Lazio-OM (0-0), La Canebière académie fait barrage

Aïoli les sapiens,

En ces temps troubles où s’amoncellent de menaçants nuages chargés de merde – zemmouronimbus, macronostratus et autres catastrophecologicus, selon les termes météorologiques en vigueur, rendons grâce au football, malgré tous ces défauts, de nous accorder ces temps de respirations totalement futiles et donc rigoureusement indispensables. Quoi de mieux que la coupe d’Europe pour vibrer ainsi à l’unisson et oublier l’espace de 90 minutes ce climat désespérant ? Place donc à la Lazio de Rome, sa ferveur populaire, ses saluts fascistes et ses cris de singe.

Afin de lutter contre les clichés et la mauvaise réputation accolés au club, la Lazio avait lancé une opération spéciale en invitant gratuitement au match tous ses supporters antifascistes.


Les Longorious Basterds

Lopez
Saliba – Caleta-Car – Luan Peres
Rongier (Balerdi, 85e) –Kamara –Guendouzi (Gerson, 73e)
Ünder – Payet – Lirola (Dieng, 61e)
Milik (Gueye, 73e)

L’équipe victorieuse de Lorient est reconduite à une exception près : Ünder est de retour après sa suspension en championnat. Lirola est transféré à l’aile gauche, sans doute sans le but de consolider un couloir défensivement défaillant dimanche soir. En termes d’animation, l’ensemble se transforme en 442 sur les phases défensives, Rongier descendant en arrière-droit.


Le match

Horaire inhabituel, stade vide, pelouse grasse : les joueurs semblent perturbés et enchaînent les erreurs techniques en début de match. La Lazio n’entre pas dans la partie et, sans forcer, l’OM se procure plusieurs occasions dans les vingt premières minutes : Guendouzi teste le gardien sur une reprise de volée, Ünder reprend au-dessus un centre de Lirola, Milik tire de peu à côté.

Loin du bordel plus ou moins organisé en championnat, l’OM sort le costume-cravate pour paraître dans le grand monde : si la fantaisie n’est guère au rendez-vous, avec une patience inhabituelle à la construction, la solidité collective est appréciable. Malgré quelques incursions menaçantes, toujours sur notre côté gauche, la Lazio n’a guère l’occasion d’affoler le slipomètre. Même nos relances courtes fonctionnent sans trop de souillures de canapés, avec de belles sorties de balle en une touche et de belles relances verticales qui lancent de réelles actions dangereuses de notre part.

Kamara adresse ainsi un amour d’ouverture à Milik, qui manque malheureusement son enchaînement contrôle-tir. Puis, au terme d’une nouvelle montée de balle au triple galop de Guendouzi et Payet, Ünder enrhume son défenseur et place son fameux enroulé, bien sorti par le gardien.


L’OM parvient ainsi à la mi-temps sur une aimable domination, entachée d’un regrettable manque d’efficacité. En coupe d’Europe, qui plus est contre un club italien, tout concourt donc à ce que nous finissions dûment fistés par un but de renard en seconde période, un scénario à peu près aussi récurrent et prévisible que les visites de Nicolas Sarkozy au tribunal.

De fait, Immobile parvient pour une fois à échapper à l’alignement de notre défense. Joker : l’attaquant italien résiste (trop facilement) à Saliba mais tire au-dessus. La Lazio se montre nettement plus offensive et, cette fois-ci, un surnombre bien géré sur notre côté droit permet aux Italien d’envoyer enfin Immobile battre Lopez. Second joker : le but est refusé pour hors-jeu.

Plus en difficulté, les olympiens parviennent néanmoins à se porter à l’attaque. Replacé à gauche à l’entrée de Dieng, Ünder est trouvé par Payet et échoue en angle fermé face au gardien. Un peu plus tard, Dimitri récupère le ballon à l’entrée de la surface mais, alors que ce genre d’action le voit généralement envoyer un tir en lucarne une main dans le slip, son tir est cette fois-ci dévié juste à côté.

C’est ensuite Dimitri lui-même qui rend aux Italiens la politesse d’une mauvaise relance, permettant à Immobile de récupérer et de tirer sur le haut de la barre. L’OM fatigue et Sampaoli le constate. De manière très surprenante et déjà entraperçue dimanche, notre entraîneur résout le problème par des changements dignes des plus belles rétractations gonadiques entrevues chez Rudi Garcia. Gerson et Gueye entrent ainsi à la place Guendouzi et Milik, pour un résultat mitigé.


L’intensité européenne est bien présente, comme en témoigne la belle pouillée que s’infligent (mais dans le respect) alors les deux équipes à l’occasion de chaque duel pour la possession du ballon. Le match vire ainsi au gros foutoir voire, quand Leo Balerdi remplace Rongier à cinq minutes de la fin, à la franche débandade. Apeurée et désorganisée, l’équipe se fissure de toutes parts devant les assauts laziale. Après 85 minutes plutôt maitrisées, le slipomètre prend des proportions hiroshimesques, Pau Lopez nous sauvant notamment d’une belle sortie à bout portant. Tout en abnégation et solidarité, l’OM parvient cependant à écoper tant bien que mal et à ne pas gâcher cette performance somme toute très honorable.


