Manchester United-Liverpool (3-1) : La Raide et Vile aime bien sa petite routine.

Salut à tous !

Ce samedi 12 septembre, les diaboliques entraîneuses de Manchester United invitaient les vieilles couguars de Liverpool à venir vivre l’enfer dans leur bordel de luxe de Old Trafford, pour le compte de la 5e journée de Premier League.

Mais il serait trop précipité de vous entretenir du match sans un préambule jubilatoire à propos de l’excellente nouvelle qui a ouvert cette belle semaine pour United : l’annonce de la prolongation pour 4 ans de David De Gea, notre bien-aimé gardien si talentueux. Cette annonce ne serait évidemment pas aussi satisfaisante, si elle ne s’accompagnait pas d’une sorte de gros fist fucking dans la tronche de Florentin Perez. Le bon président meringue n’a pas manqué d’enfoncer le clou de sa médiocrité en répétant que le board mancunien faisait n’importe quoi, répétition qui ne fait que mettre en exergue sa propre incompétence dans cette affaire. Cette nouvelle bordée de moqueries ainsi formulée, je ne m’épanche pas plus : portons céans notre attention sur le match que tout le monde regarde.

Une confrontation entre les Raides et Viles et les Scousers, c’est quatre fois plus de spectateurs dans le monde que la finale de la Ligue des Champions (source Osef). Ce qui n’empêche pas de voir des débats « pauvres » comme en première mi-temps (on y reviendra), mais aussi des scénarios écrits en apparence par Michael Bay en personne, avec son lot d’éclatants événements, de rebondissements, de joies, d’effusions de larmes. Comme entre Mario Balotelli et le Fernando Torres de l’époque, la classe de ces rencontres va du pire au meilleur. Comme lors des expulsions de Nemanja Vidic ou des sautes d’humeur de Steven Gerrard, la violence s’invite, parfois. Comme suite à une bicyclette exceptionnelle de Juan Mata ou une demi volée orgasmique d’Eric Cantona, MU gagne, souvent.

COMPOSITION INFERNALE


Pas de Rooney ? Pas de problème.

En premier lieu, le retour de De Gea fait évidemment plaisir, même si le doute est permis sur son état de forme suite à la longue période qu’il a passée en tribune.

Un autre changement interpelle : le choix de Van Gaal de placer Schneiderlin sur le banc au profit de Schweinsteiger. Sans doute a-t-il voulu placer deux joueurs de grande expérience pour cette confrontation à couteaux tirés. Carrick récupère le brassard de capitaine en l’absence de Rooney, et malgré la présence de Chris Smalling.

Enfin, Van Gaal accomplit le fantasme de tous les fans, ce que Marc Wilmots ne se permettrait même pas : en l’absence de Captain Rooney (blessé aux esquimaux-jambiers), il lance le grand coton-tige Marouane Fellaini en position d’attaquant de pointe.

MATCH

En première période, il ne s’est quasiment rien passé, à l’exception de nombreuses tentatives de centres vers la grande Touffe, qui étaient soit captés par Mignolet, soit repoussés par Skrtl l’homme consonne, et une possession assommante de la part de nos gagneuses.

Il est toutefois intéressant de s’y arrêter, étant donné que Van Gaal a jugé cette période comme la meilleure de notre équipe. Cette déclaration est forte à plusieurs égards, à commencer par le contrôlisme qui semble émerger du discours du boss : pour lui comme pour beaucoup, un match se gagne en premier lieu en possédant le ballon, soit. Là-dessus, rien de nouveau. Mais là où la tactique étonne, c’est qu’il s’agit presque plus de chercher à voir le match se débloquer de lui-même que de tenter activement de marquer. Ainsi, pour Van Gaal, il semble que le match ne puisse échapper à son équipe que par accident, à partir du moment où elle possède le ballon ; de même, l’équipe pourra tout autant marquer par accident.

