PARIS – STRASBOURG (5-2) LA VERDAM MI! ACADEMIE FAIT UN EXCELLENT SPARRING-PARTNER

On remercie chaleureusement les matelas de la literie Bultex, sponsor officiel du RCSA.


Et voilà Didier, tu ne regardes pas les matchs du Racing, et plutôt que de sélectionner Kenny Lala, tu conduis toute notre nation à la perte. T’es fier de toi ? (#Rendez-nousRaymond)

 

C’est la première fois depuis quelque temps que j’écris une intro avant un match, comme pour témoigner de ces bons week-ends actifs, où l’on en profite pour faire ce qu’on ne pouvait pas dans la semaine, plutôt que de ruminer au fond de son lit sur la faible qualité de l’alcool ingurgité la veille, qui nous a laissé de sacrés migraines. Le salopard.

Vous voulez une preuve ? A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde ce bon vieux top 14, Toulouse nous met un bon 29-0 des familles contre le Stade Français, on joue la 57′ et c’est une bonne femme qui commente. Et elle est même pas foutue d’avoir l’accent local. Les traditions se perdent, j’ai mal à mon rugby, j’ai mal à ma France. Mais qu’importe, ce n’est pas vraiment le sujet qui nous occupe.

Non, si nous sommes ici réunis, c’est pour discuter du voyage de jeunes Alsaciens en terre de capitale, histoire de faire un petit repérage avant la finale de coupe de France qui nous attend. Et, tant qu’à faire également, histoire de faire du Paris-Saint-Germain la première équipe à s’incliner contre nous à l’aller et au retour.

Alors bien entendu, la question qui nous occupe est de déterminer si c’est une bonne chose de les affronter juste après la défaite en coupe Zinedine Zidane. Est-ce qu’ils seront fâchés tout rouge et notre équipe leur servira juste de paillasson ? Ou est-ce qu’au contraire, si on leur mène la vie dure pendant un petit moment, se montreront-ils fébriles et peu mobilisés ? Mes prédictions valent ce qu’elles valent, c’est-à-dire pas grand-chose, mais je les vois mal se saborder devant leur public. A moins que leur objectif soit de faire virer le coach d’ici le match retour. Et Dieu sait que je comprends pas comment il fait pour être encore là : Unai respect, on a déjà fouetté des ouvriers au Qatar pour moins que ça. Décidément, me direz-vous, les traditions s’effacent, d’ici peu il en sera fini de tout folklore.

Mais le sort du bon Emery n’est pas non plus notre souci, de toute façon on sait très bien qu’il va se faire virer en fin de saison, qu’il partira faire du golf pendant un an, avant de se trouver un club pété de Premier League genre Blackburn ou Norwich, où il devra regarder jouer des Emmanuel Rivière (qui se sera barré suite à la relégation de Metz, en fait mon scénario se tient parfaitement) et des Jérémy Pied ; avant de nous faire un burn-out et de se dire que, foutu pour foutu, autant aller se trouver une équipe qui paye bien en Russie, partir à l’aventure à la recherche du Charles Kaboré perdu, et aller se suriner avec des autochtones dans un hangar avant de se réconcilier autour de cette bonne gnôle locale.

 Voilà, enfin de belles coutumes qui ne se perdent pas !

 

Et donc, je ne vous ai pas encore parlé de nos troupes.

Avant tout, notons la (insérez ici l’adjectif de votre choix) nouvelle de la semaine, et l’absence de Kader Mangane pour deux mois. Mais je souhaiterai rassurer la famille, il se porte à merveille. Bien entendu tout ceci n’est qu’une blessure diplomatique : au crépuscule de sa carrière, le grand Kader s’est rappelé que soit il se ridiculisait sur les pelouses de Ligue 1, soit il restait tranquille chez lui à se moquer des prestations de Bakary Koné, et que dans les deux cas le salaire arrivait à la fin du mois, donc vous pensez bien, nous non plus on ne se foulerait pas ! La durée de l’indisponibilité est parfaite : quand il reviendra, le club sera soit assuré du maintien, soit déjà condamné à l’enfer des matchs Domino’s du lundi soir, ce qui lui laisse l’occasion, à la cool, de traîner sa grande carcasse sur un terrain pour son jubilé dans une Meinau pleine à craquer un soir de printemps.

