Red Star – Colmar (3-0) : La Jules Rimet Académie livre ses notes

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Par Porthos Molise, en direct de l’Olympique

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Par Porthos Molise, en direct de l’Olympic,

Pas de fioriture aujourd’hui, du foot, du vrai. Ou à-peu-près.

Je vous avoue, le Porthos il avait les foies avant la rencontre. On avait beau être dans une pseudo-continuité de bons matchs, le nul contre Bourg-Pé et la défaite face aux gothiques de la balle au pied m’avaient plutôt refroidi…

Vous, ô rares lecteurs qui lisez mes acad’, devez croire qu’à force de vous compter des victoires, le Red doit poirauter peinard au dessus de la ligne de flottaison. Que nenni mes petits, et peau d’zob mon cochon, le Red Star pointe grassement sa surcharge pondérale aux alentours de la 12ème place, bien aidé qu’il est par les matchs en retards habituels qui se ramassent à la pelle une fois la saint-sylvestre passée.

Faut croire qu’en France il ne fait jamais froid et qu’on peut tranquillos programmer des rencontres à 20h en plein mois de janvier. Ça risque rien ma bonne dame. La troisèffe en patauge de contentement.

Mais le résultat est là : un classement illisible comme chaque année à la même période et des affluence qui rétrécissent comme peau d’couilles sous le blizzard nord-sibérien.

On se les gelait sévère au comptoir de l’Olympic mais pas assez pour refroidir du corse en pleine bourre : Mandrichi qu’il s’appelle, et il se rappelle à not’ bon souvenir.

Bien.

Le jeu, les joueurs, Un panégyrique :

Bouet, 5/5 : Contemplant la plaine simili-plastique qui s’étendait sous ses pieds, et vibrant au choeur de la Tribune Est, Jean-Christophe leva le front haut et la main gauche (ou l’inverse). Nulles balles ne passa ce soir. Un homme, un vrai. Avec de grosses couilles… Bref.

Gibaud, 4/5 : Cela ne faisait pas une minute que l’arbitre venait de sonner le début de la partie. Mais pour Pierre, le match avait déjà commencé depuis bien longtemps. Se levant se matin, il touita, non pas ces touites hagards de dimanche en bord de table, mais du touite quand même. « On va les niquer profond » pensa-t-il. Puis toute la journée, son esprit se concentra sur cet instant, cette première minute où le jeu allait basculer. Il reçoit la balle, mûr d’une présence d’esprit absolue, et tire cette longue diagonale. Pourquoi ? Inspiration de génie ? Hommage à Beckham ou plus probablement à Toulalan ? Nous ne le saurons jamais. Mais l’œil du faucon de la Mayenne (bien connue pour ses yeux, particulièrement dans la soupe au lard) comme l’appelle au moins son cousin d’Evron a vu. Il l’a vu. Pour la légende.

Allegro, 4/5 : Il est des fois où l’Ultime Rempart c’est lui. Des fois où le monde s’écroule tout autour et pourtant lui reste debout. Des fois où se raccrocher à un crâne chauve est le seul réconfort du supporter. Pas cette fois. Cette fois, tous furent derrière lui.

Cerielo, 5/5 : Peux-t-on encore douter de lui ? Qu’il est loin le temps des nouilles dans le slip et autres coussins péteurs. Ayant troqué sa forfanterie grand-guignolesque par un amour inextinguible du ballon. Mickael Cerielo nous apprend qu’il y a une vie après l’école du cirque. Une vie de footballeur.

Queudrue, 4/5 : L’esprit en deçà peut-être ? Car l’enfant des hauts-fourneaux, l’âme des corons, le gratteur de houille a l’esprit torturé, mais le pied sûr. Un exemple pour qui rêvent en toute modestie de belles Chevrolets et de pin-up pâmées. N’est-ce point là le rêve de tout homme ?

Dieye, 5/5 : Ô toi, ô mon bel Apollon des Afriques, que ne te sacrifie ton corps puissant pour donner grâce à la grâce. S’il en est de besogneux à la tâche (et il en est) tu es de ceux qui ne renoncent jamais. Ta gestuelle est teintée de jaune, mais telle est la récompense des plus durs parmi les plus durs.

Oudhriri, 5/5 : Cours ô gazelle de la Haute Seine. Dribble, tourne, foule au pied cette pelouse tant aimée, et nous libère ! Dieye te protège dans ta rencontre vers le destin.

N’Zif, 5/5 : Et le voilà celui qui, malgré son air chétif d’enfant malade, nous éblouîmes de joie et de tendresse retrouvée. La balle est sa nouvelle amie. Va, mon petit, va !

Tuslane, 4/5 : As-t-on jamais vu mèche plus rebelle, et jeu plus élancé ? Des latéraux présents, celui-ci fut le plus gauche, naturellement puisque tel est son penchant. Certains des supporters y gouteront l’ironie. Il vient de Sochaux, c’est dit.

Sabin, 5/5 : Nous t’oubliâmes dans ton rôle ingrat, ô enfant des îles. Et puis la révélation, acrobate docile, qui par ce retourné apportant la pénalité. Et le but tant désiré.

Mandrichi, 6/5 : Peux-t-on rêver meilleur entrée, de celui dont l’île est dite de beauté ? Répondant au génial geste de son nouveau comparse (un Gibaud, cela est-il farce ?), il ouvrit le score et déflora l’en-but, sans même qu’il s’écoula une seule minute. Cela aurait suffit au moins mauvais d’entre-tous mais pas à lui, qui d’un geste doux, offrit la victoire à bien pire que vous.

 

Les remplaçants, élégyaques :

Fardin : Tu eus l’âpre devoir de compenser à la blessure d’Oudhriri (50ème), dans la gloire fauchée. Le destin ne t’en tînt pas rigueur. C’est bien.

Lafon : le plus anglais des joueurs dont le Red Star a l’honneur. Remplaçant Tulasne d’un jeu inspiré. Il semble que le banc, enfin, commence à s’étoffer.

Sarr : Que dire de ce joueur, nombres de fois conspué, qui encore cette fois de son jeu mal-léché, perd la balle à trop croire qu’il est en quoi que ce soit doué. Et pourtant c’est bien lui, funeste bourreau, qui planta la dernière banderille au taureau.

En guise de complément :

  • Porthos vous offre la moitié des images du match.

  • Outre le retourné de Sabin et la frappe de mule de Lafon, un des plus beaux gestes technique du match restera le claquage d’un joueur colmarien sur le dernier but du Red Star.

  • Découvrons la D3 belge avec Hugues Ayivi, Waar en wil is, is een weg !

  • Ach, grosse Kultur ! Porthos y sera… Sans doute.

Cordianalement,

Porthos Molise

7 réflexions sur “Red Star – Colmar (3-0) : La Jules Rimet Académie livre ses notes

  1. Nous lecteurs, sommes peut-être rares mais nous précieux, comme un symbole des kilos en trop de Mandrichi.

    Superbe claquage, tel un sprinteur de 100m qui a abusé de la Kanterbrau la veille.

  2. Porthos, ce que vous avez fait à Colmar est le plus beau cadeau qu’un club ait pu faire au FC Metz depuis le début de la saison. Merci chef !

  3. J’ai pas tout compris… Ce sont les kilos en trop de Mandrichi qui sont rares mais précieux ?

  4. Putain mais le claquage, on sent l’élastique de la cuisse qui pète comme celui du slip d’un gros membre devant une photo de shemale.

    Sinon, Allegro est toujours aussi bel homme, et Mandrichi a un nom marrant, sa tête un peu moins.

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