Sainté-Rennes (2-0), la Breizhou Académie livre ses notes
Les aventures de Roazh Takouer chez les Verts de Paris
Il nous restait un dernier prétendant européen à jouer, Paris n’en étant pas un, le club appartenant la catégorie « acquérant » en tant qu’unique membre. Il y aurait à la limite Valenciennes, remarquez, le club étant ‘la surprise’ de ce début de saison. Sauf, bien sûr, pour ceux qui savent, comme nous, que Gaël Danic est un des meilleurs joueurs bretons du IIIe millénaire, ou ceux qui pensent, pas comme nous, que Le Tallec est un des meilleurs joueurs du monde.
On ne devrait d’ailleurs trouver aucun représentant de cette catégorie à Saint-Etienne. Superbe sens de la transition même pas préparée qui m’impressionne également à l’heure où je vous écris, un peu comme Pitroipa découvre un nouveau dribble qu’il ne connaissait pas à chaque fois qu’il élimine un adversaire, soit environ 10 fois par match.
Pour cette ultime affiche donc, précédant le défilé de mous du bide ou de plus bas encore, à peine entrecoupé d’une aprèm de gala (une boum donc) au parc des Princes, Roazh Takouer a décidé de porter ses balloches et de quitter son doux foyer-streaming et ce précaire confort à peine embourgeoisé au profit d’un déplacement digne des plus téméraires, voire même suicidaires. Aller donc dans cette contrée qui n’a de vert que le cœur, »ce pays des bâtards » dixit Jimmy B. (qui n’est pas le cousin de Benny) ou presque. Prépare-toi donc Divette de Montmartre : Roazh a enfilé son maillot gwen ha du spécial tourisse en été et son slibbard porte-bonheur pour aller seul défier les Verts de Panam. Pas les verres. Sinon, l’issue n’aurait fait aucun doute. Succession de cadavres d’un côté, coma de l’autre.
Ar Matc’h
Premier signe d’une soirée de l’étrange, Roazh Takouer est bien plus ponctuel qu’une femme enceinte. Il va vraiment falloir que sa druidesse le largue une bonne fois pour toute avant qu’il ne commence à mener une vie normale.
S’installant à la table de son honorable confrère Roland Gromerdier, l’autre Roro du site, le druide footballistique réalise son petit effet en enlevant sa chemise crade triple épaisseur d’aventurier pour laisser apparaître un maillot blanc et noir Samsic presque propre. Ce soir, il sera seul contre tous.
Commandant quelques pintes au bar avec l’argent des autres, il entend le patron en profiter pour lui glisser une petite blagounette : « Tu sais comment on appelle un homosexuel en breton ? Il est vilaine. »
C’est dans Vito la Deveine, Spirou et Fantasio numéro 43, que le groom se posa cette question qui demeure encore sans réponse : « Pourquoi les gens les plus drôles font-ils les pires déprimés ? ». Si l’on peut penser que vivre dans le Forez donne toutes les raisons de déprimer sévère, nous en déduirons donc que la réciproque n’est pas vraie. Ou alors que le patron de ce bar trouve la vie parisienne des plus belles.
Retour à la place, dégustation de bière, commencement de match. Tout va bieng. Compo sans trop de surprises, si ce n’est qu’Alessandrini est sur le banc, Danzé retrouvant sa place de faux ailier droit, et Pajot une de titulaire pour fêter son retour de suspension. Retour de suspension qu’il va fêter une deuxième fois en obtenant un carton jaune dès la 26e. Cela étant dit, je saute quelque peu les étapes.
Un début de match plutôt correct des Rennais qui montrent que l’équipe a retrouvé une certaine confiance à force d’enchaîner de meilleures prestations. Pitroipa remue sur son côté et aurait même pu filer au but s’il n’avait pas été retenu par un défenseur local. L’arbitre préfère détourner le regard. Féret combine et cherche la faille. Il n’est d’ailleurs pas loin de la trouver sur une reprise écrasée au rebond vicieux. Néanmoins les tentatives rennaises finissent dans les bras de Ruffier. La première tentative stéphanoise est plus menaçante et il faut un grand Billy pour que le Gabonais et sa coiffure dégueue n’ouvre le score.
