Metz – Lille (3-2) – La Metz Que Un Club Académie tue le chien
La furia lorraine.

Et toujours cette même sensation. Même des années après. On a beau être habitué, rodé, accoutumé, rompu même à ces journées si particulières, elles nous conduisent toujours au même état second. Celui de l’allégresse, de l’appréhension, de l’exaltation, de l’abandon de soi-même. Fini les tracas quotidiens, au revoir femme et enfants, plus rien d’autre importe. C’est ce genre de journées que l’on a refait 100 fois dans sa tête, on l’on répète les mêmes gestes porte-bonheur, on l’on enfile son maillot favori, on l’on réfute même la proposition de coït impromptu avec Madame. Rien ne doit éconduire ces 90 minutes de bonheur.
Car ce weekend, l’Europe du football a repris ses droits. Un mois après une finale qui nous a tous laissé les dents sur le trottoir, revoilà le sport roi. C’est bien beau de regarder des heures durant, l’œil hagard, tout un troupeau de gentilés sur deux roues qui vous font découvrir la France profonde, le plus discrètement chargé remportant la course. C’est certes divertissant tous ces sports d’épée, de gym, de canoë-palindrome, et de water-poney diffusés à des heures indécentes. Mais rien ne remplace le ballon rond. Rien n’altère la divine sensation du premier coup d’envoi de la saison. Rien ne supplante les premières brimades envers la mère de l’attaquant adverse. Oui, le football est de retour, enfin.

Metz Que Un Match : FC Metz – LOSC
Après avoir vérifié la date, le jour de la semaine et l’heure, il n’y pas plus de doute possible. Un samedi, deux semaines après la reprise de la Ligue d’Eux, à 20h. Nous sommes bel et bien en Ligue 1. Une part d’hésitation était encore possible quand on souvient les circonstances de la montée. Mais non, le Meilleur Club du Monde et de Lorraine retrouve bien le sommet du foot français. Et c’est avec l’excitation d’un chaton sous acides que votre serviteur prend la direction de Saint-Symphorien, maillot du Légendaire Capitaine Proment sur les épaules.
Pour cette première, un client plus lourd que gros se présente dans la citadelle Grenat : le LOSC, son entraîneur chauve et son attaquant briseur de finale. Des Dogues aux abois après une humiliante sortie prématurée face à une pauvre équipe azérie venue des confins du trou de balle de l’Europe de l’Est, qui ont donc déjà à se racheter. Un contexte qui laisse à penser aux optimistes (soit 0% des membres actifs du forum officiel) qu’il y a de la place pour faire mieux qu’insulter cette grande salope d’Eder.
L’équipe :

Le Hinsch’ nous envoie un quatuor offensif tout nouveau tout beau en l’absence de Kéké Lejeune. Ce premier match va servir de révélateur quant au niveau de nos nouveaux artilleurs. Renaud Jason Cohade Statham vient solidifier le milieu aux cotés du Cheick. Défense totalement expérimentale avec un Rivierez qui profite de la blessure de Signorino, Balliu glissant à gauche. A suivre également l’axe Milan-Falette, pour leur première ensemble.
Pas de Vincent Thill dans le groupe, le futur Ballon d’Or Luxembourgeois et ses 16 ans sont pour l’instant encore préservé des joutes professionnelles.

