AS Monaco – Montpellier HSC (0-0) : Marcelin revient parmi les siens

Du haut de ton verre, montre nous le chemin.

 

 

J’étais assis sur ce petit nimbus que saint Pierre, qui ressemble, disons-le en passant, à s’y méprendre à Daniel Herrero sans bandeau, quand un ange-postier passa déposer une missive enroulée sur elle-même, fermée d’un ruban rouge-sang comme si elle sortait tout droit d’une époque où les heaumes et les hallebardes étaient portés par d’autres que des fadolis se réunissant le dimanche dans un pré, laissant leur téléphone cellulaire dans la voiture pour aller chevaucher un canasson et se télescoper avec un autre gus attifé de la même sorte.
Je brisais le sceau de cire marquée d’un « SP » pour parvenir à dérouler le papier A4 grain moyen, choix judicieux pour poser une police Garamond Sans Sd si l’en est, et laisser éclater au jour le paragraphe justifié avec drapeau à gauche qui disait, en des mots que je vous épargnerai ici, à peu près cela : on me rappelait sur le plancher des vaches, et illico macias.
Paf ! En un éclair, n’ayant ni le temps d’aller saluer le petit Teuton habillé comme un stewart qui venait de s’installer sur le cumulus d’à côté, me voilà télescopé hors des cieux à la vitesse de la lumière, faisant la nique aux albatros au moteur arrangé pratiquant le go-fast, bardés de sachets de sardines pures du Guatemala, me voilà ramené chez les mortels en un morceau sans avoir pu dire ouf, sans avoir pu me préparer à l’atterrissage.
Car, je m’en doutais bien, on me faisait revenir à la vie non pas pour sauver la planète du fléau de l’eau minérale, non pas pour tenter de battre le record de pastis-100 mètres haies que venait de me voler Didier Perez d’Avila, apparu soudain de nulle part, mais bien pour reprendre la plume et revoir mes petits taper dans le cuir. Voilà pourquoi je fus remis aux mains de l’existence à péremption un mardi, en début de soirée, aux alentours d’une principauté fondée par un pirate au service de son cul, là-bas sur la côte grabataire et orangée, voilà pourquoi je tombai du ciel comme la misère sur le pauvre monde au moment où l’ennui frappai implacablement le stade fantôme d’une équipe les refaisant vivre cette saison en montant patiemment vers l’Olympe, voilà pourquoi on me donna à voir ce Monaco-Montpellier, en retard comme les règles de la mère au Lapin Blanc, et notez bien ici que j’emploie cette faute de préposition possessive avec une allègre volonté indifférente, accompagnée d’un jet d’urine dans votre Maginot anale (Maginale donc, comme Benoît).

Je crus à un cadeau empoisonné de la part des autorités astrales en découvrant que le cheminement du spectacle restait peu ou prou inchangé : on se fait chier à faire mourir les pierres devant bon nombre de matches français, et la prestation fade fournie mardi par le quatrième et le septième du championnat ne fait qu’elle dans le sens de la thèse ci-avant énoncée.
Montpellier alignait une composition somme toute habituelle, si tant est que la recherche incessante d’un 10 stable et satisfaisant fasse partie de l’estuaire de l’habitude. Cette fois Rolland avait choisi, ou du moins avait persévéré dans l’absence de choix en alignant à nouveau un joueur différent des autres matches, de confier la mène à Dabo, dont on connaît le poste initial, à savoir milieu défensif. Servir de piston de rechange en latéral, passe encore, mais jouer les créateurs pour une attaqué trop timorée pour se faire justice elle-même, cela relève de la farce.
On vit très vite ce pourquoi l’empafé créole était à cette place : le pressing haut et la relance juste, rapide en cas de récupération plus basse. Cela marcha plutôt bien durant le premier quart d’heure, mais, les organismes pailladins n’étant pas de ceux qui résistent ad vitam eternam nam style, l’efficacité d’un dispositif aussi osé fut d’une durée aussi courte qu’une verge mexicaine transie de froid, et Monaco reprit du poil de la bite, manquant de se montrer dangereux en seconde période. La richesse de la dernière formule ne laisse aucun doute quant au degré d’animation de la fin de match.

Je ne m’abaisserai pas à commenter longuement ce fait de jeu où un connard de la plus salope des espèces, originaire de Sudamérique, crut juger bon d’ouvrir son pied en un angle pas encore découvert pour tirer un pénal, expédiant le ballon pile à l’endroit que j’avais délaissé le jour même et réveillant sans doute le pauvre petit Teuton qui rêvait sûrement de cocktails et de petites hôtesses.

Les notes :

Jourdren (4/5), réalisa le rêve de tout chauffeur de bus : ne faire qu’un arrêt.

Deplagne (2/5), se concentra sur l’acte fautif à foison, oubliant qu’un bon pressing passe toujours par un bon amidonnage.

Hilton (4/5), sauva l’hypothèque de la maison par des placements intelligents.

El-Kaoutari (3/5), encore stagiaire auprès du maître, se hâta de montrer qu’il pourrait reprendre les fonds sans souci.

Congré (2/5), avait compris comme que défendre il fallait, jusqu’à ce que le naturel revienne au triple galop, la cagade en bandoulière.

Marveaux (3/5), fut bon en première et disparut en seconde, comme s’il ne supportait pas le luxe.

Sanson (3/5), trop bas pour faire parler son génie, resta à la bétonnière pour finir le chantier.
Martin le remplaça pour faire le même travail.

Dabo (2/5), pas à son poste, fut énergique mais se perdit complètement en deuxième mi-temps (voir plus haut).

Lasne (1/5), a couru pour pas grand-chose, si ce n’est pour garder la ligne (de touche).
Bérigaud le remplaça pour se placer en 10 et faire un 0 pointé.

Mounier (2/5), sur courant alternatif, ne fit aucune étincelle, montrant même un niveau technique inhabituellement mauvais.

Barrios (1/5), doit oublier cette soirée, ressemblant trop à celle où tout a été tenté, mais c’est quand même avec la grosse qui vit ici qu’on finit.
Camara le remplaça, sans faire l’effet attendu.

 

Le bisou vigneron,

Marcelin Albert.

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