OM-Angers (0-0) : La Canebière Académie est confinée

Aïoli les sapiens,

Savons-nous gagner contre les petits ? Savons-nous gagner contre les gros ? Savons-nous gagner contre les clubs en crise ? Savons-nous gagner à l’extérieur ? Si l’on en croit nombre de médias, chacun de nos matchs est un « test », un révélateur de l’état de santé de l’équipe. Ce n’est plus un championnat, c’est une prophylaxie d’acteur porno.

Et pourtant, on serait bien tentés de dire ce soir que ce match contre Angers peut s’avérer riches d’enseignements cruciaux. Si nous arrivons en effet à battre ces champions de l’imbitable privés de notre atout-maître Dimitri Payet, il n’est pas exagérer de dire que le chemin restant vers la Ligue des Champions sera une aimable randonnée.

Bien évidemment, il n’en a rien été, et la pauvreté de notre jeu a fini par trouver sa (modeste) sanction. Si notre matelas de points s’avère encore confortable, une mauvaise série dans les matchs délicats qui s’annoncent n’en rendrait pas moins notre fin de saison slipométrique. A ce titre, plus encore que le tour de coupe mercredi, le prochain déplacement à Bordeaux aura véritablement valeur de test[icule.]*

*NDLR : Nous avons pris la responsabilité de remplacer le poncif proposé par l’académicien par un calembour amusant. Horsjeu.net est un site au service de l’humour, ne l’oublions pas.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Rongier– Strootman – Sanson (Aké, 85e)
Lopez (Germain, 65e) – Benedetto – Radonjic (Khaoui, 75e)

L’opération « reconstituons le mur de Dortmund avec tous nos cartons jaunes » bat son plein : nous abordons ainsi ce match avec trois suspendus : Sarr, Kamara et surtout Payet. La convalescence de Thauvin se prolongeant, André Villas-Boas rouvre sa trousse de bricolage pour bidouiller un 11 de départ qui se tienne. Pour notre banc en revanche, c’est cause perdue.


Le match

Si Xi Jinping gérait le coronavirus avec la même prudence que le SCO Angers aborde ses matchs, chaque Chinois serait contraint d’enfiler sur la tête un masque de protection, une cagoule, une capote, un bocal à poisson rouge et une combinaison NBC, avant de se couler dans un pilier de béton pour plus de sûreté.

Autant dire qu’en l’absence de Payet, nos solutions pour forcer le verrou sont limitées : imprimer un rythme constant, limiter le déchet technique, être efficace à la finition. Peut-être parce que l’on s’était résigné à l’avance à une purge infâme, notre production ne paraît pas si dégueulasse. Le rythme est bien présent, et l’OM semble disposé à montrer ce mélange de percussion et de patience propre à éroder le blocquéquipe d’en face.


Évidemment, nous ne sommes pas devenus le Brésil pour autant : bien que de bonne volonté, nous ne parvenons pas à produire un seul tir avant la 36e minute. Une statistique effarante, mais qui masque quelques situations bien réelles : une action bien emmenée par Amavi mais que Rongier ne peut conclure avant d’avoir huit Angevins sur le dos, une percée Rongier-Sakai achevée par un centre intercepté, un cafouillage de Valentin à la réception d’une ouverture payetesque de Caleta-Car. Surtout, en toute fin de première période, une passe dimitrienne de Benedetto dans le dos de la défense trouve Radonjic, qui foire lamentablement son face-à-face.

Côté angevin, c’est le néant, et il faut bien une passe slipocide de Radonjic plein axe pour que nos adversaires daignent menacer (de loin) Mandanda. Malgré un score décevant à la pause, l’espoir reste de mise pour peu que nos Olympiens maintiennent l’effort, et surtout se montrent plus précis.

Par ailleurs, il nous reste à jouer notre joker : le retour de vestiaires le couteau entre les dents et la testostérone qui déborde des narines. Dans le tunnel, Strootman se masse ostensiblement l’appareil génital, Rongier astique son bouc, Sanson renifle les aisselles des défenseurs angevins en grognant… C’est sûr, ils vont souffrir.

Couilles.


