Rennes-Dijon (2-2), la Breizhou Académie est déjà fatiguée

Trois matchs, deux points, seizièmes. Passion lose.

Salut les kids,

Après deux matchs frustrants recelant malgré tout quelques motifs d’espoir, les Rouge et Noir reçoivent Dijon, honorable dernier de Ligue 1. Dijon, c’est quand même pour moi la ville de l’angoisse en France avec Limoges et Angoulême. Bref, l’occasion rêvée de leur foutre une branlée pour lancer la saison. Enfin, c’est ce qu’une équipe normale aurait fait. Mais quand on s’appelle le Stade Rennais, la réalité est toujours plus compliquée que ça. Et plus merdique, aussi. Mais n’allons pas trop vite, ne gâchons pas le plaisir immense qu’est le récit dans le détail d’un match de merde.


Ar kompo

Christian « génial génie » Gourcuff enregistre les retours du fiston et d’Amalfitano dans le groupe. Ce dernier est d’ailleurs titulaire à la place de Baal, mais côté droit. Le reste du XI est le même que contre Lyon la semaine passée.


Ar matc’h

François « The Boss » Pinault est à nouveau présent dans les tribunes, au côté de René Ruello qui est toujours là aussi, malheureusement. Après Wiltord la semaine passée, le guest du jour n’est autre que Ray Domenech. Deux salles, deux ambiances. Avec l’astrologue aux sourcils d’Emmanuel Chain dans les gradins, comment voulez-vous qu’on espère quoi que ce soit de ce match ? Histoire que le n’importe quoi soit total, un petit mot sur notre ami Wesley Saïd : lors de son transfert à Dijon, les deux clubs se sont entendus pour que l’attaquant ne joue pas contre Rennes. Sauf que ça n’arrange pas l’entraineur moutardé, puisque c’est son seul attaquant de métier (la saison va être longue, les gars). Finalement, Saïd est appelé dans le groupe et fait le déplacement… mais le mec n’est même pas au stade. En gros son club l’a fait venir pour qu’il s’envoie des chichas rue du Chapitre. Habile.

D’entrée de jeu, les Rennais se positionnent curieusement bas, laissant le ballon aux Dijonnais. Amalfitano montre qu’il a bien récupéré en perdant deux ballons coup sur coup. Globalement, on n’est pas trop inquiétés mais à part se passer le ballon latéralement, on ne fait pas grand chose. Traoré est très chaud sur son côté droit, il enchaîne les récupérations, petit pont et frappe à côté. Devant, Sarr bouge beaucoup et va d’une aile à l’autre, se rendant disponible. Au quart d’heure de jeu, Traoré récupère le ballon et le transmet à Amalfitano. Le milieu a du champ, bien aidé par les Dijonnais qui doivent se dire qu’avec sa tête de patron de bar de nuit, il doit plutôt servir des gin-to que des passes décisives. Pas de bol, Morgan choisit d’envoyer Sarr en profondeur dans un timing parfait. L’attaquant rennais trouve Mubele en retrait, qui réussit à la mettre au fond avec un peu de réussite. Putain, on mène. Rennes 1-0 Dijon.

Logiquement, les pots de moutarde font un peu la gueule, et les Bretons s’engaillardisent. Sarr, Mubele et Maouassa se trouvent plutôt bien devant et subissent autant de fautes qu’une copie d’élève de bac pro. Bourigeaud confirme qu’on a enfin recruté un tireur de coups-francs en obligeant Reynet à une belle claquette (26′), avant que le match ne s’équilibre à la demi-heure de jeu. Notre défense centrale rassure un peu avec de belles interventions, empêchant les adversaires d’être réellement dangereux. Juste avant la mi-temps les deux équipes s’offrent chacune une grosse occasion de but, mais le score en reste là.

