Pologne-Sénégal (1-2) : la Na Zdrowie académie a du pain sur la planche

Eh bien très chers, moi qui avais choisi de suivre la coupe du monde pour me distraire de la psychiatrie, j’avais tout faux. Observer cette sélection polonaise s’annonce positivement passionnant.

Bonjour, prenez un siège je vous prie. Un cigare ?

Nous avions donc fait connaissance à l’occasion de l’Euro 2016 pendant lequel je rendais compte des matchs de ma partie, l’Autriche. Celle-ci n’étant pas qualifiée pour ce mondial, mon envie de vous revoir passait donc par le choix d’une autre équipe ; or qu’est-il en usage de faire quand notre chez-nous ne suffit pas ? Parfaitement : on va voir en Pologne.

Alors, avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais prendre un peu de vos nouvelles. Avez-vous fait des progrès depuis nos dernières conversations d’il y a quatre ans ? Vous vous souvenez, ensemble nous avions mis au jour ce fantasme inconscient d’entretenir des relations sexuelles avec votre maman, qui vous tenaillait depuis si longtemps. Avez-vous pu travailler là-dessus ? Ah vous aviez fini par l’oublier ? Eh bien dites donc, heureusement que je suis revenu dans ce cas. Ne vous inquiétez pas, je suis médecin, nous allons patiemment travailler là-dessus et tout ira mieux, rassurez-vous. Vous pouvez d’ailleurs me poser toutes les questions que vous souhaitez en commentaire, la Coupe du Monde, c’est aussi le mois des consultations gratuites à mon cabinet, pour l’amour de la science.

En attendant, place à la Pologne, donc. Vous vous en doutez, pour conserver un esprit scientifique dégagé de toute influence extérieure, je me suis appliqué à maintenir une ignorance totale de cette équipe et de son football, par exemple en m’abstenant soigneusement d’aller consulter le site Foo-tballski. Découvrons donc ensemble cette élection polonaise.

 

L’équipe

Szczesny

Piszczek – Cionek – Pazdan – Rybus

Krychowiak – Zielinski

Blaszczykowski – Milik – Grosicki

Lewandowski

Nom de nom, rien que d’écrire les patronymes m’a épuisé. C’est une théorie qu’il me faudra me soumettre à l’Institut, mais je me demande s’il n’existerait pas une corrélation entre la complexité des noms et la victimisation de ce peuple.C’est cette recrudescence des enchaînements « sz-cz » qui m’interpelle, cela révèle une tension sous-jacente entre deux éléments si proches, mais difficilement compatibles entre eux d’un point de vue graphique. Une sorte de binôme où « sz » serait la maman, la douceur, et « cz » le papa, la force ; le petit Polonais est tiraillé entre les deux composantes de l’amour parental, il aimerait bien aimer chacun de la même manière : voilà pourquoi il ne choisit pas entre « sz » et « cz ».

Mais dans le même temps, il est impossible de les placer EXACTEMENT sur le même plan, il faut bien que l’un vienne avant l’autre ; et là le petit Polonais ne sait comment faire, instinctivement il place le « sz » avant le « cz », mais son subconscient sait bien que ce choix procède du désir que chacun en nous recèle de placer son pénis dans le vagin maternel. D’où une certaine tension, que le petit Polonais garde en lui toute sa vie jusqu’à l’âge adulte, où il reproduira sans cesse ce schéma torturé en se tiraillant entre deux entités qui figureront la dualité enfantine maternelle/paternelle : Allemagne/Russie, Eglise/communisme, Europe/nationalisme. Tout ceci demande un approfondissement scientifique, mais la thèse semble vraiment évidente.

 

Le match

WOPUTAIN, PAR RICHARD STRAUSS ET SISSI IMPEATRICE REUNIS ! Wolololololo, je ne me suis pas trompé en choisissant de suivre cette équipe : ils ont vraiment un gros, gros problème. Je vais me régaler. Je vais vite passer sur le match, tellement j’ai hâte de me pencher sur leurs cas.

Une quasi-impuissance à déborder un Sénégal bien en place, une possession stérile, deux buts concédés particulièrement idiots et une réduction du score purement formelle en fin de rencontre : cette Pologne-ci, à propos de laquelle j’avais pourtant cru percevoir quelques échos favorables, s’est loupée dans les grandes largeurs.