Le Match :
Douce soirée d’été, où un peu plus de 17 000 places ont trouvées preneurs. Les kops s’échauffent sur Eder chaque fois qu’il touche le ballon à l’échauffement, une odeur de saucisse flotte dans les travées, la pelouse est dans un état parfait. Tout est là pour passer un bon moment de football. Cette grande tanche de speaker n’a lui pas non plus oublié d’être présent, rappelant à l’assemblée par ses diarrhées verbales qu’il n’est toujours pas capable d’animer ne serait ce que le marché de Fameck. Pas synchro avec l’écran géant, se plantant dans les noms et/ou les numéros des joueurs, tentant de s’approprier les chants des supporters, il a semé un malaise permanent à chacune de ses interventions.
Le match démarre doucettement, les Lillois prenant le jeu à leur compte. La première chandelle de Milan intervient très rapidement, nous rappelant que la Ligue 2 n’est pas si loin derrière nous. En face, le jeune Rony Lopes nous montre qu’il n’est pas venu pour poser de la moquette. Ses dribbles tétanisent la défense, et il n’est pas loin d’obtenir un penalty en s’effondrant dans la surface au 1/4 d’heure de jeu. La réplique Messine se fait par Mevlut Erding, qui manque le cadre après son 17e crochet. Une série de corners et coup francs nordistes tend de minute en minute un peu plus nos slips, nos seuls tentatives se résumant à de longues ogives en direction d’un Mevlut assez percutant et mobile, mais encore impuissant.
Rony Lopes, encore, fait salir à la 32e minute quelques sous-vêtements avec une frappe aux 20m qui frôle le poteau de Didillon. Puis intervient un grand moment de relâchement anal en défense, lorsque Palmieri trouve d’un centre bien ajusté un Rony Lopes, toujours, seul et qui n’a qu’à conclure d’un plat du pied sécurité (0-1, 35e ).
Dieudillon nous préserve de rentrer au vestiaire avec une deuxième cartouche dans le fessier, en s’employant joliment à sortir une tête de ce grand con d’Eder. Yann Jouffre, fort d’une prise de tête avec les trois neurones de Palmieri, a montré entre temps qu’il n’est pas venu sur les rives de la Moselle pour se laisser marcher sur les couilles. Le public apprécie.
L’arbitre met un terme à une première mi-temps fadasse, qui aura vu 11 Messins timorés subir le jeu lillois et la fougue de Lopes.

Notre berger Hinsch’ a dû savamment beugler à la mi-temps, tant ses ouailles reviennent sur le pré avec de nouvelles intentions. Jouffre repasse dans l’axe en soutien d’Erding, tandis que Mollet glisse sur la gauche. Nguette sort de sa torpeur et fait parler sa vitesse pour servir Mevlut, qui fait cadeau du ballon à la tribune Est. On frise encore la correctionnelle quand Civelli reprend à la 51e un corner de la tête qui vient s’échouer sur la barre. Puis enfin la foudre. Balliu, profitant d’un bon décalage de Doukouré sur l’aile gauche, adresse un amour de centre à un Mevlut qui n’en demandait pas temps pour éclater la virginité d’Enyeama (1-1, 56e ).
Le match s’emporte. Lopes continue à nous faire l’amour sur le côté droit, mettant chaque fois en exergue le talent de Didillon dans les cages. Les appels d’Erding, régulièrement récompensés par une longue galette de Falette, se montrent de plus en plus dangereux. Le tout jeune Nicolas Basin remplace Balliu côté droit pour son dépucelage et son tout premier match en pro à la 64e . Quelques minutes plus tard, la défense messine synchronise quatre AVC et laisse tout le loisir à Lopes de reprendre un centre de ce bel enculé d’Eder (1-2, 71e ).
Le Hinsch’ envoie ses cartouches offensives, avec l’entrée de sa nouvelle mobylette, le Sénégalais Ismaila Sarr, en lieu et place de Mollet. Pour un résultat immédiat. Sur un bon ballon en profondeur de Basin, Sarr fait parler sa vitesse et viendra se faire faucher par Corchia en pleine surface, provoquant un penalty. Mevlut ne se fera pas prier et fera exploser St-Symph pour sa seconde égalisation du match (2-2, 75e ). Le Turc est remplacé à la 81e par Diallo, sous une ovation bien méritée. Tout peut alors basculer. Les Lillois se chient dessus sur chaque contre des flèches Nguette et Sarr.
Le coaching du Hinsch’ s’avère payant une nouvelle fois, puisque ce même Diallo parfaitement servi par Cohade vient se faire cueillir par Enyeama dans la surface, pour un second penalty. Jouffre nous donnera un avantage définitif en ouvrant à son tour son compteur but et en ajustant le gardien Dogue dans un St-Symph’ en ébullition (3-2, 88e ).
4 minutes de temps additionnel plus tard, le public peut relâcher son sphincter et exulter. Le Graoully triomphe du Dogue. Mention spéciale au public bouillant qui aura violenté Eder tout le match.