Dès la reprise, le Stade Rennais aggrave le score : André lance Mubele côté gauche. Le Congolais, seul, prend tout son temps pour regarder qui se trouve au centre. Il avance. Il arme. C’est sûr, il va centrer pour Sarr. Et là, le talent brut, celui qui ne s’acquiert pas : le centre de Mubele finit dans le petit filet opposé de Reynet. Quelle classe. Rennes 2-0 Dijon.

Mais qui dit Stade Rennais dit : « putain de bordel de merde, on avait dit pas dans les couilles ». A peine cinq minutes plus tard, Dijon réduit le score. Sur une attaque côté gauche, toute l’arrière-garde rennaise se laisse aspirer par le porteur du ballon comme un puceau lors de sa première pipe. Chafik, évidemment seul côté droit, est trouvé. Il envoie une frappe sèche à ras de terre que Diallo ne peut que repousser sur la tête de Kwon, qui marque. Je pense que c’est dû à sa coupe de cheveux : très belle raie, Kwon (pour les rappeurs sûrs). Rennes 2-1 Dijon.

Tu croyais être serein à 2-0 ? Mais tu soutiens le Stade Rennais, camarade.

 

Rennes, ou l’art de se foutre dans la merde alors que les voyants étaient au vert. Les Rouge et Noir tentent bien de réagir, mais le ballon piqué de Sarr est détourné en corner par le gardien dijonnais. S’en suivent 20 minutes abominables : les Rennais, complètement apathiques, subissent les assauts adverses comme un enfant de chœur dans le bureau du cardinal Barbarin et se montrent incapables de poser le pied sur le ballon.

Interruption des programmes. Le Comité national des bouchers-charcutiers attribue une mention spéciale à Haddadi, qui décide de mettre tout le monde d’accord au challenge de l’enculé de la 3e journée de L1 : après avoir défoncé les reins de Mubele avec son genou en première mi-temps, il s’en prend à sa cheville avec une semelle dégueulasse. Pas de carton jaune évidemment. A défaut de repartir avec les trois points, les moutardiers veulent apparemment emporter dans leur ville de cons un scalp breton.

Voyant que son équipe est à deux doigts de l’AVC collectif, notre génial génie fait deux changements en dix minutes. Léa-Siliki remplace Amalfitano, tandis que Maouassa cède sa place à Baal. Aaaaah, le retour du fameux couloir Bensebaini-Baal. Christian, si tu veux que la Bretagne devienne la première région pourvoyeuse de combattants français de l’Etat islamique, surtout ne change rien. Comme un saint-bol de cidre d’équipe de puceaux, c’est Sarr – 19 ans je le rappelle – qui doit haranguer le public et ses coéquipiers après un nouveau rush sur le côté droit. Quand ton leader est un mec qui a plus l’âge de jouer aux cartes Magic que de niquer des mères, ça sent fort le caca. Néanmoins, dans les dix dernières minutes, les Rennais se procurent deux belles occasions par Sarr et Mubele, mais la vie est une pute, et quand elle a décidé quelque chose, tu fermes ta gueule et tu subis. Dans les arrêts de jeu, Mexer fauche Sliti dans la surface. Tavares ne laisse aucune chance à Diallo et allume sous la barre. Rennes 2-2 Dijon. Fin du match. Envie de boire un grand verre d’eau de Javel.


Ar notes

Diallo (2/5) : je suis désolé, il a beau être sympathique, il ne dégage rien, au sens propre comme au figuré. Son jeu au pied est aussi rassurant qu’une vieille sur un trottoir verglacé, et même s’il n’a rien à se reprocher sur les buts, il repousse systématiquement les frappes sur un joueur adverse. Il lui manque un truc fondamental pour un gardien : de la chatte.

Traoré (3/5) : début de match en fanfare, où il a défendu efficacement et beaucoup apporté offensivement. Bien plus quelconque en deuxième période.

Mexer (2/5) : on a retrouvé le Mexer qu’on aime pendant le premier acte, à base de relances pas dégueu et d’interventions opportunes. Mais il s’est montré bien plus fébrile ensuite, avec un premier tacle limite où il freine involontairement le ballon de la main, puis en provoquant le pénalty dans les arrêts de jeu.

