Montpellier – Monaco (2-3) : La Paillade académie casse tout dans la piaule

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À un certain moment, dans le sens où le moment est sûr d’être installé sur votre fauteuil, les arpions tournés vers l’âtre pour se réchauffer les orteils, eh bien, à un certain moment, on n’est plus très sûr que le marasme soit à son paroxysme. On se demande d’ailleurs comment il a bien pu monter si haut, si tant est qu’il soit un jour descendu chercher une bouteille à la cave pour se la descendre sous vos yeux et vous la fracasser sur le crâne ensuite.
Et donc, quand ce moment arrive, vous n’êtes pas certain de pouvoir vous contenir, parce que, décidément, vos nerfs n’arrivent pas à se faire à l’idée que le marasme est là, goguenard, à dégueuler sur votre tapis, torchon chiffon carpette. On ne devient que plus las devant la grande décarrade des jours ensoleillés. Pourquoi fuient-ils ? Vers où ? Premièrement, ils se taillent parce qu’on ne les a pas retenus, c’est pourtant simple et deuxièmement, il se carapatent chez ceux qui voudront bien leur aménager un petit coin où ils puissent se la couler paisibles.

Dans le Clapas, c’est bien connu, on n’a pas forcément de quoi se plaindre question ensoleillement. Il fait même plus de 25°C à l’heure où je vous écris ces quelques mots, chers connards. Mais, le soleil dans nos cœurs est-il pour autant de mise ? Pendant plus d’une heure et demie, ce jeudi, plus ou moins.
Que dire d’abord de cet instant un peu hors du temps, hors même de notre galaxie, un peu du fond de la nuit. Que dire de ce corner BIEN FRAPPÉ, repris par le gigoteur de Samba en chef, arrêté sur sa ligne par C’est Basique, puis, puis…. expédié au fond des filets par DANIEL CONGRÉ, PUTAIN, DANIEL CONGRÉ. Si mes souvenirs ne me font pas défaut, je crois bien avoir prononcé une phrase de la sorte :  » Si un jour quelqu’un m’avait dit que le salut viendrait de Daniel Congré, ce quelqu’un aurait fini au fond de la Mosson. » Il ne me restait plus qu’à me mettre en culottes courtes et à y plonger moi-même, avouant ma défaite, mon désarroi, mais aussi ma joie, mon soulagement et mon envie de durée.
Et paf, sans plus attendre, sans laisser à ma chamade le temps d’un break, le temps d’un kit-kat, le temps qui court, un autre coup de pied arrêté vint heurter le dos de Guido, pour finir dans le but. Et oui mémé ! La Mosson explose, la Mosson voit le bout du tunnel, enfin !

Et puis, finalement, nous n’étions que d’habiles pâtissiers. Nous avions monté un magnifique soufflé. Les strates de la descente, étapes douloureuses de réduction du gâteau, et du score, vinrent poignarder le banc montpelliérain, dont l’équipe retrouvait patiemment et scrupuleusement son niveau défensif faiblard et son placement affolé entre les phares des berlines monégasques. Oui, mais nous tenions, nom de nom ! Nous plantions nos escopettes droites contre nos jambes, prêts à faire feu de tout bois si un principautier tentait de venir glisser ne serait-ce qu’un orteil entre nos lignes.
Et puis, ah hélas et puis, un ultime ballon parvint à franchir les tranchées en les sautant, et elles, consentantes, regardaient le nez en l’air le cuir les franchir. Et puis, dans un sursaut de fierté, elles fermèrent les jambes, mais il était trop tard. Alors, le pompier de réserve en sortit et voulut tout rattraper tout seul. Ligali parti en galipettes et s’échoua contre la jambe d’un ennemi. Halte-là ! fit le pape jaune, vous avez fauté ! Réparation en la surface, sonnez le pénaltus !

Ah ce moment certain où l’on est sûr que le marasme durera encore quelques jours…


Notes :

Ligali, 2. C’est quoi cette sortie de pintade à la 93eme ?

Roussillon, 3. Oui tu centres, c’est pas mal, mais tu peux aussi défendre, ce serait pas du luxe.

Hilton, 3. Dans son vieux pardessus râpé, il s’en allait l´hiver, l’été, dans le petit matin frileux, mon vieux.

