Montpellier – Valenciennes (0-0) : La Paillade Académie ivre ses notes
On purge mémé
Il était où le gentil ti Youki
Où il était le gentil ti toutou
Il était où hein il était où
Où il était le gentil ti Kiki
Rendre gorge, ne voilà pas une mort décente ? Sentir sa jugulaire tranchée dans le vif, là, sur le pré du duel, aux yeux de tous. Et tomber, les genoux claquant tendrement sur l’herbe verte, doucement, sans un bruit. Suffoquer seulement sur la fin, lorsque les étoiles ravissent enfin les paupières et entendre au loin une comptine. Un deux trois nous croisons les doigts, quatre cinq six pour que serve Courbis.
J’ai eu la morne impression d’être un chat, asservi par ses cycles, partant mollement dans le jardin pour y bouffer deux trois herbes racleuses. Et se purger. Voilà. Moi c’est samedi que je suis sorti par la porte de derrière pour aller me purger. Samedi, 20h, j’ai dégusté les chiendents les plus flasques pour que mon estomac se lave des immondices accumulés en attente de digestion. Et j’ai rendu gorge de ces aliments putrides, adossé à mes waters comme à un zinc de balto. À côté, sur le sofa, mes comparses de chambrée avaient invité toutes les perruches de leur entourage pour piailler allègrement en bouffant des graines.
– Alors tu comprends, dès qu’elle a su que le sosie de Michel Delpech la trompait, elle l’a tout de suite plaqué pour celui de Johnny.
– Excusez-moi mais de qui parlez-vous ?
– De ma mère.
Ainsi je tentais d’alterner entre discussions des plus étranges et ce match qui devait me nettoyer le tube digestif. Malgré son importance capitale en vue du maintien, cette partie s’est doucement transformée en une réunion du Jokari Club de Sainte-Croix de Quintillargues, et ce n’est pas sale. Comment, me direz-vous ? Je n’oserai m’avancer en vous bricolant une théorie fumeuse à grands coups de moulinets avec les bras. Seulement, je m’étonne, je m’estomaque, je m’espante. Je ne demandais certes pas du grand spectacle façon Toto le phoque qui joue avec ses crottes de nez au cirque Pinder, mais tout de même ! Un peu de jus, d’hydromel 1er prix ! Une salsepareille bon marché pour mes mirettes ! Et qu’est-ce que j’ai eu ? 11 bonshommes pas capable de cadrer une frappe, tout juste bons à enfiler des nouilles autour d’un boyau de phacochère, si c’est pas une plaie ça, nom d’un panier à cacas de suricate !
Et pourtant ce n’était pas les intentions qui manquaient. Tiens, les intentions ! Si on les suivait à chaque fois, on se retrouverait avec « néké-ème », comme dit mon grand-père, à la tête du plus gros bourg de l’Hexagone ! On a la possession, on a les occasions, mais pas les larrons. Et c’est la foire. Aux olives même. Face à une équipe de Valenciennes qui tendait à chaque instant vers la fanfare de Tresques en visite champêtre, il fallait concrétiser. Et ne pas laisser le champ libre à la vadrouille joyeuse des cueilleurs de champignons qu’on se coltine en défense, surtout sur les coups de pieds arrêtés où, encore une fois, le marquage laissait à désirer. Qu’est-ce que c’est que cette ligne de pintades boulonnées au sol qui coulisse d’avant en arrière, sans ce préoccuper une seconde des attaquants ? Vous vous croyez au Lunaparc de Palavas-les-flots ? Pour parler de l’animation offensive, il faudrait d’abord dire à Monsieur Mounier de se reconvertir dans celle de la fête de la châtaigne de Saint-Pons-de-Thomières, ça lui fera des sous pour prendre le bus et nous de la farine moitié prix. Mais je ne sombrerai pas dans une analyse au cas par cas, ce serait la porte ouverte à toutes les fenêtres. Je remarque simplement qu’il va falloir penser sérieusement à mettre les bouchées doubles. Pour ne pas finir la saison avec une pénurie de slips sur tout le Clapas. Et si Stambouli se blesse ? Et si Sanson baisse de régime ? Et si Jourdren redevient simple merlan ? Et si Congré finit sa thérapie avec Rolland ?
Question offensif, il faut tout de même parler de quelques faits de jeu qui, je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils ont faussé le match, auraient pu changer le cours des choses. Tout d’abord le choc entre Novaes, le cousin négrillon de Guy, et Niang. Moi je suis désolé, j’ai déjà vu des défenseurs se faire sanctionner sur un tacle où ils touchent d’abord le ballon avant d’emporter le mec sur son passage. Sur cette action, je m’interroge : un gardien qui vient boxer la balle juste sous le pif de l’attaquant et qui en profite pour dézinguer celui-ci, on fait quoi ? Monsieur Kalt n’a pas jugé bon de siffler, je ne vais pas dire que je le respecte, je pose simplement la question. Mais quand deux minutes plus tard, toujours sur Niang, monsieur Tagueulemachère arrive sans se préoccuper du ballon pour nous foutre une deuxième fois en l’air notre Michel Vaillant des tropiques, là je dis non. Non monsieur Kalt, il faut protéger le joueur, tout noir et stupide qu’il soit. Surtout que Niang avait une possibilité de reprendre la balle. Et pour finir, sur ce fameux but inscrit par Camara mais invalidé pour hors jeu, je me tairais parce que je ne vois rien et parce que Souley est moche.
En résumé, un match chiant, un résultat qui l’est tout autant, et des nuages noirs qui viennent du Nord colorent la terre les lacs les rivières c’est le décor (putain ma sardouïte revient, vite mon traitement à base de Wati B).
Les notes :
Jourdren (3/4) : il a eu chaud au cul sur la reprise de Pujol. À part ça, pas tellement de travail.
Deplagne (2/5) : une belle tête de con, avec son air ahuri qui cherche à différencier son cul de sa ganache. Et tes jambes babael, tu veux pas t’en servir ?
Stambouli (5/5) : monsieur. Patron. Taulier. Big boss. Le capitalisme sauvage appliqué au terrain.
El-Kaoutari (2/5) : je vais te les couper tes mains, fadoli, tu pourras plus y mettre des gants au printemps.
Tiéné (3/5) : c’est pas dégueu, il manque juste un peu de football dans cette forêt noire.
Martin (3/5) : unijambiste cacochyme un jour, humanoïde articulé le lendemain. La médecine fait vraiment des miracles.
Saihi (2/5) : un peu à la ramasse, ce qui est normal dans son processus de reprise. Par contre, on joue le maintien donc fous le toi au cul ton processus et va sur le banc.
Sanson (4/5) : obligé de rester dans l’axe pour protéger Jamel en rade. Mais il a déployé ses ailes de bâtard à bec rouge pour tuer les tentatives adverses dans l’œuf.
Cabella (3/5) : c’est la réforme des statuts ça. C’est un beau métier intermittent, mais tellement fragile.
Mounier (3/5) : ses salamalecs de lémurien passent de temps en temps. Mais de l’esprit, alo’s ca zé’o hein.
Niang (3/5) : se fait secouer deux fois les plumes, la première aurait pu être fatale. Caramba encore raté !
Sont entrés en jeu (pour la beauté du geste) :
Camara : Moi y’en pas horsjeu missié, moi y en a derrière.
Deza : Hé Zean, zé fini là ! -Deza ?
Le bisou vigneron,
Marcelin Albert.