Mais passons sans plus attendre à la compo. Alors, autant vous dire que Thierry Laurey nous a mijoté un bon petit schéma ! En l’absence de Martin Terrier (mince, je ne vous avais pas prévenus, il fallait vous munir de vos mouchoirs avant d’entamer la lecture de ces lignes), c’est Seka qui entre, pour accompagner le tiercé dans l’ordre, j’ai nommé : Oukidja, Koné, Martinez, Foulquier, Aholou, Martin, Liénard, Da Costa et Bahoken. Et donc, là il y a beaucoup de possibilités. Un 5-3-2 avec Da Costa et Bahoken devant ? Un 5-4-1 avec Da Costa et Liénard sur les côtés au milieu ?  Un 4-4-2 avec Lala au milieu ? Ou un 4-5-1 comme nous le propose Canal + ? Ou alors c’est tout le monde derrière et ceux qui ont encore quelque chose dans la chaussette pour accélérer vont se proposer ? A vous de voir si cela correspond à un plan de jeu bien travaillé ou à une tactique complètement détèr.

On note également la titularisation d’Oukidja dans les buts alors que Kamara est disponible, ce qui semble indiquer qu’il a pris la place de numéro 1, en tout cas d’après ce qu’on voit depuis le début de saison, ce serait logique.

 

Le match :

On n’est pas relégables. On n’est pas relégables. On n’est pas relégables. Allez. Inspire. Lâche toutes ces poupées vaudous et calme-toi. Zen.

Donc, on a perdu. Et on a été nuls. Enfin pas vraiment. Mais quand même… En fait je pense juste qu’on est à ce point au-dessus de la mêlée qu’on peut se permettre de laisser filer un match contre le PSG, genre pfffffff bats les couilles. On n’était pas intéressés. Genre dès qu’on voudra prendre des points on le fera, y avait pas urgence, là on n’avait pas envie.

Un match vraiment bizarre, qui commence sans aucun rythme mais avec deux buts d’entrée. D’abord, Aholou, puisqu’on n’a parlé que de « sentinelle » (grand Dieu ce que je déteste cette expression, devenue à la mode depuis quelques années, j’ai pas l’impression qu’on abusait avec ça avant. Je veux dire, c’est juste une métaphore pour désigner un style de jeu, histoire de signaler que le type joue devant la défense et a pour but d’être vigilant à ce qui se présente en face, mais il joue « milieu défensif », « 6 », « récupérateur »… Mais pas sentinelle. Pour autant que je sache, le poste de Trezeguet c’était pas « renard des surfaces », c’était « attaquant de pointe » ou « avant-centre », non ?) (Le premier qui me parle de « stoppeur » je le jure je le tabasse, j’aime pas les gens qui ont le dernier mot comme ça) au PSG toute la semaine, nous montre ce que c’est un milieu défensif qui récupère, accélère, décale, apporte le surnombre et finit l’action en te mettant un amour de plat du pied petit filet en une touche, un geste au moins aussi beau que le doux et innocent visage de Martin Terrier au réveil.

Et là, on se dit : « Got verdeckel! Mais c’est que ça sent pas mauvais cette histoire ! » Sauf qu’en guise d’échange de politesse, on a droit même pas cinq minutes plus tard à un départ de Kurzawa dans le dos de Lala moyennement concerné, qui nous gratifie d’une petite remise dégueulasse dans l’axe, tandis qu’il faut deux minutes montre en main à Foulquier et à Koné pour se retourner et monter sur Draxler, qui, c’est dommage pour eux, à déjà eu le temps de marquer, de célebrer son but et de se replacer.

Ensuite, c’est la débandade, le pétage de plomb, puisqu’on encaisse deux autres buts dans la foulée : dans un premier temps Foulquier (hmmmm, se dira le lecteur, je reconnais-là une bonne entame!) se dit qu’après tout, Neymar c’est surfait, à quoi bon le marquer ? Ce à quoi l’hermaphrodite le plus cher de l’histoire répond en partant dans son dos, en le laissant revenir juste pour le dribbler, avoir un contre favorable de gros chatteux face à Oukidja, et ensuite finir plein de sang-froid pour faire comme si cette action était un peu maîtrisée.

Là je devrai engueuler notre latéral mais je n’ai pas le temps puisque Martinez décide de ne même pas respecter la régie de Canal, qui n’a pas le temps de montrer le ralenti du but précédent, et de perdre la balle sur le coup d’envoi pour laisser Di Maria marquer le but du 3-1.

