Lille-Nîmes (1-2) : La Crocro Académie est championne du mois de mars

Salut les pitres,

Est-on plus heureux quand la joie succède à la souffrance ? Faut-il nécessairement connaître le goût de la merde pour apprécier le caviar à sa juste valeur ? Faut-il systématiquement toucher le fond pour remonter ? Je n’en suis pas sûr, mais il y a dans ces questionnements philosophiques la clef des circonvolutions mentales que s’inflige régulièrement le supporter nîmois. « When you think you’ve lost everything / You find out you can allways lose a little more », comme le chante Bob Dylan dans Tryin’ to get to Heaven (sur Time Out of Mind, 1997, que ceux et celles qui n’ont jamais écouté ce chef-d’œuvre aillent faire trois tours des Arènes à genoux avec un maillot du MHSC). En ce qui nous concerne, on sait qu’il faut toujours passer par le très très noir pour trouver un peu de lumière.

Cette saison 2020-21 est une sorte de décalque de la précédente, en plus marquée, et sans la perspective d’une fin tronquée. Donné pour mort et relégué à la trêve, le NO renaît de ses cendres tel le phénix reptilien pour à nouveau croire au maintien quand finit l’hiver. Pardon pour ce lyrisme lourdaud, j’avais oublié ce que ça faisait d’être heureux. Le changement d’état d’esprit de cette équipe, le goût retrouvé pour le jeu, c’est tellement spectaculaire que c’en est à peine croyable. Et tout ceci ne fait que confirmer de façon irréfutable tout le mal qu’Arpinon a fait à ce groupe et à ce club. Les langues se délieront sans doute encore, le temps passant. Nous aurons l’occasion de reparler des responsables : ça va saigner. Mais aujourd’hui, nous allons plutôt parler football.

Ce déplacement chez le leader se fait dans un contexte où Lille a selon toute vraisemblance un boulevard devant lui : en recevant le 19e tandis que Paris et Lyon s’affrontent dans la foulée, ils semblent en position de force, on tarte le faible et c’est plié. Sauf que depuis le début de l’ère Plancque, on n’accepte plus de tendre les fesses vers la pelle.

La structure reste la même que lors du derby, avec Cubas en pointe basse d’un triangle du milieu avec Ripart et Fomba en rottweilers de service, avec Eliasson (qui remplace Benrahou) associé à Ferhat sur les ailes. La charnière est une nouvelle fois inédite, avec Ueda associé à Guessoum (Landre est sur le banc, je ne sais pas s’il paye son duel raté avec Andy « étouffe toi avec ton bonbon » Delort ou s’il avait la chiasse).


LE MATCH

Notre bloc fonctionne bien pour gêner la relance Lilloise, et les efforts de Fomba et Ripart au pressing permettent de récupérer de bons ballons assez haut. Une bonne illustration du « plan Plancque » est à lire ici :

Le premier but doit aussi beaucoup au talent du gars Zinou, qui remonte le terrain balle au pied, repique et lance bien Eliasson dans l’axe, dont la remise en double-contact-genou-couille trouve Koné libre de tout marquage, ce dernier ne se faisant pas prier pour expédier une lourde de fort belle facture dans la lucarne de Maignan (0-1, 12e).

Le gars Moussa plante encore, et on va pas s’en plaindre. Un mot sur lui quand même : quel putain de plaisir de le voir jouer. Quand on repense au calvaire qu’il a vécu en début de saison, on se dit qu’Arpinon avait vraiment lancé une entreprise de démolition de son moral. Ce n’est pas un crack mondial mais c’est un vrai 9, capable d’utiliser son cul dos au but, et doté d’une bonne frappe de balle. Le match est plaisant, avec du rythme : l’air de rien, on retrouve dans notre volonté de jeu ce qui faisait notre charme sous Blaquart, avec de l’envie et des principes malgré un effectif peut-être moins chargé en talents que d’autres, quitte à se faire punir sur des erreurs. Malgré les bonnes intentions, la punition tombe justement sur corner, avec un Xeka un peu trop seul qui pique sa tête devant Koné, dont le dégagement manqué achève de tromper Reynet, pour un but assez laid mais néanmoins efficace (1-1, 20e). S’en suit une nouvelle grosse situation pour Lille, sauvée par un retour superbe de Ueda dans les pieds de Yilmaz, mais on ne reste pas dans la figuration et on continue à les presser haut, Meling est une nouvelle fois monstrueux, et ce milieu relai-bagarre Fomba-Ripart n’en finit pas de m’étonner en bien. Le second but arrive juste avant la pause, avec un amour de une-deux Meling-Ferhat au départ, Zinou qui repique dans l’axe et glisse une passe caressée dans le dos de Fonte pour Ripart, dont l’appel est aussi parfait que l’amour de petite balle piquée qui lui permet de devancer la sortie de MaignanRÂÂÂÂÂÂÂÂH LOVELY (1-2, 45e).