Metz Que Des Notes :
Didillon (4/5) : S’il prend deux buts, c’est surtout parce qu’il a curieusement été abandonné par sa défense. Impérial dans plusieurs de ses parades, on le veut comme ça tout la saison.
Rivierez (2/5) : Quand la vie t’offre un citron, fais une citronnade. C’est ce qui t’attend bientôt, les citrons, si tu hausses pas ton niveau de jeu et n’apporte rien d’offensif, mon bonhomme.
Milan (3-/5) : Il avait un peu la tête dans le Guido(n) pour sa reprise. En témoigne sa catatonie sur le premier but Lillois. Oublie pas qu’on cherche encore un DC Guido, ta place va valoir cher.
Falette (3+/5) : Une belle première. Contenant assez bien cette salope géante d’Eder, il a également montré qu’il pouvait casser la première ligne ballon au pied, en allant chercher Erding de ses longs ballons. A confirmer.
Balliu (3+/5) : Pas sur son côté de prédilection et le fion éventré par Lopes, il a quand même fait ce qu’on lui demandait l’année dernière : Monter pour apporter le surnombre et le danger. Ca paye, puisqu’il est à l’origine de l’ouverture du score Messine.
Basin (3/5) : Pas évident de le lancer contre Lopes, mais le minot a tenu son bout de match. Mention pour le bon ballon à l’origine du premier péno.
Doukouré (2+/5) : Très emprunté, le costume du meneur au milieu est encore un peu large pour lui. Sa première mi-temps est un é-Cheick. Le replacement de Jouffre dans l’axe lui a profité en seconde période.
Cohade (3+/5) : Que c’est bonheur de voir un milieu de cet acabit sous nos couleurs. Agressif sur le ballon et intelligent dans le placement, il devrait casser un bon paquet de testicules dans l’entrejeu cette saison.
Jouffre (3+/5) : Il est monté en puissance durant tout le match. Combatif, il a une grinta que l’on n’avait plus aperçue depuis longtemps à Metz. Et par dessus tout, il nous donne la victoire. Cœur sur toi Yann.
Mollet (2/5) : A donné l’impression de marcher tout le match sur des œufs, Mollet. Il était plus à l’aise sur le côté gauche, mais va devoir prouvé qu’il vaut mieux que ça.
Sarr (4/5) : Encore un gamin sénégalais totalement cheaté. Un jour, quelqu’un finira par découvrir qu’on les nourrit aux OGM dans un réacteur nucléaire. Sa vitesse est décoiffante, il va en mettre plus d’un en slip.
Nguette (3+/5) : Timide en première, il s’est sorti les doigts en seconde. Avec Sarr, nous avons deux superbes flèches. Reste à trouver un arc.
Erding (4/5) : Quoi de mieux pour se mettre St-Symph’ dans la poche qu’un premier doublé ? On est loin des caravaniers Falcon, Mayuka ou Bekamenga. Ici, on a du décrochage, de la vitesse, des appels intelligents. Et franchement, ça fait du bien.
Diallo (non noté) : Je ne le note pas pour ces dix petites minutes sur le pré, mais il mérite un gros câlin d’amour noir pour avoir provoqué le second péno.
Coach Hinschberger (4/5) : Personne n’a trop compris ce que foutait Jouffre sur un côté au coup d’envoi. PH, pas neutre, s’est bien repris à la mi-temps en le faisant passer dans l’axe. Ses changements ont fait mouche, il tient sa première victoire en Liguain, pour sa première tentative.
Un retour réussi, une superbe ambiance, des recrues buteurs, Nancy qui se fait refaire l’anus. C’est une première journée somptueuse. Tâchons de ne pas avoir trop l’air de touristes dans une semaine, au Parc des Princes.
Kast & Deuch
Merci beaucoup pour cette belle académie.
Merci.
Ca manque toutefois d’un peu de piquant par rapport aux acads de la saison dernière.
C’est la reprise, je suis encore de bonne humeur. Nul doute que ça arrivera bientôt.
Oui, le football est de retour, enfin.