Psychanalité du footballeur : Grzegorz Krychowiak

Lors de chaque match de la Pologne à cette Coupe du monde (trois fois, donc), j’entends examiner plus en détail un cas concret, qui mérite un éclairage spécifique. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi d’inaugurer cette rubrique par le cas de M. Krychowiak, particulièrement intéressant pour la science en ce qu’il semble être le seul Polonais à compter plus de chromosomes 21 que de lettres à son nom.

Comment cet homme a-t-il pu se trouvé torturé par ses démons psychologiques au point de suicider son équipe en offrant le second but aux Sénégalais ? C’est ce que je vais tenter d’ébaucher. Accrochez-vous, en toute modestie c’est brillant. Excessivement prometteur dans son début de carrière, Grzerogz a subi une décompensation totale en rejoignant le PSG. Pourquoi ? Tentons de chercher le mal à sa racine. Grzegorz a joué à Reims, dans le Nord-Est de la France. Le Nord-Est de la France, c’est aussi (à 300 km près, ne chipotons pas), un territoire marqué par l’affaire Grégory. Grzerogz / Grégory, comment ne pas se trouver parasité par une telle proximité : les « z » intempestifs du prénom viennent renforcer cette notion de parasitage. Dans le cadre familial d’un petit club, puis a fortiori à l’étranger, Grzegorz a pu tenir à distance ce fantôme du petit garçon mis dans un sac plastique par une force inconnue – personnellement, j’ai toujours pensé à sa maman, la symbolique « sac-plastique / préservatif » est évidente, sublime, forcément sublime.

Le problème est ce retour à Paris, où ce parasitage patronymique se double d’un parasitage géographique : Grzerorz a été présenté comme un espoir pour le club, et s’il est bien un lieu où ce mot espoir prend une dimension mortifère, c’est bien le 16e arrondissement de Paris : l’on y trouve le Parc des Princes, certes, mais aussi le stade Roland-Garros. Or, le parasitage Grzegorz-Grégory a fait en sorte que, dans l’inconscient de M. Krychowiak, s’ancre l’idée d’incarner une part refoulée de l’identité française. C’est à ce moment-là que, faute d’un appui psychologique adéquat, Grzegorz s’est laissé imperceptiblement glisser vers l’incarnation d’un espoir, certes, mais d’un espoir du tennis français, celui dont la carrière finit toujours au fond d’un sac.

On retrouve donc le fameux sac dans lequel Grzerorz/Grégory vient se noyer, souffrance certes mais aussi symbolique évidente du retour à l’utérus maternel, à propos de laquelle on ne peut pas s’empêcher de penser que la proximité du joueur avec la famille Rabiot a joué un rôle.

Synthétiquement, on retrouve hier cette tension, qui n’est pas encore totalement assumée puisque Grzegorz a cru bon de réduire le score comme pour se faire pardonner ses penchants profonds. Mais que l’on ne s’y trompe guère, ses 80 premières minutes étaient tout entières tournées vers cette pulsion de finir au fond du sac, dont l’on a démontré qu’il s’agissait in fine d’un désir de rapport sexuel avec sa mère. D’ailleurs, même si je ne saisis pas très bien le polonais, il me semble que l’ensemble des supporters concluaient en ce sens, hier.

 

Les notes :

Szczesny (3/5) : L’ensemble de la sphère arsenalienne lui est tombé dessus pour sa sortie désespérée du 2e but, alors qu’il est de loin le moins fautif des trois Polonais impliqués. Cette tendance au pilonnage intempestif ne m’étonne guère de la part des Gunners, symbolique phallique évidente mais non assumée puisque leurs attaques portent essentiellement contre les leurs, rejouant sans doute sur les réseaux sociaux cette scène entrevue enfant par l’entrebâillement d’une porte au cours de laquelle Papa pilonnait Maman.

Piszczek (2/5) : Piszczek – « pisse-sec », donc, comme une allusion limpide à la semence du père, limpide elle aussi malheureusement. D’où un match à peu près aussi transparent.

Remplacé en fin de match par Bereszynski, mais on s’en moque.