J’admets que cette interprétation puisse choquer les fans, dans la mesure où elle présente le plan d’attaque de Louis comme une sorte d’attentisme contrôlé. Mais d’attentisme, il n’est rien ici : la machine à récupération mise en place depuis le début de saison n’a pas pour rôle de déglinguer violemment l’adversaire durant une phase de transition, mais bien plutôt de la faire plier à force d’insistance, sur attaque placée uniquement.

Or à ce jeu, Manchester a été brillant durant toute la première période, et si les buts n’ont pas suivi, l’on peut dire que l’attitude des joueurs a été d’une rigueur exemplaire : Liverpool n’a pas vu le jour, et a opposé une résistance très laborieuse, qui a rappelé l’impuissance de Tottenham l’année dernière.

Alors c’était pas excessivement spectaculaire, mais comme dans tout bon film dont le scénario se déploie sur une bonne heure durant le premier acte, nous n’avons pas été déçus par les péripéties qui ont suivi.

À la mi-temps, il ne restait qu’à Louis à sortir le maillon faible (Depay, entreprenant mais systématiquement coupé du monde par un Clyne seulement attentif à faire déjouer notre ailier), et à se délecter du spectacle.

En deuxième période, les tensions se sont envolées rapidement, avec le but de Blind (48e), qui a ajouté le terme de buteur à sa palette déjà bien complète : sur un coup-franc près de la surface obtenu par Young en plaçant un ptipon à Clyne (carton jaune au passage), Fellaini attire à lui seul toute la défense en zone débile de Liverpool, ce qui profite à Mata, qui glisse le ballon à ras de terre en retrait en direction de Blind, abandonné aux 16 mètres 50. La frappe du beau Néerlandais est limpide. 1-0.

Malgré une relance un peu ApoulaEdelienne de De Gea qui aurait pu amener Liverpool à égaliser s’ils avaient eu plus d’un joueur adroit sur le terrain, nos michetonneuses ont ensuite continué à contrôler le match presque trop tranquillement. Surtout, grâce à un Schweinsteiger des grands jours, qui semblait vouloir oublier un rendez-vous manqué avec Ana Ivanovic sur chaque ballon disputé aux Scousers, et à un Carrick au top, le milieu de terrain a ressemblé à un jardin d’enfants dans lequel deux animateurs expérimentés calmaient débonnairement les ardeurs de turbulents bambins gavés de calmants.

C’est justement Carrick qui glisse le ballon à Herrera d’une passe somptueuse derrière la défense à la 69e minute. Ce dernier s’écroule savamment dans la surface au contact de Gomez, puis transforme en force. 2-0.

Dans les dix dernières minutes, Liverpool réduit le score presque sans y croire, grâce à un but qui devrait rester dans le top 5 de la Premier League jusqu’à la fin de la saison, œuvre du Belge Benteke : sur un centre venu de la droite, Blind place sa tête pour dégager, mais son action se transforme en passe décisive pour l’attaquant Scouser, ce dernier plaçant une reprise acrobatique mesurée à 2 mètres 48 du sol, et chronométrée à 256 km/h. De Gea n’y voit que du feu, et Liverpool reprend espoir. 2-1.

Puis, au terme de quelques offensives désordonnées, Young transmet un ballon en apparence anodin à Martial, qui procède ensuite à l’achèvement de la bête blessée. Inutile de décrire à nouveau ce que chaque Français a du voir en boucle tout le week-end à la télévision, mais aussi à la radio et dans les journaux. Oui, la presse est parfois excessive, mais dans le chauvinisme, elle se surpasse toujours. 3-1.

LES NOTES

De Gea 3/5 : Une reprise tranquille pour celui qui ne devrait désormais plus quitter nos cages. Il ne peut rien sur le but sensationnel de Benteke, mais il nous a tout de même gratifiés d’une petite frayeur avec une relance bien axiale et bien foireuse en début de seconde période, juste après l’ouverture du score. Dans la minute qui a suivi, il a sorti une parade somptueuse, pour bien montrer qu’il est toujours le meilleur.

Darmian 3/5 : Match excellent sur son côté droit. Évidemment, il souffre de la comparaison avec Shaw ; toutefois quand ce dernier est un poil en dessous, on se rappelle à quel point l’Italien est un bon défenseur, et possède en plus le don de toujours proposer une solution offensive.

