Sienne-Inter (3-1), l’Internazionale Académie livre ses notes

A priori, la colline n’a pas de bouche

Avant-propos : Merci d’écouter ceci pendant la lecture de ce qui suit.

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Cette semaine, Snake a revu Silent Hill Revelations 3D. Il n’aurait pas dû, c’était un mauvais présage quant au match d’hier après-midi, un tel cauchemar visuel, une telle nullité scénaristique, toute cette insulte à un monument du jeu vidéo, c’était en quelque sorte un préambule à l’horreur à laquelle Snake allait assister en prenant place devant son écran pour regarder Siena-Inter.

D’ailleurs, y a-t-il des personnes dans l’audience qui connaissent la franchise Silent Hill ? Une sorte de poésie lugubre qui plonge le joueur dans un monde terrifiant, un voyage dont on ne revient pas indemne tant le malsain qui émane de cette ville nous happe pour nous guider peu à peu vers la découverte de la signification du concept ô combien équivoque de « Folie ».
La Ville de Silent Hill, en réalité, est une ville fantôme que l’on ne trouve sur aucune carte des États-Unis, néanmoins toute personne qui a besoin d’une thérapie finira tôt ou tard par se retrouver piégée dans cet endroit qui évoque l’Enfer.


« C’est les joueurs qui sont nuls et c’est moi qui doit visiter Silent Hill, que c’est injuste pour un bel homme comme moi … ».

Une fois prisonnier de la ville, il n’est plus question de faire demi-tour car la bourgade referme ses portes et confronte l’intrépide explorateur à ses démons les plus refoulés. Elle prend peu à peu forme pour renvoyer à l’individu l’état de son propre subconscient, en somme plus vous êtes fou, plus la ville va vous confronter à des monstres malsains, des lieux effroyables et des révélations qui perturberont votre équilibre mental déjà bien fragile.


« Pour un entraîneur, l’Inter est un Enfer dont on ne revient jamais ». Signé tous les entraîneurs de l’Inter. »

Et hier, au vu de la prestation de l’ensemble de l’équipe (excepté Juan, qui a su « élever » son niveau de jeu), Stramaccioni ferait bien d’aller faire un tour à Silent Hill afin de se retrouver confronté à ses propres démons et comprendre ainsi ce qui ne fonctionne pas dans cette équipe. S’il est assez intelligent, lucide et surtout courageux pour se confronter à la réalité, l’accepter et tout faire pour la modifier, il devrait revenir vivant et sans séquelle profonde de ce voyage dans l’antre de la Folie (Carpenter style), à contrario s’il décide de persister dans le déni, Massimo « Pyramid Head » Moratti se fera un malin plaisir de lui trancher la gorge et de placer un énième pantin désarticulé à sa place et ce sans aucun scrupule.


La véritable apparence de Moratti. Notez la robe faite de chair récupérée sur les cadavres de tous ces entraîneurs dépecés.

En réalité, Andrea Stramaccioni, Snake, vous, nous, eux, tout le monde est au courant du problème récurrent de l’Inter ces derniers temps et des solutions pour y remédier.
– Zanetti ne doit plus jouer au milieu de terrain. Défensivement, il assure comme personne, mais il prend la place d’un milieu susceptible de créer un minimum de jeu du coup même la lanterne rouge de Série A ne craint aucunement nos attaques puisqu’elles sont désordonnées et inoffensives car stéréotypées.

– Zanetti doit accepter le fait qu’il ne peut plus jouer tous les matches, car même si Strama le place à droite, ça fera une option offensive en moins puisqu’il ne déborde pour ainsi dire jamais (ce qui est dommage car il amène souvent du danger). L’idéal serait de laisser Zanetti participer aux joutes face aux grosses équipes, celles à laquelle l’Inter acceptera de laisser volontairement la balle, car cela nécessite une grande intelligence tactique et une couverture défensive de tous les instants. Mais pour les matches face aux équipes moyennes, mieux vaut éviter d’aligner Le Capitano afin de prendre la mesure de l’adversaire en contrôlant le match.

– Cambiasso doit reprendre sa place au milieu de terrain, il est indispensable de par son leadership et sa faculté à mener les troupes sans se dépenser inutilement. Avec Guarin et Kuzmanovic à ses côtés, on aurait droit à un milieu à trois qui saurait à la fois récupérer, percuter, contrôler le tempo d’une partie et lancer les offensives. Le tout en assurant une sécurité défensive.

