Suisse – Costa Rica (2-2) : La Ticos Académie prend congé

Gracias Capitán.

Bonjour mes choupinaillous,

Bon, je vais commencer par pleurer tous les fluides de mon corps, comme de toute façon il fallait que cela sorte, autant ne pas attendre.

 

Le Costa Rica reviendra, et si ce n’est pas dès 2022, nul doute qu’une nouvelle génération dorée se remettra tôt ou tard à faire briller notre beau pays de football. Mais mon Bryan, lui, ne sera plus là : ce match était le dernier match de Coupe du monde avec Bryan Ruiz (sauf à supposer qu’il conduira de nouveau la sélection au Qatar à 36 ans, mais ce serait un tout petit peu inquiétant pour les Ticos).

Allez, réjouissons-nous plutôt d’avoir quitté ce Mondial sur une bonne note, dans ce match quasi-amical entre gens de bonne compagnie.

 

L’équipe

Keylorgasme dans les buts.

Les trois centraux : Acosta, Gonzalez, et Waston qui fait son apparition.

Les latéraux : Gamboa à droite, Oviedo à gauche, rien de nouveau.

Au milieu, Guzman récupère et Borges transmet, comme d’habitude et tant pis pour mon Tejedounet.

Devant, Ruiz évidemment, et Colindres qui remplace Venegas. Campbell est enfin titularisé : pas de pivot à la Ureña cette fois-ci, mais du mouvement plus fluide, on l’espère.

Les changements : Rodney Wallace et Ian Smith se voient offrir leur dépucelage mondialiste en fin de match, suivis du vétéran Randall Azofeifa qui avait déjà goûté à la chose en 2006.

Boule vintage.

Le match

Wouhou mes amis, mais quelle entame, mais quelle entame ! Moi qui n’attendais guère d’émotions de ce match, j’ai eu des frissons tout partout à voir mes chéris attaquer enfin comme ils savent parfois le faire. En mentant un peu à moi-même et en imaginant qu’il aurait pu s’agir d’un match décisif, j’ai assez facilement pu parvenir à l’extase, et ça même sans but de notre part.

Joel Campbell est intenable (lui qui n’avait pas la caisse pour être titularisé contre le Brésil, selon le sélectionneur…), mon beau Celso place une tête d’amour détournée par ce que vous nommez une RAIE du gardien Suisse, et le ténébreux Colindres place ce que vous nommez une LOURDE, pleine barre. Même Bryan Oviedo y va de sa frappe, encore détournée par Sommer. Les Suisses ont beau sembler en repos, persuadés (à raison) que le Brésil fera le travail à leur place dans l’autre match, ce Costa Rica fait plaisir à voir autant qu’il donne des regrets. Pourquoi donc ce premier match de sans-boules contre la Serbie, quand on voit ce dont vous êtes capables ? Pourquoi ? POURQUOI ?

Hélas, ces bonnes dispositions ne nous rendent pas plus efficaces pour autant, et le dark side of the boules ne tarde pas à réapparaître : à la 31e, l’un des trop nombreux centres subis depuis notre gauche voit Acosta se faire dévorer par un Suisse, qui peut remettre en retrait pour Dzemaili, entré dans la surface sans être suivi par un milieu (après Coutinho au match précédent, ça commence à faire un peu beaucoup, Messieurs). But.

Le dernier quart d’heure est beaucoup plus laborieux, mais la pause nous permet de recharger un tantinet les batteries. Joel commence par manquer une volée au point de pénalty après une astucieuse esquive de mon géant d’amour Kendall Waston, monté pour l’occasion. Comme quoi, malgré son physique de boule en pierre, mon Kendalinou sait parfois se montrer subtil. Bon, peu après, sur un corner, c’est déjà fini de finasser et Waston fait ce qu’il sait faire de mieux : le gros coup de boule après avoir déménagé les défenseurs. Ca ne vaut pas son but d’El Mundiaaaaaaal, mais c’est enfin notre première réalisation dans la compétition, donc oui, ça m’émoustille un tout petit peu là et là quand même.

Par la suite, il faut bien avouer que la partie s’endort un peu, entre des Suisses assurés d’être qualifiés tant une victoire Serbe dans l’autre match paraît désormais improbable, et des Ticos ayant de nouveau enterré leur audace sous une boule de 15 tonnes. Dans ce ronronnement, le plus regrettable reste, pour les Suisses, ces deux cartons jaunes les privant de Lichtsteiner et Schär pour les huitièmes. Peut-être comptaient-ils sur la mansuétude arbitrale… allons, ne me faites pas croire que la réputation de Clément Turpin n’a jamais traversé le Léman.