Encore secoué par les multiples orgasmes que me procura ce but, je traverse la deuxième mi-temps comme hébété par une émotion trop intense dont mon corps et mon esprit avaient depuis longtemps oublié l’existence. On souffre, certes (but refusé à Yilmaz pour un hors-jeu(.net), sauvetages un peu chauds de Ueda ou Meling, arrêt de Reynet devant Yilmaz), mais on se procure aussi de belles situations en contre. On passe même tout près du 3-1 en fin de match avec un une-deux classieux entre Ripart et Ferhat, conclu par une frappe un peu trop facile. Dans la foulée, Reynet sort la grosse parade qu’il faut sur une frappe de Renato Sanches, et nous voilà avec une victoire chez le leader et ce n’est même pas un braquage.

Pour ajouter au tableau, Nantes et Lorient se sont neutralisés plus tôt dans la journée, il y a des jours comme ça où tu demandes si tu n’es pas cocu.


LES COLLÈGUES

REYNET (4/5). Le seul conseil qu’on puisse lui donner, après avoir vécu tant de matchs de merde, c’est de faire attention à l’ascenseur émotionnel.

MELING (5/5). Je n’ai jamais trop aimé les blonds de type « propre sur moi », encore moins ceux qui se la jouent un peu fayot en mode « je parle mieux le français en deux mois que Jérôme Arpinon en quarante ans », mais je dois avouer que là, je suis tout proche de virer ma cuti.

GUESSOUM (3+/5). La charnière faisait peur sur le papier, mais le jeunot aura largement fait le job, même s’il s’est fait bolosser par Yilmaz sur quelques actions. Ce doit être bien pour la confiance et l’apprentissage, d’avoir autre chose qu’un coach qui te hurle dessus que tu n’as pas de couilles.

UEDA (4/5). En fait, le simple fait d’avoir un défenseur central japonais débarqué de Jupiler League au mercato hivernal me fait me sentir heureux. Alors si en plus il réussit des masterclass comme ça…

ALAKOUCH (3/5). Il a moins apporté le danger que Meling, mais il est déjà très rassurant de ne plus craindre les boulevards dans son dos toutes les cinq minutes.

CUBAS (3+/5). Propre et discret. Ne faut-il, en ce qui le concerne, appliquer le « théorème Makélélé », i.e « moins on le voit, mieux c’est » ? Et non, rien à voir avec sa bite, quoiqu’on puisse penser des machos Argentins.

FOMBA (3/5). Moins sabre-au-clair que lors du derby, il a fait dans la sobriété, comme l’indiquait du reste sa nouvelle et salutaire sobriété capillaire. Continue dans cette voie, garçon.

RIPART (5/5). Côté capillaire, on revient de loin là aussi. Et côté footballistique, je ne sais même plus quoi dire à part que j’aime cet homme d’un amour total, exclusif, irrépressible. Et que ce replacement milieu de terrain, auquel je ne croyais absolument pas, est en passe de devenir la réussite principale de Pascal Plancque dans son entreprise baudelairienne de faire de l’or avec de la boue.

FERHAT (5/5). On va dire qu’il l’avait mauvaise de ne pas avoir été convoqué en sélection et qu’il voulait se montrer. C’était pas mal. Quel joueur, quand il s’y met, nom de Dieu. On dirait le mec qui t’humilie le dimanche au five tellement il est facile.

ELIASSON (3+/5). Moins flamboyant que Zinou, mais très précieux sur ce match. Vivacité + qualité de centre : il me semble qu’il colle davantage au profil pour ce système que Benrahou. Sorti pour BURNER en fin de match.

KONE (4/5). Bravo Gaïndé. Remplacé par DEAUX, qui a mis les taquets qu’on attendait de lui.


Prochain mache après la trêve internationale contre Sainté aux Costières, et là ce serait bien d’envoyer un message fort, de poser les couilles, de mettre les pendules sur les points, etc. Allez les gars, vous pouvez le faire, vous êtes sublimes.

Karoud Fider

Karoud Fider

4 commentaires

  1. Pour rester dans le domaine mythologique, si le NO est un Phénix, alors vos voisins honnis sont des Harpies, non ? (Un subtile jeu de mot s’est glissé dans la phrase précédente. Saurez-vous le trouver ?).

    En bonus :
    « Poser ses couilles sur le terrain, c’est une constante (du NO) de Plancque. » Ba dum tss.

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