– La défense à trois doit être abandonnée face aux petites équipes. Cette stratégie fonctionne lorsque l’adversaire est de nature entreprenante, qu’il accepte de faire vivre le ballon et qu’il s’installe dans notre moitié de terrain. Ainsi, l’étau se resserre autour de lui et on peut le contrer parce qu’il est plus enclin à se découvrir (exemple : La Juve). Par contre, face au Torino, Siena, Chievo ou autres, c’est dangereux d’aborder la confrontation de la sorte puisque ce sont des équipes qui vont elles-mêmes chercher le contre, donc on sera obligé de tenir la balle et c’est nous qui subirons les méfaits de la défense à trois (Cf. le premier but de Siena hier).


La défense à trois, sous les traits d’une succube qui séduit Stramaccioni afin de le mener à sa perte.

– Nagatomo, Chivu, Gargano, Pereira, autant de joueurs qui nous plombent depuis un bon nombre de matches par leurs carences plus ou moins ostensibles. Si Strama s’obstine à les aligner chaque semaine, ils ne se remettront aucunement en cause et continueront à fournir des prestations indécentes et pleines de suffisance. Par contre, en faisant passer Mbaye, Benassi ou encore Pasa devant eux, cela les obligera à s’interroger sur leurs performances car leur orgueil sera atteint en voyant des jeunes issus de la Primavera prendre leur place.

– Le dernier point est le plus important : Créer un schéma de jeu précis, clair, que l’équipe utilisera régulièrement après s’être entraîné à l’exécuter dans la semaine. Cela peut paraître anodin comme remarque mais le fait est que l’Inter n’a aucune directrice dans son jeu, elle se repose sur des individualités comme Guarin, Palacio ou Milito pour faire la différence à chaque fois, sauf que si ça marche une ou deux fois, le reste du temps ça foire et ça met l’équipe dans l’embarras. Kovacic s’est montré particulièrement à son aise sur la mi-temps (à 10 contre 11) qu’il a disputée, Kuzmanovic a été pas mal, intégrons-les au 11 type et mettons en place une réelle identité footballistique.

Pour que cela prenne forme, au delà du fait que Strama doit revenir vivant de Silent Hill, il faut que les tifosi et (surtout) Moratti fassent preuve de patience. Stramaccioni est un bon coach, sincèrement, il est passionné, méticuleux, intelligent et très doué, mais il faut le soutenir et arrêter de le brider. L’épée de Damoclès qu’il se coltine après chaque contre-performance doit disparaître définitivement d’au dessus de sa tête et l’atmosphère qui l’entoure doit être sereine. Il faut que les joueurs acceptent ses choix et la colonie Argentine ne doit plus décider de certaines orientations dans l’ombre. Si Zanetti doit être sur le banc, il le sera, si Cambiasso doit jouer il jouera, si Milito doit devenir un joker façon Julio Cruz alors il le deviendra, et ainsi de suite.

Snake a noté cette semaine quelque chose d’intéressant : Sur les joueurs qui ont participé au cycle de victoires de l’Inter depuis 2006, seuls Zanetti, Cambiasso, Stankovic, Milito, Samuel et Chivu sont demeurés au club. Une mue nécessaire pour espérer construire un nouveau groupe et enfanter un nouveau cercle vertueux. Samuel, Chivu et Stankovic pourraient s’en aller cet été, ils touchent trop pour le peu de services qu’ils rendent, quant à Milito il doit accepter de baisser son salaire et d’occuper une place sur le banc. Le reste Snake en a déjà parlé.

L’Inter est un grand club, car il a gagné sur la durée, mais pour qu’il se redresse, il ne faut pas hésiter à taper du poing sur la table. Sinon Silent Hill avalera l’égo de Strama et nous autres, pauvres fans, devront entamer un nouveau périple vers la médiocrité comme ce fut déjà le cas l’an passé, et celui d’avant …

Les Highlights

Les Notes :
Handanovic : 1/5. Ne peut rien sur le premier but, semble admirer le second au lieu de plonger, est battu sur le péno pour le troisième. Une prestation décevante pour Samir, qui semble subir plus que de raison la fébrilité défensive que dégagent ses coéquipiers.

Ranocchia : 2/5. Heureusement que Prandelli l’a rappelé avant d’avoir vu ce match. Lent, souvent dépassé, régulièrement mal positionné, Andrea a vécu une partie difficile et son association à droite avec Schelotto a donné lieu à un recueil de blagues tant leur couverture était piteuse.

