dans le jeu. Ses dribbles sont un régal.

Dennis Oliech, 70ème minute, NN : Dimanche soir, Lupita Nyong’o a reçu l’Oscar du meilleur rôle secondaire féminin. Un peu avant, son compatriote kényan avait également reçu l’Oscar du meilleur second rôle d’Ajaccio-Lille en ayant une grosse occasion et en étant la victime du tacle les deux pieds décollés de Soumahoro. Pour l’Oscar du meilleur acteur, il faudra attendre.

Lupita Oliech
Et l’Oscar du meilleur second rôle est attribué à … Lupita Oliech!

Aboubacar Camara, 88ème minute, NN : S’il n’a rien pu montrer en 5 minutes, son retour va faire du bien et va relancer la concurrence avec Oliech et Tallo.

Perfettu Erignacci

5 thoughts on “Ajaccio – Lille (2-3) : L’Aiacciu Académie livre ses notes

  1. Quitte à souligner les « erreurs » d’arbitrage (et encore, aucune supposée telle ne me parait scandaleuse), il aurait été agréable de parler de la faute sur Roux en première mi-temps dans la surface de réparation.

    Quant à la main de Delaplace… Je ne trouve pas que la main soit décollée, il n’y aucune intentionnalité, et le ballon semble se diriger LARGEMENT (mais vraiment hein) en 6 mètres. Très loin de la « balle cadrée » que tu évoques.

  2. Salut,
    J’écris depuis Lille, pour situer, et pour devancer tout contre-argument basé sur un supposé parti-pris, mais je crois être à l’abri de toute mauvaise foi malgré mes préférences.

    Je suis d’accord avec Pfouff et j’ajoute :

    Je ne vais pas sur hors-jeu pour lire de pareilles inepties sur l’arbitrage, et lire de sempiternelles accusations sur tel arbitre qui aurait « tué » à lui seul « le match », « l’ACA », ou « tous les espoirs des supporteurs acéistes ».

    D’abord, et je regrette que ce ne soit pas souligné, c’était un match d’un niveau tactique et technique affligeant, et ce des deux côtés. Entre une défense d’Ajaccio qui ne sait pas ce qu’est un alignement défensif ou une relance propre, et une équipe lilloise incapable de s’animer offensivement et laissant 20 mètres entre chaque ligne, c’est le match le plus pourri que j’aie vu depuis des années (probablement depuis un sombre Lille/Martigues saison 95/96).

    Ensuite, si tu as trouvé que l’ACA était « en forme » et a fait un match « exemplaire », je n’ose imaginer ce qu’il en est d’habitude. Et je dis ça en toute neutralité, je n’ai ni accointance ni rejet particuliers pour ce club. « Action de grande classe » sur le 1er but ? Sidibé aux pâquerettes sur le marquage, comme d’habitude, plutôt. « Egalisation » splendide ? Défense de merde sur un long ballon anodin, deux lillois dont un qui ne saute pas alors qu’il fait 2 têtes de plus (Kjaer) sur un ajaccien qui remise sur un autre, évidemment seul.

    Le 1er but de Lille ? Un pénalty, ce qui semblait être le seul moyen de marquer à ce moment là, car construction néant. le 2e : je me dispense de tout commentaire sur le marquage et l’alignement ajacciens.

    Ah oui, ça fait des buts, mais franchement, merci les défenses ! Dès la mi-temps, alors que sur Bein on était contents, que sur l’équipe on était contents, je me croyais devant un match de 5e division belge.

    Ensuite, sur les « erreurs » supposées de M. Thual :
    Je commencerais par dire que si Ajaccio avait démontré un minimum de qualité footballistique, on ne sortirait pas cet argument, d’autant que vu la « qualité » en face, ce n’était pas compliqué d’en mettre 3 ou 4.
    Que Sidibé fasse faute ou pas (ça se discute, et rien ne me paraît évident), je ne vois pas pourquoi Cavalli prend le ballon de la main (et 2 fois plutôt qu’une) et ose faire sa tête de chien battu qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Ben oui coco, main volontaire dans ta surface, ça fait pénalty. Même si Thual s’est « trompé » au début (ce que je réfute), une « erreur » n’est pas annulée par une compensation.
    Pour rester en 1e MT, comme l’a dit JM Pfouff, il y a un pénalty sur Roux qui n’est pas sifflé… Et personne ne s’est plaint.

    Sur le 2e péno : c’est très sévère, la main est involontaire. Mais la volonté n’est pas le seul critère pour siffler péno. Il y a aussi le caractère « naturel » de la position du corps… Pourquoi Mostefa ne regarde-t-il pas le ballon ? Avait-il envie de jouer ? En empêchant Origi de jouer le ballon de manière irrégulière, je peux comprendre qu’on siffle péno. Autrement dit, je n’aurais pas sifflé pour ça (mais plus pour la faute sur Roux), mais je comprends parfaitement la position de Thual. Il y a 3 semaines, à Evian, on concède un péno pour une main involontaire de Souaré, collée au corps. J’ai trouvé ça très sévère, mais ce mongol de Souaré a taclé n’importe comment, d’autant qu’il avait déjà un carton ; autrement dit, l’imbécilité du geste justifie pour moi qu’on sifflât (subjonctif imparfait). Idem pour votre arrière. C’est sévère, mais il ne tenait qu’à lui de faire autrement dans une situation où il n’y avait pas de grand danger.

    Et sur la « main » finale de Delaplace.. Euuuuh… Involontaire, bras collé, ballon qui sort à 10m du but, pas d’augmentation de la surface de contact : tous les bons et mauvais arguments tombent à l’eau.

    En revanche, le air-contact sifflé contre Delaplace à la 89 et qui donne un coup franc près du poteau de corner, merci hein…

    Bref, match de merde, football « tué » à cause de deux mauvaises équipes, des décisions arbitrales difficiles à prendre en raison de fautes techniques des joueurs, mais pas de complot anti-Ajaccio ou je ne sais quoi.

    Bon courage pour la fin de saison.

  3. Je sais bien qu’y avait une dimension mauvaise foi, et qu’un académicien ne pouvait écrire ça en le pensant vraiment… Mais je voulais quand même écrie ça au cas où.
    Mais c’était vraiment un match de merde !

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