Sa deuxième tentative sera malheureusement la bonne. A la réception d’un contrôle de Gradel qui s’était magnifiquement embarqué le ballon de la main, Aubam’ contourne Jean-Mamelle en deux touches de balle et expédie cette fois son ballon au 2e poteau hors de portée du pauvre Billy, cette fois-ci trop court. Comme quoi la beauté physique ne fait pas tout.
La réaction rennaise ne se fait pas tarder, mais la reprise de Pitroipa suite à la seule déviation de la tête réussie par Erding durant la rencontre est encore sur le gardien basque des Verts. Costil évite la catastrophe en sortant une bonne tentative de Gradel. Pajot en évite une deuxième, mais lui n’y est pour rien, c’est juste que l’arbitre n’a pas (encore) envie de sortir son carton rouge.
Mi-temps, match équilibré dans l’ensemble mais la qualité offensive est plus du côté des locaux, ce qui explique la différence de score. On recharge les munitions, et c’est reparti.
Le chambrage des locaux commence, on me demande de payer la tournée. Ils ont dû me confondre avec Pinault. Pourtant mon voisin n’a rien à voir avec Salma Hayek. Ils n’auront donc rien.
Pas le temps d’espérer grand chose, relance approximative dans l’axe, reprise directement par Cohade, le ballon atterrit dans le petit filet droit de Billy, encore trop court. C’est pas qu’on aimerait pas y croire, c’est juste qu’on sait déjà.
Totonetti tente quand même un truc en effectuant un double changement. Jebbour nous quitte pour laisser entrer Foulquier, KTC repassant côté gauche. Pajot sort avant son 2e jaune de la rencontre, pour Alessandrini, Danzé redescendant un cran plus bas. Ce dernier tente d’ailleurs une première frappe dans le match, mais encore une fois, Ruffier semble aimanter les ballons. Il en sera de même pour les tentatives lointaines de Pitroipa et d’Alessandrini, ou celle bien plus proche d’Erding. Il y a de l’envie, des demi-occaz, des pintes pour ma gueule, mais quand même, le match est bien maîtrisé par les Stéphanois qui ne sont malheureusement ni Ajacciens ni Montpelliérains pour laisser échapper une victoire qui leur tend les bras.
Mon voisin, qui même après 3 pintes ne ressemblent toujours pas à Salma Hayek essaye de me faire dire que « Mevlut est une salope ». Je refuse, rétorquant que je veux bien reconnaître que c’est parfois une chèvre ou un tocard, mais qu’il n’a clairement rien de la salope. En sortant la carte ex-Lyonnais François Clerc, je réussis à le convaincre sur la définition du mot ‘salope’.
La discussion commence plus poliment avec les voisins de devant. Jusqu’à ce que je parle de ‘concurrents directs’…. Un type prend la mouche et nous promet la 10e place, pas impressionné pour un sous par nos 4 victoires consécutives. Je préfère retourner boire plutôt qu’essayer de le convaincre plutôt que d’entendre ça plutôt que d’être sourd. Pour ce que j’en ai à foutre de toute façon…
Alors que je m’apprêtais à roupiller gentiment jusqu’à la fin du match, Kalt me sort de mon début de torpeur en sortant le rouge pour le pauvre Mevlut. On ne voit pas grand chose au ralenti et j’apprends à posteriori que ce sale rouquin de Brison serait allé rapporter et probablement exagérer « le marchage sur talon » du Turc sur Mignot. Le plus drôle est que le réalisateur enchaîne sur une cravate dégueulasse du même Brison sur Pitroipa. Enfin, drôle… à posteriori aussi. A l’instant précis, j’ai plus envie de parler de la Maman du Jonathan.
Le match est fini et je peste plus après la suspension de notre dernier attaquant de pointe valide, Totorugo ayant toujours le pied cassé depuis que le ‘beau jeu’ lorientais lui est passé dessus, qu’après la défaite fort prévisible de ce soir. La théorie du rôle du figurant ne laissait en effet pas espérer grand chose pour ce soir, l’heure était à la fête pour les Stéphanois comme la semaine dernière l’heure était à la crise pour les Héraultais. Je me console en me disant qu’on devrait quand même réussir à passer Arles-Avignon en coupe de la ligue et s’offrir un quart de finale de coupe de la ligue, un peu comme quand on se branle avant de dormir après être revenu d’une soirée en boite.