Smalling 4/5 : Pour notre plus grand plaisir, il continue sur la lancée de son excellent début de saison. Ayew lui a soufflé le trophée de joueur du mois pour août, mais le titre ne devrait pas lui échapper une nouvelle fois si ses performances restent les mêmes.

Blind 5/5 : Même s’il n’était pas mon chouchou, je ne pourrais pas lui mettre moins.

Shaw 3/5 : Son activité est toujours aussi étouffante pour l’adversaire, que ce soit quand il porte le ballon ou quand il vient le chercher avec fougue dans les pieds du malheureux qui a la malchance de lui faire face. Je crois que je ne réalise pas encore, car j’ai sa saison passée en mémoire, mais il se pourrait qu’il relègue Patrice Evra au rang de joueur lambda même dans le cœur des plus fervents supporters reds dans un avenir proche.

Carrick 4/5 : Le patron de notre entre-jeu fait partie de ces joueurs qui répondent présent dans les grands matchs. Une fois de plus, il n’a pas failli. Remplacé par Schneiderlin (72e)

Schweinsteiger 4/5 : Mort de faim, il a semblé courir sans cesse. Son entente avec Carrick reste encore perfectible, ce qu’il a compensé en montrant une volonté sans faille de porter le jeu vers l’avant. Il paraît de plus en plus affûté physiquement.

Mata 3/5 : Pas grand chose à se mettre sous la dent mis-à-part sa passe décisive sur le premier but. Sa capacité à garder le ballon reste néanmoins précieuse. Remplacé par Martial (65e)

Herrera 4/5 : Encore un gros match pour le Basque, qui semble pouvoir se reposer sur une assise à la récupération bien renforcée par rapport à la saison passée. Débarrassé d’une part de sa tâche défensive, il semble bien plus à l’aise en tant qu’accélérateur de jeu.

Depay 2/5 : La seule vraie déception de ce match. Malgré ses tentatives répétées pour atteindre Fellaini, il n’a pas réussi grand chose, et n’est pas parvenu à créer de différences en s’appuyant sur sa technique. Remplacé par Young à la mi-temps.

Fellaini 3/5 : Il a gambadé en attendant le bon centre, mais les défenseurs adverses avaient un plan pour lui. C’est donc dos au but qu’il a démontré ses qualités, en décrochant pour apporter un rôle de pivot dans lequel il est en revanche toujours très bon. En définitive, c’est plus son rôle dans la tactique de Van Gaal qui obtient une bonne note, que sa prestation réelle.

SUBS

Young 3/5 : Très bonne entrée de sa part : il est impliqué sur deux des trois buts de MU, et ses retours défensifs ont souvent été salvateurs.

Martial NN : Merci.

Schneiderlin NN : Entré pour faire le ménage et pour préserver Carrick, ce qu’il fait toujours très bien.

Bobby Carlton.

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

7 commentaires

  1. Non mais sinon j’ai vu que la 1ere mi-temps, l’instinct qu’on appelle ça. (Et le trajet en métro aussi accessoirement et le bar qui diffuse pas la seconde mi-temps)
    Bref c’était affreusement chiant comme première mi-temps. Catastrophiquement frustrant. Maîtrise ou pas, j’ai quand même du mal à m’y faire…

  2. Ah c’est sur que sans le deuxième acte, ca ne devait pas être très digeste. Pour filer la métaphore, c’est un peu comme regarder le début de Lost Highway et puis couper au milieu…je ne sais pas si cet exemple est le meilleur qu’on puisse trouver. Enfin, vous voyez l’idée.

  3. Faut noter Martial parce qu’il est français et qu’il a marqué, ou faut noter tout le monde qui joue ?

  4. Martial a enfin marqué depuis son transfert pour son premier match?

  5. @Octave : Je ne note pas un joueur qui a joué moins de 45 minutes, sauf rare exception.

    @Wayne : Non. Non.

    @Di Macron : oui.

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