Rennes-Montpellier (2-1), la Breizhou Académie livre ses notes
Publié le huitième jour après… Un hommage à PD sans doute.
« M’vila ? Les sceptiques peuvent aujourd’hui manger leurs crayons ! Il n’y a pas un joueur capable de faire ce qu’il a fait. Il a sa qualité de passe, (…) un super état d’esprit. Il donne du liant par sa passe, il a cassé les lignes.»
Erick Mombaerts, juste après le match aller France-Norvège.
Sacré Erick, on pourrait faire probablement un maxi best-of frites-coca de ses déclarations. C’est quand même un peu dommage que la France s’intéresse à son équipe espoir seulement maintenant, le jour de ses adieux nous proposant un splendide bilan d’aucune qualification et d’une belle participation à l’affaire des quotas.
Quoi qu’il en soit, nous re-voilà au devant de l’actualité, malgré nous, alors qu’on entamait tranquillou notre remontée en mode outsider, type an Dréossi I voire même Bölöni III. Le capital confiance allait-il être suffisant pour que cette « affaire » ne fasse pas vaciller le club ?
Le coup de bol, c’est que notre adversaire du soir n’était pas des plus confiants non plus. Mal en point en championnat, voire même en mode psychodrame entre un président qui envisage de virer des joueurs et un gardien aux airs de Pascal Duquenne contestant publiquement les décisions d’un entraîneur défraillant un peu plus la chronique chaque semaine.
On saluera d’ailleurs son culot consistant à s’indigner que cela donne « une mauvaise image au football », près d’une semaine après s’être illustré sur la grande scène continentale en montrant son majeur à un collègue en fin de rencontre de « ligue des champions ».
Répondons lui en citant un peu de poésie :
« C’est par jour un litre de ricard, et ça vient te traiter de camé quand tu tires sur un pétard ».
Et ouais, ma gueule.
Konpozision
Laissons de côté ‘l'(af)fai(re)-divers’ aux spécialistes de ce genre de sujet que sont l’Equipe ou encore rmc, et parlons plutôt football. Aux deux fêtards suspendus par le club s’ajoutent celles de Pajot et de Boye. Autant dire que le cumul tombe mal, car c’est le poste même de bras droit de Jean II Makoun qui se trouve du coup vacant pour l’occasion. Totonetti ne sort pas un jeune inconnu pour l’occasion, mais profite de son nouveau couteau suisse multi-fonction Romain Danzé pour combler ce manque d’un soir.
Pour remplacer Boye, c’est fort logiquement Apam qui a été appelé, le joueur n’ayant pas encore connu sa 2e rechute de la saison.
Côté adverse, Gaëtan Charbonnier est lancé à la pointe de l’attaque en lieu et place du bide Herrera qui n’est pas sans rappeler Ivanov. Pas Trifon l’autre.
Cyril Jeunechamp est titulaire côté droit. Autant prévenir tout de suite le petit Aless’ de pas trop la ramener en face.
Dernière grosse surprise, Geoffrey-Pascal-Duquenne-Jourdren a été poussé sur le banc pour cause de QI négatif. C’est le dénommé Pionnier qui sera chargé d’explorer les lieux du cimetière indien pour la bande à Loulou et à René.
Ar Matc’h
Faisons court, déjà parce que le match est fini depuis près d’une semaine et que donc tout le monde s’en foutra de l’anal-yse, ensuite parce qu’il n’y pas grand grand chose à en dire tant Rennes a dominé cette rencontre de la tête, des épaules, et même de la poitrine jusqu’à l’Apamade du match.
Un petit moment de frayeur tout de même avec cette tête de Stambouli s’écrasant sur la barre, et qui répondait de la sorte à l’ouverture du score du sieur Jean de Makoun sur corner, ce dernier trouvant encore le moyen de s’imposer dans le domaine aérien malgré son mètre 70. Petit moment seulement car c’est la seule fois où les champions de France en titre parviendront à nous inquiéter durant cette première mi-temps. Pour le reste, nous sommes plus proches déjà du 2/0 que du 1 partout, non que les Rennais se montrent particulièrement incisifs, mais qu’ils peuvent visiblement compter sur Daniel Congré pour leur filer un coup de main des plus utiles, tant l’ancien playboy toulousain est dépassé par la vivacité d’Alessandrini à au moins deux reprises.
Mais c’est toute seule comme une grande que l’équipe rennaise breake. Féret chipe un ballon au milieu de terrain, Alessandrini d’un très esthétique exter’ pied gauche lance Mevlut au but qui profite de la demi seconde d’hésitation de Pionnier pour arriver au ballon avant lui, l’effacer, et envoyer le ballon au fond d’un plat du pied-sécurité.
Nous nous dirigions donc vers une victoire aussi tranquille que l’hôtel des Bleuets le samedi à 23h. Sachant pertinemment qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, Onyekachi dans son froc fait son apamade du soir en fauchant Utaka dans la surface quelques minutes après. Belhanda envoie mollement le ballon dans le petit filet de Billy, pris à contre-pied, et voilà le match relancé. Tout le monde a sans doute eu à l’esprit le souvenir des innombrables matches nuls concédés l’an dernier RDL. Le spectre de la Lose-et-Noir planait de nouveau sur le cimetière indien de la Route de Lorient, toujours pas vraiment baptisé pour ses 100 ans.
Une nouvelle faute de Jeunechamp permet aux Rennais de bénéficier d’un coup-franc que Féret propulse au deuxième poteau vers Jean-Mamelle. Miracle pour les visiteurs, Congré se révèle utile en déviant le ballon en corner. Le 3/1 est évité de peu.
