Paris SGEL / RC Straßburg (2-2) – La Porte de Saint-Cloud Académie rajoute un peu de suspense

Hasta la scoumounia siempre.

 

Salut les complices des passeurs,

Il y a des choses immuables dans la vie, des instants qui se répètent d’année en année, des évènements qui reviennent toujours avec une surprenante régularité : les giboulées de mars, l’échec de l’union de la gauche, la droitisation des soc-dém au pouvoir… La vie n’est qu’éternel recommencement, 

Et puis, au rayon des marronniers sportifs, on retrouve la désormais célèbre fin de saison en roue libre de Paris-Saint-Germain-en-Laye. Les entraîneurs et les joueurs passent, l’habitude reste : après la traditionnelle sortie de route européenne mi-mars, et avant la sortie des classes célébrée par la non moins traditionnelle victoire en Coupe de France en mai, la section séquanaise de l’Internationale footballétarienne nous réserve toujours sa plus belle cuvée de mâches gagnés sans envie ou perdus sans tristesse, avec toujours chez nos camarades-joueurs la volonté inébranlable de faire montre d’aussi peu d’implication dans le jeu qu’un capitaliVert à la tête du Ministère de l’Écologie.

Pour cette énième purge sans aucun enjeu (quoi, le titre de champion ?), nos srabs du Ouest Side recevaient les Alémaniques du Racing, récents vainqueurs de la belote de Winchester de la Coupe Moustache (une coupe qu’elle fait fureur dans leurs contrées sauvages), et comptant parmi les bêtes noires de Paris-Saint-Germain-en-Laye depuis quelques saisons. Dans la continuité des dernières rencontres, et compte tenu des absences, le secrétaire de section fait tourner, que dis-je, il fait virevolter, il fait valser, il fait valdinguer façon puzzle, à grands renforts de latéraux doublés, triplés, molletonnés, blindés, de seconds couteaux un poil émoussés, le tout agrémenté de quelques jeunes pousses pour faire le nombre.

 

Un Chris en pointe
Toujours expérimente,
Tandis que Papus bande.

LA RENCONTRE


 

Pour résumer les soixante premières minutes du mâche parisiano-saint-germanois, imaginons une pizza sans four, un T-34 sans 85mm, une manifestation sans casse, une drague lourde sans agression sexuelle : en bref, ça occupe le terrain, mais ça ne donne pas de résultats tangibles. Il y a bien eu le but de Choupomotine au quart d’heure de jeu, suite à l’ouverture lumineuse de Léandre pour le centre en retrait du p’tit Colin (1-0) ; mais cela mis à part, PSGEL est resté aussi insistant qu’impuissant, à l’image de votre académicien préféré lorsqu’il se pointe en réunion du Politburo avec cinq Picon-bières dans le pif.

Mais bon, un but, ç’aurait pu suffire malgré tout, diront les optimistes et autres « On a pas trouvé de meilleur système que le capitalisme »-istes. Sauf que malgré la triple épaisseur de latéraux que Thomas nous a appliquée sur les côtés, les contres grasbourgeois s’accumulent suite à l’ouverture du score, et profitent des larges espaces laissés dans le dos des Colin et consorts. Sur l’un d’eux, le marquage de Quimperlé saute sur un simple recul-frein de l’attaquant, très bien servi en retrait et qui aligne Jean-Louis d’une reprise décroisée. 1-1, merda (ce qui en italien signifie : « merde » (rpz la Bianconero Académie)).

Intervient alors le moment que vous attendiez tous : le craquage complet de Maxéric à la 28e minute de jeu. Rappel des faits : offensive PSGEListe côté droit, Colin sert N’coucou qui se présente face au gardien adverse et réussit son lob. Ça file droit au but vide, mais… Mais Choupo est là pour venir stopper la course de la sphère, pile poil sur la ligne, d’une adresse telle qu’on se prend à croire qu’il l’a fait exprès, entre deux cris de rage étouffés par les coussins au moyen desquels nous tentons de mettre fin à nos pauvres jours. La crise passée, à tête reposée, nos pensées se rassemblent, nous essayons de comprendre. Et soudain, eurêka : dans cette morne saison allant tout droit au sempiternel titre de champion avec vingt points d’avance, Maxéric a voulu nous ménager encore un peu de suspense, nous donner encore un peu à râler, nous faire racler encore un peu notre gorge pour cracher sur le trouble-fête, bouc émissaire de cette saison désespérément comme les autres, avant de définitivement ne plus en avoir rien à foutre de PSGEL jusqu’au début de la saison suivante. Pour cela, il fallait un héros. Pas celui dont nous rêvions, non. Celui dont nous avions besoin : Maxéric Choupomotine.

