Manchester United-Watford (1-0) : La Raide et Vile Academy ne fera pas de lâcher de ballons.

Salut à tous !

Luke Seafer est fatigué à la vue des prestations des rouges diablesses, cette saison. Quand bien même les derniers matchs ont été victorieux, l’équipe ne trouve pas son rythme de croisière (le seul qui lui convienne étant la victoire, pour rappel), et son niveau oscille entre très bon et très mauvais, à la manière d’un tragique Phil Jones partageant sa carrière entre prestations de grande classe et séjours prolongés à l’infirmerie.

Il est donc grand temps de soulager le maître de ces lieux d’une partie des charges qui lui incombaient autrefois, quand il n’avait alors pas pour tâche ingrate d’accueillir au seuil des Enfers la lie de l’humanité, lie qui harcèle actuellement la secrétaire pour obtenir un rendez-vous privilégié avec Satan (les candidats sont partout, il n’y a qu’à allumer sa télé pour en trouver. Luke n’en peut plus).

De mon côté, j’aurais du être un fidèle soutien, et je ne l’ai pas été beaucoup, cette saison. La vie d’un pimp est rare, chère, et bien souvent mâtinée d’embûches telles que les flics des mœurs pleins de zèle, filles faciles qui refusent de l’être, érections incontrôlées pendant une garde à vue suite à ingestion fortuite de viagra dans la soirée, pots de vins indécents exigés par les édiles du quartier pour fermer les yeux sur les petites nouvelles qui ne parlent pas encore français.

Du coup, les rouges diablesses ont profité que nos regards sévères se tournaient vers de sombres et prosaïques desseins, pour faire un peu n’importe quoi : dégringolade au classement, élimination en Ligue des Champions, recrudescence cataclysmique de blessures, « Van Gaal out » lancés à la volée sur les réseaux sociaux…

Alors, à défaut de pouvoir moi-même reprendre la main sur le cheptel (qu’est-ce que je peux, moi, au fond?), il me reste l’amour. L’amour de ce fier tricot frappé du rouge diable. De ce club qui fait encore vibrer, par moments, les cœurs impurs de ceux que la vie a déçus. Des ambiances de folie du mardi/mercredi/jeudi soir. Du travail bien fait. De Louis Van Gaal, aussi (non, Luke, pas les tenailles !!!).

Et bien sur, ce nouvel Hors-jeu, mon Satan, qu’il est beau ! Comment ne pas vouloir tout de suite s’en servir ?

 

LE ONZE DU DIABLOTIN.

 

Roulez jeunesse.

Comme depuis quelques semaines, Van Gaal n’a pas le choix : il doit composer avec les absences par milliers de ses suppôts habituels, et lancer, encore et encore, de nouveaux jeunes loups aux dents longues.

Parmi eux, Fosu-Mensah est le gagnant du jour, lui qui fête ainsi sa première titularisation en équipe première. Pour ceux qui lisent attentivement les acads’ plutôt que de se révolter dès qu’elles contiennent un peu de gros mots, vous vous souvenez certainement que votre serviteur, toujours attentif à l’état du harem, vous en avait déjà parlé (brièvement) ici.

Sinon, on a du classique : Memphis la brute devant Rojo le goujat à gauche, ce qui force Martial à prendre l’aile droite (crime de lèse-football), et Rashford en pointe. Inutile de vous présenter notre star internationale.

LA SÉANCE DE TORTURE.

La première période est un authentique supplice chinois, comprenant pêle-mêle d’insupportables errances tactiques, des erreurs défensives minables, des combinaisons offensives inoffensives…Fosu-Mensah se fait sévèrement bouger dès l’entame, et non content de mettre ses copains de la défense en danger, écope d’un jaune dans les dix premières minutes. C’est ensuite Blind qui fait preuve d’une fébrilité peu commune, avec notamment des relances plus foirées que le lancement de la Wii-u, ou d’incompréhensibles hésitations (certainement qu’il se demandait à certains moments ce qu’aurait pensé son père de ce pressing), qui ont la fâcheuse conséquence de nous faire pleurer la pénurie de sous-vêtements propres à venir sous peu dans le Haut-château des enfers.

Seul homme au niveau, et je vous le dis sans chauvinisme, Morgan Schneiderlin s’acharne à tenter d’extirper notre relance du pressing de haute intensité de nos adversaires. Seul, sans l’aide d’un Herrera perdu sur le pré car toujours pas à son poste. Il s’en sort si bien qu’il tente même une volée spectaculaire sur un renvoi dans l’axe sur corner. La balle passe malheureusement à côté, privant notre milieu d’amour du but de l’année.

Le bilan à la pause est piteux : si on ne peut réellement déplorer d’avoir ouvert le score (il aurait fallu se créer des occasions, pour ça), on peut en revanche se féliciter d’avoir de fieffés maladroits en face, parce que tout le monde avait bien compris, comme les Français, que si notre défense disait non, c’est qu’elle voulait dire oui, en fait.

À la mi-temps, on ne sait pas trop ce que trouve Van Gaal pour remotiver les troupes, mais on se doute que la menace de renvoyer cette bande de jeunes pleutres en réserve doit bien faire marrer tout le monde, contrairement à l’époque de Victor Valdes. Ben oui, à l’époque, la réserve ne jouait pas à Old Trafford dans le championnat pro…

Toujours est-il que nos bêtes à cornes se réveillent un peu les cuisseaux, et se mettent même à se procurer quelques occasions. Pour autant, Watford reste dangereux, et encore une fois, on se félicite plus de leur finition digne de Gaston Lagaffe que de l’efficacité de notre défense.

