Rennes-PSG (2-2, 6-5 T.À.B) : La Breizhou Académie a gagné la coupe de France 2019

48 ans. Quarante-huit ans que le club, les supporters et la ville attendaient ça. Qu’on attendait ça. Putain que c’est bon.

La composition des vainqueurs de la coupe de France 2019 :

Comme l’a dit Ben Arfa après le match, les joueurs étaient programmés pour ce match. Quitte à laisser beaucoup de plumes en championnat, Stéphan et son staff avaient tout misé sur cette finale et disposaient donc de toutes leurs forces vives :

Koubek – Bensebaini, Mexer, Da Silva, Traoré – Grenier, André – Bourigeaud, ben Arfa, Sarr – Niang

Le match des vainqueurs de la coupe de France 2019 :

Dès l’entame du match, on sait qu’on va souffrir. Deuxième minute, Neymar reprend un centre de Dagba juste à côté. En choisissant de bloquer l’axe aux Parisiens, on s’expose aux montées de leurs latéraux et ailiers. Juste avant le quart d’heure de jeu justement, Alves oblige Koubek à claquer la balle en corner sur un centre bien vicelard. Sur ce même corner, Neymar adresse un ballon tendu vers Alves, qui envoie une volée magnifique dans le petit filet du gardien rennais. D’autant plus rageant que ça sent la combinaison bossée à l’entrainement et qu’on n’a pas su la contrer (13e). Rennes 0-1 PSG.

Malgré une nouvelle alerte par Mbappé, les Rouge et Noir relèvent un peu la tête. Mais quelques minutes plus tard, une perte de balle dégueulasse de Ben Arfa lance les Parisiens dans un contre éclair. Di Maria envoie Neymar défier Koubek d’une passe laser entre nos défenseurs. L’attaquant brésilien ne se rate pas et lobe le gardien tchèque, pourtant pas nabot (21e). Rennes 0-2 PSG.

À ce moment-là, on se dit qu’on est partis pour en prendre cinq et passer une soirée aussi agréable que celle d’un touriste égaré à la Fistinière. Pourtant, les joueurs de Stéphan ne sombrent pas et continuent à répondre présent, avec quelques duels bien sentis. Da Silva nous sauve in extremis devant Neymar (31e) avant que Niang sonne la charge : sur un super contrôle orienté, l’attaquant enrhume Marquinhos avant d’allumer le poteau d’Areola du gauche (38e). Et dans la minute qui suit, la confirmation est là. Traoré fait sauter Bernat comme un cabri sur une feinte de centre, avant d’envoyer un bon ballon sur Kimpembe qui ne se loupe pas et trompe astucieusement son gardien (40e). Rennes 1-2 PSG.

Revenir avant la mi-temps était la seule façon d’entretenir l’espoir et ils l’ont fait, ces cons. En plus sur un CSC, meilleure façon de réinviter Jean-Michel Fébrilité à la table du PSG, parfait. En plus de ça, Koubek est dans un bon jour, qui s’interpose dans les arrêts de jeu coup sur coup face à Mbappé puis Dani Alves (45e et 45e +3).

Même si le PSG est une équipe largement au-dessus du lot, tout le monde sait maintenant qu’elle est capable de se saborder à la moindre contrariété. C’est pourquoi les Rouge et Noir, bien que menés, attaquent la deuxième période avec la bave aux lèvres. Sans faire n’importe quoi, ils restent sérieux et se saisissent de la moindre occasion pour faire mal en contre. A l’heure de jeu, Bourigeaud jaillit à 20 mètres de ses buts pour intercepter une passe et remonte tout le terrain jusqu’à allumer une mine de l’extérieur de la surface, qu’Areola claque difficilement en corner. Quelques minutes plus tard, le même Bourigeaud oblige Dagba à un sauvetage en catastrophe. Et sur le corner de Grenier, le peuple rennais chavire une deuxième fois. Sur un ballon magnifiquement tiré, Mexer surgit au premier poteau et égalise de la tête (66e). Oh purée. Rennes 2-2 PSG.

Si les Parisiens se procurent quelques situations chaudes, les Bretons résistent bien et arrachent 30 minutes supplémentaires.

Tuchel a déjà effectué deux changements tandis que Stéphan fait confiance aux mêmes onze hommes pour cette prolongation. Il sait.

