Clermont – Metz (2-3) : La Metz Que Un Club Académie n’a pas peur de personne

Que vais-je donc faire de toute cette haine ?

Salut les fils du démon,

Tout était prêt. J’avais affûté mon meilleur crayon, ajusté mes lignes et préparé le recueil de synonymes. Le fusil à étron était neuf comme un sou, prêt à déverser des torrents de haine et de merde au monde. Je trépignais d’impatience, la mâchoire serrée, m’enfonçant de minute en minute un peu plus dans mon siège. J’avais d’ores et déjà empoigné la crosse, paré à dégainer. Tout ceci n’avait que trop bien débuté. Deux victoires. En deux matchs. Pensez-y, depuis combien de lunes cela ne s’était il pas produit ? La populace se congratulait déjà d’un début de saison torride, porté par la fougue d’un combattant taillé pour la joute de cette sous-ligue. Six coups portés pour un seul encaissé, et deux victoires par chaos. Efficace, et explicite aux yeux de la plèbe. Nous tenions là un favori.

Mais pas pour moi. Moi qui n’aspirais qu’à l’acrimonie, à la fureur et au dégoût, je pouvais enfin recommencer à me nourrir. A vivre. L’écume aux lèvres devant le spectacle qui m’était proposé, je ne pouvais m’empêcher de scruter frénétiquement le chronomètre. J’allais enfin retrouver mon champion de la saison dernière. Le mou, le faible, le perdant. Celui humilié de semaine en semaine, au hasard de combats souvent perdus d’avance. Celui que je me complaisais à trainer dans la boue. Mon vieil ami. Pas cet ersatz de favori qui fait frémir les pucelles et s’agiter le bulbe des nostalgiques. Je voulais le voir souffrir, saigner, s’effondrer comme au bon vieux temps. Pour enfin pouvoir le rabrouer à nouveau. Car j’abhorre ses victoires, j’embrasse ses humiliations. Je déteste ses succès, je me délecte de ses défaites. C’est lui qui m’a fait ainsi, qui m’a forgé dans l’exécration, le déplaisir, dans l’abandon. Si aujourd’hui je ne suis plus que rancœur et que je me complais à le conspuer, c’est parce qu’il m’a fait grandir ainsi. Alors je me dois de lui rendre. Ce n’est que justice.

Et le voir vaciller, touché par deux coups percutants qui lui ont fait ployer l’échine, me faisait vibrer, enfin et à nouveau. La foule semblait coite devant ce spectacle désarmant, incrédule devant tant d’errance. Quand soudain, au cœur du ring, cet éclair. Une frappe pernicieuse et inattendue qui vint faire trembler le fondement de l’adversaire. Le début d’un autre match. L’opposant, sonné, ne put répliquer. Laissant tout le loisir à notre combattant de porter une seconde estocade, brutale, chirurgicale. Chevrotant de surprise, le rival baissa sa garde pour encaisser un dernier coup, fatal. Un coup provoquant une explosion de vivats dans la foule, subjugué par cette carcasse ennemie tombant à la renverse, vaincue par K.O.

Une larme de colère vint perler au creux de mon œil droit. Notre champion était debout, victorieux. Je ne reconnaissais plus cet homme que j’avais connu toute ma vie. Alors qu’il semblait si proche d’enlacer à nouveau ces vieux démons, ils les avaient projeté au tapis, emportant dans cette dernière frappe tous mes espoirs de mépris.

Le FC Metz tenait sa troisième victoire en trois matchs. Et je demeurais seul, interdit et bouillonnant de rage. Si je ne peux même plus compter sur lui pour m’exprimer, mais que vais-je donc bien faire de toute cette haine ?

 

3e journée : Clermont – Metz

100 patates, c’est tout ce que j’ai à dire.

Metz Que Un Match :

Ils l’ont donc fait. Etre mené 0-2 et rentrer à la maison à 3-2. Renverser un match avec l’efficacité d’un troupeau de gnous. Quelle belle bande de salopards. Tout avait pourtant parfaitement mal commencé quand les Clermontois concrétisait très vite leur possession du ballon. Un appel bien en profondeur entre les fesses d’Udol laissait tout le loisir à Honorat de servir Fereira Lage en retrait, qui alignait Oukidja d’une frappe bien sentie, 0-1 (7e). Et hormis un coup franc vicelard de Boulaya (34e) détourné en corner, on était en droit de se dire que ce bon vieux Metz Que Un Club grassouillet et impuissant était de retour. D’autant plus quand on s’essaye à des non-combinaisons les plus crétines possibles sur nos corners.