Chivu : 0/5. Il aime tellement l’Inter qu’après une série de matches encourageants, il a de nouveau tout foutu en l’air avec une prestation digne de Rivas, comme pour nous dire « je ne mérite pas ce club, je vais jouer mal pour que vous compreniez qu’il faut vous séparer de moi ».


Le châtiment de Chivu.

Juan : 4/5. L’unique rayon de soleil dans cet après-midi morose. L’unique satisfaction sur l’ensemble de la saison même. Intraitable, innocent sur les trois buts, puissant et volontaire lorsqu’il s’agit d’aller de l’avant, Jésus a dignement fêté la date de sa présentation au Temple en distribuant des pancakes à foison.

Schelotto : 0/5. Catastrophique. Alors oui il a failli marquer de la tête, mais à part ça, il n’a jamais été sollicité sur son côté droit, du coup il a repiqué dans l’axe ce qui a ouvert d’énormes brèches sur son aile. Les joueurs de Sienne s’en sont donné à coeur joie, sa couverture sur le premier but est d’ores et déjà collector. Plus Moundir que Jack Sparrow.

Zanetti : 1/5. Décevant. Il a beaucoup couru dans le vide, n’a pas assez couvert sa zone, s’est contenté de faire circuler la balle au lieu de provoquer, bref un Zanetti milieu axial, c’est comme un David Beckham au PSG : C’est inutile sportivement et ça coute cher.

Kuzmanovic : 3/5. Des faux airs de Motta, il joue avec la tête redressée pour bien voir le jeu et oriente plutôt bien celui-ci. Son jeu long n’est pas aussi développé que celui de l’Italien mais sa présence au milieu de terrain a fluidifié la circulation de balle. Du jamais-vu depuis un an à l’Inter. Attention aux pertes de balles douteuses cependant, mimer Motta c’est bien, le faire jusque dans les conneries, c’est pas cool.

Nagatomo : 1/5
. Fukushima a inversé ses deux jambes, du coup il joue à l’envers. Il devrait essayer de centrer en touche, peut-être qu’il arrivera à en placer un dans la boîte, et déborder notre aile aussi, comme ça il pourra peut-être déposer un adversaire. Navrant.

Guarin : 1/5. Plus pour son opiniâtreté à tout faire seul que que pour sa prestation à proprement parler. Lorsque tu es positionné en numéro 10, tu dois laisser le jeu venir à toi et le distribuer, pas foncer dans le tas tel un bourrin et frapper 6 mètres au dessus des cages de manière systématique. Le replacer un cran plus bas semble nécessaire, on ne s’improvise pas dépositaire du jeu d’une équipe à la dérive lorsque nous sommes individualiste.

Cassano : 2/5. A beaucoup tenté, a marqué, a décroché, s’est proposé, s’est battu, mais il s’est retrouvé englué dans une équipe de Sienne parfaitement organisée et qui a etouffé ses tentatives de combinaison avec Palacio. Trop seul à la création.

Palacio : 1/5. Pauvre Rodrigo, il a passé l’aprem à courir derrière la balle et à proposer des appels face à une défense qui ne bougeait pas d’un iota. Lui qui aime les espaces et prendre la profondeur, autant dire que c’était mission impossible. Si en plus la défense lui interdit toute communication avec Cassano en les isolant l’un de l’autre, alors ça devenait un véritable calvaire pour Queudver qui traversera ce match telle une ombre flottante au milieu des nuées. Oui ça ne veut rien dire.

Les remplaçants :

Rocchi. Gargano. Sinon Kovacic a joué une mi-temps et dès ses premières prises de balle, on a senti un réel potentiel chez ce bambin. Il s’est rendu disponible, s’est battu, orientait bien le jeu, proposait des solutions aux coéquipiers encerclés, il a pas mal dribblé et même si on le sent un peu juste physiquement, il n’a pas froid aux yeux et ne craint pas de défier les adversaires. Un plus par rapport à Coutinho qui était trop respectueux de ses vis-à-vis pour les mettre à l’amende. Kovacic doit débuter titulaire en numéro 10 afin de remettre Guarin à sa place (dans tous les sens du terme), une des deux lueurs d’espoir de dimanche après-midi, à n’en point douter.


La famille de Jonathan a été retrouvée morte.

Rendez-vous dimanche prochain à 20h45 pour la réception du Chievo Vérone, en espérant que d’ici là, Stramaccioni n’aura pas séché son cours de psychanalyse.