Le temps de reprendre tes esprits et tu t’énerves : « Allez merde, c’est fini vos conneries derrière bordel ?! ». Et effectivement, c’est fini. Ouai, c’était juste comme ça, un délire pendant 10 minutes, on prend trois buts mdr et après on essaye de voir si on peut jouer. On se crée même quelques occasions, avec une défense parisienne notamment complètement à la rue sur les coups de pieds arrêtés, et régulièrement prise dans le dos des latéraux. On ne va pas se mentir, si j’étais le coach du Real, déjà je serai fier d’être l’homme le plus élégant au monde, le seul à pouvoir regarder Andrea Pirlo dans les yeux, et ensuite je te mettrai Bale et Asensio dans les couloirs dans quelques semaines au Parc, je peux vous dire, ce serait pas triste.

Mais passons. On baisse le pied en fin de mi-temps, puisque visiblement c’est usant d’avoir peur de ses coéquipiers, et on en reste sur ce score pour l’instant.

Le début de deuxième est pas trop mal, le PSG tranquille et quant à nous, on se permet d’essayer de jouer un peu, rien de bien méchant je vous rassure, enfin jusqu’à ce que Da Costa nous fasse un très bon appel, qu’il soit lancé dans le timing parfait par Martin, avant de servir à son tour Bahoken, qui oublie complètement de décaler Gonçalves qui pouvait aller seul au but, mais le fait de la manière la plus classe possible, puisqu’il frappe sans contrôle au ras du poteau d’Areola, qui est battu. On revient ainsi à 3-2 à la 67′, et à cet instant, on sent les adversaires moins sereins.

Devant ce temps faible de l’adversaire, nos joueurs décident de faire ce qui s’impose : une grève généralisée du marquage qui aboutit à une pluie d’occasions parisiennes, et donc à deux buts du matadounet qui était pourtant tout docile depuis le début du match, n’avait rien demandé à personne, mais qui marque sur ses deux seules occasions. Non mais attends, parce que ce Cavani est bon devant le but ? Comme le Neymachin et le Angel Di Matamordsmoilenoeud ? Non mais comment voulez-vous que nos défenseurs sachent un truc pareil ? Eux ils s’entraînent avec Blayac et Idriss Saadi, si tu leur laisses 5 mètres d’avance tu peux tranquillement les rattraper et relancer. Ils n’étaient pas prêts les pauvres !

Mention spéciale à Aholou sur le quatrième but, qui était à bout de souffle depuis l’heure de jeu, ce qui ne lui donne pour autant aucune justification pour laisser partir Cavani seul au but comme ça… Voilà, ça m’énerve. Tout le match c’était ça. Et depuis le début de la saison c’est ça. On manque de concentration et de sérieux derrière à un point c’est inimaginable. Tous autant que vous êtes vous me rendez fous avec ça.

Donc, vous l’aurez compris, jusqu’ici tout se passe comme prévu. Il reste simplement la dernière pièce du puzzle : le sniper Idriss Saadi. Tout était écrit à l’avance, travaillé à l’entraînement : on perd 5-2 et alors Saadi entre, met un quadruplé et on repart avec les trois points. Par conséquent, on se détend et on attend sagement. Et patatras. Rien. Non mais attends Idriss tu te fous de nous ? Franchement, on peut pas te faire confiance. Allez, hors de ma vue !

Bien sûr, je me moque gentiment de vous. Bien entendu que Saadi a été excellent ! Il avait parfaitement respecté les consignes et marqué sur sa première occasion, mais l’arbitre lui refuse ce but parfaitement valable, nous empêche d’entamer cette remontée qui se profilait et de goûter cette victoire méritée. Et voilà comment on se fait voler un match par la seule incompétence de l’arbitre. Suffit. Je n’en dis pas plus, je suis excédé. (Sur ce, il rabattu ?/rabattî ?/rabatta ? son foulard sur son visage marqué et ses yeux dominés par les larmes, fixa l’horizon vers lequel il s’avançait, ayant compris que celui-ci représentait son ultime combat. Il n’avait plus rien à prouver à ses semblables, sa seule prestance suffisant à faire saisir à quel point, désormais, il leur était supérieur. Et que s’appelerio Jean-Michel.)