Tout s’accélère brusquement enfin de match. Un subit accès de léthargie de notre part se traduit par une perte de balle au milieu, un centre de notre gauche (encore), un duel lamentablement perdu par Acosta (encore) et Drmic qui fusille mon Keylorgasme à la 88e. Une nouvelle défaite rageante se profile ? C’est sans compter sur trois éléments : l’orgueil tico, le rien-à-battre helvétique et le Turpin-show.

Kendall Waston monte de nouveau et dévie la balle dans la course de Bryan Ruiz. Contrôle, COUP DU SOMBRERO EN PLEINE SURFACE ET PENALTY, CEST FABULEUXah non, la vidéo conclut à un hors-jeu de Bryan. Qu’à cela ne tienne, Joel Campbell allume la post-combustion (il n’avait pas la caisse pour tenir tout un match, rappelez-vous), démarre du milieu de terrain et se prend on ne peut plus volontairement les pieds dans un Suisse à l’entrée de la surface. Clément Turpin déclare alors : « C’est pas Skynet qui va me dicter ce que je dois faire, je re-siffle péno si je veux et la vidéo, je l’encule. »

Boule de justice.

93e minute, Bryan est seul aux 11 mètres. Pour les adieux, pour la légende. Ému, Bryan laisse son pied trembler. C’est alors que de Là-Haut, son Père, cette fois-ci, ne l’abandonne pas : de son doigt divin, il dévie son tir imprécis sur la barre, puis sur le dos du gardien et enfin dans le but. Le monde peut exulter, à l’exception des parieurs vulgaires qui maudissent ce qu’ils appellent un coup de chance, et des cuistres de la Fifa qui attribuent ce but à Sommer contre son camp. Je soupçonne ces gens-là de ne rien connaître au football ou, pire encore, de ne pas l’aimer.

 

Les boules  :

Keylor Navas (3 boules) : Une attaque suisse d’une neutralité absolue, qui l’empêche de produire ses fameux keylorgasme. Sans ces fichus ex-yougoslaves qui ne peuvent pas s’empêcher de fusiller à bout portant, c’était la clean-sheet facile.

Jhonny Acosta (1 boule) : Il ne refuse pas le combat, c’est le combat qui se refuse à lui.

Giancarlo Gonzalez (3 boules: Une allégorie du gruyère : on croit qu’il y a des trous mais en fait non.

Kendall Waston (4 boules) : Il n’est pas toujours des plus rassurants en défense, mais c’est son but qui nous évite le zéro pointé, donc je lui offre une note généreuse et un gros bisou sur ses épaules de colosse.

Cristian Gamboa (3 boules) : Réalise le record du tacle le plus en retard : il éclate Embolo, alors que c’est Neymar qu’il aurait fallu descendre cinq jours plus tôt. A part ça, une accélération impressionnante en fin de match, qui me fait dire : mais pourquoi tu ne l’as pas tentée plus souvent, foutu trouillard !?

Remplacé par Ian Smith (93e) : Officiellement mondialiste.

Bryan Oviedo (2 boules) : Un excellent début de match offensif mais, mon Dieu, défensivement il a mis en lumière la vraie nature suisse : officiellement c’est neutre, mais en réalité ça penche sacrément à droite.

David Guzman (2 boules) : Il faudrait songer à suivre tous ces gens vêtus de maillots différents et qui s’engagent dans notre surface, un de ces jours.

Randall Azofeifa (91e) : 2 minutes de jubilé.

Celso Borges (3 boules) : On parle de notre Bryan national, mais le beau Celso a dépassé 30 ans lui aussi, et lui aussi aurait mérité son petit but d’hommage. Ce diable de Sommer en a décidé autrement hélas.

Boules suisses.

Bryan Ruiz (forever boules) : Taisez-vous et laissez-moi pleurer, bande de sans-cœur.

Daniel Colindres (3 boules) : Sans être génial, c’est tout de même très dommage de ne l’avoir pas vu concurrencer plus que cela Johan Venegas au cours de ce tournoi. Daniel a quand même tiré davantage au but en dix minutes que Johan pendant les deux prelmiers matchs.

Rodney Wallace (81e) : Une entrée en forme de promess… ah non, il a 30 ans lui aussi .* soupir*

Joel Campbell (4 boules) : Dans l’ardeur et dans la technique, c’était du Joel de niveau mondial. Mais trop tard pour nous.

 

La fin.

Adios Capitán. il nous restera bien des choses, et notamment ceci. Por la eternidad.

Bises mes amours,

Kimberly GutiérrezYigüirro

 

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

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