Mieux encore, un corner tiré à deux vient asseoir la domination auvergnate, puisqu’il est victorieusement repris par Ayé, lâché de tout marquage par un Rivierez des grands jours, 0-2 (60e). Inexistant offensivement et à la ramasse défensivement, ce FC là se rappelle au mauvais souvenir de la saison passée. Et pourtant, dans la foulée du second but clermontois, Ibrahima Niane servi par Udol côté gauche, profite d’un excellent contrôle pour effacer son vis-à-vis et envoyer une banderille qui s’en va crucifier le portier adverse. 1-2, (61e.) L’espoir s’est ainsi embrasé., et se concrétise à l’orée du dernier quart d’heure. Récupéré par Monteiro, le ballon est remonté par Cohade qui sert un Boulaya des grands soirs à gauche. Un centre parfaitement ajusté trouve Habib Diablo qui égalise d’un grand coup de plexus et s’offre déjà son 5e but de la saison, 2-2 (75e).

Le match se débride alors comme la sexualité d’un rédacteur Horsjeuïen. Fofana d’abord cherche le cadre mais le manque de peu (81e), puis Boulaya décide de parachever son oeuvre. D’un contrôle Bergkampien, il élimine son défenseur mais s’effondre à l’entrée de la surface. La sentence est sans appel, carton rouge pour le Clermontois et un coup franc idéalement situé qui offre à Boulaya une dernière munition. Le coup franc, légèrement dévié par le mur, s’en va tromper le gardien local pour offrir la victoire au Metz Que Un Club, 3-2 (88e).

On se dit alors que ce sport est bien con, qu’on ne mérite pas cette victoire arrachée par un froid réalisme, mais que c’est ce genre de prestation qui vous forge un moral de champion et vous assoit sur le trône de la Pizza Ligue. Même si on a joué à se faire peur et que l’on peut se faire ouvrir face à un bloc regroupé et organisé, cela donne trois victoires en autant de matchs, on n’a pas vu ça en Lorraine depuis que j’ai arrêté Tinder.

 

Metz Que des Notes :

Oukidja, 3/5 : 

Décisif sur plusieurs frappes à distance, il ne peut rien faire sur les deux buts encaissés. Mais il a encore du boulot pour tenir sa distance, et pour apprendre à fermer sa grande schness.

Rivierez, 2/5 : 

Paraissant déjà émoussé, il largue en plus son marquage sur le second but. Je me disais bien que ce bon début de saison n’était qu’une farce.

Remplacé par Jans (83e), non noté. 

Sunzu, 3/5 : 

Même s’il est dur sur l’homme, il a eu du mal à Stoppila fougue clermontoise en première période. (Oui, je l’ai faite).

Boye, 3/5 : 

Un bon retour à la 60e montre encore un peu plus qu’il sait être précieux, mais ne fait pas oublier ses largesses du premier acte. John nie à l’idée de perdre.

Udol, 1/5 : 

Un point pour sa passe décisive. Pour le reste, c’était zéro. Le pire Messin du match.

Monteiro, 3/5 :

La fougue d’un chien qui court après les voitures, mais qui ne sait pas quoi en faire quand il en attrape une.

Remplacé à Hein (60e), 3/5 : Ses bouclettes blondes et techniques ont fait du bien et contribué à la résurrection de l’équipe. 

Cohade, 3/5 : 

Utilisé en Trecohadista, il a savamment perforé les lignes balle au pied sur le but égalisateur. Mais ça manque encore d’automatismes avec le reste du milieu.

Fofana, 3/5 : 

Propre, on demande désormais à Mamadou un supplément d’âme pour transcender le milieu. Sans pour autant avoir à escalader une façade et sauver un enfant.

Gakpa, 2/5 : 

Utilisé sur un côté, il avait clairement l’air paumé. A l’opposé totale de ses deux premiers matchs. Marvin Ingakpable.

Remplacé par Niane (55e), 3/5 : « OOOOOH L’ETINCELLE, OOOOOH LA FOUUUUDRE ». Voilà à peu près ma réaction sur son but. 

Boulaya, 5/5 : 

Il est le seul à avoir surnagé durant le premier acte. Il délivre une merveille de centre sur l’égalisation. Il s’offre un contrôle tout en slip puis un coup franc salvateur. Faryd BOOYAH.

Diallo, 3/5 : 

A mangé son pain noir en attendant le caramel de Boulaya. Un but plein de sternum et de testostérone. El Diablo a encore frappé.

 

La suite, c’est très vite. Contre Grenoble en Coupe de la Ligue, et un certain Philippe Hinschberger. Et cette fois-ci mon FC, je ne t’en voudrai pas d’occire ce triste sir.

Klass & Deuch

En bonus :

– On ne se lasse pas de baver sur le classement. Surtout quand on voit qui est 19e.

–  Pour plus de haine et de Metz Que Un Club, c’est ici qu’on se retrouve.

 

Klass & Deuch

2 Comments

  1. Battre le club de la ville et une insultes que je ne pardonnerai pas.
    A par si tu payes ta pinteS.
    Faut pas déconner non plus.

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