 

Les notes :

Je précise qu’après mûre réflexion, j’ai décidé de ne pas donner zéro à tous les gugusses qui nous ont coûté un but ou des occasions énormes juste parce qu’ils sont pas foutus de rester dans le dos de leur adversaire et de les marquer, cf. Foulquier et Aholou en tête. Martinez bien sûr, c’est le niveau Kader Mangane du foutage de gueule. Parce que, rassurez-moi, on est les seuls à s’être pris trois buts cette saison parce qu’un de nos défenseurs centraux à juger bon de perdre la balle en tentant de dribbler un attaquant, n’est-ce pas ?

Oukidja : 1/5

Je vais pas non plus mettre une bonne note à un gardien qui s’est pris 5 prunes. Mais le pire c’est qu’il a fait quelques arrêts le con. Il a pas dû comprendre qu’on était là pour remettre en forme l’équipe en face.

Koné : 2/5

Notre défenseur le plus sérieux et appliqué aujourd’hui. Et merde je voulais vraiment pas faire de sarcasme, exprès, et voilà que je me rend compte que ce « aujourd’hui » sonne comme un très lourd reproche.

Martinez : 1/5

Tu te bats quand même, on a vu que ça t’as fait de la peine d’offrir ce but et que tu voulais te rattraper. Et en même temps le mal était fait.

Foulquier : 2/5

Beaucoup d’activité, sans ces absences défensives tu aurais prétendu à une bonne note. Après t’enlèves 35 ans et 52 kilos à ma voisine et c’est un top model aussi. Je souligne que t’as savaté le ladyboy qui sert de poupée au prince du Qatar, j’ai apprécié.

Seka : 1/5

Tu t’es battu, soit. Mais alors que de déchet balle au pied et de départs dans la profondeur dans ton dos. C’était pas facile, mais y avait quand même mieux à faire.

Aholou : 2/5

J’ai déjà évoqué dans le résumé pourquoi je t’aime et je peux te détester à la fois. Tu pourrais marcher sur le milieu parisien à toi tout seul, donc quand tu arrêtes de jouer pendant une demi-heure ça me met hors de moi, surtout ce marquage… Bref, traîne moins en boîte au centre-ville, t’auras plus de condition physique. Et ouai mon grand, j’ai mes infos, moi quand je veux m’éclater le week-end je fais les sorties de boîte avec Guy Roux.

Martin : 3/5

Beaucoup de courses, de pressing, de passes vers l’avant… C’était bien.

Liénard : 3/5

Comme ton compère, et Gonçalves qui t’as remplacé, vous avez fait ce que vous savez faire : des courses dans tous les sens et en plus vous savez jouer au foot. Avec en prime quelques très bons coups-francs, si seulement ceux qui les ont reçus avaient été aussi habiles que toi pour les tirer…

Lala : 3/5

T’as aussi laissé parfois partir quelqu’un dans ton dos, mais sachant que tu jouais milieu offensif aujourd’hui, c’est moins grave. Offensivement t’as beaucoup apporté, et montré que tu pourrais très bien jouer plus souvent à ce poste. Sachant qu’on a quasiment pas de milieu remplaçant, c’est bon à savoir.

Da Costa : 3/5

Du déchet aussi, dans un style très Matuidesque, car je me doute bien qu’il y a des aficionados par ici. Mais vous avez plutôt bien combiné devant malgré tout, sans être avare en replis défensifs.

Bahoken : 4/5

Seul en pointe dans ce 4-5-1 (parce que oui, je l’ai pas dit du coup, c’était bien la télé qui avait raison), tu marques un beau but, sans un bon retour de Thiago Silva (bien trop vif pour jouer chez nous) tu aurai même mis un doublé après un sombrero sur Areola. C’était bien. Après tu mérites peut être pas plus 4 que les autres, mais je me rends compte que sinon je mets 3 à tout le monde, alors bon, tiens, prends cette note presque parfaite, c’est cadeau, ça me fait plaisir.

En bref, tout ça pour dire qu’on a battu Troyes la semaine dernière, bon c’était moche mais ça on s’en fout. On n’est pas relégables. On n’est pas relégables. Pour l’instant on ne retourne pas en Ligue 2. On est nuls derrière mais visiblement y a pire. On n’est pas relégables. Et Jean-Eudes Aholou, avec ses deux buts en deux matchs, tous deux très beaux d’ailleurs, est le meilleur buteur du club en ligue 1. Bon sang de bois, ça alors. 5 pions ma grande, c’est pas Luis Suarez mais c’est toujours ça de pris. Le super renard des sentinelles.

Leonard Speck

Leonard Speck

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