 

 

Le plan machiavélique de l’Allemand est conforté à quelques minutes de la mi-temps par une minasse alsacienne d’un pseudo-portugay, sur un corner repoussé plein axe par Colin Dagboum. Une volée à l’effet mutin, de l’extérieur du droit, qui vient se loger dans les filets de Jean-Louis, complétement (Javier) mascherato par ses défenseurs (ce qui en italien signifie qu’on l’a eu dans le cul), 1-2. Et voilà, le tour est joué, suspense totalement relancé pour le championnat de Fronce, puisque le dauphin lillois revient à 37 kilomètres seulement des échappés parisiano-saint-germanois, tout est encore possible (hoplà, une petite blague cycliste pour être référencé sur les moteurs de recherche fréquentés par Luke Seafer).

Après un morose début de seconde période, qui nous laisse espérer une défaite bienvenue, Maxéric, génie incompris, est sorti par Thomas, sous les sifflets. Choupo récolte là ce pour quoi il existe, ce pour quoi il continue de vivre, l’opprobre jeté sur l’avant-centre qui fait perdre son équipe, l’ire d’un peuple qui oublie, tandis qu’il éructe sur la cause désignée de tous leurs maux, que cet anti-héros leur a offert la plus belle chose qui soit : une raison de s’enquiller le prochain mâche de Paris-Saint-Germain-en-Laye.

Et pour le remplacer, pour redonner espoir à tout un peuple, qui de mieux que Kiki le Sauveur, le talisman, l’éphèbe bondynois, objet de nos fantasmes les plus fous, le héraut des jours meilleurs, dont l’entrée est d’autant mise en valeur qu’elle s’effectue au détriment de sa Némésis, de l’Antéchrist camerouno-teuton, de la maladresse humaine élevée au rang de mal incarné… Et si Choupo, car il s’agit bien de lui, s’est évertué à tout faire pour ménager le suspense, Kiki, lui, est bien entré pour y mettre un terme. Mais parce qu’il était écrit que le Rédempteur ne marquerait pas, Kiki ne marqua pas, butant toujours sur le gardien adverse, malgré sa hargne, sa vitesse et son adresse.

La tension est enfin à son comble, PSGEL attaque sans relâche, remobilisé par l’entrée de son maître d’œuvre, veut aller chercher son titre. Enfin, on vibre. Enfin, on rage. Et enfin, on exulte. Sur un corner à dix minutes du terme, provoqué encore une fois par un face à face raté par Mbappette face au gardien, Kilo Terreur, tout juste entré, reprend puissamment de la tête pour remettre les pendules à l’heure, 2-2. Les dernières offensives solitaires de Kiki ne changeront rien au score, le public a eu ce qu’il voulait sans le savoir : un os à ronger jusqu’au prochain mâche, et du spectacle en prime, une vraie tragédie grecque, jouée par des Allemands (ou presque Allemands pour ceux d’en face).

 

 


LE SOVIET TRAGICOMIQUE


 

Jean-Louis (2/5) : La tournée d’adieu commence à être longue.

Colin Dagbof (1+/5) : Défensivement à chier, pris à défaut sur le contre grasbourgeois dans son dos sur l’égalisation, puis coupable d’une belle remise plein axe pour le deuxième but adverse. Passeur décisif, sinon.

Titi Silva (3/5) : Soutien Total et Inconditionnel aux Forces de l’Ordre cependant.

Prunelle de Quimperlé (2/5) : Le marquage sur le premier but, c’était pas ça.

Liévin Kurosawa (2-/5) : Ni plus, ni moins.

(Remplacé à la 60e par Juju la Drax, spécialiste en réorganisation d’espace de travail)

Tati Daniel (2/5) : Brouillon, mais retourné acrobatique sur la barre.

Léandre Mur(s) (3/5) : Volontaire, entreprenant, plutôt satisfaisant, il joue sa place pour la saison prochaine.

Marcoco (2/5) : Sans plus.

Jean Bernard (3/5) : Vitesse et dédoublements en pagaille.

Chris Ncoucou (2+/5) : Pour son 17e changement de poste de la saison, Chris s’en est plutôt bien sorti, et n’est pas passé loin du but. On connait la suite.

 

 

(Remplacé à la 76e par Kilo Terreur, parce que le karma teuton)

Maxéric Choupomotine (?/5) : Le grand pourfendeur de la bien-pensance victoriériste a encore frappé. Puisse-t-il continuer à nous procurer les sueurs froides dont il a le secret.

(Remplacé à la 60e par Kiki Mbappette, le prétendu sauveur qui a quand même marqué un but de moins que Choupo dans ce mâche, et ça on a tendance à l’oublier)

 

Rendez-vous  dimanche prochain pour le titre gagné chez le dauphin,

Ne remerciez pas Maxéric, il aime rendre service.

Et n’oubliez pas les gras boutons ci-dessous : ne nous regardez pas, rejoignez-nous !

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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