Cionek (2/5) : Se sentant exclu du schéma « sz-cz » présenté plus haut, il n’en est pas moins tenaillé par le même désir atavique envers sa maman, le problème étant que son patronyme ne suffit pas à l’exprimer. Faire s’afficher sur les comptes rendus de match « CionekCSC » peut ainsi être perçu comme une manière maladroite de « surpoloniser » son nom, comme pour dire à sa Maman « regarde, moi aussi je t’aime ».

Pazdan (2/5) : Lui il ne m’inspire rien, il a une tête à être désespérément normal. Voilà, c’est dit. En même temps, ils ne peuvent pas avoir QUE des génies qui se démettent l’épaule au tennis-ballon, non plus.

Rybus (3/5) : De grands aller-retour sur son aile, comme pour mieux rappeler le grand écart idéologique qui lui fut nécessaire pour jouer à la fois à Lyon et pour la Pologne.

Krychowiak (1/5) : Voir plus haut.

Zielinski (3/5) : Il n’a pas tenté grand chose mais c’était déjà plus que les autres.

Blaszczykowski (1/5) : Jakub Blaszczykoswki a davantage un nom de psychiatre que de footballeur, par respect pour mes confrères je ne vais donc pas m’appesantir sur sa performance d’aboulique.

Remplacé à la mi-temps par Bednarek (1/5) : S’assied par terre en suçant son pouce lorsqu’il constate que l’arbitre l’a autorisé à rentrer pile au moment où Krychowiak adressait cette passe débile vers son arrière-garde. Ce deuxième but qu’il ne fait donc rien pour empêcher, ce n’était rien de moins que Jésus revivant l’abandon du Père, un acte de foi catholique dont ce peuple très croyant ne devrait pas lui tenir rigueur.

Milik (1/5) : Milik, proche de l’anglais milk ; en Pologne, Arcadiusz est à l’écart de cette proximité linguistique, mais une fois en Coupe du monde, dans un contexte globalisé où l’anglais prédomine, impossible de tout garder sous le tapis. Le lait, la maternité, mais en même temps un patronyme, un nom transmis par le père donc. On voit ici toute l’incohérence du petit garçon qui se demande comment sa Maman pourrait bien tirer le lait de son Papa, et qui explique que le petit Arcadiusz se soit trouvé abîmé dans sa perplexité tout au long du match.

Remplacé à un quart d’heure de la fin par Kownacki, sans intérêt.

Grosicki (3/5) : Énergique sans être génial, très moyen en quelque sorte. En même temps, je n’aime pas attaquer le physique mais il faut reconnaître qu’avec la tête qu’il a, il n’a pas besoin d’avoir des problèmes psychologiques.

Lewandowski (2/5) : « Robert » : la douceur, la rondeur, le sein maternel en quelque sorte. Mais son poste : attaquant de pointe, soit l’acuité, la pénétration, le phallus. Une contradiction que j’ai longtemps crue indépassable jusqu’à ce que je me familiarise avec un concept génial, psychologiquement parlant : la branlette espagnole. J’ai ainsi rencontré dans mes consultations un petit footballeur U11 prénommé Robert et, pour résoudre ses problèmes d’inefficacité devant le but, lui ai suggéré d’imaginer sa maman et son papa en train de s’unir par ce geste. Je crois qu’il va beaucoup mieux désormais.

 

Nous voici au terme de notre entretien, ça fera 200 schillings. Retrouvons-nous pour le prochain match, je sens que cette équipe de Pologne n’a pas fini de nous émerveiller, scientifiquement parlant. Mes amitiés à votre maman,

 

Profezeur Zigmonde

Psychiatre innovant et rigoureux. Venu sur ce site sous couvert d'académicien autrichien pour converser avec lecteurs et auteurs, cas intéressants s'il en est. L'obsession pour l'anal et pour se sport où le ballon-jouet doit entrer dans le filet-matrice ne trompe pas sur votre envie inconsciente d'entretenir des rapports sexuels avec votre mère. Ce n'est pas sale et nous pouvons en parler. Allongez-vous et prenez donc un cigare.

3 commentaires

  1. Tout simplement magnifique. Je me représente mieux les raisons de l’échec du petit Grzegorz à Paris-Saint-Germain-en-Laye, du coup. C’est limpide. Mention spéciale à l’excellente analyse de Robert.

  2. Très belle acad. Bravo. Dommage qu’elle disparaisse aussi vite, comme l’Allemagne, le Brésil, l’Angleterre et tant d’autres décevants pays.

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