Astana-Rennes (2-0) : La Breizhou Académie laisse passer l’orage

Quand t’es pas capable de gagner, faut savoir ne pas perdre. Quand t’es pas capable de pas perdre, faut changer de slip et serrer les fesses

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille », disait l’ancien Président que tout le monde adore maintenant qu’il est mourant. Pour le Stade Rennais c’est pareil, sauf que les emmerdes sont des matchs de football. Histoire de sortir de la spirale dans laquelle ils sont pris comme des sardines dans un chalut, les Rouge et Noir se sont tapé huit heures de voyage pour aller défier Astana. Ô combien riante capitale du non moins riant Kazakhstan, avec son stade de 30 000 places qui peine à accueillir 3 000 perdus en championnat. Le charme de l’ex-URSS. Trêves de considérations bistropolitiques, place au jeu.
Pour cette deuxième journée d’Europa League, Lamouchi a laissé Mexer et Ben Arfa au repos, embarqué quelques jeunots et enregistré les retours de Baal et Johansson. Ce qui donne une compo ? Inédite, bien joué !

Le (non) match :

Tout est quasiment dit dans cet intertitre. Certes, huit heures de voyage. Certes, un terrain synthétique digne d’un soccer à Bourg-des-Comptes, mais pas que. Pendant une heure, le Stade Rennais a bafouillé son football. En face, une équipe « bien en place », avec un pressing appliqué, mais pas dangereuse pour un sou. Côté Rouge et Noir, un trouillomètre à zéro, des approximations techniques, un manque d’animation offensive, un rythme à faire passer Gérard Larcher après le déjeuner pour un sprinter jamaïcain. Résultat : zéro tir cadré de part et d’autre à la mi-temps.

On aurait pu le prédire : il faudra attendre l’ouverture du score kazakhe sur un corner à l’heure de jeu pour que les Bretons se décident enfin à faire ce qu’ils auraient du faire depuis le début : jouer au foot. Mais rappelez-vous, « les matchs de foot de merde, ça vole en escadrille » : une volée de Bensebaini sur le poteau et un centre du même à un cheveu de la tête de Niang plus tard, et Astana plante le deuxième but en contre dans les dernières secondes. 2-0, un café et l’addition s’il vous plaît.

Les joueurs :

Diallo (2/5) :
De nouveau préféré à Koubek, auteur d’un chouette message sur Facebook quant à sa situation. Pour en revenir à Abdou’, il n’est pas nul, mais il n’est pas bon non plus. On a la triste certitude qu’il ne sera jamais décisif.

Zeffane (2/5) :
Pas catastrophique, ce qui est déjà une victoire en soi. Faute d’être réellement inquiété derrière, il est beaucoup monté, sans que ça ait l’air de changer quoi que ce soit.

Da Silva (3/5) :
De nouveau costaud dans les duels, il s’est même offert quelques montées balle au pied après le premier but encaissé.

Gélin (2/5) :
Il a mis un bon gros quart d’heure à prendre la mesure de l’attaquant adverse et s’est notamment fait magistralement bouffer sur un contrôle-frappe qui aurait pu coûter cher.

Baal (non noté) :
A votre avis, qu’est-ce qui peut bien arriver à un mec blessé depuis la première journée de Ligue 1, qui revient en compétition en Europa League sur un synthétique moyenâgeux ? Bah ouais, il se pète au bout de 25 minutes.
Remplacé par Bensebaini (3/5) : Il aurait pu être le héros de la soirée, au lieu de ça, sa volée déglingue le poteau et sa passe à ras de terre pour l’égalisation de Niang s’est transformé en centre à mi hauteur en sortie de but.

Grenier (3/5) :
Encore positionné très bas, parfois même entre les centraux pour remonter le ballon et organiser le jeu. Quelques belles percées, notamment après l’entrée de Johansson qui lui a permis de jouer un cran plus haut. Là où il devrait être tout le temps, en fait.

André (3/5) :
Tellement d’envie qu’il était régulièrement en position de deuxième attaquant à la perte du ballon pour lancer le pressing. Il a beaucoup tenté, mais avec les moyens du bord, c’est-à-dire pas ceux d’un attaquant.

Poha (3/5) :
Il a de très belles qualités, c’est indéniable. Mais on ne peut pas décemment attendre d’un gamin de 21 ans dont c’est le premier match de la saison qu’il sauve l’équipe.
Remplacé par Johansson (77e), qui a permis à Grenier de monter d’un cran. Trop tôt pour juger, mais il pourrait être le joueur qui manquait devant la défense, capable de faire le lien avec le secteur offensif. Ca serait pas de trop.

Bourigeaud (1/5) :
Vainqueur incontesté de cette partie de cache-cache géante. Sans déc’, ça commence à devenir inquiétant, même si c’est pas son poste de prédilection.

Léa-Siliki (2-/5) :
Toi, tu vas en bouffer des ateliers « centres » à l’entrainement cette semaine.
Remplacé par Del Castillo (69e), dont l’entrée a coïncidé avec le temps fort rennais. Hasard ou réalité scientifique ?

Niang (1/5) :
Si ça te fait chier d’être là, tu le dis hein.

 

Une défaite qui fait mal, presque plus par la dynamique dans laquelle elle s’inscrit et la frustration de n’avoir joué qu’une petite demi-heure que par le résultat lui-même. Alors oui, ça fait chier de se prendre une douille par une équipe kazakhe. Mais aussi folklorique soit-elle, je me permets de rappeler que sur les trois dernières années, elle a été en poule de Ligue des champions, poule puis 1/32e d’Europa League. Faudrait pas non plus les prendre pour des flans aux raisins. Et puis le match nul entre Jablonec et Kiev permet aux Rouge et Noir d’être toujours deuxièmes de leur poule.
Le plus important est de sortir de cette putain de spirale négative, de rejouer correctement au football et d’appuyer sur la tête déjà bien enfoncée des Monégasques dimanche.

ALLEZ RENNES

Marco Grossi

Marco Grossi

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