Le patron m’interrompt dans ma réflexion en me tendant un verre en plastic au contenu vert. Truc de ouf qui confirme que ces gens-là sont quand même un peu des malades, c’était de la menthe à l’eau. Du bol que j’ai bu le verre cul-sec en croyant que c’était du Get 27 parce que sinon j’aurais bien pu lui envoyer directo dans la gueule, non mais qu’est-ce que ces manières de cons d’offrir un truc que même les enfants de nos jours ne boivent plus ?
Le reste de la soirée évolue en bien. La clientèle demeure tout ce qu’il y a de plus fréquentable et faut reconnaître que les coups qu’on m’a payé après, c’était pas de la grenadine ou de la limonanalde.
Pendant ce temps, les gars du Stade
Costil 3/5 : A repoussé l’inévitable de quelques minutes avant de limiter la casse. Peut-être qu’il pouvait faire mieux sur la frappe de Cohade, mais ce type ressemble tellement à Pagis que ça a dû le faire cogiter.
KTC 3/5 : J’aurais jamais cru dire ça il y a un an et demi mais Aubameyang était le joueur adverse qui me préoccupait le plus et il faut reconnaître qu’il n’est pas souvent passé côté gauche de l’attaque locale bien que ce soit son poste initial. A eu plus du mal à contenir les coudes de Brandad’ quand les joueurs ont permuté.
Kana 1/5 : A réussi un geste dans le match, une grosse béquille sur Aubameyang. Preuve que ça a dû lui chatouiller un peu les roustons de se faire ridiculiser pendant plus d’une heure. Si ça pouvait l’aider à se réveiller et à faire enfin un vrai bon match cette saison, ce sera un mal pour un bien.
Boye 2/5 : Difficile de lui en vouloir davantage, il joue avec les moyens du bord : des pectoraux, de l’énergie, et des approximations techniques déplorables. Belle avant-dernière passe sur le but de Cohade, en espérant que ce soit la seule de sa saison parce qu’il n’en fera probablement jamais une à un coéquipier.
Jebbour 2/5 : En difficulté face à Gradel, ses dribbles, sa vitesse, et ses mains. Il n’a pas vraiment capitulé mais comme en plus il n’a rien apporté offensivement, ce serait compliqué de lui mettre la moyenne.
Pajot 1/5 : Touche plus l’adversaire que le ballon. Entre deux fautes, il s’est planqué comme un enfant juif pendant la guerre. Un coup de bol que l’autre rouquin n’ait pas eu le temps de le dénoncer.
Makoun 3/5 : A touché plus de 4 fois plus de ballons que Pajot en se permettant en plus d’avoir un meilleur taux de passe réussie. Pas un grand match cela dit, un match à peine correct dans l’ensemble. La bonne nouvelle étant que la rumeur annonce la levée de l’option d’achat, signe que son influence dépasse bien le rectangle vert.
Danzé 3/5 : 200e match de L1 pour le captain armoricain qui a d’un certain côté confirmé qu’il avait plus d’avenir au poste de milieu récupérateur que d’ailier droit. Néanmoins, c’est à ce poste qu’il a pu chipper quelques ballons dangereux à l’autre buson, démasquant au grand jour l’imposture footballistique.
Pitroipa 2 puis 1 /5 : Volontaire mais maladroit en première mi-temps, même plus vraiment volontaire en 2e. A trop pitroipaté. Parfois même ses propres coéquipiers. Et comme en plus l’arbitre n’avait pas trop envie de siffler les fautes qu’on faisait sur lui…
Erding 1/5 : Passe à côté de sa deuxième mi-temps et de son talent, mais pas du talon de Mignot. Cette expulsion nous pénalise un peu trop vu notre effectif très réduit pour que je passe l’éponge. De toute façon, je ne passe jamais l’éponge, je vise le verre et puis c’est tout.
Les entrées en jeu
Foulquier – 53e – 3/5 : Son retour désespéré en 2e mi-temps suffit à ce que je lui mette la moyenne et à me donner envie de le voir par exemple mardi en CDL. Sauf que je suivrai le match à la radio…
Alessandrini – 53e – 2/5 : A lui aussi fait son beau geste du match en tentant une belle reprise histoire que ses groupies militent activement pour en faire un titulaire indiscutable. Le reste de son entrée m’a pour ma part autant laissé sur ma faim qu’une demi galette-saucisse.