Gnagnon (3-/5) : je lui mets quand même plus de la moyenne, car il a été solide, et sans doute un des moins mauvais dans les phases défensives. Pour autant, on a concédé bien trop d’occasions et il ne semble pas encore en mesure d’être le patron qu’on attend derrière (ce n’est pas sale).

Bensebaini (2/5) : complètement hors de position sur le premier but dijonnais, où il oublie Chafik en se faisant aspirer à l’opposé. A beaucoup proposé devant, mais tous ses centres ont été ratés. Ah ben oui c’est vrai, il n’est pas latéral de métier.

Bourigeaud (3-/5) : beaucoup d’activité au milieu, des ballons récupérés et de tentatives de construction. En plus, ses coups de pieds arrêtés sont de qualité.

André (1/5) : oui, c’est sévère, mais la déception est à la hauteur des responsabilités. Benji est censé être le leader de l’équipe, non seulement il s’est montré incapable de de faire remonter le bloc ni de garder le ballon quand l’équipe subissait, mais en plus de ça, il n’est même plus capable d’être la caution technique qu’il était il y a de nombreux mois déjà. Alerte rouge.

Amalfitano (3-/5) : il obtient la moyenne grâce à sa belle passe décisive. Ok, en face ils étaient aux fraises, mais ne boudons pas notre (rare) plaisir. En revanche, vu son expérience et son âge, j’attendais de lui qu’il pose le pied sur la gonfle et temporise après le 2-0 et a fortiori après la réduction du score, il n’en a rien été. Logiquement cramé, il a été remplacé à la 67e minute par Léa-Siliki (non noté), qui a bien tenté d’apporter de la percussion sur l’aile droite, mais à quoi bon écoper quand le bateau coule ?

Maouassa (2/5) : plus en difficulté dans la construction du jeu que lors des matchs précédents, il a aussi fait de nombreux mauvais choix mais a eu le mérite de pas mal combiner avec ses deux autres collègues devant.

Sarr (3/5) : première passe décisive pour notre étoile sénégalaise. En plus de ça, il a beaucoup bougé sur le front de l’attaque, causant bien des soucis à la défense dijonnaise, de même que par ses sprints à en faire perdre son sseveu sur la langue à Ssristophe Lemaitre.

Mubele (4/5) : un doublé rempli de chatte, un allure de guerrier Masai et de la générosité. Ok, c’est pas le Brésil, mais vu l’équipe de tocards qu’on se paie, on ne va pas cracher dessus. Au firminment (oh, ça va, hein).

Et ben putain, qu’est-ce que c’était à chier. Rennes jouait à domicile contre le dernier de Ligue 1. Rennes a subi pendant les trois-quarts du match. Rennes a mené 2-0, non sans réussite. Rennes a été rejoint sans vraiment opposer de résistance. Rennes a eu 40 % de possession de balle à domicile. Rennes, sous l’impulsion de son entraîneur qui donne des leçons à la planète foot depuis 20 ans mais n’est pas capable de faire enchaîner deux passes à son équipe, a mis en place une stratégie ambitieuse se résumant à : on envoie la balle aux deux Noirs qui courent vite devant et on attend un miracle. Rennes a deux points en trois journées. Rennes est à chier.

 

 

LE BONUS QUI SUIT VOUS EST OFFERT PAR LE CIRQUE ZAVATTA ET LES FUSILS D’ASSAUT FAMAS

Gourcuff, après la partie  : » Ce fut un match très difficile à vivre, je l’ai très mal vécu ».

 

 

On mériterait une putain de médaille pour notre soutien à ce club.

 

Kenavo les kids,

Marco Grossi

 

Marco Grossi

3 commentaires

  1. Chapeau aux académiciens historiques qui ont toujours la flamme, malgré un site moins consulté et une équipe au jeu toujours aussi insipide par contre :p J’admire le dévouement.

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