Le 2/2 l’est aussi ou presque. Parce qu’Herrera qui marque sur l’occasion suivante, ça aurait ressemblé quand même à une succession de miracles que seul le SRFC peut offrir. Fort heureusement, le grand maladroit du front de l’attaque montpelliéraine écrase sa reprise alors qu’il était dans une position idéale. Cette frappe-purée n’inquiète nullement Billy qui s’empare du ballon tranquillou.
Montpellier tente de pousser, Rennes est mal à l’aise, et Souleymane Camara puis John Utaka tentent à leur tour de profiter de la situation pour offrir le point du nul à leur équipe. Sans succès. A la 90e minute, Pitroipa se met enfin à pitroipater à bon escient, offrant à l’équipe quelques précieuses secondes. Pas de coup-franc du dernier instant, pas de montée de Pionnier, pas de but miracle… Pour les 100 ans de la Route de Lorient, Rennes s’impose en son antre face au champion de France en titre. C’est ce que l’on retiendra de cette soirée de gala.
Les gars du Stade
Costil 3/5 : Pas grand chose à en dire, il n’a pas vraiment été mis à l’épreuve par les visiteurs et je n’ai pas rêvé de lui depuis la fois précédente. Faudrait que je fasse gaffe d’ailleurs, ma druidesse pourrait du coup se mettre à bien l’aimer.
KTC 3/5 : Mounier, Cabella, Utaka… Il a eu à négocier avec de sacrés clients quand même, au moins pour leur réputation et s’en est très bien sorti. Sinon, si on pouvait m’expliquer pourquoi cette bite de Mombaerts ne l’a pas appelé en espoirs… Remarquez la réponse est dans la question.
Apam 2/5 : Réalisait une bonne prestation jusqu’à son apamade. Comme à chaque fois qu’il joue donc. A dans 3 mois, mec.
Kana-Biyik 3/5 : Match propre dans l’ensemble. A réalisé une belle montée à la 85e, mais on ne lui a malheureusement pas rendu le ballon. Bon, on sait que ses montées sont de toute façon stériles, mais ça rajoute toujours un peu de piment à la galette saucisse épicée.
Jebbour 3/5 : Se débrouille bien à ce poste, même si l’on se doute qu’il se débrouillerait mieux dans l’autre couloir. Dans l’ensemble, il tient largement la comparaison avec Mavinga, défendant moins à l’arrache que le joueur. Après, vu sa copie sérieuse, c’est probable que ce soit un moins bon pote de cuite.
Makoun 4/5 : Mode patron. Il faudrait d’ailleurs que les économistes et anthropologues du football se penche sur ce grand mystère qu’est la capacité du Cameroun à enfanter des patrons, de Jean-Mamelle à M’Bia en passant par son altesse sérénissime Sametoo. Ça ne fait pas une équipe de foot au final, mais c’est quand même impressionnant sur le papelard du cochon.
Danzé 4/5 : On lui rajoute +1 parce que non seulement il s’est superbement bien débrouillé à un poste qui n’est pas le sien, mais en plus en grattant 26 ballons dans la rencontre, soit plus que Pajot en plusieurs matches et autant de ballons qu’un guitariste de flamenco gratte d’accords.
Féret 3/5 : Je ne me souviens plus très bien d’actions à part la récupération du ballon sur le 2e but. Ça m’apprendra à laisser traîner mes académies n’importe comment aussi longtemps que mes slips.
Pitroipa 2/5 : Peu inspiré et peu en réussite dans ses dribbles. Il sauve sa rencontre par un bon repli défensif, ce qui tend à prouver qu’il n’a pas grand chose à voir avec le dribbleur égoïste bien qu’on tente parfois de lui coller cette étiquette.
Alessandrini 4/5 : Quand il brille lui, ce n’est pas à moitié. Deux passes décisives pour couronner sa prestation, une sur corner pas assez belle à son goût, qu’il complète donc d’une autre de l’exter du gauche pour lancer Mevlut en profondeur.
Erding 4/5 : Et de 4 en championnat, soit autant que la saison dernière en seulement un quart de saison. Après, on ne dit pas que tous les gardiens sortiront aussi lentement que Pionnier, mais on est pas sûr que Montano aurait réussi à l’éviter. Abdoul Camara, encore moins.
Les entrées en jeu
Foulquier Non Noté 89e : Si le but était de gagner 2 minutes et de rendre leur côté gauche définitivement inoffensif, c’était réussi.
Diarra, Diallo Non Noté 82e : Si le but était de rendre notre propre attaque inoffensive, c’était réussi aussi.
Les autres apparitions
Cyril Jeunechamp 3/5 : Jamais nous ne dirons du mal de Cyril. Et pas du tout parce qu’on aurait peur de lui.
John Utaka 3/5 : C’est plaisir aussi de le revoir. Et apparemment pas que pour les supporters, Apam était tellement content d’apercevoir un compatriote qu’il s’est jeté dans ses pieds peu après son entrée en jeu.
Les non-apparitions
Yann M’Vila et Chris Mavinga 1/5 : Bah après tout, leur rendre leur samedi soir libre, c’est bien le minimum qu’on pouvait faire.
Il est de retour ! Saint Cid’ a exaucé nos voeux.
Vu l’inefficacité offensif du SR contre St Etienne la semaine suivante, je me demande si on devrait pas tenter la Danze en attaquant de pointe.