La délivrance arrive au terme d’un rush un peu chanceux de Martial, et du croc-en-jambe qui s’ensuit, la faute occasionnant un coup-franc à l’entrée de la surface adverse. Memphis et Mata prennent position autour du ballon, le public se cache les yeux dans un facepalm collectif, occasionnant la plus grande auto-claque collective de l’histoire d’Old Trafford, à l’idée que le Néerlandais gratifie encore la nation rouge d’un de ses désormais légendaire air ball. Et surprise, c’est Mata qui tire. Et le petit rabouin en profite pour expédier un missile téléguidé en pleine lucarne, chose esthétiquement trop intense pour le fan mancunien, qui avait perdu l’habitude.

1-0, le score en restera là, et à la honte succédera bien vite un franc soulagement, surtout au vu des résultats globalement plus catastrophiques les uns que les autres de nos concurrents directs pour les places européennes. Le titre ? Quoi le titre ? Oh vous savez, nous, depuis David Moyes, on a appris à jouer profil bas, sur ce sujet…

LES NOTES.

De Gea 4/5 Il ne faudrait pas oublier que David est toujours impérial dans ses buts. Toujours.

Varela 2/5 Vif et enthousiaste, il est cependant encore probablement trop chien fou pour s’imposer. Il s’est beaucoup jeté, obligeant Martial à jouer très bas.

Fosu-Mensah 2/5 Sévèrement malmené par le pressing hargneux des attaquants adverses, qui ont tout misé sur son inexpérience. Il ne s’en est tout de même pas mal tiré, et a profité de leur baisse de régime à l’heure de jeu pour finir le match tranquillement.

Blind 1/5 Une fébrilité inhabituelle, lui qui donne toujours l’impression de jouer détendu. Daley a montré ce soir qu’il n’avait pas encore l’étoffe d’un patron, quand bien même il peut être un complément salvateur en présence d’un vrai pilier défensif.

Rojo 2/5 Confond toujours don de soi et surrégime. Semble vouloir sortir blessé à chaque match. Remplacé par Darmian (70è).

Herrera 2/5 Bien paumé pendant toute la première heure de jeu, et trop attentiste quand il fallait redescendre aider à la relance. Son poste de 6 ne lui convient pas vraiment, et c’est bien dommage quand on connaît le talent du bonhomme.

Schneiderlin 3/5 Homme fort du milieu, il n’a pas eu le choix de se sortir les doigts étant donné qu’il était livré à lui-même pour couper les transmissions et s’occuper en même temps de la relance.

Mata 4/5 L’homme qu’il fallait pour nous sortir de ce mauvais pas. Le petit, septième capitaine différent de la saison pour l’occasion, a produit un match plein, réussissant plus ou moins à s’adapter au rythme de la rencontre tout au long du match. Son coup-franc majestueux vient couronner une prestation solide. Remplacé par McNair (88è)

Martial 3/5 Pas de son côté, d’ailleurs ce n’est pas un joueur de côté, même s’il est assez fort et rapide pour y jouer bien (Cette phrase dit tout et son contraire). A eu bien du mal à percer, mais a fait preuve de généreux efforts dans le repli défensif. C’est quand même grâce à lui qu’on gagne, alors hop : la moyenne.

Depay 2/5 Seul homme à refuser de se blesser cette saison, Memphis est encore beaucoup trop brouillon, et semble parfois régresser à la finition (cette première frappe directement en touche, franchement, respecte toi, mon vieux !). À sa décharge, c’est toute l’équipe qui est passée à côté, et on le sent quelque peu sur une pente ascendante.

Rashford 3/5 Rapide, insolent, techniquement fiable, l’état de grâce se poursuit pour le jeune Marcus. Même s’il a confirmé qu’on ne pouvait légitimement exiger de lui un doublé à chaque match.

SUB ATOMIQUES :

Darmian 2/5 Un inconscient qui remplace une brute. Pourquoi pas…

Lingard NN Le coup de poker de Van Gaal, qui aime bien finir avec uniquement des attaquants sur le terrain. Pourquoi pas…

McNair NN Faire rentrer un défenseur de formation juste pour féliciter Mata, au risque de bouleverser l’équilibre déjà bien précaire de l’équipe dans les dernières minutes, le tout alors qu’on mène au score de manière totalement inespérée ? Pourquoi pas…

Au prochain match, nos gagneuses se déplacent sur le terrain du West Bromwich de Darren Fletcher. Ou la perspective d’une analité brutale. D’ici là, gloire à Satan, et à Louis Van Gaal (qui sont, il paraît, une incarnation l’un de l’autre).

Bobby Carlton

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

4 commentaires

  1. Magnifique commentaire sur la perf de Martial. Je suis content de ne pas avoir Canal, pour ne pas entendre se cher Stéphane Guy pratiquer l’onanisme devant les perf de Rashford.

  2. Il faudrait lancer un concours pour aider ce bon Stéphane à trouver de nouvelles périphrases et/ou de nouveaux épithètes obsessionnels pour tous les jeunes que Van Gaal a lancé, ces derniers temps.

    Après « l’infernal Wayne Rooney », « Sa majesté Van Persie », « le Golden Boy Martial », il serait de bon goût de l’entendre s’extasier sur les courses de « Varela le Véloce », la puissance physique de « l’Abyssin Fosu Mensah » ou des gestechniques spectaculaires du « nouveau Ashley Young » Jesse Lingard…

    D’ailleurs, je ne l’ai pas entendu depuis longtemps, il en a peut-être de nouveaux ?

  3. Vous riez, vous raillez, mais il y a de l’Homère en Stéphane Guy, avec toutes ces épiclèses!

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