Diallo – 68e – 2/5 : ‘me souviens juste qu’il gâche une situation intéressante en tentant une frappe lointaine qu’il ne cadre pas. Lui, c’est son quart de saison qui me laisse autant sur ma faim qu’un huitième de galette-saucisse.
Les autres apparitions
Jonathan Buse -1/5 : Joueur de merde, mentalité de merde… Si je suis au stade au match retour, je le siffle à chaque prise de balle. Remarquez, il n’a pas besoin de ça pour perdre des ballons dangereux, cette vilaine balance rousse qui pue.
Fabien Lemoine 2/5 : C’est lui qui était parti pour avoir plus de temps de jeu, c’est ça ? Quand on voit le niveau actuel de Pajot ou la carrière de Doumbia, ça donne quand même envie de se poignarder le cul avec une galette-saucisse entière.
Le match sans commentaire mais avec des tweets au milieu de l’écran 2/5 : Idée à moitié bonne, à moitié dégueulassissime. Pas la moyenne donc.
La menthe à l’eau 0/5 : Franchement, c’était pas loin de la déclaration de guerre.
Le bar sinon 4/5 : Bonne soirée sinon, et bonne clientèle. J’y retournerai sûrement, par exemple pour un Sainté-Lyon histoire de tâter l’ambiance. Ou alors pour un Sainté-Lorient, histoire d’en avoir rien à foutre si j’assiste à une nouvelle défaite bretonne.
Les non-apparitions
M’Vila & Mavinga acte II/5 : Deux petits matches et puis reviennent. C’est pas plus mal, leur camarade d’excursion n’ont même pas été punis pour l’instant.
Roazh Takouer aime ce site, a découvert ce tumblr et traine souvent sur ce forum.
Il va aussi parfois sur twitter, surtout si c’est pour dire du mal de Loïc Féry ou défendre des Rennais alors qu’approchent les nominations au ballon de plomb.
Et puisque Rennes, t’en as jamais assez, il encourage à se rendre également sur l’incontournable sro ou sur 1901.
Enfin, et c’est le plus important, soutenez horsjeu.net pour aller tous ensemble bien plus loin dans l’aventure anale.
De la bonne académie comme d’habitude pour le druide. Mention spéciale pour la référence à Spirou. La citation colle parfaitement avec le stade rennais d’ailleurs.
Par contre je te trouve bien sévère avec le brave Mevlut qui se sera démené bien comme il faut en déviant pas mal de ballons de la tête mais Féret, ayant visiblement trop fumé de malbiche, n’a pas été capable de jouer les 2èmes ballons.
Lorient c’est les Nîmois de Bretagne, non? En tout cas je supporte pas non plus.
J’ai pas trouvé Erding mauvais tant il était esseulé. Pitroipa n’a pas le physique pour jouer les seconds ballons quand Erding les dévit, Danzé est incapable d’en faire quelque chose, reste Feret qui lui était a côté de ses pompes. C’est pour ne pas à avoir a dire du mal de lui que tu ne l’as pas noté ?
D’ailleurs Féret a disparu des notes de notre ami RoazH. Très bonne acad’ sinon (j’ai bien aimé les passages sur Brison et le récit de la soirée en général), et très bonne soirée. Perso, c’est pas de la menthe à l’eau qu’il m’a servi et ça m’a plutôt défoncé la gueule. Y’a la boisson pour les locaux et celle pour les autres, un peu comme dans le Livre Sans Nom avec la bouteille de bourbon et la bouteille de pisse (instant culture).
Sinon, y’a un Lorient-Sainté qui se profile mi-décembre, juste après le derby soit dit en passant.
Le barman aurait pu t’offrir une Chartreuse! Y’avait la couleur et (presque) le côté local! Super acad’ (comme d’hab) merci bien!
Lorient c’est pas les Nîmois, Lorient n’existe pas.
Je ne ressemble pas a selma hayek ? Première nouvelle….;).
Et je persiste sur Erding, c’est pas parce que tous les kebab de Bretagne lui ont érigés une statut a son arrivée que ce type est une bête.
Mais bon le breton malgres un alcoolisme passif est une personne au demeurant très fréquentable. On fait le match retour chez vous avec Roro si il faut. A plus mon belet