Mauvaise pioche : l’OM poursuit sur son rythme d’attaques proprettes, en y ajoutant un déchet de plus en plus inquiétant au fil des minutes. Devant le blocage complet des échanges, Villas-Boas n’attend pas plus loin que la 65e minute pour activer le mode « couilles ». Mauvaise pioche derechef, l’entrée de Germain pour Lopez ne fait que désorganiser notre jeu. Nos attaques ne sont pas plus efficaces, et Angers en profite pour se procurer quelques surnombres en contre-attaque. Ceci dit, fidèles à leur plan consistant à saloper ce soir tout ce qui ressemble de près ou de loin à du football, nos adversaires avortent lamentablement toutes leurs pseudo-offensives et préférent consacrer leur énergie à se rouler au sol à chaque contact.

Le match vire ainsi à la bouillie. Faute de qualité en attaque, nous misons sur le nombre, ce qui nous permet de nous procurer quelques situations de centre. Or cette année, un Olympien qui centre, c’est comme Sibeth Ndiaye qui parle à un micro : cela arrive souvent, mais il en sort rarement quelque chose d’intelligent.


Angers repart ainsi avec le point qu’il était venu chercher, en lestant un peu plus nos espoirs de voir un jeu efficace et maîtrisé contre ce genre d’équipes ultra-défensives. La présence de Payet aurait-elle pu inverser la tendance ? Ce n’est même pas certain, vu la manière dont nous avons gâché des actions amenées par des passes que Dimitri aurait pu produire. Mieux vaut se dire que ce match fait partie de nombreuses oppositions poussives que nous avons eu à produire, sans cette fois-ci être aidés par le petit coup de pouce du destin.


Les notes

Mandanda (3/5) : Il a eu moins de travail ce soir que pendant le match contre Trélissac (qu’il n’avait pas joué, au demeurant ; c’est dire).

Sakai (1/5) : Cessons avec les contes japonais et évoquons plutôt l’histoire méconnue de Charly Pitalugue (1908-1971). Joueur dans l’équipe du patronage Sainte-Valérie (XIIe arrondissement), Charly fut convié à effectuer un essai avec l’OM. Son profil d’arrière droit ou d’arrière gauche – car Charly était ambidextre et ambipède – intéressait le club tout juste champion de France 1929. Sa séance d’entraînement sembla plaire, aussi Charly repartit-il confiant, voire guilleret. Il retrouva ses amis et se jeta quelques pastis au Bar de la Marine, pour célébrer sa belle journée. Charles but plus que de raison et, pris de remords (mais aussi bourré comme un oursin, soyons honnêtes), se rendit à la Bonne Mère pour expier son ivresse. Bien évidemment, le sanctuaire était clos, mais cela n’empêcha pas Charles d’escalader la grille. Il tambourina à la porte close de la basilique, hurla, mais le curé avait le sommeil lourd et ne l’entendit pas. Se sentant abandonné de la Sainte-Vierge et par ailleurs taraudé d’une furieuse envie de pisser, Charles Pitalugue, en ce jour maudit du 17 juin 1929, soulagea sa vessie aux pieds même de la Mère de tous les Marseillais.

Il fut retrouvé au petit matin endormi dans l’urine et le vomi, encore revêtu de la tunique olympienne qui lui avait été remise la veille. Le curé le chassa comme un malpropre. Honteux et n’attendant plus rien de la vie, Charles abandonna le football pour se reconvertir dans le syndicalisme municipal. Cela n’apaisa pas la fureur de Notre-Dame qui, pour ce sacrilège, déclara l’Olympique de Marseille maudite jusqu’à la fin des temps à son poste d’arrière droit (ou gauche).

C’est ainsi que, de nos jours, tout entraîneur olympien doit s’attendre à disposer d’au moins un latéral pourri dans son effectif. André Villas-Boas était fier d’avoir retransformé Jordan Amavi en joueur de foot ? S’il avait connu la malédiction de Charly Pitalugue, il en aurait deviné les conséquences sur Hiroki Sakai.

Alvaro (3/5) : Des interventions propres, facilitées par les consignes données à ses joueurs par Stéphane Moulin (« si vous voyez Alvaro Gonzalez, c’est que vous êtes allés trop loin »).