Dans un match toujours engagé – les jaunes se succèdent plus vite qu’en terrasse à Marseille – nos Rouge et Noir attendent leur adversaire assez bas, alors que les Parisiens se montrent assez empruntés. Jusqu’à la 99e minute où Neymar envoie Mbappé au duel. Koubek est battu sur la frappe de l’attaquant français, mais son poteau gauche a décidé que ce soir, c’était notre soir. Même Cavani n’arrive pas à battre notre portier (104e). Après le changement de côté, les joueurs de la capitale évoluent de plus en plus haut et s’exposent ; Ben Arfa n’est pas loin de trouver le chemin des filets, mais ça file à côté (110e). A défaut de pouvoir marquer, les Rennais gèrent très bien leur fin de match et tiennent tête aux Parisiens dans les duels, quitte à prendre un paquet d’avertissements (sept au total). Mais ce sont leurs adversaires qui dégoupillent : Mbappé, au duel avec Da Silva près du poteau de corner breton, envoie ses crampons sur le genou de notre défenseur central. Carton rouge, terminé bonsoir. La même que sur Sarr en coupe de la Ligue début 2018.

C’est parti pour les tirs au but, bordel.

Alors là, autant vous dire qu’il nous reste autant d’ongles aux doigts que de dignité à Waldemar Kita : zéro.

Malgré l’enjeu et la pression, les cinq premiers tireurs de chaque équipe ne tremblent pas et marquent. La crise cardiaque se rapproche.

Sarr, si décevant depuis quelques semaines, a la lourde tâche d’être le sixième tireur. Il marque.

Nkunku, entré dans les dernières secondes, spécialement pour la séance de TAB, envoie un putain de drop au-dessus de la barre de Koubek.

Le Stade Rennais Football Club est le vainqueur de la coupe de France 2019. Après des décennies de disette et trois finales perdues en dix ans, les Rouge et Noir gagnent enfin un titre. Ca vient couronner une saison incroyable, la plus belle de l’histoire du club.

Bravo et merci messieurs, du fond du coeur.

Les héros vainqueurs de la coupe de France 2019 :

Koubek :5/5. On t’a suffisamment critiqué pour savourer ton match, où malgré les deux buts imparables, tu as été un dernier rempart plus que solide. Et alors ce sprint au moment de la victoire… Il est déjà au Panthéon du sport.

Bensebaini :4/5. Il a fait dégoupiller les Parisiens dans son couloir.

Mexer : 5/5. Casque d’or 2019.

Da Silva : 4/5. Un sauvetage sur lequel on a tous exulté, une deuxième période solide. Le Boss.

Traoré : 4/5. Avec lui, Bernat a appris la gavotte express et Kimpembe a passé une sale nuit.

Grenier : 4/5. Comme tous ses potes, il a eu du mal au début, mais ensuite il a assuré son rôle. Magnifique corner sur l’égalisation.

André : 4/5. L’image de lui soulevant la coupe avec La Danze et Pinault père restera gravée à jamais.

Bourigeaud : 5/5. Encore un match de guerrier, à l’image de sa chevauchée fantastique à l’heure de jeu. Remplacé par Léa-Siliki (105e, non noté), venu pour foutre sa semelle sur Neymar et son tir au but dans la face d’Areola.

Ben Arfa : 3/5. Un match très discret et une perte de balle désastreuse qui conduit au 2e but parisien. Du mieux sur la fin jusqu’au bouquet final où il se paie magistralement Nasser.

Sarr : 3/5. Bien cadré par la défense adverse, il est monté en puissance à partir de l’heure de jeu. N’a pas tremblé au moment du 6e tir au but.

Niang : 5/5. Masterclass sur le terrain, où il aura pesé sur la défense parisienne toute la partie, avec une débauche d’énergie incroyable. Sa frappe sur le poteau aurait mérité meilleur sort. Et en dehors du terrain il n’a pas été en reste, en se rappelant aux bons souvenirs de son meilleur ennemi Valentin Rongier. Quelle deuxième partie de saison il nous aura fait.

Stéphan : MERCI/5. Arrivé en fin d’année 2018 pour prendre les rênes d’une équipe à la dérive, le petit gars du cru aura su transcender cette équipe pour lui faire accomplir la plus belle saison de l’histoire du club. Et le tout avec sagesse et humilité. Quel homme.

Marco Grossi

Marco Grossi

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