Les joueurs

Lopez (4/5) : Mais c’est qu’il deviendrait franchement rassurant, le bougre.

Saliba (4-/5) : Un match impressionnant de maîtrise et de sérénité,exception faite de l’énorme occasion d’Immobile sur laquelle il se fait proprement pourrir au duel. En temps normal ça fait but et ça enchaîne sur une carrière à la Jérémy Morel voire de défenseur d’Arsenal, mais là William a eu de la chance.

Caleta-Car (3+/5) : Depuis qu’il a envoyé sa grosse papatte en travers de la figure de Longoria qui voulait l’envoyer de force à Newcastle, Papa Ours a meilleur moral et, sans faire de bruit, recommence à installer sa grosse carcasse au cœur de la défense.

Luan Peres (3/5) : Comme Jordan Amavi, il compense parfois son manque de vitesse par des tacles de désespéré. Différence importante cependant, lesdits tacles anéantissent les attaques adverses et non les comptes de la Sécurité sociale.

Rongier (4/5) : Après une nouvelle débauche d’énergie, le Rongieur finit légitimement émoussé. On aurait cependant aimé que Sampaoli le conserve sur le terrain jusqu’à la fin, car là où Valentin a gagné cinq minutes de repos, les supporters ont perdu cinq ans d’espérance de vie.

Balerdi (85e) : On croyait en avoir fini avec ces changements Garcias-Boesques, où le nouvel entrant arrive porteur d’une pancarte clignotante où est inscrit : « MAINTENANT, PANIQUEZ ».

Kamara (4/5) : Pas de coup d’éclat à proprement parler mais,pour un match européen chez un rival qui n’est pas à proprement parler de la merde (enfin si, mais pas pour des raisons sportives), Bouba s’est montré propre, rassurant et efficace. C’est bien aussi de ne pas attendre soixante tacles et huit passes décisives pour dire du bien d’un joueur.

Guendouzi (3/5) : Un match un peu en dedans et une sortie prématurée qui lui permettent de se concentrer déjà sur le match contre Paris (espérons seulement qu’il ne s’en fasse pas expulser avant la 15e minute, histoire de ne pas avoir conservé des forces pour rien).

Gerson (73e) : Azy, fais tes trucs, un peu.

Ünder (4-/5) : On a senti une certaine gourmandise à aller tenter de refroidir ses anciens meilleurs ennemis, et il s’en est fallu de peu qu’il n’y parvienne.

Payet (2-/5) : Qu’est-ce que vous voulez, il vieillit. Dès qu’il n’est plus à la maison et qu’il n’a plus ses horaires, il est tout perdu. Pas d’inquiétude, dimanche on retrouve la routine : le rôti en famille, Michel Drucker, une partie de Scrabble, et ça part pisser sur le PSG comme aux plus belles heures.

Lirola (2+/5) : Le pari semblait d’abord gagnant, avec un très bon début de match, des occasions provoquées et un travail défensif qui semble justifier sa titularisation. Plus discret ensuite, il incite Sampaoli à ne pas aller au bout de son idée.

Dieng (60e, 2/5) : Un changement entraînant à peu près autant d’effet que de remplacer Édouard Philippe par Jean Castex.

Milik (2/5) : Ne réussit pas à marquer ce fameux but qui aurait fait toute la différence, ce Qui n’est pas faute d’avoir essayé.

Gueye (73e) : Le seul des quatre changements ayant entréaîné un réel bénéfice, puisque Pape est immédiatement rentré dans le lard des milieux adverses pour récupérer de nombreux ballons. L’un d’eux aurait même pu se transformer en passe décisive si Dimitri Payet n’avait pas oublié de prendre ses pilules rajeunissantes.


L’invité zoologique : Luis Albertaupe

La taupe est un animal caractérisé d’une part par des capacités fouisseuses remarquables, et d’autre part par un aveuglement quasi-total. Elle est donc bien l’invitée appropriée pour commenter ce match contre un club qui ne sait pas voir les saluts fascistes et qui, quand on lui demande de se justifier à ce sujet, n’arrête pas de creuser.

– Les autres : Mous du gland en première période, un peu plus dominateurs mais inefficaces en seconde. On va se donner le beau rôle et dire que c’est nous qui avons réussi à les rendre impuissants.

– Le classement : Trois matchs nuls ponctuent cette phase aller. Troisièmes d’un groupe dominé par Galatasaray. Battre la Lazio au Vélodrome et prendre au moins trois autres points semblent représenter le minimum requis, mais tout à fait dans nos cordes. Et sinon, bah la Conférence Ligue, c’est pas mal non plus, c’est exotique.

Coming next : PSG, Nice, Clermont, la Lazio et Metz nous attendent dans les quinze prochains jours. Un savant dosage de contrées ignobles et d’adversaires infréquentables comme seul peut nous en proposer le calendrier du football 2021-2022.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. François X. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

2 commentaires

  1. Mon Duje je t’aime !

    Une académie qui fait plaisir comme d’habitude.

    Allez l’OM !!!
    Droit au but!

  2. Gerson commence sérieusement à m’inquiéter…et si la solution était de ne prendre que des prêts avec OA?
    un joueur qui veut rester fera tout pour qu’on lève son option…alors que lui, il a déjà son contrat en poche…sinon il est tout simplement nul

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