Congré, 2. Tu t’es senti mal après avoir amorcé le sauvetage, il fallait donc que tu passes au sabordage ?

Deplagne, 2. Ah ça pour gigoter, y a du monde. Bensebaini entra pour foutre le boxon dans l’organisation de l’équipe.

Rémy, 3. Vraiment pas dégueulasse, sauf une passe ou deux, en passant.

Dabo, 4. Et ouais, Sanson recommence à courir.

Martin, 2. C’est, comment dire, c’est, eh bin c’est non. Deza te remplaça, remuant ses guiboles sans marquer de goal.

Boudebouz, 2. Alors là aussi c’est, eh oui c’est ? C’est ? C’est de la merde (sauf sur CPA).

Bérigaud, 2. Y a vraiment des mecs qui t’ont surnommé Berigol ? Berigogol ouais. Camara qui te supplée, joker plus Jus Léger qu’Heath Ledger.

Yatabaré, 3. Yatabababaré dans ma tabatière, Yatababaré mais t’en auras pas.


Un ivre, un jour

Désormais, chaque académie se clôturera avec le regard un peu flou d’un membre d’horsjeu sur le club de Montpellier. Expression libre, expression ivre, sans tabou ni censure.
Aujourd’hui, place à un Parisien qui aime le train, la coke et Faudel, roi du 1,2,3 soleil catégorie mal-voyant, il a gagné bien (trop) vite ses galons sur Horsjeu, voici Capitaine Raï, locomotive à soucoupes garantie sans pour sans hallal.

Mon train arrive enfin, non sans retard en gare de Montpellier. Il est 9h49 du matin, autant vous dire qu’on s’est levés tôt pour assister ça ce spectacle. Les enfants ont du mal à cacher leur excitation « on va vraiment en voir ? » me demande le plus grand. « Oui, bien sur mon chéri ! Et dans leur habitat naturel en plus ! ». Les yeux du petit pétillent, impressionné lui aussi par le spectacle à venir. Quelle réaction vont avoir ses copains quand il leur racontera ce qu’il a vu ? Il s’imagine déjà une photo avec l’un d’eux pour le prouver à Théo, 7 ans, son camarade de classe « Eh ben c’est même pas vrai d’abord ! Mon papa me dit qu’il n’y en a plus en liberté et en plus il a plus raison que le tien d’abord ! »… vivement qu’il lui cloue le bec à ce petit morveux.

On arrive enfin place de la Comédie après avoir marché un bon quart d’heure sans en croiser un seul. J’annonce aux enfants qui commencent à s’impatienter « on s’arrête prendre un café ! ». Le grand, l’air déçu me dit : « Mais papa, il n’y en a pas ici ! On va les rater si on s’arrête ! »… Qu’est-ce que ça peut être naïf un gamin à cet âge… A peine assis à une table, un garçon de bar arrive « un café et deux jus d’orange s’il vous plait. Les enfants, vous voulez des croissants ? » Demandais-je. « Oui Papa ! Mais vite, on va les rater ! On aura fait toute cette route pour rien ! » Se plaint le petit. « Ne vous inquiétez pas, ils vont arriver bien assez vite, vous verrez ! ». Le Garçon me répond « Vous venez aussi pour les voir ? Ils font notre fierté ici vous savez ! Si vous avez de la chance, dès que j’aurai le dos tourné ils arriveront ! Vous avez de la chance en plus, aujourd’hui ils prévoient beau temps et généralement dès que le soleil pointe le bout de son nez, il y en a partout ici ! ». Voilà les enfants rassurés !
A peine le garçon parti préparer notre commande qu’en voici un. « Les enfants ! Regardez ! ». Impressionnés, ils restent bouche bée devant ce spectacle, les voilà debouts, face à notre table ! Quelle chance… « Z’avez pas une petite pièce s’vou plait ? C’est pas pour moi, c’est surtout pour les chiens. ». Un punk à chien, un vrai…
Je sourie… La journée est une réussite, les enfants en garderont un souvenir inoubliable, pendant que moi je garderai la soucoupe du café.

Quand j’y repense, c’est dingue à quel point il ressemblait à Geoffrey Jourdren ce Punk à chien… 

Capitaine Raï


C’était son frère, parole, Capitaine.

Le bisou vigneron,
Marcelin Albert.

 

 

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