6 thoughts on “Sienne-Inter (3-1), l’Internazionale Académie livre ses notes

  1. Salut Snake !

    Qu’ajouter à ce que tu as dit ? Qu’il est vraiment impératif que tout le monde tire dans le même sens avant que Silent Hill ne devienne qu’une vulgaire Raccon City ?

    Pour ce qui est des considérations tactiques, et notamment la défense à trois, y a un truc qui me chiffonne depuis un petit moment. Comment Stramaccioni s’y est pris pour faire un accepter un truc qui avait fait bondir les joueurs sous Gasperini ? (Toute considération sur Gasperini mise à part)

    Si tu repasses à une défense à quatre, et maintenant que le mercato est terminé, qui mettrais-tu en latéraux ? Quand on voit la saison de Pereira et de Nagatomo… Et Samuel passerait en troisième défenseur central qui ne sortirait du banc que pour les gros matches ?

    Zanetti, je suis assez d’accord, de la même manière que (oui, je vais te surprendre en lançant un gros poncif : ) Giggs (Tadaaaam, je t’avais prévenu), il ne peut pas avoir le même rayonnement sur tous les matches et en les enchaînant. Seulement, il me semble que le problème est différent, comparé au milieu gallois.
    D’un point de vue extérieur, Zanetti me semble être le seul joueur (plus que Cambiasso ou Samuel) à pouvoir haranguer ses coéquipiers quand ils sont à la dérive. Même si on n’a vu que ça ne fonctionne pas toujours. Peut-être que Strama hésite à le sortir de peur que ses joueurs ne se sentent désespérément perdus sans le Capitano.

    Comme tout le monde, je n’ai pas assez vu Kovacic pour juger (même si je reconnais que préfère ça à l’obscur Paulinho), mais est-ce qu’il n’est pas trop jeune/tendre pour commencer tous les matches dans la peau d’un titulaire indiscutable et en 10 qui est un poste demandant quelques responsabilités ?

    Donc, en suivant toute cette logique, une compo potable donnerait une sorte de 4-3-1-2 : Handanovic, Schelotto (parce qu’il va sûrement s’améliorer), Ranocchia, Juan, Pereira (parce que tu n’as pas le choix) – Cambiasso, Kuzmanovic, Guarin, – Kovacic – Palacio, Cassano ?

  2. Salut Wayne, merci d’être passé une nouvelle fois et pour tes remarques :)

    Je suis globalement d’accord avec toi, même si concernant Zanetti, on se rend quand même compte que ce n’est pas un monstre de charisme, il impressionne, génère du respect, maintient tous les joueurs – banc compris – concernés, mais le véritable détonateur, celui qui va pousser des gueulantes, réorganiser l’équipe en « direct live » sur le terrain, c’est Cambiasso, d’où la nécessite de le revoir sur le terrain et à son poste de prédilection, je ne vois à l’heure actuelle aucun joueur avec un QI foot aussi développé que le sien.

    Concernant la défense à 4, c’est là que le Messie intervient ! Il a une formation de défenseur central mais il peut évoluer à gauche, nonobstant le fait que défensivement on sera plus consistant, ses percées et autres montées rageuses (et pas dégueulasses du tout, au contraire) nous seront infiniment plus profitables que les débordements ou les centres ubuesques des deux « spécialistes » du poste.

    Donc, concrètement, l’équipe que j’aimerais voir face aux équipes de moindre standing ressemblerait à :

    —————-Handanovic
    Schelotto—–Rano——Samuel—-Juan
    —-Guarin——Cambiasso——Kuzma
    —————–Kovacic
    ———-Cassano (Palacio)
    ————————-Milito

    Et pour les gros matches :

    —————-Handanovic
    —–Rano———Samuel——–Juan
    Schelotto—-Guarin–Kuz–Cambiasso—Zanetti
    ————-Palacio (Cassano)
    ———————–Milito

  3. Super acad’ pour un match bien moisi, c’est là qu’on reconnaît les vrais.

    Et sinon, je suis d’accord, Silent Hill 2 c’était une tuerie ce jeu!

  4. OUI Wazza, Silent Hill 2 est beau, malsain, poétique, triste, avec un scénario de malade, des musiques complètement folles, un background de génie et des personnages totalement fous.

    (La scène de la « mort » d’Angela avec les flammes …).

    Le 3 aussi est génial, avec une direction artistique de folie, comme j’ai rarement vu dans un jeu vidéo.

    (En fait tous sont géniaux, sauf la seconde partie du 4, le Homecoming et le dernier là, Downpour).

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