Caleta-Car (3+/5) : Barbu comme un Gardien de la Révolution, si ce n’est que Duje sait viser quand il envoie des missiles téléguidés, lui.

Amavi (4-/5) : Le quasi sans-faute de Jordan, rigoureux à la récupération, percutant offensivement, avec ce supplément d’âme qui nous avait manqué : la fameuse blessure grave infligée à un adversaire sans le faire exprès. A trois minutes près c’était le sans-faute, mais Jordan n’a pas tenu et a relâché toute cette pression d’un magnifique hippopotacle à la 87e, carton jaune à la clé.

Strootman (3/5) : Ses camarades devant lui partis à l’assaut de la falaise, Kevin s’est chargé de les assurer. Indispensable pour la sécurité, mais pas l’idéal pour être sur la photo.

Rongier (3/5) : Après ce que nous pouvions considérer comme un petit coup de mou, on a retrouvé pendant une bonne partie du match le Valentin assoiffé de sang, celui dont les adversaires, sentant le bouc fétide fondre sur eux, le supplient de leur arracher le ballon plutôt que la vie. Par contre, le coup du bouc fétide de la mort, tout ça, là, avec le but ça marche pas. Là-dessus, malheureusement, il reste tout puceau.

Sanson (3-/5) : Une efficacité redoutable à la récupération, s’attachant à gagner de nombreux ballons pour ne rien en faire de concret ensuite. Le symbole parfait de cet OM déployant des efforts incroyables pour se qualifier en Ligue des Champions l’an prochain dans la seule perspective de s’y faire désanusser.

Aké (85e) : Ce fameux cliché des films d’horreur, quand l’héroïne a utilisé toute ses munitions et qu’il ne lui reste plus qu’à balancer son flingue vide à la tête du tueur.

Lopez (2/5) : Trophée François Hollande du « ça a été pire après toi mais ça veut pas dire que t’as été bon ».

Germain (65e, 2/5) : Ce fameux cliché des comédies d’horreur, quand le héros a utilisé toutes ses munitions et qu’au lieu de sortir son autre arme, il tire de sa poche une trompette en plastique.

Radonjic (2/5) : On sait, l’effectif est si décharné qu’on n’avait personne d’autre à mettre que lui, comme titulaire. Mais ne pourrait-on pas jouer à 10 pendant une heure et le faire entrer ensuite, pour qu’il retrouve ses sensations de super-remplaçant ?

Khaoui (75e) : Y est allé lui aussi de son tir sous-vitaminé.

Benedetto (2+/5) : Sa merveilleuse passe pour Radonjic justifierait à elle seule qu’on lui attribue la fameuse mention : « d’accord il ne s’est pas procuré d’occasions mais il s’est montré très intéressant dans le jeu ». Reste qu’un buteur qui bute, ce serait bien aussi, pour changer.


L’invité zoologique : Romain Thonmas

Poisson particulièrement massif, le thon n’a aucune autre ambition que d’encombrer les océans en posant sa graisse disgracieuse en travers des courants marins. Si certains snobs attribuent une valeur patrimoniale à cette ode à la laideur, la majorité ne serait pas contre l’éradication rapide de ce genre d’horreur. Le thon est donc l’invité approprié pour évoquer ce match contre le SCO d’Angers.

– Les autres : A peine Toulouse se meurt-il enfin qu’un autre se lève pour prendre sa place. On n’en sortira jamais.

– Le classement : L’écart est maintenu sur Rennes et, petite douceur, s’accroît sur Monaco malgré notre contre-performance. Même si Lille et Lyon doivent encore jouer, le pire est donc en partie évité. Nous devrions en savoir plus sur nos perspectives quand sera achevée cette série dantesque de 5 voire 6 matchs en deux semaines.

– Les boutons : as-tu seulement remarqué les boutons qui figurent sous cette académie et qui t’invitent à nous donner respectivement de tes mots et de tes sous. Vois comme ils sont beaux, attrayants et doux au cliquer.

– Les réseaux : Ton dromadaire blatère également sur Facebook, Twitter et Instagram. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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